"OAS": le parquet antiterroriste demande un procès contre un groupuscule d'ultra droite

Leur groupuscule était soupçonné d'avoir voulu s'en prendre à Christophe Castaner. ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
Leur groupuscule était soupçonné d'avoir voulu s'en prendre à Christophe Castaner. ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
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Publié le Vendredi 09 avril 2021

"OAS": le parquet antiterroriste demande un procès contre un groupuscule d'ultra droite

  • Leur groupuscule était soupçonné d'avoir voulu s'en prendre à Christophe Castaner, Jean-Luc Mélenchon ou des musulmans
  • Le parquet national antiterroriste a finalement demandé un procès en correctionnelle pour neuf membres du groupe d'ultradroite surnommé OAS

PARIS : Leur groupuscule était soupçonné d'avoir voulu s'en prendre à Christophe Castaner, Jean-Luc Mélenchon ou des musulmans: le parquet national antiterroriste a finalement demandé un procès en correctionnelle pour neuf membres du groupe d'ultradroite surnommé OAS.

Dans son réquisitoire définitif rendu jeudi, le Pnat a demandé que les suspects soient jugés pour "association de malfaiteurs terroriste", six devant le tribunal correctionnel et les trois autres, mineurs au moment des faits, devant le tribunal pour enfant, selon une source judiciaire.

La décision finale revient désormais aux juges d'instruction d'ici un mois, le chef autoproclamé du groupe, Logan Nisin, étant en détention provisoire.

"Je n'attendais que ça", s'est réjoui auprès de l'AFP Me Eric Bourlion, l'avocat de Logan Nisin, qui se trouve depuis quatre ans en prison dans l'attente d'être jugé. "A la fin on lui reproche un délit, c'est un soufflé judiciaire servi trop froid", a-t-il fustigé.

Le groupuscule avait été démantelé en octobre 2017. 

Logan Nisin, alors âgé de 21 ans avait été arrêté quelques mois plus tôt, le 28 juin 2017.

Originaire de Vitrolles (Bouches-du-Rhône) et un temps militant en 2016 de l'organisation royaliste Action française, il avait reconnu devant les enquêteurs avoir fondé un groupuscule sous le nom d'OAS, soit le même acronyme que l'Organisation armée secrète, responsable d'une campagne sanglante contre l'indépendance de l'Algérie dans les années 1960. 

Le groupe ambitionnait d'"enclencher une re-migration basée sur la terreur".

Il était suspecté d'avoir voulu s'en prendre à l'ancien maire de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence), Christophe Castaner, aujourd'hui président du groupe LREM à l'Assemblée nationale et ancien ministre de l'Intérieur, ainsi qu'au chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon. 

Des attaques contre des "kebabs" de Marseille ou le "chantier de la grande mosquée de Vitrolles" avaient également été évoquées.

Devant les enquêteurs, Logan Nisin avait minimisé la portée de ces menaces, affirmant que le groupe avait abandonné ces projets faute d'avoir "les capacités" de les mettre en oeuvre.

A la gloire d'un tueur

Avec l'"OAS" et une page Facebook à la gloire du terroriste d'extrême droite norvégien Anders Breivik (qui a tué 77 personnes en juillet 2011) dont il était l'administrateur, il voulait faire le "buzz" dans les milieux nationalistes et obtenir des "likes", avait-il avancé.

Logan Nisin avait par ailleurs participé aux campagnes présidentielle et législatives 2017 du Front national dans sa région. 

Le parti avait assuré qu'il n'avait toutefois jamais été adhérent et condamné ses activités.

Le dossier avait ensuite pris une tournure politique avec l'annonce de Jean-Luc Mélenchon de se constituer partie civile, au vu des menaces supposées contre lui, dont il dit n'avoir jamais été informé. Mais la justice lui avait finalement refusé ce statut.

Au moins quatre autres enquêtes antiterroristes liées à des projets d'action violente de l'ultradroite sont en cours depuis 2017.

Un an après l'arrestation de Logan Nisin, un autre groupuscule soupçonné de vouloir frapper des cibles musulmanes avait été démantelé. A l'automne 2020, quinze membres ou proches de ce groupe appelé Action des forces opérationnelles (AFO), teinté de survivalisme d'extrême droite, étaient mises en examen dans l'enquête, qui se poursuit.

Depuis, un groupuscule, issu d'un groupe Facebook surnommé "Les Barjols" et accusé d'avoir voulu attenter à la vie du président Macron, a été arrêté en 2018.

Deux autres enquêtes antiterroristes liées à l'ultradroite portent, l'une sur un groupe proche de l'idéologie néo-nazie soupçonnés de viser des lieux de cultes juifs et musulmans, l'autre sur un suprémaciste admirateur de l'auteur de l'attentat en 2019 contre des mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

En 2016 déjà Patrick Calvar, alors patron du renseignement intérieur, avait mis en garde contre une possible "confrontation entre l'ultradroite et le monde musulman", exacerbée par le terrorisme islamiste.


Frappes iraniennes: la France prête à «participer» à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie

 La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • "Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté
  • "Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé

PARIS: La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères.

"Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie -Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie- la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête (...) à participer à leur défense", a affirmé Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse.

"Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté.

"Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé.

Le ministre a appelé à la "désescalade". "L'escalade militaire doit cesser au plus vite", a-t-il répété. "La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d'un engrenage qui entraînerait l'Iran et la région dans une longue période d'instabilité".

"Au Liban, le Hezbollah a commis une lourde faute, dont la population a payé ce matin le prix avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, en rejoignant un conflit dans lequel les autorités, comme le peuple libanais, refusent d'être entraînées", a-t-il poursuivi, appelant le Hezbollah à "mettre immédiatement un terme à ces opérations".

 


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.


Iran: la France va rehausser sa «posture» militaire dans le Golfe

La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi
  • La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts"

PARIS: La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron.

"Tout cela nous conduit à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif pour être au côté de ceux avec lesquels nous avons des traités de défense", a dit le chef de l'Etat au début du deuxième conseil de défense consacré au conflit en Iran en deux jours.

Il faut "adapter la posture à l'évolution des dernières heures que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer", a-t-il martelé, suggérant une possible augmentation des moyens militaires français déployés dans la région.

Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi, sans faire de victime, a rappelé Emmanuel Macron.

La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts", a-t-il ajouté.

"Nous sommes prêts à procéder aux évacuations pour nos compatriotes qui le demanderaient quand la situation le permettra", avait déjà indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Au deuxième jour des frappes menées par Israël et les États-Unis sur l'Iran et de la riposte de Téhéran notamment sur les pays du Golfe, Maud Bregeon a aussi assuré que la France ne pouvait "que se satisfaire" de la mort du guide suprême, Ali Khamenei.