L'ONU exhorte Israël à la retenue, les affrontements de Jérusalem-Est se poursuivent

Des palestiniens incendient des pneus lors d'une manifestation anti-israélienne dans un contexte de tensions à Jérusalem, non loin de la colonie juive de Beit El près de Ramallah, en Cisjordanie occupée, le 10 mai 2021. (Photo, AFP/Abbas Momani)
Des palestiniens incendient des pneus lors d'une manifestation anti-israélienne dans un contexte de tensions à Jérusalem, non loin de la colonie juive de Beit El près de Ramallah, en Cisjordanie occupée, le 10 mai 2021. (Photo, AFP/Abbas Momani)
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Publié le Lundi 10 mai 2021

L'ONU exhorte Israël à la retenue, les affrontements de Jérusalem-Est se poursuivent

  • Antonio Guterres exhorte Israël à « cesser les démolitions et les expulsions »
  • Le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, a fait part à son homologue israélien de ses « graves inquiétudes » face à la montée de la violence

JÉRUSALEM: Le chef de l'ONU, Antonio Guterres, estime qu'Israël «doit faire preuve de la plus grande retenue et respecter le droit à la liberté de réunion pacifique», a déclaré dimanche un porte-parole de l'ONU, alors que les tensions montent à Jérusalem-Est autour d'Al Aqsa, la troisième mosquée la plus sainte de l'Islam.

Guterres a publié cette déclaration alors que la police israélienne affrontait des manifestants palestiniens tôt lundi dans une autre nuit d'affrontements à Jérusalem-Est, un jour avant que les nationalistes israéliens ne prévoient de défiler dans la vieille ville lors d'un affichage annuel du drapeau destiné à consolider les revendications israéliennes sur les territoires contestés.

«Le Secrétaire général exprime sa profonde préoccupation face à la violence continue à Jérusalem-Est occupée, ainsi que les éventuelles expulsions de familles palestiniennes de leurs maisons», a déclaré dans un communiqué le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric.

«Il exhorte Israël à cesser les démolitions et les expulsions.»

Guterres a exhorté à ce que le statu quo sur les lieux saints soit maintenu et respecté, a déclaré Dujarric.

 La police israélienne et les manifestants palestiniens se sont encore affrontés dans la nuit de dimanche à Jérusalem-Est, à la veille du défilé du drapeau annuel, prévu dans la vieille ville et organisé par les nationalistes de l’État hébreu afin de consolider leurs revendications sur la région contestée.

Les escarmouches, qui se sont étirées tard dans la nuit, présagent de nouveaux affrontements lors des célébrations de la Journée de Jérusalem lundi. La police a donné le feu vert au défilé dimanche, malgré des jours d’agitation et de tensions israélo-palestiniennes croissantes, avec pour théâtre un lieu saint et un quartier arabe voisin où des colons juifs tentent d'expulser des dizaines de familles locales.

Dans une allocution lors d’une réunion spéciale du Cabinet qui a précédé la Jour de Jérusalem, le premier ministre Benjamin Netanyahou a déclaré dimanche qu'Israël «ne permettrait à aucun extrémiste de perturber le calme à Jérusalem. Nous appliquerons la loi et l’ordre fermement et de manière responsable».

«Nous préservons la liberté de culte de toutes les religions, mais nous n’allons pas autoriser les violences», dit-il. Pour ensuite ajouter: «Nous rejetons catégoriquement les pressions afin de ne pas construire à Jérusalem».

Les États-Unis ont réitéré leurs «graves préoccupations» au sujet de la situation, notamment en ce qui concerne les affrontements entre la police israélienne et les fidèles palestiniens dans la vieille ville, qui abrite des sites sacrés musulmans et juifs, ainsi que l’expulsion prévue des familles arabes locales.

Dans un communiqué diffusé par la porte-parole du Conseil national de sécurité Emily Horne, Washington a fait part de ses inquiétudes lors d'un appel téléphonique entre le conseiller Jake Sullivan et son homologue israélien. Le conseiller aurait exhorté le haut responsable «à prendre les mesures appropriées en vue de garantir le calme lors des commémorations de la Journée de Jérusalem», selon un communiqué de la porte-parole du Conseil national de sécurité, Emily Horne.

L’événement commémore la prise de Jérusalem-Est, qui abrite la vieille ville et ses lieux saints sensibles, par Israël lors de la guerre de 1967. Mais le défilé annuel est majoritairement perçu comme une provocation, et comprend des cortèges d’ultranationalistes israéliens, flanqués par la police, qui franchissent la porte de Damas dans la vieille ville et traversent le quartier musulman jusqu'au Mur occidental, le lieu de prière juif le plus sacré.

