Masques transparents: "une avancée" pour les sourds, freinée par son coût

Masques transparents pour les sourds et malentendants à Evere, Bruxelles, le 15 mai 2020. (Bruno Fahy / Belga / AFP)
Masques transparents pour les sourds et malentendants à Evere, Bruxelles, le 15 mai 2020. (Bruno Fahy / Belga / AFP)
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Publié le Samedi 22 août 2020

Masques transparents: "une avancée" pour les sourds, freinée par son coût

  • "La lecture labiale est pour moi un plus. Vous imaginez bien (ou pas) qu'avec les masques, c'est plus galère"
  • Premier à avoir été homologué en France, avec 20.000 commandes à ce jour, il a été rejoint par un deuxième modèle, le "masque sourire" d'Odiora

PARIS : Ils protègent du Covid-19 et facilitent la communication: les masques transparents sont "une avancée" pour les sourds et malentendants qui lisent sur les lèvres, mais des prix encore élevés freinent leur "démocratisation" en Europe, en Asie et en Amérique du Nord.

Signes d'une popularité grandissante, on trouve des tutos sur YouTube pour fabriquer son masque transparent, l'entraîneur de football américain Nic Saban porte le sien au bord du terrain, la ministre française chargée des personnes handicapées l'arbore à l'Assemblée nationale, une interprète en langue des signes de l'hôpital de Portsmouth (GB) l'exhibe sur Twitter... 

Contrairement au masque classique, le modèle avec fenêtre transparente permet de voir l'expression du visage et de lire sur les lèvres. 

"La lecture labiale est pour moi un plus. Vous imaginez bien (ou pas) qu'avec les masques, c'est plus galère", témoigne auprès de l'AFP Vivien Laplane, un Français sourd de naissance et auteur du blog "Appendre à écouter". 

Un couple de sourds indonésiens, couturiers à Makassar sur l'île de Sulawesi, fabrique et commercialise depuis avril des masques transparents sans lesquels "il est impossible pour un sourd qui lit sur les lèvres de comprendre ce que les autres disent", explique Faizah Badaruddin qui, avec son mari, en produit chaque jour deux douzaines.

La communication est ainsi facilitée et pas seulement pour les sourds et malentendants, qui sont 70 millions selon la Fédération mondiale des sourds.

La Fédération française des orthophonistes explique qu'avec les masques classiques, "les patients se retrouvent privés de la source principale du message oral: la bouche et les mimiques faciales".

Le modèle a les faveurs aussi des enseignants. Rory Burnham Pickett est professeure à Sapporo au Japon (nord): "je sais qu'il est frustrant que mes élèves ne voient pas ma bouche ou l'expression de mon visage. J'ai fabriqué moi-même un masque transparent car on en trouve difficilement". 

Pour éviter le recours à un système D aléatoire, des gouvernements se saisissent du sujet en délivrant des homologations ou en passant des commandes.

Le Québec a ainsi commandé 100.000 masques pour les distribuer dans le réseau de la santé, selon les médias locaux. L'association des personnes avec une déficience de l'audition (APDA) a commandé 100.000 masques lavables avec fenêtres transparentes à l'entreprise québécoise Madolaine. "Les ventes se font très rapidement", assure la directrice de l'association, Marie-Hélène Tremblay.

Aux États-Unis, ClearMask LLC a annoncé mardi avoir reçu l'homologation de la FDA, l'agence américaine des médicaments, pour un masque transparent à usage médical. L'entreprise basée à Baltimore produisait déjà des masques transparents non chirurgicaux.

Des masques pour tous

C'est après "un passage à la pharmacie où la communication avec le personnel a été fortement dégradée du fait du port du masque classique" qu'Anissa Mekrabech, une Française de 31 ans atteinte de surdité, a eu l'idée de créer un prototype de masque transparent. 

Elle a cofondé la société ASA Initia, basée à Toulouse (sud-ouest), et noué un partenariat avec l'Association des Paralysés de France pour développer et commercialiser le "masque inclusif". 

Premier à avoir été homologué en France, avec 20.000 commandes à ce jour, il a été rejoint par un deuxième modèle, le "masque sourire" d'Odiora, une société de Lyon (centre-est). Deux autres devraient être homologués prochainement, selon le gouvernement français. 

Du côté des associations, Stéphane Lenoir, coordinateur du Collectif Handicaps en France, salue "une avancée" mais "pose la question de la généralisation et du coût" de ces masques. Il coûte de 10,90 à 15 euros l'unité en France, 10,99 USD (9,27 EUR) au Québec, l'Américain ClearMask propose un lot de 24 masques à 67 USD (56,5 EUR). 

Rory Burnham Pickett constate que les masques transparents que l'on trouve au Japon "viennent des États-Unis et sont chers".

En France, le gouvernement réfléchit à des dispositifs d'aide et des commandes publiques, comme préconisé par des associations. Pour Sophie Cluzel, secrétaire d'État française chargée des Personnes handicapées, "la promotion des masques transparents permettra de démultiplier la production et de faire baisser les coûts de fabrication et donc les prix".

Car "il faut démocratiser le port du masque transparent", plaide la Québécoise Marie-Hélène Tremblay.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
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  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.