Après 30 ans d'attente, des réfugiés azerbaïdjanais prêts au retour

Longtemps de faible intensité, la guerre a repris à l'automne 2020 (Photo, AFP).
Longtemps de faible intensité, la guerre a repris à l'automne 2020 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 13 avril 2021

Après 30 ans d'attente, des réfugiés azerbaïdjanais prêts au retour

  • Quelque 750 000 Azerbaïdjanais ont été contraints de fuir le Nagorny Karabakh et les régions avoisinantes à l'issue de la guerre dans les années 1990
  • Le conflit avait éclaté quand, dans la foulée du délitement de l'URSS, les Arméniens majoritaires dans la région azerbaïdjanaise du Nagorny Karabakh ont proclamé leur indépendance

BAKOU: En 1993, Ramziya Charifova était encore une adolescente quand elle a dû traverser une rivière pour rejoindre l'Iran depuis l'Azerbaïdjan et échapper aux forces arméniennes. Depuis l'autre rive, elle a vu des soldats incendier son village.

Près de 30 ans plus tard, cette bibliothécaire de 47 ans peut enfin penser au retour, et à ne plus être l'une des 750 000 Azerbaïdjanais contraints de fuir le Nagorny Karabakh et des régions avoisinantes à l'issue d'une guerre dans les années 1990. 

Le conflit avait éclaté quand, dans la foulée du délitement de l'URSS, les Arméniens majoritaires dans la région azerbaïdjanaise du Nagorny Karabakh ont proclamé leur indépendance, prenant le contrôle de ce territoire montagneux, au prix de dizaines de milliers de morts.

Longtemps de faible intensité, la guerre a repris à l'automne 2020. Au terme de six semaines de combats, les forces azerbaïdjanaises ont repris le contrôle d'une petite partie du Karabakh et surtout des sept districts entourant la région indépendantiste dans le cadre d'un accord signé sous patronage russe.

« Je ne peux pas décrire les sentiments qui m'ont envahie quand cela a été annoncé », raconte Charifova : « J'ai éclaté en sanglots. Des larmes de joie pour la libération de nos terres, mais aussi de tristesse pour nos soldats qui sont morts ».

D'Iran, la famille de Ramziya Charifova avait été rapatriée en Azerbaïdjan, où elle a dû vivre d'abord dans le wagon d'un train de marchandises avant d'être relogée dans deux petites pièces d'un bâtiment administratif alloué par le gouvernement aux déplacés.

Elle vit aujourd'hui dans un grand appartement à Bakou mais n'a qu'une hâte : rentrer dès que la zone aura été déminée pour « participer à la reconstruction de mon village ». 

Des milliards de dollars

Bakou n'a pas encore avancé de date possible pour le retour des réfugiés, expliquant être à pied d'œuvre pour notamment débarrasser la région des munitions et mines et réparer des infrastructures.

Président d'un Etat de dix millions d'habitants, riche en ressources pétrolières, Ilham Aliev a promis que des milliards de dollars seront investis pour la reconstruction.

Ignorant les critiques l'accusant de bâillonner l'opposition, le chef de l'Etat, successeur de son père qui avait pris le pouvoir à l'indépendance en 1991, a profité de cette reconquête pour asseoir sa popularité, car jamais le pays n'avait oublié la défaite des années 1990.

« Nous avons été expulsés de nos terres ancestrales et condamnés à une vie de réfugiés », note Ramil Housseïnov, 41 ans, fonctionnaire au Comité d'État pour les personnes déplacées.

Lui-même originaire Kalbajar, région limitrophe du Karabakh entièrement peuplée d'Azerbaïdjanais avant d'être vidée de ses habitants, il a « vécu 27 ans avec le seul rêve » de rentrer chez lui.

Il raconte sa colère en voyant les images des maisons de la région brûlant l'automne dernier, alors que les Arméniens fuyaient l'arrivée des troupes azerbaïdjanaises. 

« Les Arméniens vivaient dans nos maisons et quand ils sont partis, ils les ont brûlées, ont coupé les arbres de nos jardins et de nos forêts, détruit les routes », s'emporte-t-il.

 « Même sous des tentes »

En novembre dernier, la prise militaire de Choucha au Karabakh a été pour Bakou la victoire symbolique et stratégique qui a forcé Erevan à accepter la défaite.

