Expo universelle de Dubaï: la France des Lumières à la rencontre des enjeux de demain

Les détails de l’expérience visiteurs du Pavillon France à l’exposition universelle de Dubaï ont été dévoilés (Photo, fournie).
Les détails de l’expérience visiteurs du Pavillon France à l’exposition universelle de Dubaï ont été dévoilés (Photo, fournie).
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Expo universelle de Dubaï: la France des Lumières à la rencontre des enjeux de demain

  • Jean-Yves le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a dévoilé la proposition de la France à l’exposition universelle de Dubaï qui débutera le 1er octobre prochain
  • Le Pavillon France de l’exposition, baptisé «Lumière, Lumières» proposera plusieurs expositions permanentes et temporaires articulées autour du progrès, de l’innovation et de la création

PARIS: Jean-Yves le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a dévoilé ce lundi la proposition de la France à l’exposition universelle de Dubaï qui se tiendra du 1er octobre prochain au 31 mars 2022.

Cette manifestation ayant pour thème « Connecter les esprits, construire le futur » sera le premier rendez-vous planétaire d’envergure depuis le déclenchement de la pandémie et la première édition de l’exposition universelle à se dérouler au Moyen-Orient.

Accompagné de Erik Linquier, Commissaire général pour la France à l'Exposition universelle de Dubaï et Président de la Cofrex, et Justine Weulersse, Directrice de la programmation du Pavillon France et Commissaire de l’exposition permanente, Le Drian a abordé les grands enjeux de l’évènement pour la France.

Il s’agira d’un « laboratoire de progrès » qui « marquera je l’espère la reprise des rencontres internationales » et constituera « une opportunité unique de faire valoir les atouts de notre pays » a-t-il annoncé. Avec l’objectif de « montrer notre capacité d’innovation, notre patrimoine » et la capacité de la France à se « placer dans le monde d’après » la pandémie.

Jean-Yves le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères (Photo, fournie).

Le Pavillon France de l’exposition, baptisé « Lumière, Lumières » proposera plusieurs expositions permanentes et temporaires articulées autour du progrès, de l’innovation et de la création. Au cœur de celui-ci sera exposé l’édition originale en 35 volumes de « l’Encylopédie » de Diderot et d’Alembert, ouvrage emblématique du Siècle des Lumières et « le symbole d’une France qui n’a jamais cessé de mettre l’innovation au service du progrès humain » selon Le Drian.

Enjeu crucial de notre époque et spécialité française, la mobilité sera également à l’honneur, présentée dans ses multiples déclinaisons à travers des aperçus d’innovations « made in France ». Les visiteurs pourront découvrir les avancées technologiques consacrées au voyage dans l’espace, aux véhicules durables et au transport urbain. La start-up Flying Whales présentera son modèle de dirigeable remis au goût du jour, capable de porter des charges imposantes dans des zones à infrastructure limitée tout en affichant un impact carbone réduit.

Enfin, le dernier espace de l’exposition permanente rassemblera plusieurs expériences immersives centrées sur trois enjeux du monde de demain. Les découvertes en Antarctique, l’exploration planétaire et les technologies numériques seront ainsi mises à l’honneur.

Le Pavillon dont la construction s’est achevée la semaine dernière a fait l’objet d’une mobilisation des acteurs du public et du privé qui ont œuvré à sa réalisation.

Le Pavillon France de l’exposition universelle (Photo, fournie).

Cinq expositions temporaires se succèderont en marge des manifestations permanentes. La première qui débutera dès le 1er octobre sera « une immersion virtuelle dans l’histoire de la cathédrale Notre-Dame de Paris, trésor du patrimoine mondial de l’Humanité, de sa construction jusqu’à aujourd’hui » annonce le communiqué de l’évènement. « Les visiteurs équipés de tablettes pourront remonter le temps et découvrir le chantier de l’édification de la cathédrale au Moyen-Âge. Ils pourront également être témoins du sacre de l’empereur Napoléon 1er ».

Le Pavillon France proposera enfin douze quinzaines thématiques, s’appuyant sur les objectifs de développement durable établis par l’ONU à l’horizon 2030. Le public y explorera les enjeux du monde de demain et pourra découvrir les initiatives françaises en matière de biodiversité et de lutte contre le changement climatique, entre autres.

