Comment visiter l'Arabie saoudite pour pratiquer l’Omra ce ramadan

Short Url
Publié le Vendredi 07 mai 2021

Comment visiter l'Arabie saoudite pour pratiquer l’Omra ce ramadan

  • Le Dr Amr Al-Maddah du ministère du Hajj et de l’Omra répond aux questions fréquemment posées sur ce rituel
  • La capacité opérationnelle de la Grande Mosquée est fixée sur la base des mesures contre la Covid-19 du ministère de la Santé

DJEDDAH: Le ministère saoudien du Hajj et de l’Omra a annoncé les directives pour la délivrance des permis de prière et de l’Omra pour le mois du ramadan. Les vaccinations figurent en tête de la liste des priorités, et aucun fidèle ne peut pénétrer dans la Grande Mosquée de La Mecque ou dans la mosquée du Prophète à Médine sans avoir reçu au moins une dose de vaccin contre la Covid-19.

En outre, le ministère des Affaires islamiques, de l'Appel et de l'Orientation, a souligné la nécessité de suivre toutes les mesures de prévention pour assurer la santé et la sécurité de ceux qui visitent les Deux Saintes mosquées. Des millions de fidèles ont visité les mosquées en portant des masques et en maintenant une distance physique depuis que l’interdiction – de sept mois – des prières et de l’Omra a été levée en octobre dernier.

On estime à 1,5 million le nombre de fidèles qui se sont rendus à la Grande Mosquée au cours des dix premiers jours du ramadan. Dans une interview exclusive pour Arab News, le Dr Amr al-Maddah, vice-ministre des services du Hajj et de l’Omra, a répondu à toutes les questions des pèlerins et des fidèles souhaitant accomplir le rituel islamique lors de ce ramadan.

Quelle est la capacité opérationnelle de la Grande Mosquée de La Mecque?

La Grande Mosquée peut accueillir jusqu'à 50 000 pèlerins et 100 000 fidèles chaque jour.

Les pèlerins de l'extérieur du Royaume sont-ils autorisés à accomplir l’Omra pendant le ramadan?

Oui, des pèlerins de plusieurs pays accompliront l’Omra.

Les mêmes exigences sanitaires s'appliquent-elles aux pèlerins et fidèles saoudiens et étrangers?

Un décret royal émis le 20 août 2020 stipule que tous ceux qui souhaitent entrer dans la Grande Mosquée sont tenus d’être vaccinés contre la Covid-19. Les visiteurs et les pèlerins venant de l'étranger doivent être en possession de certificats attestant qu'ils ont été vaccinés.

Existe-t-il des vaccins agréés, autres que ceux approuvés par l'Arabie saoudite, notamment les vaccins Pfizer-BioNTech et Oxford-AstraZeneca?

Le ministère du Hajj et de l’Omra opère sur la base des vaccins approuvés et des rapports du ministère de la Santé. Le processus d'approbation des vaccins est régulièrement mis à jour sur la base des rapports fournis par le ministère de la Santé.

Le processus d’évaluation du ministère prend en considération l’évaluation de l’Organisation mondiale de la santé, l’évaluation des risques des nouveaux vaccins, et l’évaluation par le ministère de la Santé de l’efficacité de ces vaccins.

En tant que prestataire de services, le ministère du Hajj et de l’Omra dépend totalement des informations qu'il reçoit des organismes gouvernementaux capables d'évaluer les vaccins et leur efficacité. Alors que le certificat sanitaire de chaque pays suit un système spécifique, le ministère du Hajj et de l’Omra traite la question sur la base de l'apport du ministère de la Santé, et délivre les permis en conséquence.

omra
Le Dr Amr al-Maddah, vice-ministre des services du Hajj et de l’Omra. (Photo Fournie)

 

Comment le ministère du Hajj et de l’Omra traite-t-il les pèlerins des pays qui connaissent une flambée des cas de coronavirus?

Le Royaume a suspendu les vols en provenance des pays à partir desquels l'entrée pour l’Omra ou tout autre but a été interrompue en raison du nombre croissant de cas de coronavirus.