Ramig Meherremov, qui était directeur d'un hôpital de cette ville avant de fuir il y a trente ans, dit avoir pensé chaque jour à un retour, désormais à portée de main.

Avant la guerre des années 1990, la ville se caractérisait par son multi-culturalisme: mosquées et églises séculaires s'y côtoyaient, fréquentées par les Azerbaïdjanais musulmans et les Arméniens chrétiens. 

Après l'accord de paix, Meherremov a pu faire un bref voyage à Choucha pour découvrir que sa maison et celles de voisins avaient été rasées.

Assis dans la cour de sa maison d'un étage dans un camp de déplacés proche de Bakou, Meherremov espère que Choucha « retrouvera un jour sa beauté d'antan ».

Cela pourrait prendre beaucoup de temps, admet cet homme de 73 ans, mais « nous sommes prêts à y vivre, même sous des tentes ».


L'Iran et les Etats-Unis jugent un accord proche

Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
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  • L’Iran et les États-Unis se disent proches d’un accord pour mettre fin à plusieurs mois de tensions au Moyen-Orient
  • Des désaccords persistent sur le nucléaire iranien, les sanctions économiques et le dossier libanais

TEHERAN: L'Iran et le médiateur pakistanais ont affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis était proche pour mettre fin à trois mois et demi de conflit au Moyen-Orient, un haut responsable américain affichant également un ton optimiste.

Après des semaines de négociations laborieuses et d'espoirs déçus à plusieurs reprises, est-on dans la dernière ligne droite? Les principaux protagonistes se disent confiants même si la version du texte donnée par les médias iraniens diffère significativement de celle avancée par Washington.

"Dès que les dernières étapes de nos négociations seront achevées, cet accord sera signé et annoncé", a indiqué le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.

"Cela pourrait arriver dans les prochains jours. J'ai bon espoir", a-t-il déclaré.

Le ministre a affirmé que le projet d'accord prévoyait la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz.

Il a cependant accusé Israël de chercher des "prétextes" pour faire "dérailler" un éventuel accord avec Washington.

Même tonalité positive du côté du Premier ministre du Pakistan, principal négociateur dans le conflit. "La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", selon Shehbaz Sharif.

- Signature "à distance" -

Et à Washington, un haut responsable a estimé à "80 à 85%" la probabilité d'un accord-cadre ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques, mais "pas 100%". "La ligne d'arrivée n'est pas encore franchie", a-t-il averti, sous le couvert de l'anonymat.

La Suisse a déjà proposé d'accueillir une éventuelle signature, alors qu'un sommet du G7 en présence de Donald Trump doit commencer lundi dans la ville française d'Evian, près de Genève. Mais Téhéran a affirmé qu'une fois finalisé, le protocole d'accord serait signé "à distance".

Les marchés parient de leur côté sur une telle issue, avec un pétrole passé sous la barre des 90 dollars le baril.

Le président américain, qui a déjà annoncé 39 fois un accord imminent selon un décompte de CNN, peine à trouver une issue à cette guerre impopulaire, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre et en plein Mondial de football co-organisé par les Etats-Unis.

Il s'est fendu vendredi d'un message furieux sur son réseau Truth Social: "Les termes (d'accord) que l'Iran a fait fuiter aux médias menteurs n'ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit".

"Ce sont des gens qui n'ont pas d'honneur. Avec eux, il est impossible de négocier de bonne foi", a-t-il écrit aussi.

- Dilution de l'uranium -

L'agence de presse iranienne Mehr avait publié plus tôt ce qu'elle a présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, avec des conditions telles que le maintien du contrôle sur le détroit d'Ormuz, le droit à l'enrichissement d'uranium, le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger.

Washington a livré de son côté une toute autre version du texte.

Le compromis doit, selon le responsable américain, mener à la réouverture d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Il doit aussi aboutir au "démantèlement" du programme nucléaire iranien et permettre aux Etats-Unis de récupérer l'uranium hautement enrichi, qui serait "détruit sur place" puis "sorti" du pays.

Mais Abbas Araghchi a préconisé vendredi une dilution sur le sol iranien de ses stocks d'uranium enrichi à 60%.

Diluer l'uranium à un taux inférieur à 5%, loin des 90% requis pour fabriquer la bombe nucléaire, permettrait d'éloigner considérablement la menace d'un enrichissement à des fins militaires.

Téhéran dément vouloir se doter de l'arme atomique, comme l'en accusent les Etats-Unis et Israël.

