Un sculpteur et les héritiers d'Hergé s'affrontent sur «l'originalité» de Tintin

Le sculpteur Christophe Tixier, alias Peppone (Photo, AFP)
Le sculpteur Christophe Tixier, alias Peppone (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 15 avril 2021

Un sculpteur et les héritiers d'Hergé s'affrontent sur «l'originalité» de Tintin

  • «Si on me condamne alors on condamne la liberté d'expression et de création», a estimé à l'issue de l'audience le sculpteur Christophe Tixier, alias Peppone
  • Pour Antoine Jacquemart, avocat de la SA Moulinsart, la partie adverse qui a tenté d'instiller le doute sur la paternité de Tintin «confond originalité et nouveauté»

MARSEILLE: Tintin est-il une oeuvre originale d'Hergé?Défenseurs d'un sculpteur de bustes inspirés de l'intrépide journaliste et ayants droit du dessinateur belge poursuivant l'artiste pour contrefaçon se sont affrontés sur cette question jeudi devant un tribunal en France.  

« Si on me condamne alors on condamne la liberté d'expression et de création », a estimé à l'issue de l'audience le sculpteur Christophe Tixier, alias Peppone, qui connaîtra la décision du tribunal de Marseille (sud) le 17 juin.  

Le presque quinquagénaire se voit reprocher par la veuve du dessinateur de bandes dessinées Fanny Vlamynck, légataire universelle d'Hergé, et la SA Moulinsart, dirigée par son second époux Nick Rodwell, la réalisation de quelque 90 bustes du journaliste à la houppette.  

La société, qui avait été déboutée de son action au pénal par le tribunal correctionnel en mai 2018, réclame cette fois-ci au civil quelque 200 000 euros de dommages et intérêts à l'artiste et la restitution de ses sculptures réalisées en résine et couvertes de planches de bandes dessinées.  

Pour Antoine Jacquemart, avocat de la SA Moulinsart, la contrefaçon est « patente » et la partie adverse qui a tenté d'instiller le doute sur la paternité de Tintin « confond originalité et nouveauté ». 

En effet, prétendre comme les défenseurs de Peppone qu'Hergé n'aurait pas créé le personnage de Tintin, mais que son véritable créateur serait l'illustrateur Benjamin Rabier qui, dans un album de 1898 raconte les histoires de « Tintin-Lutin », un personnage vêtu d'un pantalon de golf et d'une houppette, est faux, fait valoir l'avocat.   

« Le look adolescent de Rabier n'a nullement été repris par Hergé », ajoute-t-il.   

De même, la fusée de l'album « Objectif lune » également sculptée par Christophe Tixier comme lui reproche Moulinsart est bien une création originale de l'auteur de BD belge et la défense de Peppone ne peuvent soutenir que ce dernier ne fait que reprendre la fusée allemande « V2 » elle aussi quadrillée, estime l'avocat.  

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Un employé vernit une œuvre d'art représentant le personnage de «Tintin» du sculpteur Christophe Tixier, alias Peppone, dans son atelier, le 13 avril 2021 (Photo, AFP)

Les Beatles et Chuck Berry  

« L'oeuvre ne devrait pas être considérée comme originale car elle a été inspirée? Cela reviendrait à ne pas reconnaître l'oeuvre des Beatles car ils se sont inspirés de Chuck Berry », a plaidé M. Jacquemart.  

Les avocates de M. Tixier, Delphine Cô et Kamila Crisan, ont pour leur part souligné « la démarche parodique » de leur client afin « de ne créer aucun risque d'assimilation entre les objets dérivés vendus par la SA Moulinsart et les oeuvres qu'il réalise ».  

Preuve de cette parodie, selon elles, certaines des sculptures qui s'inscrivent dans le courant du « Pop art », représentent Tintin avec une moustache d'Hitler afin de « railler » le comportement de la SA Moulinsart, connue pour protéger jalousement ses droits d'auteur et sont accompagnées d'un texte critiquant l'attitude des héritiers d'Hergé.   

