Les banques alimentaires sur roues à Maginhawa aux Philippines

L’histoire débute avec un petit chariot en bambou que Patricia Non installe dans un coin tranquille de la rue Maginhawa à Quezon City, aux Philippines. (Photo de la page Facebook de Patricia Non)
L’histoire débute avec un petit chariot en bambou que Patricia Non installe dans un coin tranquille de la rue Maginhawa à Quezon City, aux Philippines. (Photo de la page Facebook de Patricia Non)
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Publié le Lundi 26 avril 2021

Les banques alimentaires sur roues à Maginhawa aux Philippines

  • Dans une interview, Parlade compare le succès des garde-manger communautaires «au travail de Satan»
  • «Je suis intimement convaincu que nous allons (…) nous relever de la Covid-19 grâce à une approche exhaustive portée par la société»

MANILLE: L’histoire débute avec un petit chariot en bambou que Patricia Non installe dans un coin tranquille de la rue Maginhawa à Quezon City, il y a deux semaines.

La banque alimentaire sur roues lancée par Non à Maginhawa offre des produits alimentaires gratuits et des articles de première nécessité. Sur le chariot, une pancarte rappelle aux Philippins: «Donnez ce que vous pouvez, ne prenez que ce dont vous avez besoin».

Peu de temps après le 14 avril, date du lancement de l'initiative, Non, 26 ans, déclare dans une publication sur Facebook que l’objectif principal du garde-manger communautaire est «d'aider ceux qui croulent sous l'impact économique de la pandémie».

«Je suis consciente que cette banque alimentaire ne peut s'attaquer aux véritables causes de la faim, mais elle peut offrir un moment de répit aux personnes dans le besoin», dit-elle.

La publication est devenue virale, et d'autres Philippins ont commencé à reproduire «le petit geste» de Non. À présent, des centaines de garde-manger communautaires appuient la population épuisée par les vagues successives de coronavirus avec des repas gratuits, une expression de leur «Bayanihan», ou esprit de collaboration.

Une banque alimentaire mobile est garée sur la rue Disomangcop, à Marawi, une ville ravagée par la guerre. Uthman bin Mohammed, 27 ans, qui a contribué à créer le garde-manger, affirme que la signification est bien plus profonde pour eux.

L'initiative fait écho à «l’esprit du Ramadan», explique-t-il,  un mois où l’on redouble de charité et d’entraide. Elle permet aussi de servir les personnes touchées par le siège de la ville en 2017 par des militants inspirés de Daech.

«À l'origine, la banque alimentaire de la communauté Marawi s’est inspiré de celle de Maginhawa à Quezon City», poursuit Mohammed, diplômé en études islamiques de l'Université d'État de Mindanao, dans un entretien avec Arab News.

Un jeune homme choisit des produits alimentaires et d'autres articles essentiels dans le garde-manger communautaire du gouverneur Pascual à Malabon. (Photo de la page Facebook de Nine Louise Tesorero)
Un jeune homme choisit des produits alimentaires et d'autres articles essentiels dans le garde-manger communautaire du gouverneur Pascual à Malabon. (Photo de la page Facebook de Nine Louise Tesorero)

«Cela dit, l’essence même du Ramadan est de faire davantage en termes de dons volontaires. Le jeûne nous fait ressentir la faim, ce pain quotidien des pauvres et des personnes dans le besoin (...) ce qui nous fait réaliser à quel point il est important de partager quelque chose avec eux (...) afin que nous puissions devenir généreux les uns envers les autres, encore un précepte de notre religion», ajoute-t-il.

Mohammad précise que le comptoir de Marawi, qu'il a mis en place avec des amis et des camarades de jeunesse de Lanao del Sur, n’a pas de commanditaire. Il s’appuie sur les dons en espèce et le soutien de volontaires intracommunautaires.

Dans un premier temps, ils avaient prévu d'installer le chariot sur la rue Disomangcop, un choix «adapté vu les circonstances». La plupart de ses habitants sont en effet originaires des zones les plus touchées de Marawi, majoritairement musulmane, et victime d'un combat long de cinq mois entre les forces gouvernementales et le groupe de Maute en 2017.

