La course à la succession de Merkel s'accélère en Allemagne

La chancelière allemande Angela Merkel, portant un masque facial, arrive en voiture pour des discussions du parti conservateur de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) et de son affilié bavarois, l'Union chrétienne-sociale (CSU), au bâtiment du Reichstag à Berlin, le 11 avril 2021, en vue des élections générales de septembre.  (Tobias SCHWARZ / AFP)
La chancelière allemande Angela Merkel, portant un masque facial, arrive en voiture pour des discussions du parti conservateur de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) et de son affilié bavarois, l'Union chrétienne-sociale (CSU), au bâtiment du Reichstag à Berlin, le 11 avril 2021, en vue des élections générales de septembre. (Tobias SCHWARZ / AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 11 avril 2021

La course à la succession de Merkel s'accélère en Allemagne

  • La question est sur toutes les lèvres : qui d'Armin Laschet, dirigeant de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), ou de Markus Söder, patron du parti allié bavarois CSU, mènera la campagne dans l'espoir d'accéder à la chancellerie?
  • L'urgence de désigner un candidat s'avère d'autant plus grande pour la CDU que les sociaux-démocrates (SPD) ont réglé la question depuis plusieurs mois, en choisissant l'actuel ministre des Finances, Olaf Scholz

BERLIN : Le duel est désormais officiel dans la course à la succession d'Angela Merkel : le Bavarois Markus Söder et le chef du parti CDU Armin Laschet vont se disputer l'investiture des conservateurs pour les législatives, dans une compétition qui devrait être tranchée rapidement. 

"Si la CDU était prête à me soutenir, je serai prêt. Si la CDU ne le veut pas, le travail commun se poursuivra sans ressentiment", a déclaré, selon des sources parlementaires, le chef du Land de Bavière lors d'une réunion à huis-clos des cadres du groupe CDU/CSU. 

M. Laschet, dirigeant de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) a également, comme attendu, affirmé être candidat à l'investiture. 

Alors que les conservateurs ont promis de trancher la question "entre Pâques et la Pentecôte" (le 24 mai), le calendrier pourrait s'accélérer. 

"Nous avons tous intérêt à une décision rapide", avait insisté face à la presse le chef du puissant groupe des conservateurs CDU/CSU à la chambre des députés, Ralph Brinkhaus, juste avant le début dimanche de cette réunion stratégique. 

A ses côtés, le vice-président du groupe, Alexander Dobrindt, a dit s'attendre à ce que les partis tranchent "sous deux semaines". 

Dans une interview au journal Bild, M. Laschet a également appelé à une décision rapide étant donné "l'humeur qui règne au sein de la CDU". 

Objectif ? Sortir au plus vite le parti de l'ornière. Car la fin de règne d'Angela Merkel, après 16 ans de pouvoir, tourne au calvaire pour le mouvement, au point de mettre en danger leur victoire aux législatives, qui paraissait assurée il y a encore quelques mois. 

Gestion erratique de la pandémie, revers dans deux scrutins régionaux récents, la CDU et l'Union chrétienne-sociale (CSU) sont aussi éclaboussées par un scandale de malversations financières autour de l'achat de masques médicaux.   

Fébrilité 

La fébrilité est aussi à son comble au vu des derniers sondages : l'Union CDU-CSU ne recueille actuellement que 26% à 28,5% des intentions de vote pour les législatives du 26 septembre. Près de dix points de moins qu'en février, et une chute abyssale depuis l'an dernier quand elle avait grimpé à 40%. 

Désormais le camp conservateur est talonné par les Verts, qui rêvent de ravir la chancellerie. 

La réunion dimanche est surtout une "sorte d'examen des candidatures", juge le quotidien Süddeutsche Zeitung, au cours de laquelle les deux candidats donnent leur vision de l'avenir. 

Le bouillonnant quinquagénaire Markus Söder, qui dirige la CSU, a pour lui les sondages. Selon la chaîne publique ARD, 54% des électeurs estiment que c'est un bon candidat. Pour le sexagénaire Armin Laschet, le part d'opinions favorables n'est qu'à 16%.  

Mais généralement c'est à la CDU que revient de présenter un candidat. La CSU, formation régionale, n'a représenté qu'à deux reprises le camp conservateur tout entier aux élections, avec deux échecs à la clé. 

Equilibre 

Armin Laschet, élu seulement depuis janvier à la tête de la CDU, accumule de son côté les déboires. Sa récente proposition d'un verrouillage strict mais bref pour juguler la troisième vague de contaminations a suscité critiques voire ricanements.  

Le dirigeant régional de Rhénanie du Nord-Westphalie s'était en effet jusqu'à présent fait le chantre des assouplissements, au point d'entrer en conflit avec Angela Merkel. 

Pour l'élu, longtemps perçu comme l'héritier politique d'Angela Merkel, toute la difficulté est d'incarner à la fois continuité et renouvellement. 