- Liban -

Enfin, sur la question des avoirs, "les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion", a insisté sur X le vice-président américain JD Vance.

Ce point est central pour l'Iran, après des décennies de sanctions qui asphyxient son économie.

Le conflit, déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février avant l'entrée en vigueur d'une trêve le 8 avril, a embrasé le Moyen-Orient, fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Autre point d'achoppement majeur, le front libanais.

Selon Washington, l'accord en discussion avec l'Iran inclut bien le Liban, comme réclamé par Téhéran, alors que les Etats-Unis avaient toujours dit vouloir traiter ce dossier séparément.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite. Des frappes qui ont fait plus de 3.700 morts.


Erdogan et Netanyahu s'écharpent sur le Proche-Orient

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
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  • Recep Tayyip Erdogan a vivement accusé Benjamin Netanyahu de “marcher sur les pas d’Hitler”, dénonçant la politique israélienne à Gaza comme une “usine à souffrance” et un “réseau génocidaire”
  • Les échanges verbaux se sont durcis : Israël a répliqué en qualifiant Erdogan de “dictateur antisémite”, tandis que les tensions s’intensifient autour de Gaza, du Liban et de la sécurité régionale

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de "marcher sur les pas d'Hitler", les deux dirigeants se renvoyant le qualificatif de "génocidaire" par discours et communiqués interposés.

Affirmant qu'Israël s'est mué en une "usine à créer de la souffrance" se nourrissant "de sang et de larmes", le chef de l'Etat turc a à nouveau comparé M. Netanyahu à Adolf Hitler, lui prédisant "le même sort que celui des autres tyrans de l'histoire".

Mercredi, le président Erdogan, à couteaux tirés avec Benjamin Netanyahu depuis le déclenchement de la guerre à Gaza fin 2023, avait déjà déclaré que "la sécurité de la Turquie commence (...) à Alep, Damas et Beyrouth", estimant que le Premier ministre israélien et "sa clique criminelle" menacent également la Turquie.

"Nous ne tolérerons aucun fait accompli dans les pays frères et ne resterons pas les bras croisés face aux attaques", a-t-il ajouté face aux députés de son parti. En soulignant que l'armée israélienne "refuse de se retirer du Liban", où ses frappes ont fait quelque 3.700 morts depuis le déclenchement le 2 mars de sa nouvelle guerre contre le Hezbollah, selon les autorités locales.

Le bureau de Benjamin Netanyahu a rétorqué mercredi soir dans un communiqué en accusant "le dictateur antisémite Erdogan, auteur d'un génocide contre les Kurdes", de soutenir le Hamas et d'emprisonner ses opposants, jugeant qu'"il est bien le dernier à pouvoir donner des leçons de morale à Israël".

Revenant à la charge, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi les méfaits à Gaza du "réseau génocidaire sioniste dirigé par Netanyahu".

"Ceux qui s'attaquent à notre région comme des requins assoiffés de sang devront un jour répondre de leurs actes", a-t-il conclu.


Médiation Etats-Unis/Iran : le Premier ministre du Pakistan affirme qu'un accord sur un texte de paix a été "atteint"

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
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  • Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirme qu’un accord sur le texte final d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran aurait été atteint, le Pakistan jouant un rôle de médiation entre les deux parties
  • Malgré des tensions et des accusations de désinformation, l’Iran estime que la conclusion d’un accord avec les États-Unis n’a jamais été aussi proche, tandis que Donald Trump conteste des fuites et nie qu’un texte corresponde à ce qui a été convenu

ISLAMABAD: Le Premier ministre du Pakistan Shehbaz Sharif a déclaré vendredi qu'un accord avait été "atteint" sur le texte d'un accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran.

"Nous pouvons confirmer qu'un accord sur le texte final de l'accord de paix a été atteint et que le Pakistan maintenant travaille avec les deux parties pour finaliser les étapes suivantes", a écrit M. Sharif sur X.

"La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", a-t-il dit.

L'Iran a lui-même affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis n'avait "jamais été aussi proche", semblant vouloir calmer le jeu après un message furieux de Donald Trump accusant Téhéran de faire circuler un faux texte.

"Alors que le Pakistan déploie d'intenses efforts de médiation, nous avons pleinement conscience du fait qu'une campagne de désinformation incessante est menée par ceux qui veulent saboter l'accord de paix", a encore déclaré le ministre pakistanais.