Les vols en provenance d’autres pays n’ont pas été suspendus en dépit d’une augmentation des cas de coronavirus, car les vaccins peuvent empêcher la transmission du virus, atténuer les effets de la pandémie et réduire la possibilité de propagation du virus à d’autres personnes. Si le pèlerin qui entre en Arabie saoudite a déjà reçu un vaccin contre la Covid-19, le risque est supposé être beaucoup plus faible.

Comment se déroule le voyage d'un pèlerin depuis son arrivée en Arabie saoudite jusqu'à l'accomplissement de l’Omra?

Il est important de garder à l'esprit que la capacité opérationnelle de la Grande Mosquée est fixée à l’avance sur la base des mesures préventives adoptées par le ministère de la Santé. Une place de pèlerin peut être réservée à l'aide des applications Eatmarna et Tawakalna. Une fois la place réservée, un permis d'entrée est délivré au fidèle ou au pèlerin, qui peut le présenter à un centre d'accueil.

Au centre d'accueil, on vérifiera la date et la validité du permis, ainsi que le statut vaccinal du titulaire. Avant d'arriver à La Mecque, le pèlerin doit payer les frais de transport aux sociétés agréées qui assurent le transfert en toute sécurité en désinfectant les véhicules et en laissant des espaces entre les sièges. Ensuite, les pèlerins sont transportés jusqu’à la Grande Mosquée, aux arrêts de bus correspondants.

omra

À titre d’exemple, les pèlerins du centre Kudai sont transportés à la porte du roi Abdelaziz, tandis que ceux du centre Al-Zahir sont transportés à la porte Al-Shabika. Les pèlerins sont déposés selon les centres désignés à cet effet. Leurs permis sont ensuite vérifiés de nouveau pour des raisons de sécurité, avant qu’ils ne soient autorisés à pratiquer l’Omra et à prier pendant le temps qui leur est imparti.

Le ministère du Hajj et de l’Omra a prévu un autre moyen permettant aux pèlerins d’accomplir l’Omra. Ils peuvent réserver une chambre dans n'importe quel hôtel donnant sur la Grande Mosquée et la zone centrale. Les hôtels peuvent désormais aider les personnes qui réservent une chambre à faire une demande pour accomplir l’Omra au cours de leur séjour. Les fidèles intéressés par ce service peuvent déposer une demande en effectuant une réservation dans un hôtel, lequel peut ensuite aider le client à réserver une place dans les limites de la capacité préétablie de la Grande Mosquée.

Quant aux pèlerins venant de l'étranger, si leur état de santé n'est pas enregistré dans le système Tawakalna, ils devront se rendre dans un centre de santé où ils recevront toute l'aide nécessaire. Leur état de santé sera mis à jour en fonction du certificat de vaccination fourni par leur pays d'origine. Une date est alors réservée, permettant au visiteur d’effectuer l’Omra, en fonction de la capacité opérationnelle de la Grande Mosquée.

Quelles sont les dispositions qui ont été prises pour assurer le transport en toute sécurité des pèlerins étrangers arrivant à l’aéroport international King Abdul Aziz de Djeddah et à l’aéroport international Prince Mohammad bin Abdulaziz de Médine?

Il existe un niveau élevé de coordination entre le ministère du Hajj et de l’Omra et le ministère de la Santé, ainsi qu’avec les prestataires de services et de sécurité, c’est-à-dire l'Autorité des transports publics, la Commission royale pour la ville de La Mecque et des lieux saints, et l'Autorité de développement de la région de Médine. Il existe des normes et des procédures unifiées pour le transport. Cela inclut les pèlerins voyageant entre les villes ou à l'intérieur de la ville, ou l'hébergement des pèlerins qui doivent être mis en quarantaine après le test.

omra
Les fidèles font le tour de la Kaaba dans le complexe de la Grande Mosquée de La Mecque le 4 octobre 2020, au milieu de précautions sanitaires appropriées pour lutter contre la propagation de la Covid-19. (AFP)

 

Toutes ces normes et procédures ont été élaborées et expliquées pour assurer la sécurité des pèlerins saoudiens et étrangers et leur permettre d’accomplir l’Omra sans aucun contretemps. Les mesures de contrôle des risques visent à réduire les incidents susceptibles d'entraîner une réduction du nombre de pèlerins, ou une éventuelle suspension de l’Omra.