Cette année, la marche coïncide avec le mois sacré musulman du Ramadan, une période de sensibilités religieuses accrues, et survient à la suite de semaines d'affrontements. À cela s’ajoute la colère palestinienne face aux expulsions qui menacent le quartier voisin de Cheikh Jarrah, ce qui laisse présager une journée particulièrement instable.

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. Les forces de sécurité israéliennes affrontent des manifestants palestiniens dans l'enceinte de la mosquée al-Aqsa à Jérusalem le 7 mai 2021. (Photo, AFP/Ahmad Gharabli)

Amos Gilad, un ancien haut responsable de la défense, a déclaré à la radio de l'armée que le défilé devrait être annulé, ou du moins tenu loin de la porte de Damas. «Le baril de poudre est en feu, et peut exploser à tout moment». La radio publique Kan a affirmé pour sa part que l’itinéraire final du défilé n’est pas encore décidé.

Des dizaines de Palestiniens ont été blessés lors des derniers jours dans des heurts qui ont explosé près de l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa dans la vieille ville. Le site, que les juifs appellent Mont du Temple et que les musulmans connaissent sous le nom de Noble Sanctuaire, est considéré comme le plus sacré du judaïsme et le troisième plus saint de l'Islam.

Cette poudrière a provoqué de graves violences dans le passé.

«L’occupant joue avec le feu, perturber l’équilibre à Jérusalem est très dangereux», affirme Saleh Arouri, un haut responsable du Hamas, à la chaîne de télévision Al-Aqsa contrôlée par le groupe.

Israël a saisi Jérusalem-Est, la Cisjordanie et la bande de Gaza, lors de la guerre de 1967. Les Palestiniens revendiquent les trois secteurs dans l’objectif d’en faire un État dont Jérusalem-Est serait la capitale.

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Des palestiniens défilent lors d'une manifestation anti-israélienne dans un contexte de tensions à Jérusalem, non loin de la colonie juive de Beit El près de Ramallah, en Cisjordanie occupée, le 10 mai 2021. (Photo, AFP/ Abbas Momani)

Les violences et les expulsions prévues à Jérusalem-Est ont suscité une condamnation de la part des alliés arabes d’Israël, ainsi la préoccupation des États-Unis, de l’Europe et de l’ONU.

Lors des affrontements de dimanche soir, les manifestants palestiniens ont scandé leurs slogans face aux forces de l’ordre, et ont confronté les grenades assourdissantes et les jets d’eau avec des pierres et des bouteilles. Des médecins palestiniens affirment qu'au moins quatorze manifestants ont été blessés.

Les affrontements ont été moins intenses que les deux nuits précédentes. La police a déclaré que plus de 20 policiers avaient été blessés ces derniers jours.

Mais il y avait des signes que la violence commençait à se répandre.

Tard dimanche, des militants palestiniens dans la bande de Gaza ont tiré quatre roquettes vers Israël, ce qui a déclenché les sirènes de raid aérien dans la ville méridionale d'Ashkelon et ses environs, selon l'armée israélienne. Une roquette aurait également été interceptée, tandis que deux autres ont explosé à l'intérieur de la bande. Tôt lundi, des chars et de l'artillerie israéliens ont frappé plusieurs postes du Hamas près de la frontière en représailles aux tirs de roquettes. Aucun blessé n'a été signalé.

Plus tôt dans la journée, Israël a lancé une frappe aérienne sur un poste du Hamas en réponse à une autre attaque à la roquette. Des manifestants du Hamas à Gaza auraient lancé des cerfs-volants incendiaires dans le sud d'Israël pendant la journée, ce qui a provoqué des dizaines d'incendies.

Parallèlement, à Jérusalem, la police a affronté des centaines d’étudiants arabes de l’Université hébraïque d’Israël, et a lancé des grenades assourdissantes pour disperser la foule. Quinze personnes ont été arrêtées lors d'une autre manifestation dans la ville nordique de Haïfa, selon les forces de l’ordre.

La Jordanie et l'Égypte, les deux premiers pays à conclure des accords de paix avec Israël, ont tous deux convoqué de hauts diplomates israéliens afin de condamner les actions israéliennes.

Le roi de Jordanie Abdallah II, gardien des lieux saints musulmans de Jérusalem, a condamné les «violations» et «l’escalade» israéliennes. Il a sommé Israël à mettre un terme aux «provocations à l’encontre des habitants de Jérusalem».

Au Vatican, le pape François a dit suivre avec inquiétude les événements à Jérusalem, et a appelé à la fin du conflit.

