Policier tué à Avignon: une interpellation, le tireur et un complice recherchés

Gérald Darmanin, ministre français de l'Intérieur, donne une conférence de presse au commissariat d'Avignon après qu'un officier français a été tué lors d'une opération anti-drogue à Avignon / AFP
Gérald Darmanin, ministre français de l'Intérieur, donne une conférence de presse au commissariat d'Avignon après qu'un officier français a été tué lors d'une opération anti-drogue à Avignon / AFP
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Publié le Mercredi 30 août 2023

Policier tué à Avignon: une interpellation, le tireur et un complice recherchés

  • Deux hommes, le tireur et un complice présumé, qui ont pris la fuite dans les ruelles du centre historique d'Avignon dans la fusillade, sont activement recherchés par la police judiciaire
  • Ce meurtre d'un policier près d'un lieu de trafic de drogue intervient alors que l'exécutif a érigé la lutte contre les trafics en priorité

AVIGNON : Une femme soupçonné d'avoir été présent à Avignon, près du lieu de trafic de drogue où un policier de 36 ans a été tué, a été interpellée jeudi, mais le tireur et son complice sont toujours activement recherchés.

Placé en garde à vue au commissariat d'Avignon, la femme interpellée ferait partie du groupe de personnes qui étaient contrôlées par la police lorsque les coups de feu ont été tirés, a-t-on indiqué de source policière. 

Deux hommes, le tireur et un complice présumé, qui ont pris la fuite dans les ruelles du centre historique d'Avignon dans la fusillade, sont activement recherchés par la police judiciaire chargée de l'enquête sous l'autorité du parquet d'Avignon.

 

"Le meurtrier du brigadier Eric Masson n'a pas encore été interpellé, mais tous les moyens seront mis en oeuvre à cette fin", a assuré le procureur d'Avignon Philippe Guémas lors d'un point presse jeudi après-midi.

"Une personne est en garde à vue, la femme toxicomane que le brigadier venait de contrôler, et son audition est toujours en cours", a ajouté le représentant du parquet.

"Des images de vidéosurveillance de la ville d’Avignon ont été récupérées hier (mercredi) par les enquêteurs pour essayer d’identifier le suspect", a indiqué  la maire socialiste d'Avignon Cécile Helle.

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui s'est immédiatement rendu sur place mercredi soir, devait à nouveau rencontrer les policiers de cette ville du Vaucluse dans la matinée.

Mercredi, vers 18H30, le policier décédé et son équipage avaient été envoyés "pour un attroupement sur la voie publique autour d’un point de deal", selon le ministre de l'Intérieur.

A leur arrivée sur un "lieu très sensible en matière de stup'" selon le délégué syndical Unité SGP-Police Grand Sud Bruno Bartocetti, l'équipage a contrôlé le groupe. Au cours de cette intervention, une des personnes présentes a fait feu "à plusieurs reprises" sur le fonctionnaire de police.

Les autres policiers ont riposté, sans pouvoir interpeller l'auteur des tirs qui a pris la fuite, "en trottinette", selon une source policière. La victime, un homme de 36 ans, pacsé et père de deux enfants, est décédé.

 

UNE "MARCHE" À PARIS LE 19 MAI

L'ensemble des syndicats de police ont appelé jeudi à une "marche citoyenne"  le 19 mai à Paris, après un hommage dimanche à Avignon à leur collègue tué dans cette ville sur un point de deal, et décidé de suspendre leur participation le 17 mai au "Beauvau de la sécurité".  

Dans une démarche quasi inédite, l'ensemble des  organisations syndicales, allant d'Alliance à Unité SGP Police, aux syndicats des commissaires et des officiers, à ceux des personnels administratifs en passant par ceux de la police scientifique et technique, ont décidé de ces actions communes lors d'une visioconférence jeudi après-midi, ont expliqué à l'AFP plusieurs participants. 

« choc et incompréhension »

La maire d'Avignon a exprimé auprès de l'AFP "le choc", "l'incompréhension" et la "profonde tristesse" de la ville ainsi que sa solidarité avec la "famille" de la victime et de "tous ses collègues".

"Je pense que dans les prochains jours il y aura une cérémonie", a indiqué l'élue insistant sur la nécessité  d'un "moment de recueillement" et de "communion" pour rappeler l'attachement de la population "à la République et à la sécurité et à ceux et celles qui (l') incarnent".