Avez-vous enregistré des transgressions dans l’obtention de permis depuis le début de la période de l’Omra?

Certaines transgressions ont été commises. Chaque système enregistrera les infractions tandis que tous ces cas sont traités sur place en temps opportun. Les organes de sécurité et de services sont largement déployés dans la Grande Mosquée, avec des centres de services et des points de rassemblement pour surveiller la situation.

Les contrevenants seront condamnés à une amende de 10 000 riyals saoudiens (SR), soit 2 666 dollars [1 dollar = 0,83 euro] pour avoir pratiqué l’Omra sans permis, et de 1 000 SR pour avoir prié à la Grande Mosquée sans permis. Cela montre que les mécanismes officiels pour punir les contrevenants ont été mis en place et sont appliqués en cas de besoin. La plupart des gens respectent toutefois les réglementations et procédures sanitaires en vigueur.

Quel est l'objectif des amendes pour violation du permis de l’Omra?

Le système des amendes a été mis en place pour que la Grande Mosquée ainsi que la mosquée du Prophète à Médine et à La Mecque, dans leur ensemble, ne deviennent pas une source de propagation du virus. C'est la raison pour laquelle il existe une capacité d’accueil des pèlerins préétablie pour chaque site.

Le souhait d'accomplir les prières de l’Omra, du Tarawih ou des prières nocturnes à la Grande Mosquée est compréhensible. Cependant, le monde vit une situation exceptionnelle et tous les gens devraient rester unis dans ces circonstances. En termes simples, les amendes visent à empêcher de commettre des infractions qui constitueraient un danger tant pour les pèlerins que pour ceux qui travaillent à la Grande Mosquée.

omra
Toutes les procédures ont été élaborées et expliquées pour assurer la sécurité des pèlerins saoudiens et étrangers et leur permettre d’accomplir l’Omra sans aucun contretemps. (AFP)

 

Le respect des procédures de prévention de la transmission du coronavirus peut-il être surveillé et évalué?

Des équipes de terrain travaillent 24 heures sur 24 pour suivre les conditions des pèlerins et leur respect des procédures et exigences sanitaires. Les organes de sécurité coopèrent avec le ministère du Hajj et de l’Omra à cet égard. La sensibilisation à ces questions est exercée en permanence par tous les organes concernés.

L'augmentation régulière du nombre de personnes vaccinées est-elle prise en compte pour déterminer le nombre de permis?

La capacité opérationnelle préétablie est mise à jour quotidiennement. Elle a maintenant atteint entre deux fois et demie et trois fois ce qu'elle était, et continuera d'augmenter dans les jours à venir.

Ce qui sera pris en compte, c'est la situation sanitaire globale. La capacité opérationnelle est appelée à s’accroître parallèlement à l’augmentation de la prise de conscience par les gens des circonstances exceptionnelles auxquelles le monde est confronté. Ces circonstances exigent de prendre des mesures particulières.

Plus les personnes se feront vacciner, plus le risque sera faible. Les gens pourront bientôt reprendre une vie normale, et tous seront les bienvenus pour visiter la Grande Mosquée.

Des opérations de désinfection sont en cours à la Grande Mosquée. Les bus pour le transport des fidèles et les autres installations sont-ils également désinfectés?

Tous les bus, les guichets, ainsi que les points de tri et de rassemblement sont régulièrement désinfectés. Le procédé a été étudié par des entreprises, et une équipe spécialisée a fixé les intervalles de désinfection et de stérilisation. Les bus sont désinfectés après chaque étape tandis que les centres d'accueil sont désinfectés toutes les demi-heures, ces mesures sanitaires étant considérées comme essentielles.

