Washington appelle les pays à faire plus pour soutenir l'économie mondiale

La secrétaire d'État au Trésor américain, Janet Yellen, écoute pendant que le président américain Joe Biden parle de l'aide à la lutte contre la Covid-19, dans la salle à manger d'État de la Maison Blanche à Washington, DC.  (Brendan Smialowski / AFP)
La secrétaire d'État au Trésor américain, Janet Yellen, écoute pendant que le président américain Joe Biden parle de l'aide à la lutte contre la Covid-19, dans la salle à manger d'État de la Maison Blanche à Washington, DC. (Brendan Smialowski / AFP)
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Publié le Vendredi 09 avril 2021

Washington appelle les pays à faire plus pour soutenir l'économie mondiale

  • Le FMI a dévoilé cette semaine, à l'occasion de ses réunions de printemps, des perspectives économiques plus optimistes pour 2021 et 2022 grâce à la solide reprise économique des États-Unis
  • Janet Yellen a également fait part de son soutien aux institutions internationales, le FMI et la Banque mondiale, qui sont au chevet des pays depuis le début de la pandémie

WASHINGTON : "Le travail n'est pas terminé": les États-Unis ont exhorté jeudi les grandes économies à poursuivre leurs efforts financiers pour assurer une croissance mondiale solide et ont signalé leur volonté d'être au cœur de l'aide internationale.

"J'exhorte les grandes économies à ne pas retirer leur soutien trop tôt et à s'efforcer de fournir de nouvelles aides budgétaires importantes pour garantir une reprise robuste", a déclaré la secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen, dans une déclaration adressée au comité de pilotage du Fonds monétaire international (le Comité monétaire et financier international du FMI, CMFI).

Le FMI a dévoilé cette semaine, à l'occasion de ses réunions de printemps, des perspectives économiques plus optimistes pour 2021 et 2022 grâce à la solide reprise économique des États-Unis.

La première économie du monde a en effet adopté fin mars un nouveau plan de soutien de 1.900 milliards de dollars et l'administration Biden compte faire adopter par le Congrès dans les mois à venir un vaste plan d'investissements de plus de 2.000 milliards de dollars sur huit ans.

Mais la reprise est inégale dans le monde avec des pays émergents à la traîne de même que les économies d'Amérique latine. 

En Europe aussi, la reprise est difficile alors que la campagne de vaccination a pris du retard, obligeant des pays comme la France à prendre des nouvelles mesures de confinement ou à maintenir les nombreuses restrictions d'activité.

"La priorité numéro 1 est de mettre fin à la crise sanitaire, condition préalable à une reprise économique robuste", a fait valoir Janet Yellen, soulignant les "progrès substantiels" en matière de vaccination de la population américaine, avec plus de trois millions d'injections par jour en moyenne.

Le ministre français de l’Économie Bruno Le Maire a appelé de son côté les pays à une "coordination plus étroite" et à agir davantage "pour soutenir un rebond économique inclusif et lutter contre les inégalités croissantes" dans le monde, dans sa déclaration adressée au CMFI. 

"Économies encore fragiles" 

Dans sa propre déclaration au Comité, le secrétaire général de l'OCDE Angel Gurria estime lui aussi qu'un "retrait prématuré et brutal du soutien budgétaire doit être évité, alors que les économies sont encore fragiles et la croissance reste entravée par (...) un rythme lent des vaccinations".

Pour faire face au problème de la vaccination dans le monde, les États-Unis "ont engagé 4 milliards de dollars dans Covax", initiative destinée à distribuer des vaccins dans les pays les plus pauvres à l'échelle mondiale. "J'exhorte les autres à accroître leur soutien à cette initiative", a également déclaré Janet Yellen.

"Nous travaillerons avec des partenaires pour trouver des solutions globales pour vacciner le reste du monde", a-t-elle aussi assuré.

Janet Yellen a également fait part de son soutien aux institutions internationales, le FMI et la Banque mondiale, qui sont au chevet des pays depuis le début de la pandémie.

"L'administration Biden-Harris s'est engagée à travailler avec nos partenaires, y compris le FMI et le Groupe de la Banque mondiale, pour aider le monde à sortir de cette crise et préparer le terrain pour une croissance future plus inclusive, résiliente et durable".

Pour Angel Gurria, les efforts financiers déployés dans le monde sont une "occasion d'accélérer la transition vers une économie moins émettrice en carbone et pour limiter la menace que représente le changement climatique" pour l'économie mondiale.

Les inégalités et "la menace existentielle" du changement climatique ne pourront être résolues qu'avec une coopération internationale solide, a conclu Janet Yellen.

Lors d'une conférence de presse, la directrice du FMI, Kristalina Georgieva s'est félicité de la volonté affichée cette semaine de s'attaquer aux questions climatiques qui relèvent pleinement du rôle du FMI dans la mesure où les risques climatiques ont des incidences sur "la stabilité macroéconomique et financière". 

La dirigeante a aussi assuré qu'avec la Banque mondiale, le FMI travaillait à des solutions pour aider les pays les plus pauvres à prendre le virage du développement durable.

Les institutions réfléchissent à la possibilité de lier l'allégement de la dette à des investissements pour lutter contre le changement climatique et réduire les émissions de combustibles fossiles.


Câbles industriels: Nexans annonce un «réaménagement du calendrier» du mégaprojet à Chypre

Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
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  • Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire"
  • Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen

PARIS: Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe.

"Un réaménagement du calendrier d'activités est actuellement à l'étude avec le client" concernant ce projet, le Great Sea Interconnector (GSI), a déclaré Nexans dans un communiqué, soulignant travailler "en étroite collaboration avec son client afin d'examiner les différentes options en vue de l'élaboration d'un calendrier d'exécution ajusté".