«Ce sont les personnes déplacées à l’intérieur du pays qui bénéficient de ce service», affirme Mohammed. Bientôt, se réjouit-il, il espère avec ses partenaires «créer une banque alimentaire sur roues qui pourra rejoindre davantage de personnes dans d'autres secteurs de la ville».

Dimanche, des garde-manger de la communauté halal ont également fait leur apparition dans d'autres quartiers de Mindanao, notamment Zamboanga City, Sulu et Cagayan De Oro City. Les comptoirs sont également ouverts aux non-musulmans.

À Malabon, au nord de Manille, Nina Louise Tesorero, 23 ans, s’est dite également ravie par le garde-manger Maginhawa. Elle en a installé un sur la route du gouverneur Pascual-Baritan, s'inspirant de son expérience lors d'un projet universitaire appelé «Pay It Forward » qu'elle a commencé il y a six ans.

«J'ai commencé par distribuer des paniers alimentaires, achetés avec mes économies, la veille de Noël aux résidents les moins fortunés de Malabon», confie-t-elle à Arab News.

L'initiative gagne du terrain et bientôt, Tesorero, avec un groupe d'amis, organise des collectes de fonds pour aider les résidents d'autres régions de Manille et des provinces avoisinantes.

Lorsque la pandémie du coronavirus à l’origine de la Covid-19 a pris d’assaut le monde, ils ont offert leur assistance aux conducteurs de jeepney et de tricycle à Manille, sans source de revenus après que le gouvernement ait imposé un confinement dans le cadre de mesures sanitaires.

Ils ont également distribué des vivres, des masques et des écrans faciaux aux travailleurs de première ligne non médicaux, tels que les livreurs de nourriture et les employés des postes de contrôle, et ce dans le cadre de l'initiative «Pay It Forward».

«Depuis sa création, la banque alimentaire a été accueillie à bras ouverts. Les gens viennent non seulement pour se servir, mais aussi pour donner de l'argent, de la nourriture et des articles d'épicerie », dit-elle. « Peu importe le montant (...), ils iront loin».

Cependant, l’initiative ne reçoit pas que des éloges. Le lieutenant-général Antonio Parlade, porte-parole du groupe de travail anticommuniste de haut niveau du gouvernement, établit un lien entre un nombre d’organisateurs et un groupe communiste rebelle.

Un homme âgé sourit après avoir obtenu des produits alimentaires à la banque alimentaire du gouverneur Pascual à Malabon. (Photo de la page Facebook de Nine Louise Tesorero)
Un homme âgé sourit après avoir obtenu des produits alimentaires à la banque alimentaire du gouverneur Pascual à Malabon. (Photo de la page Facebook de Nine Louise Tesorero)

Dans une interview, Parlade compare le succès des garde-manger communautaires «au travail de Satan». Ses commentaires ont suscité un tollé.

Dans un point de presse virtuel jeudi, le chef d’état-major des Forces armées, le général Cirilito Sobejana, a refusé de commenter les déclarations de Parlade. Il a cependant affirmé le soutien total de l’armée aux efforts humanitaires en cours.

«Nous sommes aux prises avec la Covid-19 (…) Nous faisons face à beaucoup de problèmes. Certains secteurs de notre société sont touchés par le confinement. Les gens ne peuvent pas gagner leur vie. Ce geste que de nourrir nos frères les moins fortunés est un acte humanitaire que vos Forces armées soutiennent fermement», dit-il.

Sobejana a ajouté qu'il a déjà donné l’ordre à toutes les unités de l’armée, en particulier à l'Unité des opérations civilo-militaires, d'organiser et de soutenir l'initiative.

«Indépendamment de leur foi, tant qu'ils aident de bonne fois, nous les soutiendrons. Nous sommes prêts à apporter notre aide à la demande des unités gouvernementales locales et du ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales et, si nécessaire, à déployer les cuisines mobiles de l'AFP (l’armée, NDLR), là où elles sont requises», déclare le secrétaire à la Défense, Delfin Lorenzana.