L’obligation de vaccination continuera-t-elle pendant la période du Hajj cette année?

Aucun décret royal n'a encore été émis à ce sujet. Une fois qu'un tel décret aura été émis, le ministère du Hajj et de l’Omra prendra des mesures en conséquence.

L'expérience de l'organisation de l’Omra pourrait-elle inciter le ministère du Hajj et de l’Omra à augmenter le nombre de pèlerins du Hajj cette année par rapport à l'année dernière?

L'année dernière, le risque était élevé, au plus fort de la crise de Covid-19. Cependant, les méthodes de gestion de la pandémie ont changé et la situation est complètement différente cette fois-ci.

omra
Vue générale de la Grande Mosquée de La Mecque, avec la tour de l'horloge en arrière-plan. (AFP)

 

Les dates de la tenue des assemblées fondatrices des Arbab Al-Tawaif Establishments ont été annoncées. Comment ces entités contribueront-elles cette année à une amélioration des services fournis aux pèlerins et aux fidèles?

La tenue des assemblées fondatrices et la transformation de ces établissements en entreprises ouvriront les portes à des personnes qualifiées, de l’extérieur du système, qui à leur tour contribueront à faire de ces entités d’importantes entités nationales.

L'espoir est qu'elles deviennent des «champions nationaux» au service des pèlerins. Ces entreprises, en vertu de leurs réformes institutionnelles prévues, deviendront d’énormes entités qui opéreront en élargissant la gamme de leurs services, en acquérant des actifs et en augmentant les taux de rentabilité de leurs actionnaires et de leurs employés.

Dans le même temps, elles commenceront à développer le contenu local existant du secteur des services, du développement des capacités et des cadres travaillant dans ce domaine à l'amélioration de la qualité des services qu'ils fournissent en adoptant des normes internationales au lieu de s'appuyer uniquement sur la pratique et l'expérience.

Une transformation quantitative et qualitative de ces entités garantira des services de qualité. La transformation des Arbab Al-Tawaif Establishments en Arbab Al-Tawaif Companies devrait créer les conditions pour attirer les meilleurs cerveaux et les travailleurs qualifiés, tout en offrant aux pèlerins de meilleurs services et aux actionnaires des bénéfices plus élevés.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com


Liban: Des soldats retraités tentent de prendre d’assaut le Parlement libanais

Lors de ces protestations, les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants devant le Parlement (Photo, Ani).
Lors de ces protestations, les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants devant le Parlement (Photo, Ani).
Short Url
  • «Nous gagnons à peine 1 200 000 livres libanaises chaque mois, ce qui est tout juste suffisant pour un ou deux jours au mieux»
  • La monnaie nationale libanaise a vu sa valeur fondre de près de 90 % depuis 2019

BEYROUTH: Alors que le Parlement libanais commençait sa séance par une minute de silence en hommage aux victimes du «bateau de la mort» de Tripoli, c’est une tout autre atmosphère qui régnait place de l’Étoile à Beyrouth. Des soldats retraités tentaient en effet au même moment de prendre d'assaut le Parlement libanais où se tient ce matin une session pour discuter et approuver la loi de finances de l'État 2022, ont rapporté aujourd’hui les médias d’État.

Lors de ces protestations, les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants devant le Parlement, rapporte l’agence officielle libanaise Ani.

«Nous gagnons à peine 1 200 000 livres libanaises (1 livre libanaise = 0,00068 euro) chaque mois, ce qui est tout juste suffisant pour un ou deux jours au mieux.» «Je dois survivre vingt-huit jours encore...», déplore un soldat à la retraite interviewé par une émission télévisée quotidienne au milieu des manifestations.

Au Liban, les anciens soldats sont toujours payés au taux de change de 1 500 livres libanaises. Aujourd’hui, un salaire de 1 200 000 livres libanaises ne vaut plus que 32 dollars américains (1 dollar = 1,04 euro), selon le dernier taux de change rapporté aujourd’hui par les bureaux de change. La vraie valeur du dollar au Liban avoisine actuellement les 38 000 livres libanaises.