"La lutte contre les trafics de stupéfiants, partout sur le territoire national, s'apparente à une guerre. Cette guerre, nous la menons grâce à des soldats, (...) les policiers et les gendarmes de France. Aujourd'hui, un de ces soldats est mort en héros", avait déclaré mercredi soir le ministre de l'Intérieur au commissariat d'Avignon.

"Tout est mis en œuvre pour que cet acte odieux ne reste pas impuni", a promis mercredi le chef du gouvernement Jean Castex en annonçant la nouvelle sur Twitter. 

Ce meurtre d'un policier près d'un lieu de trafic de drogue intervient alors que l'exécutif a érigé la lutte contre les trafics en priorité et que l'insécurité s'annonce comme un thème majeur de la campagne électorale présidentielle. 

Dans la soirée, le président ex-LR des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, candidat à l'Elysée, a réclamé que le "criminel (soit) puni avec la plus grande sévérité" après avoir rendu hommage au "sacrifice suprême" d'un "héros du quotidien". La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a exprimé sa "colère" et exigé que l'Etat protège les policiers et leur famille. 

Ce drame qui intervient une dizaine de jours après l'assassinat d'une fonctionnaire de police tuée à coups de couteau dans une attaque "islamiste" selon le parquet national antiterroriste, dans le commissariat de Rambouillet, a également suscité de vives réactions des syndicats de policiers.

"Rien ne justifie une telle barbarie", s'est insurgé le syndicat Synergie Officiers, Alliance Police Nationale réclamant "de la prison ferme assorti de mandat de dépôt" pour "ceux qui agressent ou tuent des policiers".

Le Vaucluse, un des dix départements les plus pauvres de France, a connu une hausse du trafic de drogue ces dernières années. "Dans le département, depuis le 1er janvier, c'est 83 interpellations pour trafic de stups, c'est plus de 60 opérations contre les points de deal", a indiqué M. Darmanin.


1er-Mai en France: des boulangeries ouvertes, les hausses de salaires au coeur des manifestations

Des personnes participent à un rassemblement du 1er mai à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs à Paris, le 1er mai 2026. (AFP)
Des personnes participent à un rassemblement du 1er mai à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs à Paris, le 1er mai 2026. (AFP)
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  • Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé en France pour réclamer des hausses de salaires et défendre le caractère férié du 1er-Mai
  • La polémique s’est intensifiée autour du travail autorisé dans certaines boulangeries et fleuristes, soutenu par le gouvernement de Sébastien Lecornu, malgré l’opposition des syndicats et des contrôles de l’inspection du travail

PARIS: Syndicats et manifestants ont défilé vendredi partout en France pour des hausses de salaires sur fond de guerre au Moyen-Orient et contre la remise en cause du caractère férié et chômé du 1er-Mai, en ce jour où de nombreux boulangers et fleuristes ont fait travailler leurs salariés avec le soutien de l'exécutif.

Entre 158.000 et plus de 300.000 personnes - selon la police et le syndicat CGT, respectivement -, ont défilé dans le pays. Une participation conforme à celle de l'année passée pour ce 1er-Mai qui tombait pendant les vacances scolaires de certaines régions.

A Paris, où des slogans dénonçaient aussi la guerre en Iran, la mobilisation a été moindre qu'en 2025: de 24.000 selon la police à 100.000 selon la CGT (contre 32.000 l'année dernière, selon les autorités).

"Ce n'est pas le vol du 1er-Mai qu'il faut mettre à l'ordre du jour du Parlement. C'est un grand plan pour l'augmentation des salaires", a estimé la numéro un de la CGT Sophie Binet, en tête du cortège parisien.

Mme Binet a demandé vendredi dans une lettre au Premier ministre Sébastien Lecornu une hausse du salaire minimum de 5% et une indexation des salaires sur les prix.

Son homologue du syndicat CFDT Marylise Léon réclame, elle, une augmentation du salaire minimum en raison de l'inflation mais aussi "des négociations dans les différentes branches professionnelles".

- "Travail dissimulé" -

Pour montrer leur soutien aux boulangers qui veulent faire travailler leur salariés - une tolérance selon le gouvernement en ce 1er-Mai, sous réserve de volontariat et de salaire doublé - Sébastien Lecornu s'est rendu dans une boulangerie en Haute-Loire (sud-est) et son prédécesseur Gabriel Attal - leader du parti macroniste Renaissance - est brièvement passé derrière le comptoir d'une autre à Vanves, commune de la banlieue parisienne où il est élu.