La semaine dernière, le sénateur Panfilo Lacson a signalé que les banques alimentaires de fortune peuvent être interprétées comme «un signe de désespoir».

«C'est bien de voir, à travers les garde-manger communautaire, l'entraide des voisins et des habitants du barangay (village). Mais c'est aussi un signe de désespoir. Les gens ne peuvent plus compter sur le gouvernement pour les aider», indique-t-il.

Pendant ce temps, Dindo Manhit, président du groupe de réflexion Stratbase ADR Institute, explique à Arab News que l'initiative du garde-manger reflète les moyens de gestion au niveau communautaire de la crise sanitaire persistante due à l'échec du système de gouvernance et ses conséquences économiques. Ces moyens découlent essentiellement des valeurs de la culture civique.

«Je suis intimement convaincu que nous allons (…) nous relever de la Covid-19 grâce à une approche exhaustive portée par la société, et non grâce à (l'ensemble) du gouvernement sur lequel s’articule la réponse de l'administration (du président Rodrigo) Duterte», affirme Manhit à Arab News.

 

Cet article est la traduction d'un article paru sur Arab News.


Le Pakistan fait état de négociations entre Washington et Téhéran

Cette photo de presse, prise le 29 juillet 2026 et diffusée par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, montre le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar (à droite), s'entretenant avec son homologue koweïtien, le cheikh Jarrah Jaber al-Ahmad al-Sabah, lors d'une réunion au ministère des Affaires étrangères à Islamabad. (AFP)
Cette photo de presse, prise le 29 juillet 2026 et diffusée par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, montre le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar (à droite), s'entretenant avec son homologue koweïtien, le cheikh Jarrah Jaber al-Ahmad al-Sabah, lors d'une réunion au ministère des Affaires étrangères à Islamabad. (AFP)
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  • La diplomatie pakistanaise a assuré jeudi que des négociations étaient "en cours" afin de "parvenir à une désescalade", en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique verrouillé par Téhéran,au coeur des tensions
  • Elle a indiqué faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix

TEHERAN: Le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, a affirmé jeudi que les belligérants négociaient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements américains sur l'Iran dans la nuit, et des tirs de représailles iraniens.

En attendant une éventuelle percée dans ces discussions, le conflit au Moyen-Orient s'étend à de nouveaux pays: après l'Irak, où des groupes pro-iraniens ont été ciblés par des frappes conjointes américaines et saoudiennes, l'Egypte a fait état d'une attaque de drone dans le port de Damiette (nord).

La diplomatie pakistanaise a assuré jeudi que des négociations étaient "en cours" afin de "parvenir à une désescalade", en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique verrouillé par Téhéran,au coeur des tensions.

Elle a indiqué faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient.

Plus tôt jeudi, le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé avoir "frappé des dizaines de cibles" des Gardiens de la Révolution en Iran.

Mettre fin à "l'escalade" 

Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par cette puissante force armée de la République islamique, de "multiples missiles balistiques" contre "les forces américaines basées au Moyen-Orient", précisant que ces missiles avaient été interceptés.

Les Gardiens ont, eux, annoncé jeudi que trois de leurs membres avaient été tués dans une attaque américaine  dans le nord-ouest du pays, tandis que les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans des provinces méridionales.

Trois membres d'une même famille ont été tués dans une frappe contre une maison sur l'île de Qeshm, selon l'agence Fars.

Alors que l'Egypte a fait état d'une frappe de drone qui a touché deux navires, dont un américain, dans le port de Damiette mercredi, le président Abdel Fattah al-Sissi a appelé la communauté internationale à mettre fin à "l'escalade" dans la région.

Il s'agit de la première attaque en Egypte depuis le début de la guerre. M. Sissi a précisé qu'une enquête se poursuivait sur les circonstances de l'attaque qui n'a pas été revendiquée.

Les rebelles Houthis au Yémen, alliés de Téhéran et qui contrôlent une partie des rives de la mer Rouge, ont dit ne pas être derrière cette frappe.

Des pays de la région accueillant des forces américaines ont été visés de nouveau jeudi.

