Elizabeth II entourée de sa famille pour les adieux au prince Philip

Le prince Charles, prince de Galles, le prince Andrew, le duc de York, et le prince William, duc de Cambridge, lors de la procession funéraire en hommage au prince Philip, duc d'Édimbourg à la chapelle St George du château de Windsor. (AFP)
Le prince Charles, prince de Galles, le prince Andrew, le duc de York, et le prince William, duc de Cambridge, lors de la procession funéraire en hommage au prince Philip, duc d'Édimbourg à la chapelle St George du château de Windsor. (AFP)
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Publié le Samedi 17 avril 2021

Elizabeth II entourée de sa famille pour les adieux au prince Philip

  • Limitée à 30 personnes à cause de la Covid-19, la cérémonie s'est ouverte au domaine du château de Windsor, à l'ouest de Londres, peu avant 15H00 (14H00 GMT), heure à laquelle le Royaume-Uni, en deuil national depuis huit jours
  • Quelques jours avant son 95e anniversaire, la reine fait ses adieux à celui qui était selon ses propres mots sa «force» et son «soutien», et depuis son couronnement en 1952 s'est placé en retrait

WINDSOR : Le Royaume-Uni a marqué une minute de silence samedi au moment où la famille royale se réunissait pour les obsèques du prince Philip, qui pendant plus de sept décennies a inlassablement soutenu Elizabeth II et la couronne.

Limitée à 30 personnes à cause de la pandémie, la cérémonie s'est ouverte au domaine du château de Windsor, à l'ouest de Londres, peu avant 15H00 (14H00 GMT), heure à laquelle le Royaume-Uni, en deuil national depuis huit jours, a observé une minute de silence.

Quelques jours avant son 95e anniversaire, la reine fait ses adieux à celui qui était selon ses propres mots sa "force" et son "soutien", et depuis son couronnement en 1952 s'est placé en retrait. Connu pour son franc-parler et son humour - flirtant parfois avec le racisme ou le sexisme - le prince consort à la longévité record dans l'histoire du pays aurait eu 100 ans le 10 juin.

Couvert de l'étendard personnel du duc d'Edimbourg, de son épée, sa casquette de la Marine et d'une couronne de fleurs, le cercueil a été levé pour être placé à l'arrière d'un Land Rover vert militaire que le prince Philip avait lui-même contribué à concevoir pendant 16 ans.

Menée par Charles, le prince héritier de la couronne, et sa soeur la princesse royale Anne, la procession - que la reine a effectuée dans sa Bentley royale - a suivi le cercueil jusqu'à la chapelle Saint-George, pour l'office religieux, qui doit durer 50 minutes.

"Inébranlable loyauté" 

En troisième ligne dans le cortège funéraire, derrière les enfants de la reine et du prince Philip, figuraient leurs petits-fils William et Harry.

Entre les deux frères aux relations distendues, se trouvait leur cousin Peter Philips, fils de la princesse Anne. Ce choix a été abondamment commenté dans la presse, à l'affût de tout signe de réconciliation entre les deux fils du prince Charles.

En 1997, les deux frères avaient suivi tous les deux côte à côte le cercueil de leur mère, morte tragiquement dans un accident de voiture à Paris, poursuivie par des paparazzis.

C'est la première fois depuis sa mise en retrait tonitruante de la monarchie et son départ outre-Atlantique que le prince Harry retrouve en public la famille royale, marquée par l'ombre des accusations de racisme et d'indifférence que son épouse et lui-même ont portées lors d'une interview retentissante accordée à Oprah Winfrey.

Enceinte de leur deuxième enfant, l'épouse de Harry, Meghan Markle, est restée aux Etats-Unis sur les conseils de son médecin.

La procession s'est faite au son de la fanfare des Grenadier Guards, dont Philip a été le colonel pendant 42 ans, reflétant le passé militaire que portait fièrement le duc d'Edimbourg, qui a combattu dans la marine pendant la Seconde Guerre mondiale.

Dans la chapelle Saint-George a débuté une cérémonie menée par le Doyen de Windsor, rendant hommage à l'"inébranlable loyauté" envers la reine, son "courage", sa "force d'âme" et sa "foi".

"Une autre ère"

Il reviendra à l'archevêque de Canterbury Justin Welby, chef spirituel des anglicans, donner la bénédiction à la fin de l'office.

Le cercueil sera ensuite descendu dans le "Royal Vault", crypte où il restera jusqu'à ce que la reine l'y rejoigne à sa mort. Les époux ainsi réunis auront alors pour dernière demeure la chapelle du Memorial du roi George VI, père d'Elizabeth II.

Sur le plan vestimentaire, la famille royale britannique s'est attachée à présenter un front uni. Tous sont en tenue civile, une manière d'éviter de distinguer les princes Andrew et Harry, tous deux très attachés à l'armée mais en retrait de la monarchie

Même s'il appartient toujours à la Navy, l'apparition en uniforme du prince Andrew, deuxième fils de la reine et ex-pilote d'hélicoptère, aurait fait mauvais genre vu son amitié avec le défunt financier Jeffrey Epstein, poursuivi pour trafic de mineures.

Bien que le public ait été appelé à ne pas se rassembler devant les résidences royales en raison de la pandémie, Windsor bruisse de badauds et d'habitants, bouquet à la main.

"Après la cérémonie, je laisserai ces fleurs près du château", explique à l'AFP Maggy Kalpar, 45 ans. "On était habitués à sa présence", souligne cette habitante installée à Windsor depuis 18 ans, venue "dire adieu à l'un de ses voisins": "C'est un homme incroyable qui nous quitte, tout le pays est tellement triste". 

Saluant le dévouement du prince Philip, Santosh Singh, venue déposer des tulipes au palais de Buckingham, raconte sa peine, et déplore "qu'avec le temps tout ça changera pour une autre ère".


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.