L'hélicoptère Ingenuity tente l'exploit de voler sur Mars

Ingenuity, l'hélicoptère de la Nasa sur Mars (AFP PHOTO/NASA/JPL-Caltech/MSSS).
Ingenuity, l'hélicoptère de la Nasa sur Mars (AFP PHOTO/NASA/JPL-Caltech/MSSS).
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Publié le Lundi 19 avril 2021

L'hélicoptère Ingenuity tente l'exploit de voler sur Mars

  • Il ne doit durer que 40 petites secondes mais n'en sera pas moins historique
  • Le premier vol d'un engin motorisé sur une autre planète, qui avait été repoussé, pourrait finalement être tenté lundi par Ingenuity

WASHINGTON: Il ne doit durer que 40 petites secondes mais n'en sera pas moins historique : le premier vol d'un engin motorisé sur une autre planète, qui avait été repoussé, pourrait finalement être tenté lundi par Ingenuity, l'hélicoptère de la Nasa, sur Mars.

« Il n'y a qu'un seul premier vol par planète », s'est enthousiasmé MiMi Aung, cheffe de projet de l'hélicoptère. Ingenuity est un « éclaireur », a-t-elle ajouté.

« La Nasa prévoit que le premier vol de son hélicoptère Ingenuity puisse se dérouler au plus tôt le lundi 19 avril », a déclaré l'agence samedi.

Le vol devrait commencer vers 03H30 (07H30 GMT), et la Nasa prévoit de diffuser en direct sur internet la réception des premières données, dès 06H15 (10H15 GMT).

Initialement prévu le 11 avril, il avait été retardé en raison d'un problème technique apparu lors du test de ses rotors.

Les vents restent la principale incertitude pouvant mettre en péril le vol de cet hélicoptère, arrivé sur la planète rouge le 18 février à bord du rover Perseverance, duquel il s'est ensuite décroché.

L'opération est un véritable défi, car l'air martien est d'une densité équivalente à seulement 1% celle de l'atmosphère terrestre. Or c'est en poussant l'air en tournant que les hélices peuvent soulever du poids. Sur Mars, « il y a simplement moins de molécules à pousser », a expliqué MiMi Aung.

Même si la gravité y est moindre que sur Terre, les équipes de la Nasa ont dû développer un engin ultra-léger (1,8 kg), dont les pales tourneront bien plus vite qu'un hélicoptère standard, pour espérer réussir. Avec ses quatre pieds et deux pales superposées (1,2 m de long), il ressemble davantage à un gros drone.

Vidéo couleur

L'opération sera l'équivalent sur Mars du premier vol d'un engin motorisé sur Terre, en 1903, par les frères Wright. Un morceau de tissu de cet aéronef ayant décollé il y a plus d'un siècle en Caroline du Nord aux Etats-Unis a même été placé à bord d'Ingenuity. 

Ce dernier ne prendra aucun risque pour sa première tentative. « Nous voulons que le tout premier vol soit un vol sans danger », a expliqué Tim Canham, responsable des opérations de l'hélicoptère.

Il s'élèvera à la verticale jusqu'à atteindre trois mètres de hauteur, une ascension qui devrait lui prendre six secondes. Puis il fera du surplace pendant trente secondes, durant lesquelles il pivotera simplement sur lui-même dans la direction du rover, avant de redescendre.

Il recevra ses instructions de la Terre quelques heures auparavant, mais volera ensuite en autonomie, en analysant lui-même sa position par rapport au sol.

Après le vol, l'hélicoptère transmettra au rover des données techniques sur ce qu'il aura réalisé, qui seront à leur tour envoyées vers la Terre. Parmi ces premières données, il y aura une photo en noir et blanc du sol prise par Ingenuity directement sous lui lorsqu'il sera en l'air.

Le lendemain, une fois ses batteries rechargées, l'hélicoptère transmettra une photo en couleur de l'horizon, prise par son autre appareil photo.

Mais les images les plus spectaculaires devraient venir du rover Perseverance, placé en observation à plusieurs mètres de là, et qui doit filmer le vol. 

Peu après celui-ci, des extraits vidéo seront transmis. Les équipes de la Nasa espèrent que l'un d'entre eux montrera Ingenuity en train de voler. 

La vidéo complète sera transmise « durant les jours suivants », avait dit Elsa Jensen, responsable des caméras du rover. « Il y aura des surprises, et vous les apprendrez au même moment que nous. Alors sortons tous le pop-corn ! »

« Prendre des risques »

Quatre résultats sont possibles, a prévenu MiMi Aung : un succès total, partiel, des données manquantes, ou un échec. 

En cas de réussite, le second vol pourra avoir lieu pas plus de quatre jours plus tard. Jusqu'à cinq vols en tout sont prévus, de difficulté croissante.

La Nasa voudrait pouvoir faire monter l'hélicoptère jusqu'à 5 mètres de hauteur, puis tenter de le faire avancer latéralement.

« La durée de vie » d'Ingenuity sera « déterminée par la façon dont il atterrit » à chaque fois, a expliqué MiMi Aung. Ce qui veut dire : s'il réussit à éviter le crash. 

« Quand nous arriverons au 4e et 5e vol, nous nous amuserons », a-t-elle promis. « Nous voulons vraiment pousser notre véhicule jusqu'à ses limites » et « prendre des risques ».

Quoi qu'il advienne, après un mois maximum, l'expérience Ingenuity s'arrêtera, pour laisser le rover Perseverance se consacrer à sa tâche principale : chercher des traces de vie ancienne sur Mars. 


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com