Dans une interview au quotidien Bild dimanche, il s'est de nouveau essayé à cet équilibre, rappelant avoir été "depuis des années d'accord avec la chancelière sur les questions fondamentales de la politique", notamment celle de l'accueil des réfugiés qui avait divisé le parti en 2015. 

Mais il a aussi appelé de ses voeux "un temps nouveau", souhaitant accélérer la transition numérique, écologique et combattre la bureaucratie. 

"Un candidat CDU-CSU n'aura pas de succès sans le soutien d'Angela Merkel", fait remarquer Markus Söder. Dans un plaidoyer se voulant pro domo, il a appelé son camp à être "à la fois solide et sexy". 

L'urgence de désigner un candidat s'avère d'autant plus grande pour la CDU que les sociaux-démocrates (SPD) ont réglé la question depuis plusieurs mois, en choisissant l'actuel ministre des Finances, Olaf Scholz. Les Verts trancheront le 19 avril. 


Nouvel acte d'accusation de la justice américaine contre Maduro et son épouse

Short Url
  • L'acte d'accusation révisé vise désormais six personnes, dont Nicolas Maduro, Cilia Flores et le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays
  • Ils sont notamment accusés de s'être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme "terroriste", ainsi qu'à des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis"

WASHINGTON: Le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores, emmenés de force par des militaires américains, sont visés par un nouvel acte d'accusation publié samedi pour "narcoterrorisme" et importation de cocaïne aux Etats-Unis.

Quelques heures après l'annonce de l'opération par le président Donald Trump, la ministre américaine de la Justice, Pam Bondi affirmait que le couple était inculpé pour ces faits devant un tribunal fédéral de New York.

Si les poursuites contre Nicolas Maduro et d'autres hauts responsables vénézuéliens dans cette procédure étaient connues depuis 2020, le nom de son épouse n'y apparaissait pas jusqu'à présent.

L'acte d'accusation révisé vise désormais six personnes, dont Nicolas Maduro, Cilia Flores et le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays.

Ils sont notamment accusés de s'être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme "terroriste", ainsi qu'à des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis".

Nicolas Maduro et son épouse sont à bord d'un navire à destination de New York pour y être présentés à la justice, a indiqué Donald Trump sur Fox News.

Ils feront face "à toute la rigueur de la justice américaine, sur le sol américain, devant des tribunaux américains", a assuré Mme Bondi.

En août, le ministère de la Justice et le département d'Etat avaient annoncé doubler à 50 millions de dollars la prime pour l'arrestation de Nicolas Maduro et son ministre de l'Intérieur.

Le gouvernement de Nicolas Maduro dénonce de longue date une ingérence des Etats-Unis dans les affaires vénézuéliennes.


Washington travaillera avec les reponsables vénézuéliens «s'ils prennent de bonnes décisions», dit Rubio

Short Url
  • Lors d'une opération spectaculaire, les troupes américaines ont capturé et exfiltré samedi le président vénézuélien qui attend désormais en prison à New York d'être traduit devant la justice américaine pour "narcoterrorisme"
  • Interrogé sur la vice-présidente Delcy Rodriguez - à qui la Cour suprême vénézuélienne a confié le pouvoir par interim - le chef de la diplomatie américaine a déclaré que Washington allait juger ses actions et celles des autres dirigeants encore en place

WASHINGTON: Les Etats-Unis travailleront avec les responsables vénézuéliens en place "s'ils prennent de bonnes décisions", a déclaré dimanche le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, assurant que Washington gardait des moyens de pression sur le pays, notamment l'embargo pétrolier.

"S'ils ne prennent pas de bonnes décisions, les Etats-Unis conserveront de nombreux leviers d'influence pour garantir la protection de nos intérêts, notamment l'embargo pétrolier. Nous allons donc juger, à l'avenir, nous allons juger tout ce qu'ils font", a-t-il dit à propos du gouvernement vénézuélien, lors d'une interview à la chaîne CBS.

Marco Rubio a également semblé nettement tempérer les déclarations faites samedi par le président américain Donald Trump, selon lesquelles les Etats-Unis allaient "diriger" le Venezuela et n'hésiteraient pas à déployer des troupes sur place "si besoin".

Si Donald Trump ne peut pas écarter publiquement toutes les options et notamment celle d'un déploiement de troupes, a-t-il déclaré, "ce n'est pas ce que vous voyez actuellement. Ce que vous voyez actuellement, c'est un embargo pétrolier qui nous permet d'exercer une influence considérable sur la suite des événements".

Lors d'une opération spectaculaire, les troupes américaines ont capturé et exfiltré samedi le président vénézuélien qui attend désormais en prison à New York d'être traduit devant la justice américaine pour "narcoterrorisme".

Interrogé sur la vice-présidente Delcy Rodriguez - à qui la Cour suprême vénézuélienne a confié le pouvoir par interim - le chef de la diplomatie américaine a déclaré que Washington allait juger ses actions et celles des autres dirigeants encore en place et "voir ce qui va se passer".

