Ukraine: Macron et Merkel soutiennent Kiev et appellent Poutine à retirer ses troupes

Des militaires ukrainiens patrouillent près de la ligne de front avec des séparatistes soutenus par la Russie près de Schastya, dans la région de Lougansk, le 16 avril 2021.(AFP)
Des militaires ukrainiens patrouillent près de la ligne de front avec des séparatistes soutenus par la Russie près de Schastya, dans la région de Lougansk, le 16 avril 2021.(AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 16 avril 2021

Ukraine: Macron et Merkel soutiennent Kiev et appellent Poutine à retirer ses troupes

  • Les trois dirigeants ont partagé, au cours d'une visioconférence, leurs préoccupations quant à l'augmentation (des effectifs) des troupes russes à la frontière avec l'Ukraine et ont appelé à un retrait de ces renforts afin de parvenir à une désescalade
  • Les deux parties, en conflit depuis l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et les affrontements dans le Donbass qui ont fait plus de 13 000 morts, se renvoient depuis la responsabilité de cette escalade

PARIS: Emmanuel Macron et Angela Merkel ont apporté leur soutien vendredi au président ukrainien Volodymyr Zelensky et appelé la Russie à retirer ses troupes à la frontière avec l'Ukraine afin d'oeuver rapidement à une "désescalade" dans un contexte très volatil.

Les trois dirigeants ont partagé, au cours d'une visioconférence, "leurs préoccupations quant à l'augmentation (des effectifs) des troupes russes à la frontière avec l'Ukraine" et ont appelé à un retrait de "ces renforts afin de parvenir à une désescalade", a résumé la chancellerie allemande dans un communiqué.

Angela Merkel et Emmanuel Macron ont aussi marqué leur "soutien" à la souveraineté de l'Ukaine" et à son président, a renchéri l'Elysée, relevant que Volodymyr Zelensky avait exprimé de son côté une "volonté très claire de 'désescalader'".

Depuis plusieurs semaines, les heurts se multiplient entre Kiev et les séparatistes prorusses du Donbass (est de l'Ukraine), tandis que des dizaines de milliers de soldats russes ont été déployés à proximité, laissant craindre une opération militaire d'ampleur.  

Les deux parties, en conflit depuis l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et les affrontements dans le Donbass qui ont fait plus de 13 000 morts, se renvoient depuis la responsabilité de cette escalade.

Moscou accuse Kiev de "provocations" et l'Otan d'actes "menaçants". L'Ukraine affirme de son côté que la Russie veut sa "destruction" et réclame la protection de l'Otan, la ligne rouge absolue pour Moscou.

Sommet "à quatre" 

Volodymyr Zelensky a pour sa part appelé à un sommet avec le président russe Vladimir Poutine, Emmanuel Macron et la chancelière - tous deux médiateurs dans le dossier ukrainien - pour tenter d'apaiser les tensions avec Moscou. 

"J'ai envie qu'on y participe tous les quatre" pour discuter de "la situation sécuritaire dans l'est de l'Ukraine" et de l'arrêt de "l'occupation de nos territoires", a-t-il lancé à Paris à l'issue d'un déjeuner avec M. Macron et de la visioconférence avec Mme Merkel. 

Anticipant l'issue de la visioconférence, le Kremlin avait demandé à Paris et Berlin d'user de leur "influence" auprès du président ukrainien pour faire cesser les "provocations" de l'Ukraine dans l'est de son territoire.

Dans ce contexte volatil, M. Zelensky a réitéré le souhait de son pays d'adhérer à l'Alliance atlantique et à l'Union européenne.

"Nous ne pouvons pas rester indéfiniment dans la salle d'attente de l'UE et de l'Otan", a-t-il lancé dans le quotidien français Le Figaro.

"Si nous appartenons à la même famille, nous devons vivre ensemble. Nous ne pouvons pas sortir ensemble pour toujours, comme d'éternels fiancés, il faut légaliser nos relations", a-t-il martelé à l'attention de Paris et de Berlin.

Une adhésion à l'Otan paraît toutefois très éloignée au vu de l'hostilité farouche de la Russie à un tel scénario et des réticences de nombre d'Etats membres de l'Alliance, dont la France, de crainte de provoquer Moscou.

Chassé croisé russo-américain 

La discussion a surtout porté sur la recherche d'une "solution politique" à la crise et sur les "moyens de ramener la Russie dans la négociation", a pour sa part relevé la présidence française, évoquant une rencontre "dans les jours à venir" d'experts au "format Normandie" (instance de dialogue entre les quatre pays).

La crise autour de l'Ukraine rebondit au moment même où les tensions s'exacerbent entre Washington et Moscou depuis l'arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche en janvier.

La Russie a annoncé vendredi l'expulsion de diplomates américains et "recommandé" à l'ambassadeur des Etats-Unis de rentrer dans son pays en réaction à des sanctions américaines.

Le gouvernement américain avait décrété la veille une série de sanctions financières sévères contre la Russie et l'expulsion de dix diplomates russes après une série d'actes qu'il lui impute, dont une cyberattaque géante et des ingérences dans l'élection présidentielle américaine de novembre.

Joe Biden a toutefois réitéré sa proposition de sommet avec Vladimir Poutine pour engager la "désescalade", une initiative jugée "positive" par le Kremlin vendredi.

La Russie a par ailleurs annoncé le même jour qu'elle allait limiter jusqu'en octobre la navigation de bâtiments étrangers dans trois zones de Crimée.

"Nous demandons à la Russie de garantir le libre accès aux ports ukrainiens de la mer d'Azov et de permettre la liberté de navigation", lui a à cet égard répondu l'Otan. 

La probabilité que la Russie envahisse l'Ukraine dans les prochaines semaines est "réduite à moyenne", a estimé jeudi le chef des forces américaines en Europe, le général Tod Wolters.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Short Url
  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Short Url
  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Short Url
  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.