Djibouti: Ismaël Omar Guelleh réélu à 97,44%, selon les résultats définitifs

Le président djiboutien Ismail Omar Guelleh dépose son bulletin de vote lors des élections présidentielles au bureau de vote du district de Ras-Dika à Djibouti, le 9 avril 2021 (Photo, Reuters)
Le président djiboutien Ismail Omar Guelleh dépose son bulletin de vote lors des élections présidentielles au bureau de vote du district de Ras-Dika à Djibouti, le 9 avril 2021 (Photo, Reuters)
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Publié le Samedi 10 avril 2021

Djibouti: Ismaël Omar Guelleh réélu à 97,44%, selon les résultats définitifs

  • Les quelque 215 000 Djiboutiens inscrits sur les listes électorales (sur une population totale de 990 000 personnes) votaient vendredi lors d'une élection gagnée d'avance pour M. Guelleh
  • Dans la nuit de vendredi à samedi, le ministre de l'Intérieur Moumin Ahmed Cheick avait annoncé un total de suffrages exprimés inférieur, à 169 945, menant à des incohérences dans les résultats

DJIBOUTI : Ismaël Omar Guelleh, au pouvoir depuis 22 ans à Djibouti, a été réélu vendredi pour un cinquième mandat avec 97,44% des voix, selon les chiffres définitifs communiqués samedi à l'AFP par un conseiller du président.

Les quelque 215 000 Djiboutiens inscrits sur les listes électorales (sur une population totale de 990 000 personnes) votaient vendredi lors d'une élection gagnée d'avance pour M. Guelleh, leader incontesté de ce petit pays stratégique situé aux confins de l'Afrique et de l'Arabie.

Face à "IOG", 73 ans, les chances du seul autre candidat, Zakaria Ismaïl Farah, un homme d'affaires de 56 ans fraîchement débarqué en politique, semblaient maigres.

"Les résultats sont les suivants: 167 536 (voix) en faveur du candidat de la majorité, 4 408 en faveur du candidat indépendant. Ce qui nous amène à un suffrage total exprimé de 171.944", a déclaré à l'AFP Alexis Mohamed, conseil spécial auprès du président.

Ces chiffres confirment un document du ministère de l'Intérieur consulté par l'AFP.

Dans la nuit de vendredi à samedi, le ministre de l'Intérieur Moumin Ahmed Cheick avait annoncé un total de suffrages exprimés inférieur, à 169 945, menant à des incohérences dans les résultats.

Les chiffres définitifs de samedi octroient 97,44% des voix à M. Guelleh, contre 98,58% dans la nuit. M. Farah obtient 2,48% des voix, contre 2,59% auparavant.

Le taux de participation du scrutin s'élève à "environ 82%", contre 68% en 2016.

La Cour constitutionnelle doit entériner ces résultats "dans les trois jours à venir, s'il n'y a pas contestation d'une partie", a précisé M. Mohamed.

Samedi matin, Halima Bourhan Ali, une commerçante rencontrée dans une rue de Djibouti-ville, ne tranchait pas sur le discours très uniforme de soutien au président réélu. "On est tous contents, on a voté à 100%, Djibouti est d'accord, et on soutient toujours le président +IOG+", a-t-elle déclaré à l'AFP.

 Record 

En remportant l'élection avec 97,44% des voix, M. Guelleh réalise son plus haut score depuis son entrée en politique en 1999, lorsqu'il prit la succession de son mentor et premier président du pays, Hassan Gouled Aptidon.

En 2016, lors du précédent scrutin, il avait été crédité d'environ 87% des voix, là aussi dès le premier tour, lors d'un scrutin boycotté par une partie de l'opposition.

En 2005, M. Guelleh, pourtant seul candidat à sa succession, avait obtenu 96,85% des suffrages exprimés. 

"Ce n'était pas une véritable élection, mais plutôt comme une confirmation. Le candidat de l'opposition qui se présentait n'était pas très connu", pointe Benedikt Kamski, de l'institut allemand Arnold Bergstraesser, qui travaille sur la Corne de l'Afrique.

Les quatre premiers mandats de M. Guelleh ont été marqués par un exercice du pouvoir autoritaire laissant peu de place à la contestation et à la liberté de la presse, mais aussi par un développement de l'économie, reposant sur l'essor des ports et des structures logistiques.

Ce territoire désertique, situé face à une des voies maritimes les plus empruntées au monde, est devenu un carrefour commercial. Il accueille également d'importantes bases militaires étrangères (Etats-Unis, France, Chine, Japon).

Mais la croissance, qui devrait atteindre +7% en 2021 après une récession en 2020 liée à la Covid-19, bénéficie peu à la population, touchée à 21,1% par la pauvreté extrême, selon des données 2017 de la Banque mondiale.

Pour M. Kamski, basé à Addis Abeba, le mandat qui s'ouvre se focalisera "plus sur le développement économique que sur la démocratisation" et devrait marquer l'émergence d'un successeur à M. Guelleh, qui selon la Constitution ne pourra se représenter en 2026, ayant dépassé l'âge limite de 75 ans.  