« Un message diffamant et dégradant », a dénoncé l'avocat de la société.  

« Dans l'art, chaque artiste apporte sa pierre à un édifice », a déclaré à l'issue de l'audience Christophe Tixier. « Personne ne dit que Picasso a plagié l'art africain? ».   

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Le sculpteur Christophe Tixier, alias Peppone, dans son atelier, le 13 avril 2021 (Photo, AFP)

En mai 2019, Pascal Somon, dessinateur français, avait été condamné à dix mois d'emprisonnement avec sursis et deux ans de mise à l'épreuve pour avoir contrefait des œuvres d'Hergé. Il avait aussi été contraint à verser 32.000 euros de dommages et intérêts à la société belge et à Fanny Vlamynck, détentrice des droits depuis la mort d'Hergé en 1983.   

En 2011, un restaurateur belge avait été sommé par Moulinsart de retirer de sa vitrine des objets inspirés par l'univers de Tintin.  

Le 10 mai, la justice française rendra un jugement dans une affaire où Moulinsart a attaqué l'artiste Xavier Marabout, accusé de contrefaçon et d'atteinte au droit moral d'Hergé pour avoir mêlé Tintin - sans l'accord des ayants droit - à l'univers du peintre américain Edward Hopper en s'interrogeant sur les amours du personnage de BD. 


Le programme Art Bridges d’Arabie saoudite touche à sa fin

Les programmes se sont déroulés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud (photo) et en Espagne. (Fourni)
Les programmes se sont déroulés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud (photo) et en Espagne. (Fourni)
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  • L’initiative a réuni des artistes visuels, des acteurs culturels, des professionnels des industries créatives et des producteurs de projets culturels

DUBAÏ : La Commission des arts visuels d’Arabie saoudite a conclu l’édition 2025-2026 de son initiative Art Bridges, mettant fin à un programme d’échanges internationaux d’une durée d’un an destiné à renforcer les liens entre le secteur des arts visuels du Royaume et les communautés créatives à travers le monde.

L’initiative a réuni 40 artistes visuels saoudiens et basés en Arabie saoudite, ainsi que des acteurs culturels, des professionnels des industries créatives et des producteurs de projets culturels, qui ont participé à une série d’échanges internationaux visant à encourager la collaboration, le développement professionnel et le dialogue interculturel.

Les programmes ont été organisés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud et en Espagne.

À l’occasion de la clôture du programme, Dina Amin, directrice générale de la Commission des arts visuels, a déclaré : « En lançant Art Bridges, notre objectif était de créer des opportunités dont l’impact se poursuivrait bien après le retour des participants chez eux.

Tout au long de cette édition, nous avons vu des artistes et des acteurs culturels établir des relations avec leurs homologues à travers le monde, tout en partageant leur propre expérience de l’évolution du secteur des arts visuels en Arabie saoudite. Nous espérons que les échanges et les liens créés grâce à ces programmes continueront d’influencer leur travail dans les années à venir. »

Au cours des quatre programmes d’échanges, les participants ont exploré la manière dont les artistes, les institutions culturelles et les organisations créatives de différents pays répondent à des défis communs, notamment l’accompagnement des talents émergents, le développement des publics, la préservation du patrimoine culturel et la création de parcours professionnels durables dans le domaine des arts.

Le programme s’est conclu par une rencontre organisée ce mois-ci à Riyad, réunissant les participants des quatre groupes afin de revenir sur leurs expériences. L’événement a également proposé la projection d’un court documentaire retraçant l’initiative et son impact au cours de l’année écoulée.

Art Bridges s’inscrit dans la stratégie plus large de la Commission des arts visuels visant à soutenir le développement professionnel des artistes et des acteurs culturels, tout en renforçant l’engagement culturel international du Royaume. L’initiative s’aligne également sur les ambitions de la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, qui vise à développer les industries créatives du pays et à approfondir les échanges culturels à l’échelle mondiale.