Le général de division à la retraite Jamil al-Sayed, également député et présent au Parlement lundi, a quitté la session de la Chambre pour rejoindre les militaires à la retraite, selon l’Ani. «Les soldats à la retraite se verront accorder dix jours comme délai par le gouvernement de Najib Mikati», avertit-il.

La monnaie nationale libanaise a vu sa valeur fondre de près de 90 % depuis 2019. Le salaire minimum mensuel, de 675 000 livres libanaises, n’équivaut à guère plus de 18 dollars au marché noir. Quelque 80 % de la population vit désormais en dessous du seuil de pauvreté, selon l'Organisation des nations unies (ONU).

À la suite de l'effondrement économique du Liban, des réfugiés syriens et palestiniens ainsi que des Libanais ont tenté de traverser la Méditerranée à bord d'embarcations de fortune pour se rendre vers des pays européens, notamment l'île de Chypre, située à 175 km des côtes libanaises.

Selon l'ONU, au moins 38 bateaux transportant plus de 1 500 personnes ont quitté ou tenté de quitter illégalement le Liban par la mer, entre janvier et novembre 2021.


Le grand mufti du Liban prône l'unité à la veille de l'élection d'un nouveau président

Le grand mufti du Liban, cheikh Abdellatif Deriane, a convoqué les députés sunnites à une réunion de Dar el-Fatwa afin d’évoquer les éventuels candidats. (Archives/AFP)
Le grand mufti du Liban, cheikh Abdellatif Deriane, a convoqué les députés sunnites à une réunion de Dar el-Fatwa afin d’évoquer les éventuels candidats. (Archives/AFP)
Short Url
  • Le grand mufti du Liban, le cheikh Abdellatif Deriane, a averti samedi dernier que le pays du Cèdre était désormais un État en faillite
  • Il a déclaré que les nations ne peuvent survivre que si elles sont dotées d'institutions constitutionnelles performantes

BEYROUTH: Le grand mufti du Liban, le cheikh Abdellatif Deriane, a averti samedi dernier que le pays du Cèdre était désormais un État en faillite.

«Notre pays se transforme rapidement en un État défaillant; les nations arabes ainsi que le reste des pays du monde ne tarderont pas à ignorer le Liban en tant qu'État en raison de sa mauvaise gestion politique à tous les niveaux», a-t-il prévenu.

«Il est nécessaire d'élire un nouveau président et les députés sont responsables de cela. Sinon, notre pays connaîtra une vacance présidentielle.»

Le mufti Deriane avait convoqué les députés sunnites à l’occasion d’une réunion de Dar el-Fatwa afin d’évoquer les éventuels candidats.

Vingt-sept députés sunnites appartenant à tous les courants politiques ont participé à cette réunion dont un député affilié au Hezbollah, ainsi que des députés réformateurs et indépendants.  

Deux députés réformistes, Ibrahim Mneimneh et Halimé el-Kaakour, et le député indépendant Oussama Saad n'ont pas été présents.

L'objectif de la réunion était d'unir le bloc sunnite au Parlement pour lui conférer un poids significatif dans les élections présidentielles, selon une source de Dar Al-Fatwa.

Un autre objectif du bloc consiste à mettre un terme aux tentatives qui visent à manipuler l'accord de Taëf et à saper ses clauses relatives à la Constitution libanaise, ajoute la même source.

La réunion s'est concentrée sur les moyens pour préserver l'unité nationale et faire respecter les délais prévus par la Constitution dans la perspective de l'élection d'un nouveau président et de la formation d'un gouvernement susceptible de mener des réformes financières, monétaires et législatives, y compris le plan de redressement économique.

Lors de la réunion, le mufti Abdellatif Deriane a déclaré que les nations ne peuvent survivre que si elles sont dotées d'institutions constitutionnelles performantes.