Le Koweït a rapporté qu'une personne avait été tuée par un bombardement iranien sur une entreprise chinoise.

La Jordanie a de son côté annoncé avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l'Iran. Les Gardiens ont revendiqué avoir ciblé, en représailles à la frappe à Qeshm, des avions américains stationnés sur la base aérienne d'Al-Azraq.

"Notre tour" 

"On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour", avait menacé mercredi le président américain Donald Trump.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d'avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes, ce qu'ils ont démenti.

Ces attaques à travers l'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens - et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué cette alliance de groupes armés irakiens qui inclut des factions pro-iraniennes.

Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, opposant les Houthis à l'Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite.

"La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", a commenté pour l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir "de quitter le couloir maritime sûr" désigné par l'Iran, et que l'un d'entre eux avait "pris feu", sans autre précision.


Les Etats-Unis reprennent leurs bombardements sur l'Iran

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays. (AFP)
Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays. (AFP)
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  • L'armée américaine a "frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones"
  • Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de "multiples missiles balistiques"

TEHERAN: Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays.

L'armée américaine a "frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones, des sites de surveillance et de défense côtières, ainsi que des capacités maritimes", a écrit le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de "multiples missiles balistiques" lors d'une "tentative d'attaque surprise contre les forces américaines basées au Moyen-Orient", précisant que tous ces missiles avaient été interceptés.

La Jordanie, qui héberge des forces américaines sur ses bases, a de son côté annoncé jeudi matin avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l'Iran, qui n'ont pas fait de victime.

"Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", avait prévenu mercredi le président américain Donald Trump dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News.

"On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour", avait-il insisté plus tard devant la presse à la Maison Blanche.

Les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans les provinces méridionales du Khuzestan et d'Hormozgan.

"Une attaque américaine contre une maison d'habitation dans le quartier de Chah Tangu, à Qeshm, a tué trois membres d'une même famille: le père, la mère et leur enfant de deux ans", a écrit l'agence Fars sur Telegram, en citant l'Université des sciences médicales d'Hormozgan, ajoutant que deux autres enfants âgés de sept et neuf ans, blessés, avaient été hospitalisés.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d'avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes (ce qu'ils ont démenti).

Riposte inévitable 

Ces attaques dans plusieurs villes d'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens - et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran.

"Notre riposte contre l'ennemi américain est inévitable, et pourrait frapper ses instruments en Arabie saoudite", a soutenu mercredi dans un communiqué la Résistance islamique en Irak, une puissante alliance armée irakienne pro-Iran.

Téhéran a condamné les frappes chez son voisin.

Dans la capitale iranienne, des habitants expriment leur lassitude.

"On ne sait pas vraiment si nous sommes en guerre ou en paix (...) Ce que je vois, c'est une population profondément découragée et déprimée", déclare à l'AFP Golrokh, une retraitée de 60 ans.

Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, opposant les rebelles yéménites houthis pro-iraniens à l'Arabie saoudite.

Les rebelles ont affirmé mardi avoir visé avec des missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, l'accusant d'avoir "violé le blocus naval" dont ils menacent le royaume, premier exportateur de brut au monde.

"Téhéran utilise désormais son réseau de proxys (...). La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", a déclaré à l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir "de quitter le couloir maritime sûr" désigné par l'Iran, et que l'un d'entre eux avait "pris feu", sans autre précision. "Les deux bâtiments ont fait demi-tour à grande vitesse", selon la même source.

Ces nouvelles violences ont fait brièvement monter les cours du pétrole, avant qu'ils ne repartent à la baisse jeudi matin. "On craint que la guerre soit en train de s'étendre", a commenté auprès de l'AFP Andy Lipow, analyste chez Lipow Oil Associates. "Ce qui n'aiderait en rien à rétablir les flux pétroliers" dans la région.


