Allemagne: une ex-diplomate birmane en dissidence avec la junte

Dawei Watch, le 5 avril 2021, montre des manifestants tenant des drapeaux et une affiche demandant la libération de la dirigeante civile birmane Aung San Suu Kyi, détenue, lors d'une manifestation contre le coup d'État militaire dans le township de Launglone, dans le district de Dawei, au Myanmar. (Handout / DAWEI WATCH / AFP)
Dawei Watch, le 5 avril 2021, montre des manifestants tenant des drapeaux et une affiche demandant la libération de la dirigeante civile birmane Aung San Suu Kyi, détenue, lors d'une manifestation contre le coup d'État militaire dans le township de Launglone, dans le district de Dawei, au Myanmar. (Handout / DAWEI WATCH / AFP)
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Publié le Samedi 10 avril 2021

Allemagne: une ex-diplomate birmane en dissidence avec la junte

  • L'ex-diplomate au grade de troisième secrétaire de l'ambassade a décidé début mars de refuser de servir les putschistes pour marquer son soutien aux manifestants pro-démocratie de son pays
  • Elle et deux autres diplomates de la représentation birmane à Berlin, qui en compte sept au total, postent alors le 4 mars sur Facebook un message de soutien aux manifestants en affichant leur volonté de rentrer en dissidence

BERLIN : Jusqu'à récemment, l'une des tâches de Chaw Kalyar à l'ambassade birmane de Berlin consistait à aider ses compatriotes déchus de leur nationalité par l'ancien gouvernement militaire. Maintenant, elle est elle-même concernée.

Avec deux autres collègues entrés également en dissidence, l'ex-diplomate au grade de troisième secrétaire de l'ambassade a décidé début mars de refuser de servir les putschistes pour marquer son soutien aux manifestants pro-démocratie de son pays.

Ces derniers s'opposent en masse au coup d'Etat militaire qui a renversé la dirigeante civile Aung San Suu Kyi le 1er février mais subissent une répression sanglante qui a déjà fait plus de 600 morts parmi les civils, selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP).

"Début février, j'étais désespérée par le coup d'Etat alors que depuis 2015 (et le retour vers une transition démocratique), la Birmanie était sur la bonne bonne voie. L'histoire se répétait", explique à l'AFP Mme Kalyar, 49 ans.

"J'ai alors décidé d'agir. Nous devons contribuer à ce mouvement de protestation pour renverser ce coup d'Etat", estime celle qui avait déjà participé en 1988 aux imposantes manifestations pacifiques contre le régime militaire.

"Je n'avais que 16 ans à l'époque et beaucoup de mes amis ont été tués lors de la répression. J'ai gardé tout au long de ma vie ces sentiments forts", se remémore-t-elle alors que la contestation à l'époque s’était terminée dans le sang avec un tour de vis de la junte militaire.

Libération de parole 

Face aux événements récents, elle ne voulait pas non plus rester inactive à Berlin.

"En tant que seule ambassade avec des attachés militaires en Europe, nous sentions leur influence grandir: maintenant, ils viennent à l'ambassade plus fréquemment et fournissent des notes de propagande sur la situation en Birmanie", estime Mme Kalyar.

Le déclic pour elle fut la prise de parole spectaculaire fin février de l'ambassadeur birman aux Nations unies à New York, Kyaw Moe Tun. Il avait appelé avec émotion lors d'une session spéciale de l'Assemblée générale consacrée à la Birmanie à "mettre fin au coup d'Etat militaire". 

Il avait immédiatement été démis de ses fonctions par la junte militaire.

"J'ai été très touchée par son courage. C'est un modèle et alors nous nous sommes dit que nous pouvions faire de même", raconte l'ex-secrétaire d'ambassade.

Elle et deux autres diplomates de la représentation birmane à Berlin, qui en compte sept au total, postent alors le 4 mars sur Facebook un message de soutien aux manifestants en affichant leur volonté de rentrer en dissidence.

Renvoi 

Moins d'une semaine plus tard, les trois reçoivent une lettre de renvoi accompagnée d'une note précisant que leur passeport birman leur était retiré.

"Quand nous avons posté notre message, nous savions quelles seraient les conséquences", déclare Chaw Kalyar.

"Désormais, nous ne pouvons pas rentrer chez nous ou sortir d'Allemagne. Nous devons rester ici mais ce n'est rien par rapport aux gens en Birmanie dont la vie est en jeu à chaque instant", relativise-t-elle.

Pour le moment, Berlin, qui a exprimé son opposition au coup d'Etat militaire, étudie leur cas. "De l'avis du gouvernement fédéral, le statut diplomatique du personnel de l'ambassade concerné n'a pas encore expiré", a expliqué à l'AFP un porte-parole du ministère des Affaires étrangères allemand.

Selon Mme Kalyar, plus d'une vingtaine de diplomates à travers le monde, notamment à Paris, Genève et Washington, ont également rejoint le mouvement de désobéissance civile (CDM) en refusant de cautionner la prise de pouvoir par les militaires.

Elle juge par ailleurs "pas approprié et inacceptable" que des diplomates proches de la junte se soient emparés mercredi soir de l'ambassade birmane de Londres, refusant son accès à l'ambassadeur Kyaw Zwar Minn, soutien du gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi. 

Cependant, elle estime peu probable qu'une telle situation se reproduise à l'ambassade birmane à Berlin, l'une des plus importante d'Europe, en raison de "la proximité" de l'ambassadrice actuelle avec les militaires.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com