Le président est le défenseur de la Constitution et la présence d'un président chrétien au Liban symbolise la coexistence sur laquelle repose le système national, a-t-il affirmé.

Les pays arabes «sont volontaires et apprécient le système libanais» dans la mesure où le chef de l’État libanais reste le seul président chrétien du monde arabe, ajoute le cheikh Deriane.

Il a exhorté les députés à aider le président à assumer son rôle à l'intérieur et à l'extérieur du pays ainsi qu’à préserver son statut.

Le mufti Deriane a par ailleurs souligné que le nouveau président doit préserver les constantes de Taëf et de la Constitution, le vivre-ensemble et les lois libanaises, arabes et internationales.

Le nouveau président est appelé à mettre un terme aux disputes sectaires et à prôner une séparation des pouvoirs, conformément à la Constitution, a-t-il renchéri.

Le mufti a précisé que le président de la république qui sera élu devra «présenter les caractéristiques d'une personnalité de la sphère publique et politique et assumer la responsabilité de la mission qui lui est confiée».

Il a précisé que ce nouveau président doit disposer de la sagesse, du sens de la responsabilité nationale et de l'intégrité nécessaires. Il lui faudra en outre parvenir à rassembler tous les Libanais, employer ses pouvoirs à faire sortir le pays de la crise dans laquelle il se trouve et prévenir l'effondrement total du pays.

Le mufti Deriane a précisé: «Il est impératif d'élire un président doté de ces qualités; sinon, le régime et l'État s'effondreront sous nos yeux.»

Le mufti a par ailleurs appelé à préserver les prérogatives du Premier ministre et à aider dans sa mission le Premier ministre désigné.

«Tout le monde est appelé à assumer cette responsabilité commune. Nous espérons former un gouvernement dans les plus brefs délais, voire dans les prochains jours», a affirmé le cheikh Deriane. Selon lui, le Liban a besoin d'un gouvernement puissant, non d'un gouvernement intérimaire, pour faire face aux circonstances difficiles qu’il traverse.

Faute d'un consensus, le Liban ne peut survivre, affirme le cheikh Deriane. Le salut de notre pays passe inévitablement par l'unité, loin des tensions, des conflits sectaires et des incitations, ajoute-t-il.

Le président dont le Liban a besoin «ne peut pas faire partie du problème ni en être la cause».

Au terme de la réunion, les participants ont souligné les principes prônés par Dar el-Fatwa, notamment ceux qui sont relatifs au respect de l'accord de Taëf, de l'identité arabe du Liban et de l'unité nationale.

Ils ont par ailleurs dénoncé les abus qui ont porté atteinte – et continuent de le faire – aux principes de la réconciliation nationale et de la coexistence.

Les députés sunnites ont appelé à mettre fin aux souffrances qu’endure le Liban en raison de la mauvaise gestion et de la corruption endémique.

«Pour sauver le Liban, il convient de reconnaître les erreurs commises, de responsabiliser les coupables, quels qu'ils soient, et de coopérer de manière ouverte avec les différents partis libanais et arabes ainsi qu'avec la communauté internationale en vue de restaurer l’identité et la stature de ce pays», ont-ils déclaré.

Ils ont assuré qu'ils allaient collaborer avec les autres députés afin d'élire un nouveau président dans les délais prévus par la Constitution.

Selon eux, le nouveau président «doit se soumettre à la Constitution et faire preuve de loyauté envers le peuple libanais ainsi qu’envers ses intérêts».

Cette déclaration précise que l'ennemi du Liban reste l'armée israélienne, qui continue d’occuper certaines parties du pays.

Elle appelle à respecter les résolutions du Conseil de sécurité des nations unies qui prévoient le retrait israélien des territoires palestiniens occupés et la reconnaissance de Jérusalem comme ville occupée.

Ce texte est un article paru sur Arabnews.com


Tunisie: Après la démocratie représentative, la démocratie participative?