"Cela pourrait être une mise en retrait stratégique de son côté, mais avec en même temps la promotion de son successeur, qui sera définitivement proche de lui", prédit-il.


ONG interdites à Gaza: MSF pourrait mettre fin à ses activités en mars

L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
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  • Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité"
  • MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires"

PARIS: L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny.

Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité".

MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires".

"Pour travailler en Palestine, dans les territoires palestiniens occupés, nous devons être enregistrés (...) Cet enregistrement a pris fin le 31 décembre 2025", a expliqué sur France Inter Isabelle Defourny, médecin et présidente de MSF France.

"Depuis le mois de juillet 2025, nous étions impliqués dans un processus de réenregistrement et à ce jour, nous n'avons pas reçu de réponse. (...) On a encore 60 jours pendant lesquels on pourrait travailler sans être réenregistrés, et donc nous devrions mettre fin à nos activités en mars", si Israël maintenait sa décision de sanction, a-t-elle ajouté.

L'ONG dispose d'une quarantaine de personnels internationaux dans la bande de Gaza et travaille avec 800 personnels palestiniens dans huit hôpitaux.

"On a encore du +staff+ international qui, très récemment, ces derniers jours, a pu rentrer dans Gaza", a néanmoins précisé Mme Defourny.

"On est le second distributeur d'eau (dans la bande de Gaza). L'année dernière, en 2025, on a pris en charge un peu plus de 100.000 personnes blessées, brûlées, victimes de différents traumatismes. On est les deuxièmes en nombre d'accouchements effectués", a encore souligné la présidente de MSF France.

S'appuyant notamment sur une note du Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, Isabelle Defourny a estimé que la décision de sanction israélienne s'expliquait par le fait que les ONG "témoignent sur les violences commises par l'armée israélienne" à Gaza.

"Les journalistes internationaux n'ont jamais été autorisés à Gaza, les journalistes nationaux sont (...) ciblés les uns après les autres, tués par l'armée israélienne", a-t-elle ajouté.

Et de rappeler que "plus de 500 humanitaires ont été tués, dont 15 membres de MSF" dans des bombardements de l'armée israélienne depuis octobre 2023.


Le Conseil de transition du Sud salue l'invitation saoudienne au dialogue sur le Yémen

Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
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  • L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel yéménite
  • Le royaume a exhorté toutes les factions à participer "pour développer une vision globale"

RIYAD: Le Conseil de transition du Sud (CTS) au Yémen a salué samedi l'invitation de l'Arabie saoudite à participer à un dialogue inclusif entre les factions du sud du Yémen à Riyad.

Dans un communiqué, le groupe a déclaré que cette initiative reflétait l'engagement du Royaume à résoudre les questions politiques par le dialogue, notamment en ce qui concerne le droit du peuple du sud à restaurer son État.

Le STC a souligné que tout dialogue sérieux doit reconnaître la volonté du peuple du sud, inclure des garanties internationales complètes et envisager un référendum libre dans le cadre de toute proposition ou solution politique future.

Le Conseil a déclaré avoir pris part à toutes les étapes du dialogue parrainé par l'Arabie saoudite et le Conseil de coopération du Golfe, en commençant par l'accord de Riyad en 2019, suivi par les consultations de Riyad en 2022, et culminant dans le dialogue global avec le Sud qui a conduit à l'adoption de la Charte nationale du Sud en 2023 - soulignant son engagement constant en faveur du dialogue et de la responsabilité politique.

L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel de direction du Yémen.

Le Royaume a exhorté toutes les factions à participer "à l'élaboration d'une vision globale" qui répondrait aux aspirations du peuple du Sud.

L'initiative a reçu un large soutien régional et international.


L’Arabie saoudite accueillera un « dialogue » entre les factions du sud du Yémen

L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
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  • La conférence vise à « élaborer une vision globale » afin de répondre aux aspirations des Yéménites

RIYAD : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a invité les factions du sud du Yémen à tenir un dialogue à Riyad afin de « discuter de solutions justes à la question du Sud ».

Dans un communiqué, le ministère a précisé que la conférence, prévue dans la capitale saoudienne, avait été demandée par Rachad Al-Alimi, président du Conseil de direction présidentielle yéménite. Le Royaume a exhorté l’ensemble des factions à y participer « pour élaborer une vision globale » à même de répondre aux aspirations de la population du Sud.

Le Conseil de transition du Sud (STC), mouvement séparatiste, s’est récemment emparé de territoires dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra.

L’Arabie saoudite a estimé que l’action du STC constituait une menace directe pour la sécurité nationale du Royaume et pour la stabilité régionale.

Plus tôt cette semaine, la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite a mené des frappes aériennes visant un chargement d’armes et de véhicules destiné aux forces séparatistes du Sud. Cette cargaison était arrivée au port d’al-Mukalla à bord de deux navires.

L’Arabie saoudite a réitéré que la seule voie permettant de résoudre la question du Sud passe par le dialogue.

Mardi, des pays du Golfe et d’autres pays arabes ont exprimé leur soutien au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com