Evêques et cardinaux seront jugés par le tribunal pénal du Vatican

Le système judiciaire du Vatican est régulièrement pointé du doigt pour son manque d'indépendance. (Photo, AFP)
Le système judiciaire du Vatican est régulièrement pointé du doigt pour son manque d'indépendance. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 01 mai 2021

Evêques et cardinaux seront jugés par le tribunal pénal du Vatican

  • Le pape a souhaité affirmer le principe d'égalité devant la justice vaticane de tous les membres de l'Eglise «sans privilèges datant du passé»
  • Pour la première fois, des cardinaux et des évêques pourraient être interrogés par les juges laïcs du tribunal pénal

CITE DU VATICAN: Le pape François a fait vendredi un pas décisif pour rendre plus crédible le tribunal pénal de l'Etat de la Cité du Vatican:  évêques et cardinaux -jusqu'alors ultra-protégés- pourront désormais y être convoqués et condamnés.

Cette mini-révolution du système judiciaire pénal de première instance du Vatican, où officient des magistrats laïcs italiens et non pas des prêtres, a été annoncée dans un texte signé vendredi par le pape, entrant en vigueur le 1er mai.

Le chef des catholiques a souhaité ainsi affirmer le principe d'égalité devant la justice vaticane de tous les membres de l'Eglise «sans privilèges datant du passé», peut-on lire dans cette lettre à l'initiative du pape, appelée un «motu proprio».

Ce tribunal de première instance était très critiqué pour ne pas être en mesure de convoquer les plus hauts prélats de l'Eglise.

Un procès de ce tribunal en 2017 s'était penché par exemple sur le financement des travaux de rénovation de l'appartement de 400 m2 du cardinal Tarcisio Bertone, puissant numéro deux du Vatican sous le pape Benoît XVI.  

Un ex-manager de la Fondation de l'hôpital pédiatrique Bambino Gesu (propriété du Vatican), accusé de détournement de fonds, avait été condamné à un an de prison avec sursis. Mais le cardinal Bertone, au coeur du dossier, n'avait jamais été entendu par les juges.

Ce changement majeur intervient alors que plusieurs procès pénaux d'une grande visibilité se profilent dans les prochains mois, impliquant des cardinaux et des évêques ayant travaillé à la Secrétairerie d'Etat (gouvernement du Vatican). Pour la première fois, ils pourraient donc être interrogés par les juges laïcs du tribunal pénal.

Une enquête complexe est notamment en cours sur le financement opaque, via des hommes d'affaires italiens, d'un immeuble de luxe à Londres, avec l'aval de la Secrétairerie d'Etat. Elle devra déterminer si de hauts prélats ont fait des erreurs de jugement ou ont éventuellement cédé à la corruption. 

Un cardinal très en vue, l'Italien Angelo Becciu, ancien numéro deux de la Secrétairerie d'Etat, a été par exemple poussé l'an dernier à la démission par le pape François qui lui a signifié qu'il était indigne de sa confiance car soupçonné de «détournement de fonds» par des enquêteurs. La justice vaticane n'a pas encore communiqué sur ce dossier. 

Le pape a décidé vendredi d'éliminer un article qui prévoyait que les cardinaux et les évêques accusés de délits pénaux dans l'État du Vatican ne pouvaient comparaître que devant la Cour de cassation, une instance composée de trois cardinaux et d’au moins deux autres juges.

L'autorisation préalable du pape restera toutefois nécessaire pour permettre ces convocations d'évêques et de cardinaux devant des juges laïcs.

Le système judiciaire du Vatican est régulièrement pointé du doigt pour son manque d'indépendance, car il est très lié aux décisions directes du pape François, qui chapeaute l'Etat de la Cité du Vatican. 

D'autres réformes en 2020 ont néanmoins renforcé l'indépendance des magistrats laïcs du minuscule Etat de 44 hectares, souvent des juristes italiens de renom à la retraite, qui utilisent un code pénal du Vatican. 

Parallèlement, l'Eglise catholique a son propre système judiciaire régi par le «droit canonique», qui veille au respect des lois ecclésiastiques. C'est la justice ecclésiale qui se penche sur les soupçons d'abus sexuels afin de décider de défroquer un prêtre après une enquête interne. Ses procès ne sont jamais publics.


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
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  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.