Derrière le bicentenaire de la mort de Napoléon, une histoire corse à redécouvrir

Créations de Valérie et Charles Santarelli à l’effigie de Napoléon (Photo, AFP).
Créations de Valérie et Charles Santarelli à l’effigie de Napoléon (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 27 avril 2021

Derrière le bicentenaire de la mort de Napoléon, une histoire corse à redécouvrir

  • En statues, street-art ou même en pain gastronomique, Napoléon est omniprésent à Ajaccio, sa ville natale
  • Le bicentenaire de sa mort doit permettre de redécouvrir l'influence de la Corse sur un personnage à la fois aimé et controversé

AJACCIO: En statues, street-art ou même en pain gastronomique, Napoléon est omniprésent à Ajaccio, sa ville natale, où le bicentenaire de sa mort doit permettre de redécouvrir l'influence de la Corse sur un personnage à la fois aimé et controversé.

À Ajaccio, où Napoléon Bonaparte naît le 15 août 1769, son souvenir se vit dès l'arrivée à l'aéroport, auquel son nom a été donné en 2011 et où trône son buste en bronze.

En rejoignant la ville, les automobilistes croisent un Napoléon en street-art, avec bicorne et médailles militaires, avant d'arriver au cours Napoléon, artère centrale bordée de cafés et hôtels homonymes.

Vers la gare, un Napoléon en trompe-l’œil scrute le golfe depuis une fausse fenêtre, au dernier étage d'un hôtel.

Plus loin, au Casone, esplanade de festivités et de reconstitution de batailles napoléoniennes, il surplombe la ville, tel une vigie.

« Ajaccio, c'est le souvenir de Napoléon avec des maisons autour » résumait déjà au XIXe siècle le poète Emile Bergerat.

Dans la vieille ville, un pain au curcuma et safran distingué par le guide Gault et Millau a été baptisé « pain Napoléon ».

Et à la boutique Empires, les symboles napoléoniens --abeille, bicorne, laurier, aigle, couronne-- sont revisités sur des vêtements ou accessoires. Napoléon encore et toujours.

Pourtant, « on n'a pas les épisodes les plus grandioses de Napoléon à Ajaccio, les batailles, le sacre, la splendeur de la cour impériale », explique Jean-Marc Olivesi, conservateur de l'unique musée national de Corse, la maison Bonaparte à Ajaccio, où a grandi l'empereur, fils de l'avocat Charles Bonaparte et de Maria Letizia Ramolino.

« Construction intellectuelle »

« En revanche la construction intellectuelle de ce jeune homme s'est en partie faite à Ajaccio », note-t-il, dans une île traversée de luttes politiques.

Napoléon est un personnage « consubstantiel » à la ville, pour Laurent Marcangeli, maire (DVD) d'Ajaccio, soutenu par le Comité central bonapartiste (CCB), un parti politique créé en 1908.

À la fois l'un des personnages préférés des Français, créateur du code civil, du baccalauréat ou de la Légion d'honneur, Napoléon est aussi l'un des plus controversés pour son action au pouvoir entre 1799 et 1815, avec notamment le rétablissement en 1802 de l'esclavage mais aussi de nombreuses guerres.

« Les polémiques autour de Napoléon me déplaisent parce que, qu'on le veuille ou non, c'était la France qui gagne, qui progresse technologiquement et au niveau du droit, qui est conquérante dans un siècle de rebondissements, une histoire de réussite personnelle, un ascenseur social sans précédent », insiste Laurent Marcangeli. 

La cathédrale de l’Assomption à Ajaccio où Napoléon a été baptisé en 1771 (Photo, AFP).

Regrettant le « mal français de l'autoflagellation », il appelle à « un travail scientifique et grand public » pour mieux connaître « ce personnage hors du commun » plutôt que de céder à un « jugement moral systématique a posteriori ».

« Napoléon réfléchissait à des questions très modernes comme le statut des juifs, la place de la culture, le softpower », note Jean-Marc Olivesi, assurant que, « pour nombre de chefs d'entreprises américains ou chinois, Napoléon, c'est une leçon de courage ».

Pour Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée de Corse, partisan d'une indépendance de l'île, mais aussi chercheur, « beaucoup de choses restent à explorer notamment le rapport de Napoléon à la Corse et ce que son action politique doit à sa formation » dans l'île. 

Des thèses sur le sujet sont en cours à l'université de Corse.

« Napoléon ne s'est pas intéressé beaucoup à la Corse mais ce qu'il n'a pas fait de son vivant, il peut peut-être le faire aujourd'hui en permettant de mettre en lumière ce qu'a été » l'île de Beauté, dit-il, avec notamment sa Constitution adoptée en 1755 et considérée par certains - dont l'auteure britannique Dorothy Carrington - comme la première constitution démocratique de l'Histoire moderne.

« Notre héritage »

Pour Talamoni, Napoléon doit permettre de faire découvrir l'histoire d'un autre Corse, dont il est beaucoup plus féru : Pascal Paoli, homme politique, philosophe, général (1725-1807) et figure du nationalisme insulaire et des années d'indépendance de l'île, entre le départ des Génois en 1755 et le rattachement à la France en 1768.

« Au XVIIIe siècle, Paoli et Napoléon nous ont projetés sous les feux de la rampe de l'Histoire européenne », rappelle Jean-Paul Olivesi. 

« On n'a pas à choisir, nous Corses, entre Paoli et Napoléon, on les a dans notre ADN, notre héritage, et l'un ne s'explique pas sans l'autre. Il faut se pencher sur cet héritage et essayer d'en faire quelque chose de dynamique », recommande-t-il. 

Un constat partagé par le producteur de cinéma Paul-Dominique Vacharasinthu, né à Ajaccio.

Coproducteur de « Papicha » et d' « Annette », le film de Leos Carax avec Marion Cotillard et Adam Driver qui sera en ouverture du Festival de Cannes en juillet, il travaille depuis un an au développement d'une série télévisée sur Napoléon avec l'ambition de créer « une œuvre au retentissement international », probablement tournée en langue anglaise et corse, en partie sur l'île, a-t-il confié.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".