Le président de l'Autorité indépendante pour les élections, Farouk Bouasker, donne une conférence de presse sur le résultat final du référendum sur un projet de constitution présenté par le président du pays, à Tunis le 26 juillet 2022. (AFP).
Le président de l'Autorité indépendante pour les élections, Farouk Bouasker, donne une conférence de presse sur le résultat final du référendum sur un projet de constitution présenté par le président du pays, à Tunis le 26 juillet 2022. (AFP).
Short Url
  • Le 18 août 2022 marque un tournant dans la vie politique tunisienne; ce jour-là, le plus petit pays maghrébin s’est officiellement doté d’une nouvelle Constitution marquant une rupture – la deuxième en onze ans.
  • Sghaier Zakraoui, professeur de droit public à la faculté de droit et des sciences politiques de Tunis, considère que Kaïs Saïed «ne croit pas à la démocratie représentative et encore moins à la démocratie participative»

TUNIS: La Tunisie a tourné le dos au parlementarisme pratiqué dans le pays depuis 2014. D’après Sghaier Zakraoui, professeur de droit public à la faculté de droit et des sciences politiques de Tunis, la nouvelle Constitution va instaurer un régime dirigé par un hyperprésident, qui serait une sorte de mélange entre l’imamat à l’iranienne et la jamahiriya («république des masses») de Mouammar Kadhafi.

Le 18 août 2022 marque un tournant dans la vie politique tunisienne. Ce jour-là, le plus petit pays maghrébin s’est officiellement doté d’une nouvelle Constitution marquant une rupture – la deuxième en onze ans.

Soixante-six ans après son indépendance, la Tunisie continue donc à chercher sa voie autant sur le plan constitutionnel que politique. Pendant cinquante-cinq ans, elle a vécu avec ses deux premiers présidents – Habib Bourguiba (1956-1987) et Zine el-Abidine ben Ali (1987-2011) – sous un régime hyperprésidentiel, dans lequel les pouvoirs législatif et judiciaire étaient totalement contrôlés par l’exécutif.

La Constitution adoptée en janvier 2014, trois ans après la chute du régime Ben Ali le 14 janvier 2011, a instauré un régime parlementaire mixte, dans lequel le chef du gouvernement, qui détient l’essentiel du pouvoir exécutif, est responsable devant l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

Ce système est tenu pour responsable par bon nombre de Tunisiens – dont le président Kaïs Saïed – de tous les maux du pays. Pourquoi le parlementarisme a-t-il échoué? Est-ce parce qu’il a été mal appliqué ou parce qu’il n’est pas adapté à la Tunisie?

M. Zakraoui est convaincu que «le régime hybride consacré par la Constitution de 2014 et dans lequel le pouvoir est réparti entre le président de la république, le chef du gouvernement et l’ARP aurait pu fonctionner si la cour constitutionnelle avait été mise en place». D’autres conditions devaient aussi être réunies, mais ne l’ont pas été: «Des partis politiques disciplinés et bien ancrés dans le pays» et «un système électoral juste et équitable qui fasse émerger une majorité stable capable de gouverner le pays dans les moments de turbulence».

Où va donc la Tunisie? Sghaier Zakraoui considère que Kaïs Saïed «ne croit pas à la démocratie représentative et encore moins à la démocratie participative». Il prône «une nouvelle démarche, celle de “la construction par la base” et dont les principaux jalons ont été posés par la nouvelle Constitution, taillée sur mesure, dont notamment le mandat révocable, le bicaméralisme, en attendant tout ce que va apporter la loi électorale à l’édifice».

D’après ce juriste, le chef de l’État tunisien veut instaurer un «régime hyperprésidentialiste», une sorte de mix entre la jamahiriya de Mouammar Kadhafi, et l’imamat en vigueur chez les chiites (velayat-e faqih) dans lequel l’imam «bénéficie d’une immunité absolue».

Selon M. Zakraoui, le salut de la Tunisie résiderait dans «un régime présidentiel qui conviendrait au pays, soit un régime qui repose sur la séparation et l’équilibre des pouvoirs: un exécutif bicéphale et un Parlement disposant de compétences réelles et pouvant contrôler cet exécutif».