"C'est une provocation passible de deux amendes", a relevé l'inspectrice du travail et responsable CGT Céline Clamme. "L'une pour travail le 1er-Mai, l'autre pour travail dissimulé puisque le bénévolat n'est pas autorisé dans une entreprise à but non-lucratif."

"On a raisonné comme un 1er-Mai classique, il n'y a pas de flou, le droit n'a pas changé", a affirmé cette fonctionnaire, mentionnant des contrôles dans plusieurs départements français.

Sébastien Lecornu a aussi parlé au téléphone avec un boulanger de l'Isère (sud-est) contrôlé par l'inspection du travail après avoir ouvert sa boutique avec ses salariés, Gabriel Attal notant dans Le Figaro que si la proposition de loi qu'il portait avait été adoptée, "il n’y aurait pas de verbalisation".

Devant le rejet unanime des syndicats, le gouvernement a écarté une proposition de loi de Gabriel Attal visant à élargir le travail salarié en ce seul jour obligatoirement férié et chômé: il a recentré le débat sur les seuls artisans boulangers et les fleuristes, sous réserve d'accords dans ces branches, à travers un nouveau projet de loi. Mais la nouvelle règlementation ne sera pas en vigueur, le cas échéant, avant l'année prochaine.

Sébastien Lecornu a confirmé qu'il y avait eu des contrôles, sans en préciser le nombre. "Les contrôles, c'est normal. Y compris parce qu'il y a des conditions, notamment le volontariat du salarié, et ça c'est pas négociable."

- "On n'a pas hésité" -

Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou avait appelé mercredi à "l'intelligence collective", assurant n'avoir donné aucune instruction aux inspecteurs du travail.

La grande majorité des 308 cortèges se sont déroulés pacifiquement.

Pour Bernard Gaillard, employé chez l'avionneur Airbus croisé dans le cortège à Nantes (ouest), "on peut acheter son pain la veille, on devrait y arriver, une fois, une journée dans l'année, quand même!"

Vendredi, un certain flou régnait dans les rues où quelques supérettes de chaînes à Paris et dans l'agglomération de Bordeaux (sud-ouest) étaient ouvertes malgré l'interdiction, a constaté l'AFP.

"On n'a pas hésité une seule seconde à ouvrir. Il n'y a aucune logique à ce que des fast-foods puissent ouvrir et les boulangeries non", a témoigné Morgane, responsable d'une boulangerie à Mérignac, près de Bordeaux, qui a n'a pas voulu donner son nom complet.

Pour Elisa Brugère, vendeuse chez un fleuriste à Bordeaux, "c'est très important de travailler" en ce jour où les Français offrent du muguet. "En plus, on est payé double, ça fait une petite compensation."

Le président de la Confédération nationale de la boulangerie et de la boulangerie-pâtisserie française, Dominique Anract, a assuré que "70% des boulangeries" étaient ouvertes vendredi.


Ormuz: le projet de coalition voulue par Trump "pas concurrent" de l'initiative franco-britannique (Barrot)

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’exprime lors de la 11e Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) au siège des Nations unies à New York, le 27 avril 2026. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’exprime lors de la 11e Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) au siège des Nations unies à New York, le 27 avril 2026. (AFP)
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  • La France et le Royaume-Uni avancent sur une mission « neutre » pour sécuriser le détroit d’Ormuz, que Jean-Noël Barrot juge complémentaire — et non concurrente — du projet de coalition mené par les États-Unis
  • Malgré une trêve, le détroit reste sous tensions avec un double blocus américano-iranien, perturbant l’économie mondiale et faisant grimper les prix du pétrole au-delà de 125 dollars le baril

ABOU DHABI: Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affirmé vendredi que le projet américain d'une coalition pour rouvrir le stratégique détroit d'Ormuz ne viendrait pas concurrencer une mission que la France et le Royaume-Uni veulent mettre en place.

Avant le début de la guerre opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran, le 28 février, un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde passait par le détroit.

Alors qu'une trêve est en vigueur depuis le 8 avril, ce passage reste soumis à un double blocus américain et iranien, secouant l'économie mondiale.