"La différence" avec Nicolas Maduro, est que "la personne qui était aux commandes (...) était quelqu'un avec qui on ne pouvait pas travailler", et qui ne "respectait pas ses accords", a ajouté Marco Rubio.

Comme on lui demandait si les Etats-Unis soutiendraient Maria Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix et figure de l'opposition ou Edmundo Gonzalez Urrutia, candidat de l'opposition à la présidentielle de 2024, Marco Rubio a botté en touche.

Les Etats-Unis, a-t-il assuré, ne peuvent plus s'impliquer dans la gestion politique de pays tiers.

Le Venezuela n'est pas "la Libye", "l'Irak", ou "l'Afghanistan". "Notre mission ici est très différente", a affirmé Marco Rubio. "Nous nous attaquons à ce qui constitue une menace pour les intérêts américains".

 


En Floride, Trump et Netanyahu mettent en garde le Hamas

 Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza. (AFP)
Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza. (AFP)
Short Url
  • Le président américain a minimisé les bruits faisant état de tensions avec le Premier ministre israélien
  • Israël a "respecté le plan" pour Gaza, a-t-il estimé, ajoutant n'être "préoccupé par rien de ce que fait Israël"

PALM BEACH: Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza.

Depuis les pupitres d'une conférence de presse commune organisée dans la résidence Mar-à-Lago du milliardaire, ce dernier a fermement mis en garde Téhéran, ennemi juré d'Israël, six mois après les frappes américaines contre son programme nucléaire.

"J'espère qu'ils ne sont pas encore en train d'essayer de se réarmer, parce que s'ils le font, nous n'aurons pas d'autre choix que d'éliminer très rapidement ce réarmement", qu'il s'agisse d'installations nucléaires ou de missiles balistiques, a-t-il averti.

Un proche conseiller du guide suprême iranien a réagi dans la foulée, déclarant que "toute agression" envers son pays serait "immédiatement suivie d'une réponse très sévère".

"La capacité balistique et de défense de l'Iran ne peut être contenue" et ne nécessite "aucune autorisation", a écrit sur X Ali Shamkhani.

Le président américain a également minimisé les bruits faisant état de tensions avec le Premier ministre israélien.

Israël a "respecté le plan" pour Gaza, a-t-il estimé, ajoutant n'être "préoccupé par rien de ce que fait Israël".

Donald Trump a en revanche pointé du doigt le mouvement islamiste palestinien Hamas et répété que son désarmement - un des points de la deuxième phase du plan pour Gaza - était nécessaire.

"Prix fort" 

"S'ils ne se désarment pas comme ils s'y sont engagés" et "dans un délai relativement court", "ils paieront le prix fort", a-t-il menacé.

La branche armée du Hamas a toutefois réaffirmé lundi qu'elle "ne renoncerait pas" aux armes "tant que l'occupation perdurera".

Benjamin Netanyahu, qui a qualifié son entrevue avec le républicain de "très productive", a profité de sa visite pour remettre à Donald Trump la plus haute distinction civile du pays.

"Nous n'avons jamais eu d'ami comme le président Trump à la Maison Blanche", a-t-il apprécié.

"Il peut être très difficile" mais Israël "n'existerait peut-être pas" sans le leadership dont Benjamin Netanyahu a fait preuve après les attaques sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023, a salué le président américain.

La rencontre entre les deux hommes était la cinquième aux Etats-Unis depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump il y a près d'un an.

Washington souhaite accélérer la cadence du plan de cessez-le-feu, fragile, en vigueur depuis octobre dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas - qui s'accusent mutuellement de fréquentes violations.

Avertissement envers l'Iran 

Le passage vers sa deuxième phase, qui prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif de l'armée israélienne de Gaza, la mise en place d'une autorité de transition et le déploiement d'une force internationale de stabilisation dans le territoire palestinien, piétine.

Le média américain Axios rapporte que Washington veut faire des annonces concernant un gouvernement palestinien de technocrates comme autorité de transition pour Gaza dès janvier.

Donald Trump s'est borné lundi à espérer que la "reconstruction" puisse commencer bientôt dans le territoire palestinien, dévasté par deux années d'une guerre déclenchée par l'attaque du 7 octobre 2023.

Un des objectifs du déplacement de Benjamin Netanyahu visait à insister sur le "danger que posent l'Iran" et son programme balistique, "non seulement pour le Moyen-Orient mais aussi pour les Etats-Unis", selon une porte-parole de son gouvernement.

Il s'agit d'une "tentative de fabriquer un nouveau casus belli" contre l'Iran après "l'argument du nucléaire", analyse Sina Toossi, chercheur au Centre pour la politique internationale (CIP) à Washington.

L'Iran "se comporte peut-être mal" en cherchant à se réarmer mais reste intéressé par un accord avec Washington sur ses programmes nucléaires et balistiques, a estimé Donald Trump.

Donald Trump a également espéré que Benjamin Netanyahu pourrait "s'entendre" avec le nouveau président syrien et ancien jihadiste, Ahmad al-Chareh, après des frappes d'Israël à la frontière syrienne et contre le Hezbollah libanais.