Le groupe assure qu'il "exécute le projet conformément à ses obligations contractuelles et en ligne avec les étapes définies depuis 2023".

Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire" qui doit relier Israël, Chypre et l'Union européenne.

Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen.

Nexans indique que "ces ajustements affectent la date de livraison du projet" sans apporter plus de précisions, et qu'il reste "pleinement engagé dans l'exécution de ce projet aux côtés de son client".

Ces changements, en revanche, n'ont "pas d'impact sur la guidance 2028 de Nexans, grâce à la solidité du carnet de commandes du groupe et à la mise en œuvre proactive d'actions visant à compenser tout impact potentiel dès 2026".

Nexans communiquera ses prévisions 2026 lors de la publication de ses résultats annuels 2025, le 19 février.

Nexans, 2e mondial de son secteur derrière l'italien Prysmian, compte 28.500 collaborateurs dans 41 pays. Le groupe s'est depuis quelques années recentré sur le transport d'électricité et l'électrification (raccordement des champs éoliens offshore aux réseaux électriques, rénovation et développement des réseaux de transport d'électricité dans de nombreux pays...).

 


Holcim rachète le fabricant français de produits préfabriqués en béton Alkern

Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions. (AFP)
Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions. (AFP)
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  • Son rachat devrait générer 11 millions d'euros de synergies au niveau de l'Ebitda à partir de la troisième année suivant sa reprise et avoir un impact positif sur le bénéfice par action dès la première année, précise le groupe suisse
  • Cette acquisition va permettre à Holcim d'avancer dans son objectif visant à se renforcer dans les solutions de construction pour représenter 50% du total de son chiffre d'affaires en 2030, ajoute le communiqué

ZURICH: Le cimentier suisse Holcim a annoncé mardi avoir finalisé l'acquisition du français Alkern, un fabricant de produits préfabriqués en béton.

Fondée en 1972, l'entreprise basée à Harnes dans le Pas-de-Calais emploie 1.000 personnes à travers 50 sites de production en France et en Belgique et a réalisé un chiffre d'affaires de 250 millions d'euros en 2025, indique le groupe suisse dans un communiqué.

Son rachat devrait générer 11 millions d'euros de synergies au niveau de l'Ebitda à partir de la troisième année suivant sa reprise et avoir un impact positif sur le bénéfice par action dès la première année, précise le groupe suisse, qui avait fusionné en 2015 avec le français Lafarge.

Cette acquisition va permettre à Holcim d'avancer dans son objectif visant à se renforcer dans les solutions de construction pour représenter 50% du total de son chiffre d'affaires en 2030, ajoute le communiqué.

En mai 2025, le géant suisse des matériaux de construction avait annoncé être entré en négociations exclusives avec la société de capital-investissement Chequers Capital en vue du rachat d'Alkern.

Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions.

Dans un commentaire boursier, Martin Hüsler, analyste à la Banque cantonale de Zurich, souligne que le groupe suisse ne fournit aucune indication sur le montant de la transaction, ni sur la rentabilité d'Alkern. Mais il suppose que le prix d'achat est "inférieur à une fois les revenus" d'Alkern.

Avec ses 250 millions d'euros de chiffre d'affaires, l'entreprise française représente "1,5%" des revenus d'Holcim, ajoute l'analyste, qui note qu'il s'agit de sa "troisième acquisition majeure depuis octobre", après celle de l'allemand Xella en octobre, puis du péruvien Cementos Pacasmayo mi-décembre.

 


L’Inde affirme être devenue la quatrième économie du monde, devant le Japon

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
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  • "Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années"
  • Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon

NEW DELHI: L’Inde est devenue la quatrième économie de la planète, devant le Japon, et les autorités espèrent qu'elle dépassera l’Allemagne d’ici trois ans, selon le bilan économique de fin d’année établi par le gouvernement.

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions.

"L’Inde fait partie des grandes économies affichant la croissance la plus rapide au monde et est bien placée pour maintenir cet élan", affirme la note économique.

"Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années, avec un PIB estimé à 7.300 milliards de dollars d’ici 2030".

Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon.  Les Etats-Unis, la Chine et l'Allemagne sont, dans cet ordre, les plus grandes économies au monde, selon le FMI.

Les prévisions optimistes de New Delhi interviennent dans un contexte économique compliqué pour le pays le plus peuplé de la planète, avec 1,4 milliard d'habitants.

Fin août, Washington, le premier partenaire commercial du pays, a imposé une hausse de 50% des droits de douane sur les produits "made in India" arrivant aux Etats-Unis, en représailles à ses achats de pétrole russe.

La croissance continue reflète "la résilience de l’Inde face aux incertitudes persistantes (qui pèsent) sur le commerce international", estime le gouvernement.

Le PIB par habitant de l’Inde atteignait 2.694 dollars en 2024, selon les derniers chiffres de la Banque mondiale, soit douze fois moins que les 32.487 dollars du Japon et vingt fois moins que les 56.103 dollars de l’Allemagne.

Plus d’un quart des habitants de l’Inde ont entre 10 et 26 ans, selon les données gouvernementales, mais le taux de chômage des jeunes diplômés reste très élevé.

Le Premier ministre Narendra Modi a annoncé des allégements fiscaux et des réformes du droit du travail après que la croissance économique a atteint un plus bas en quatre ans, au cours de l'exercice annuel clos le 31 mars.

La roupie indienne a atteint un niveau historiquement bas face au dollar début décembre — après avoir chuté d’environ 5% en 2025 — en raison des notamment inquiétudes persistantes liées à l’absence d’accord commercial avec Washington.