Kiev accuse Moscou de désinformation sur ses velléités d'offensive

L'Ukraine craint que Moscou, largement considéré comme le parrain militaire des séparatistes malgré ses dénégations, ne cherche un prétexte pour déclencher une invasion. (Photo, AFP)
L'Ukraine craint que Moscou, largement considéré comme le parrain militaire des séparatistes malgré ses dénégations, ne cherche un prétexte pour déclencher une invasion. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 10 avril 2021

Kiev accuse Moscou de désinformation sur ses velléités d'offensive

  • «La libération par la force des territoires occupés conduira inévitablement à de nombreuses pertes civiles et militaires», avertit Moscou
  • Washington, Berlin et Paris ont de nouveau assuré l'Ukraine de leur soutien «contre les provocations russes»

KIEV: L'Ukraine a rejeté vendredi les accusations du Kremlin sur la préparation d'une offensive militaire contre les séparatistes prorusses, accusant Moscou de désinformation et de chercher un prétexte pour l'attaquer. 

«La libération par la force des territoires occupés conduira inévitablement à de nombreuses pertes civiles et militaires, ce qui est inacceptable pour l'Ukraine», a déclaré le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, le général Rouslan Khomtchak.

Kiev soutient une solution «politique et diplomatique» pour récupérer les territoires qui lui échappent depuis le début de ce conflit en 2014, a-t-il souligné sur Facebook, dénonçant «une campagne de désinformation» pilotée par la Russie et affirmant que l'armée ukrainienne préparait une offensive.

L'Ukraine craint que Moscou, largement considéré comme le parrain militaire des séparatistes malgré ses dénégations, ne cherche un prétexte pour déclencher une invasion.

«Si le Kremlin cherche un casus belli en publiant cyniquement de fausses informations, le monde doit le prendre au sérieux», a déclaré mardi le ministère de la Défense. 

Washington, Berlin et Paris ont de nouveau assuré l'Ukraine de leur soutien «contre les provocations russes» à l'issue de discussions téléphoniques vendredi entre le Secrétaire d'Etat américain, Anthony Blinken, et ses homologues français et allemand, Jean-Yves Le Drian et Heiko Maas.

«Rhétorique dangereuse»

Selon un porte-parole du Département d'Etat, MM. Blinken et Le Drian ont souligné que Moscou devait cesser «sa rhétorique dangereuse et irresponsable» et «ses renforcements militaires» en Crimée et le long de la frontière russo-urkainienne. 

Kiev et les Occidentaux reprochent à Moscou d'avoir massé des troupes à la frontière ukrainienne et en Crimée, péninsule annexée en 2014, alors que les incidents armés dans l'Est de l'Ukraine sont devenus quasi-quotidiens. 

Depuis le début de l'année, 26 militaires ukrainiens y ont été tués contre 50 sur l'ensemble de l'an dernier, selon la présidence ukrainienne. Les séparatistes ont, eux, fait état de la perte d'au moins une vingtaine de leurs combattants depuis janvier.

Face aux inquiétudes, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s'est rendu jeudi et vendredi sur le front. 

Navires américains

La Russie accuse de son côté Kiev de préparer une offensive contre les rebelles, menaçant de venir à la rescousse de la population des zones séparatistes, où ont été distribués des centaines de milliers de passeports russes. 

«Le comportement de la partie ukrainienne suscite le risque de combats de grande échelle», a affirmé vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. 

«En cas de début des combats et d'une répétition potentielle d'une catastrophe humanitaire similaire à Srebrenica, pas un seul pays au monde ne restera à l'écart (...) y compris la Russie», a-t-il ajouté, en référence au génocide de 1995 en Bosnie.

Kiev a multiplié ses contacts avec les Occidentaux, recevant le soutien de la chancelière allemande Angela Merkel, qui «a demandé de réduire la présence militaire russe dans l'est de l'Ukraine» lors d'un entretien téléphonique jeudi avec le président russe Vladimir Poutine. 

La porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a elle soutenu que le nombre de militaires russes à la frontière de l'Ukraine n'avait jamais été aussi élevé depuis le début du conflit en 2014. 

Washington va envoyer deux navires de guerre en mer Noire via le détroit du Bosphore, selon le ministère turc des Affaires étrangères.

Moscou rétorque que ses mouvements de troupes n'ont rien de menaçant. «La Russie est libre de prendre des mesures pour assurer sa sécurité» face à la «situation explosive» en Ukraine, a affirmé vendredi M. Peskov. 

La guerre dans le Donbass a commencé en avril 2014, dans la foulée d'une révolution pro-occidentale en Ukraine qui avait aussi été suivie de l'annexion par Moscou de la péninsule ukrainienne de Crimée. 

Ce conflit a fait plus de 13 000 morts et près d'1,5 million de déplacés. L'intensité des combats avait largement baissé après des accords de paix de Minsk en 2015, mais le règlement politique du conflit n'avance pas.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.