Spéculations sur un boom immobilier "post-annexion" en Cisjordanie

La petite colonie de Kfar Adumim, entre Jérusalem et Jéricho, promise en 2007 au « Grand Jérusalem » (Archives. Gali TIBBON/AFP)
La petite colonie de Kfar Adumim, entre Jérusalem et Jéricho, promise en 2007 au « Grand Jérusalem » (Archives. Gali TIBBON/AFP)
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Publié le Samedi 11 juillet 2020

Spéculations sur un boom immobilier "post-annexion" en Cisjordanie

  • La perspective de la mise à exécution du plan d’annexion provoque une hausse sensible des prix de la pierre dans la partie du nord de la Cisjordanie occupée
  • Si Israël annexe des parties de la Cisjordanieles colons seront considérés par l'État hébreu comme des Israéliens à part entière

TERRITOIRES PALESTINIENS : Ariel, ses 20.500 habitants, son université et ses centres commerciaux ont été mentionnés ces dernières semaines comme pouvant faire partie d'un premier round d'annexion de l'ensemble des colonies israéliennes et de pans de la Cisjordanie par l'État hébreu dans le cadre d'un plan proposé par l'administration américaine. Selon certains observateurs, le gouvernement, qui peut en principe se prononcer depuis mercredi sur ce projet, pourrait chercher à temporiser ou commencer par annexer certaines grandes colonies, comme Ariel.

Dans son agence immobilière, Perri Ben Senior espère que le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, ira de l'avant avec le plan américain. "Cela fera grimper le prix des appartements et des terrains car il y aura plus de demandes", prédit-elle. Ailleurs en Cisjordanie, d'autres agents ont déjà constaté un changement depuis que le sujet de l'annexion monopolise les débats, à peine éclipsé ces derniers mois par la pandémie de nouveau coronavirus. Daniel Wach, dont l'agence est située dans la colonie d'Eli, à quelques kilomètres d'Ariel, dit avoir réalisé autant de transactions depuis mai que "ces dernières années". "Ces 10 derniers jours, nous avons vendu six logements dans la colonie d'Alfei Menashe", raconte-t-il. "Ces maisons étaient sur le marché depuis des mois, j'ai donc demandé à nos clients pourquoi ils s'étaient soudainement décidés à acheter. Ils m'ont répondu que c'était par crainte d'une hausse des prix en cas d'annexion", ajoute-t-il.

"Un endroit normal"

Si Israël annexe des parties de la Cisjordanie -territoire palestinien qu'il occupe depuis 1967-, les colons seront considérés par l'État hébreu comme des Israéliens à part entière et seront soumis à la loi civile israélienne et non plus militaire comme c'est le cas actuellement. "La Judée-Samarie (nom que les autorités israéliennes donnent à la Cisjordanie, NDLR) va devenir un endroit normal", se réjouit M. Wach. Et nombreux sont ceux qui estiment qu'Israël, une fois ces terres annexées, ne pourra plus les transférer aux Palestiniens en cas de création d'un État à eux, comme prévu par les accords d'Oslo signés en 1993. Aujourd'hui, "les gens ont peur d'acheter dans les Territoires (palestiniens) parce qu'ils se disent: « Et si demain on rend les Territoires (aux Palestiniens), qui va nous rembourser? Qu'est-ce qui va advenir de cette maison que j'ai achetée ? », explique Perri Ben Senior. Depuis les accords d'Oslo, la population des colonies israéliennes - illégales selon le droit international - a plus que triplé pour dépasser aujourd'hui les 450.000 personnes. Outre les colons qui habitent en Cisjordanie pour des raisons idéologiques et religieuses, de nombreux Israéliens ont été attirés par les prix de l'immobilier, beaucoup plus bas qu'en Israël où ils ont flambé ces dernières années.

Opportunité

A 12 km d'Alfei Menashe, de l'autre côté de la "Ligne verte" qui sépare d'Israël la Cisjordanie, se trouve la ville de Kfar Saba, où il faut débourser environ 4,5 millions de shekels (1,1 million d'euros) pour une maison de sept pièces sur un terrain de 200 m2, explique M. Wach. A Alfei Menashe, un bien similaire coûte environ 2,2 millions de shekels (566.000 euros), soit moitié moins cher. "Immédiatement après l'annexion, les prix de l'immobilier bondiront de 10 à 15% dans les colonies. Et dans cinq à sept ans, ils auront augmenté de 30%, pas moins", assure M. Wach. Zeev Epstein, promoteur qui a enregistré un nombre record de ventes le mois dernier, partage le même optimisme. La décision d'annexer "fera une grande différence", dit celui dont l'entreprise Harei Zahav ("Montagnes dorées" en hébreu) travaille exclusivement dans les implantations israéliennes. "Le marché va devenir encore plus important, il faut qu'on se prépare à travailler dur pour saisir cette opportunité", dit-il. En attendant que le gouvernement décide ou non d'aller de l'avant vers une annexion, M. Wach s'y voit déjà : "Quand Israël décidera que cet endroit est à nous, la réaction générale sera: « Ah! Enfin !"


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.