Une réunion “tripartite”, gouvernement, patronat et Centrale syndicale, s'est tenue hier autour d’un plan de relance ficelé par l’Exécutif pour tenter de dessiner un devenir à l’économie nationale. Comme par le passé, et malgré les chamboulements que la pandémie continue d’infliger à toute la planète, cette réunion, la première après le basculement du 22 février, prend déjà l’allure d’une grand-messe de l’économie semblable, a priori, à celles déjà vues depuis que cette tradition de “tripartite” existe.
Dans le fond, l’enjeu est assurément de taille. La crise structurelle de l’économie algérienne n’a jamais été autant impossible à escamoter, en l’absence de perspectives réalistes d’un possible retour à l’ère du pétrole cher. La rente n’étant plus, l’économie nationale est face à l’urgence vitale de se chercher de nouveaux relais de croissance tant que subsiste encore la petite marge que lui offre sa modeste épargne en devises. Son petit reliquat d’à peine quelques mois d’importations que lui procurent encore ses réserves de change.
Dans la forme, la tripartite, même si elle participe effectivement d’un nécessaire débat sur les bouleversements que connaît le pays, risque de n’être qu’un énième cérémonial où les enjeux réels ne seront que vœux pieux et discours creux. Sans méthode, ni profondeur politique. C’est de cela et seulement de cela qu’il devrait s’agir aujourd’hui. De nécessaires changements de gouvernance politique et économique à prévoir. D’attitudes patronales et syndicales à revoir.