Le Drian a adressé pour finir un message aux près de 4 millions de Français résidant à l’étranger qui « subissent comme nous la pandémie avec des difficultés supplémentaires. « J’espère que pour eux cette exposition sera source de bien-être et de retour à la normale ». Qu’ils éprouvent de la « fierté sur ce qu’est la France, qu’ils en soient les ambassadeurs. »

Rendez-vous en octobre prochain pour le lancement de l’exposition. Pour plus d’informations, il est possible d’ici là de se rendre sur le site du pavillon français, à cette adresse : https://www.francedubai2020.com/


Liban: la France triple son soutien humanitaire et envoie 60 tonnes d'aide

Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
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  • "Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes"
  • Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français

PARIS: La France s'apprête à tripler son soutien humanitaire au Liban, en y dépêchant jeudi 60 tonnes d'aide pour les réfugiés quittant le sud du pays où Israël mène des opérations militaires contre le Hezbollah pro-iranien, a annoncé mercredi le chef de la diplomatie française

"Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes, mais aussi un poste sanitaire mobile", a déclaré Jean-Noël Barrot sur TF1.

Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français, selon lui.

Paris s'apprête par ailleurs à fournir "plusieurs dizaines" de véhicules de l'avant-blindé (VAB) aux forces armées libanaises, "dont nous considérons qu'elles sont seules légitimes à assurer la sécurité du Liban", a rappelé le ministre, qui a à nouveau appelé le Hezbollah à "cesser ses attaques sur Israël" et "à rendre ses armes aux autorités libanaises".

Quelque 760.000 personnes ont été déplacées depuis le début de la campagne de frappes, lancée en réponse à des tirs du Hezbollah, selon des chiffres publiés mardi par le gouvernement libanais.

Depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël, près de 500 personnes ont été tuées.


Le Hezbollah doit se désarmer, Israël s'abstenir d'une opération d'envergure, selon Paris

 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
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  • La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises"
  • Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations"

PARIS: La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure".

Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations", selon une déclaration du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Elle appelle en outre Israël "à s'abstenir de toute intervention terrestre ou d'envergure durable au Liban, dont l'intégrité territoriale et la souveraineté doivent être respectées".

La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises", saluant leur décision le 2 mars dernier d'interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah.

La conférence du 5 mars, annulée en raison du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, était destinée à lever des fonds pour renforcer les forces de sécurité intérieures et l'armée libanaise, qui manquent cruellement de moyens financiers et d'équipements.

Cette aide était jugée fondamentale alors que l'armée libanaise était engagée dans un processus de désarmement du Hezbollah.

L'armée libanaise avait indiqué en janvier avoir achevé la première phase de ce plan de désarmement, couvrant la région située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord. La deuxième phase, concernant une zone située au nord du fleuve, devait commencer.

En déplacement au Liban début février, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait jugé positif le processus de désarmement, estimant qu'au sud du fleuve Litani, il n'y avait plus de menaces vers le nord d'Israël.

Il avait aussi demandé à l'Iran de cesser d'être une force déstabilisatrice au Liban alors qu'Israël suspectait le Hezbollah de se réarmer avec l'aide de Téhéran.

Les autorités israéliennes ont constamment jugé insuffisants les progrès dans le désarmement du groupe pro-iranien qui a fini par entraîner le Liban dans la guerre début mars.

 


Moyen-Orient: Macron se pose en leader de la défense européenne, faute de leviers sur le conflit

Le président français Emmanuel Macron arrive pour s’adresser aux médias lors de sa visite du porte-avions Charles de Gaulle à Chypre, le 9 mars 2026. (Reuters)
Le président français Emmanuel Macron arrive pour s’adresser aux médias lors de sa visite du porte-avions Charles de Gaulle à Chypre, le 9 mars 2026. (Reuters)
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  • Le président Emmanuel Macron se rend à Chypre et à bord du porte-avions Charles de Gaulle pour affirmer le rôle de la France comme leader de la défense européenne face à l’escalade au Moyen-Orient
  • Malgré cette démonstration de force et des échanges avec Massoud Pezeshkian, Donald Trump et Benjamin Netanyahu, l’influence diplomatique de Paris reste limitée et les appels à la désescalade n’ont pas encore produit d’effet

A bord du porte-avions Charles de Gaulle: Face au fait accompli de la guerre au Moyen-Orient, et sans grand levier pour influer sur son cours, le président français Emmanuel Macron, en déplacement lundi à Chypre et sur le porte-avions Charles de Gaulle, tente de reprendre l'initiative en traçant le sillon d'une France leader en matière de défense européenne.