Trump avertit qu'il va frapper «fort» l'Iran, après des attaques contre des bases américaines

L'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles visant en provenance de l'Iran ses  forces "basées au Moyen-Orient". La télévision iranienne a ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays. (AFP)
L'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles visant en provenance de l'Iran ses  forces "basées au Moyen-Orient". La télévision iranienne a ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays. (AFP)
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  • "Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", a déclaré le président américain dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News
  • La Jordanie, alliée de Washington et ciblée déjà par Téhéran, avait dit tôt mercredi avoir abattu cinq missiles venus d'Iran

TEHERAN: Donald Trump a averti que les Etats-Unis allaient frapper "fort" l'Iran après des tirs iraniens contre des bases américaines en Jordanie, relançant, après quelques jours d'accalmie, le conflit qui s'étend au Moyen-Orient.

L'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles visant en provenance de l'Iran ses  forces "basées au Moyen-Orient". La télévision iranienne a ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays.

Cette reprise des hostilités, suspendues depuis samedi, a ravivé les inquiétudes pour l'approvisionnement en or noir. Vers 12H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, s'échangeait à 87,99 dollars, en hausse de 4,64%.

"Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", a déclaré le président américain dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News.

La Jordanie, alliée de Washington et ciblée déjà par Téhéran, avait dit tôt mercredi avoir abattu cinq missiles venus d'Iran.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, puissante force armée, ont revendiqué une attaque de missiles contre "une base aérienne et le centre de commandement central des Etats-Unis".

"Violation flagrante" 

Washington a de son côté annoncé des frappes en Irak contre des groupes armés pro-iraniens, menées conjointement avec l'Arabie saoudite, visée plus tôt par des missiles en provenance du territoire irakien.

Ces attaques dans plusieurs villes d'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens -  et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran.

Cette coalition a dénoncé une "escalade dangereuse".

Si M. Trump a affirmé, selon le journaliste de Fox News, que les frappes étaient "coordonnées avec le gouvernement irakien", la présidence irakienne a dénoncé une "violation flagrante de la souveraineté de l'Irak".

Le Conseil ministériel irakien pour la sécurité nationale a ensuite indiqué avoir adopté "un plan de sécurité global (...) pour faire face à toute violation de la souveraineté de l’Irak et empêcher toute entité d’utiliser le territoire irakien pour menacer les États voisins".

Les groupes pro-iraniens en Irak ont démenti être derrière les tirs ayant visé des installations pétrolières dans l'est de l'Arabie saoudite.

"Des avions de combat américains et saoudiens ont frappé plusieurs sites logistiques et d'armement terroristes dans l'est de l'Irak", a écrit le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Téhéran a également condamné les frappes dans le pays voisin. Sa télévision d'Etat a fait état dans l'après-midi de bombardements américains sur une ville à la frontière avec l'Irak.

A Téhéran, des habitants exhalent leur lassitude.

"On ne sait pas vraiment si nous sommes en guerre ou en paix (...) Ce que je vois, c'est une population profondément découragée et déprimée", déclare à l'AFP Golrokh, une retraitée de 60 ans.

Avant les dernières échanges de frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, resté relativement calme depuis 2022, opposant les rebelles yéménites houthis à l'Arabie saoudite.

Ryad soutient militairement le gouvernement yéménite face aux Houthis, soutenus par l'Iran.

Les rebelles ont affirmé mardi avoir visé avec des missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, l'accusant d'avoir "violé le blocus naval" dont ils menacent le royaume, premier exportateur de brut au monde.

"Guerre par procuration" 

"Téhéran utilise désormais son réseau de proxys (...) La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", déclare à l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

Le gouvernement yéménite a accusé mercredi les Houthis de vouloir imposer des droits de passage aux navires transitant par la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement à son extrémité sud.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule.

Les Gardiens iraniens ont d'ailleurs annoncé mercredi avoir frappé et arrêté trois pétroliers qui tentaient de franchir ce détroit, par lequel transitait avant la guerre quelque 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié dans le monde.

Washington avait dit la semaine dernière vouloir "laisser de la place aux négociations" avec les Iraniens, avec une pause dans les hostilités.

Les nouvelles frappes mercredi sont intervenues au lendemain de la visite à Washington du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a rencontré Donald Trump pour la première fois depuis le début de la guerre régionale, déclenchée par des attaques de leurs pays contre l'Iran le 28 février.