Créée en 2020 sous l’égide du ministère de la Culture, la Commission des arts visuels est l’une des 11 commissions sectorielles chargées de contribuer au développement du paysage culturel de l’Arabie saoudite. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Une coproduction franco-égyptienne rend hommage à l’héritage de Dalida

Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
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  • Une comédie musicale consacrée à Dalida sera présentée en Égypte à partir du 31 octobre, pour les 40 ans de sa disparition
  • Cette coproduction franco-égyptienne célèbre les racines égyptiennes de la chanteuse et la coopération culturelle entre les deux pays

DUBAÏ : Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne, à l’occasion des 40 ans de la disparition de la chanteuse.

« Dalida: The Song That Never Ends » (« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais ») a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire, en présence de l’ambassadeur de France Éric Chevalier, de la soprano de renommée internationale Farrah El-Dibany, du réalisateur Khairy Beshara et du scénariste Walid Khairy.

Cette coproduction entre l’Égypte et la France a été développée dans le cadre de la Saison de la Méditerranée 2026 (« 2026 Mediterranean Season »), une initiative culturelle portée par la France visant à célébrer la coopération artistique et le patrimoine commun des pays méditerranéens.

La production sera présentée en première à la Bibliotheca Alexandrina le 31 octobre, avant d’être jouée au Caire en novembre. La première à Alexandrie marquera également la clôture de l’édition de cette année de la Saison de la Méditerranée

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« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais » a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire. (Photo fournie)

Selon un communiqué, l’ambassadeur Éric Chevalier a souligné que ce projet illustre la solidité des liens culturels entre la France et l’Égypte et reflète leur engagement commun à préserver l’héritage artistique de Dalida.

Farrah El-Dibany a confié qu’incarner la légendaire chanteuse était un rêve d’enfance. Elle a expliqué avoir proposé le projet à Khairy Beshara avant que tous deux ne le développent avec le scénariste Walid Khairy.

Khairy Beshara a décrit Dalida comme une femme faite de contrastes, alliant fragilité et force tout au long de sa vie et de sa carrière. Il a salué le travail de Walid Khairy, dont le scénario restitue avec justesse la complexité de sa personnalité et donne toute sa dimension au spectacle.

De son côté, Walid Khairy a indiqué que la comédie musicale met en lumière des chapitres méconnus de la vie de Dalida tout en célébrant ses racines égyptiennes, restées au cœur de son identité malgré son succès international. Produite par la société 26One1 Company, l’œuvre retrace son parcours, de l’Égypte jusqu’à la célébrité mondiale.

La production proposera également de nouveaux arrangements musicaux signés par le pianiste et compositeur franco-arménien André Manoukian.

Annoncée en 2023 par le président français Emmanuel Macron, la Saison de la Méditerranée favorise les échanges culturels à travers des expositions, des spectacles et des collaborations artistiques. L’édition 2026 met particulièrement l’accent sur la créativité, la jeunesse et les partenariats interculturels. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un rare panneau du XIXe siècle exposé au Musée de la mer Rouge présente le texte complet du Coran

Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
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  • Cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran intégrée dans une illustration détaillée

DJEDDAH : Un rare panneau de calligraphie coranique du XIXe siècle est exposé au Musée de la mer Rouge, dans la ville historique de Djeddah.

Réalisée vers 1859–1860 par Ghouth Mahboob Ghalib à Mysore, en Inde, cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran disposée au sein d’une illustration détaillée de la Grande Mosquée de La Mecque.

Rédigé en écriture Diwani à l’encre noire et avec des dorures, le manuscrit place la Kaaba en son centre, a rapporté la SPA.

Le texte minutieusement élaboré commence par la sourate Al-Fatihah au sommet, s’entrelace avec les détails architecturaux de la mosquée et s’achève par la sourate An-Nas.

Cet artefact met en lumière les parcours historiques et spirituels des pèlerins qui traversaient la mer Rouge vers La Mecque, emportant avec eux des objets d’art témoignant du patrimoine culturel et de l’histoire du Hajj. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharq Al-Awsat.