Il a fait une visite express à Paphos, sur l'île méditerranéenne touchée par un drone de fabrication iranienne après le début du conflit déclenché le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran.

Message central: "lorsque Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée". Et la France répond présent pour la protéger, comme elle le fait pour ses partenaires du Golfe visés par des représailles iraniennes. Il a d'ailleurs évoqué, sans plus de précisions, de nouvelles "interceptions" de frappes qui se sont poursuivies ces derniers jours.

Dans la foulée, détour par le porte-avions Charles de Gaulle, désormais au large de la Crète, en Grèce, dans le cadre d'un important déploiement militaire décidé par Paris face à l'embrasement moyen-oriental.

"Ce qui est très important, et habile, dans ces déplacements, c'est qu'ils lui permettent de reprendre l'initiative alors que, depuis le début de la guerre, tous les Européens étaient placés devant le fait accompli", dit à l'AFP Cyrille Bret, chercheur à l'Institut Montaigne.

- "Montrer les muscles" -

"La position d'Emmanuel Macron est vraiment de montrer les muscles", en déployant "un effort capacitaire considérable", ajoute-t-il.

Le Charles de Gaulle est en Méditerranée orientale dans le cadre d'un important dispositif aéronaval appelé aussi à mobiliser huit frégates et deux portes-hélicoptères amphibies dans une vaste zone incluant également la mer Rouge et le détroit d'Ormuz dans le Golfe.

Même si les autorités françaises martèlent qu'il s'agit d'une posture strictement "défensive", et pas d'une participation directe au conflit, "l'engagement d'un groupe aéronaval d'une telle ampleur, c'est un vrai risque", estime cet expert: "ça rend la France encore plus une cible dans la région".

En étant le premier dirigeant à se rendre à Chypre, et en ayant dépêché ces moyens militaires en coordination avec plusieurs pays, dont l'Italie et l'Espagne, Emmanuel Macron tente de conforter son rôle de leader de la défense européenne, une semaine après avoir mis la France au centre du jeu en proposant une dissuasion nucléaire "avancée" au service de l'Europe.

"Votre présence aujourd'hui démontre la puissance de la France, celle d'une puissance d'équilibre, de paix aux côtés de ses amis", a-t-il lancé lundi aux marins du Charles de Gaulle.

"Celle aussi d'une puissance européenne qui sait organiser autour d'elle et orchestrer la présence de plusieurs autres européens", a ajouté celui qui plaide depuis plusieurs années pour une autonomie stratégique du Vieux Continent.

- "Où est la voix de la France?" -

Par contraste, le Royaume-Uni est critiqué pour son déploiement plus poussif, alors même que c'est une base britannique qui a été touchée à Chypre.

"Pour l'instant la réaction de la France est plutôt la bonne", a d'ailleurs reconnu l'un de ses principaux opposants, le président du Rassemblement national (extrême droite) Jordan Bardella.

Sur le front diplomatique, toutefois, d'autres voix critiquent un certain embarras du chef de l'Etat, qui semble vouloir ménager les Etats-Unis et Israël, sans pour autant approuver leur opération ni y participer plus directement.

"Où est la voix de l'Europe, où est la voix de la France?", a interrogé dimanche, sur la même chaîne, l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin, qui prépare une candidature à la présidentielle de 2027. "C'est Pedro Sanchez qui sauve l'honneur de l'Europe", a-t-il estimé, saluant l'opposition plus résolue à cette guerre de la part du chef du gouvernement espagnol.

Si Emmanuel Macron a été dimanche le premier dirigeant occidental à s'entretenir au téléphone avec son homologue iranien Massoud Pezeshkian depuis le début du conflit, et s'il a parlé à plusieurs reprises à Donald Trump et au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ses leviers diplomatiques sont limités.

Pour l'instant, ses appels à la désescalade sont restés sans effet. Il n'a pu convaincre Israël de ne pas étendre le conflit au Liban en riposte à des tirs du Hezbollah pro-iranien, même s'il constate que l'armée israélienne n'a pas, à ce stade, lancé d'offensive terrestre d'ampleur.