S'exprimant à Abou Dhabi à l'issue d'une tournée régionale, M. Barrot a indiqué avoir informé ses alliés du Golfe de l'initiative franco-britannique, désormais à un stade "avancé".

M. Barrot a estimé que le projet américain n'était pas "de même nature" que celui initié par la France et le Royaume-Uni, auquel "plusieurs dizaines" de pays ont annoncé qu'ils contribueraient "certainement".

Il s'inscrit "dans une forme de complémentarité" et n'est "pas concurrent" de l'initiative franco-britannique.

Mi-avril, plusieurs pays "non-belligérants", dont la France et le Royaume-Uni, s'étaient dits prêts à mettre en place "une mission neutre" de sécurisation du détroit.

L'objectif est "d'accompagner et sécuriser les navires marchands qui transiteront dans le Golfe", a déclaré le président français Emmanuel Macron. Le Premier ministre britannique Keir Starmer avait parlé d'une force "pacifique et défensive".

Jeudi, un responsable du département d'Etat américain a indiqué que l'administration américaine avait demandé à ses ambassades de convaincre ses alliés de rejoindre une coalition internationale chargée de sécuriser Ormuz.

Le "Mécanisme de liberté maritime" (MFC) prendra "des mesures pour garantir un passage en toute sécurité, notamment en fournissant des informations en temps réel, des conseils en matière de sécurité et une coordination", a expliqué ce responsable.

Un haut responsable américain a indiqué mercredi que la Maison Blanche envisageait de poursuivre son blocus des ports iraniens "pendant des mois si nécessaire", alors que les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis visant à obtenir une fin durable de la guerre, sont au point mort.

En réaction, le pétrole a bondi jeudi à plus de 125 dollars le baril.


Barrot et Ben Farhane appellent à renforcer la désescalade au Moyen-Orient

 Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’est entretenu jeudi à Riyad avec son homologue saoudien, le prince Faisal ben Farhane Al Saoud, dans un contexte régional marqué par de fortes tensions. (AFP)
Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’est entretenu jeudi à Riyad avec son homologue saoudien, le prince Faisal ben Farhane Al Saoud, dans un contexte régional marqué par de fortes tensions. (AFP)
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  • Paris a réitéré sa condamnation ferme des attaques menées par Téhéran contre ses voisins
  • Le chef de la diplomatie française a également exprimé la solidarité de la France envers le Arabie saoudite

PARIS: Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’est entretenu jeudi à Riyad avec son homologue saoudien, le prince Faisal ben Farhane Al Saoud, dans un contexte régional marqué par de fortes tensions.

Au cœur des échanges : la situation sécuritaire au Moyen-Orient. Les deux responsables ont insisté sur la nécessité de consolider les cessez-le-feu en Iran et au Liban, tout en appelant à progresser vers un règlement politique durable garantissant la stabilité régionale.

Paris a réitéré sa condamnation ferme des attaques menées par Téhéran contre ses voisins. Le chef de la diplomatie française a également exprimé la solidarité de la France envers le Arabie saoudite, affirmant que son pays restait disposé à contribuer à sa défense si la situation l’exigeait.

Dans le même temps, la France a mis l’accent sur la nécessité d’une désescalade et d’une solution diplomatique. Jean-Noël Barrot a notamment appelé à la réouverture immédiate et sans condition du détroit d’Ormuz, soulignant l’importance de la liberté de navigation dans cette zone stratégique. Il a rappelé que la France, en coordination avec ses partenaires, était prête à contribuer à la sécurisation du passage dans le cadre d’une initiative conjointe avec le Royaume-Uni.

Les deux ministres ont par ailleurs souligné qu’une solution diplomatique restait essentielle pour empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire, tout en abordant les préoccupations liées à ses programmes balistiques, ses drones et ses activités de déstabilisation dans la région.

La situation au Liban a également été évoquée, notamment les répercussions de la guerre et la nécessité de soutenir les autorités face aux défis à la souveraineté de l’État. Paris a insisté sur l’importance du respect strict du cessez-le-feu par l’ensemble des parties.

Enfin, Jean-Noël Barrot et Faisal ben Farhane Al Saoud ont réaffirmé leur volonté de maintenir une coordination étroite afin de contribuer aux efforts diplomatiques en cours et à la stabilité du Moyen-Orient.