«La violence ne génère que la violence», se désole-t-il devant un public réuni sur la place Saint-Pierre.

À la lumière de l’ambiance explosive, la Cour suprême israélienne a reporté la lecture du verdict sur les potentielles expulsions à Cheikh Jarrah. Attendue pour lundi, la décision a été repoussée de trente jours vu les «circonstances», selon le tribunal.

Les Palestiniens et les groupes de défense des droits internationaux voient dans les expulsions planifiées les rouages d’une campagne menée par Israël pour chasser les Palestiniens des quartiers traditionnellement arabes, particulièrement au cœur de Jérusalem.

Israël aborde le dossier des expulsions comme une question de différend immobilier.

La recrudescence des hostilités survient à un moment crucial de la crise politique à Tel Aviv, car le premier ministre Netanyahu n’a pas réussi à former une coalition gouvernementale. Ses adversaires travaillent à présent à la formation d'un exécutif.

S'ils réussissent, Netanyahu sera poussé à l'opposition pour la première fois en 12 ans.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au moins 9 morts dans des raids israéliens contre le sud du Liban

Des secouristes arrivent sur le site d’une frappe aérienne israélienne ayant visé la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
Des secouristes arrivent sur le site d’une frappe aérienne israélienne ayant visé la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 9 morts et plusieurs blessés, tandis que des ordres d’évacuation ont été donnés dans la banlieue sud de Beyrouth
  • Les tensions s’intensifient : Israël affirme cibler des infrastructures du Hezbollah, tandis que le mouvement riposte par des attaques de roquettes vers le nord d’Israël

BEYROUTH: Au moins neuf personnes, selon les médias officiels libanais, ont été tuées dans la nuit de mardi à mercredi dans trois raids israéliens contre des localités du sud du Liban, qu'Israël considère comme un bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah.

D'après l'Agence nationale d'information (ANI), une attaque israélienne a fait au moins trois morts et 18 blessés dans la région de Nabatiyeh, et une autre quatre morts et un blessé à Aadloun, au sud de la ville de Saïda, également appelée Sidon.

Selon la même source, une frappe israélienne contre un appartement du camp de réfugiés de Mieh Mieh, également près de Saïda, a par ailleurs fait deux morts et quatre blessés.

L'armée israélienne a en outre ordonné aux habitants de sept quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, autre fief du Hezbollah, d'évacuer en prévision d'actions militaires.

Elle a aussi annoncé avoir, au cours de son opération terrestre dans le sud du Liban, avoir "démantelé des centres de commandement du Hezbollah" ainsi qu'un dépôt d'armes, et avoir tué plusieurs combattants du mouvement, sans en préciser le nombre.

De son côté, le Hezbollah a affirmé mercredi matin avoir attaqué un char et des soldats israéliens près de la frontière, et tiré un "barrage de roquettes" vers Kiryat Shmona, dans le nord d'Israël.

Les sirènes d'alerte ont retenti dans cette ville de la vallée de la Houla, proche de la frontière libanaise. Les autorités israéliennes n'ont fait état d'aucune victime.

Mardi, une Israélienne d'une trentaine d'années avait été tuée dans le nord du pays par un autre tir de roquettes depuis le Liban.

Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, les frappes israéliennes ont tué plus de mille personnes et fait plus d'un million de déplacés, selon les autorités.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé mardi que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière.

"Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d'Israël) ne sera pas assurée", a-t-il prévenu.

- Traces de sang -

Après avoir envahi le Liban en 1982, Israël avait maintenu une zone tampon de 10 à 20 kilomètres de profondeur, jusqu'à son retrait total en 2000, sous les coups de boutoir du Hezbollah.

"La bataille contre le Hezbollah (...) ne fait que commencer", a averti lundi la porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Ella Waweya.

Mardi, des frappes israéliennes avaient déjà tué cinq personnes dans le sud du pays et trois autres dans une zone résidentielle proche de Beyrouth, après des raids sur la banlieue sud.

"Ma maison a été entièrement détruite. Il ne reste plus rien, tout a brûlé", dit à l'AFP Abbas Qassem, 55 ans, dont l'appartement voisin du sien a été visé par la frappe à Bchamoun, un village dans les montagnes au sud-est de Beyrouth qui est pourtant à l'écart des zones contrôlées par le Hezbollah.

"Qu'est-ce que j'ai fait pour que ma maison soit détruite? Je suis une personne normale", ajoute-t-il en pleurant, comme sa femme, découvrant l'appartement dévasté.

Un journaliste de l'AFP a vu des traces de sang et des restes d'un projectile dans l'appartement visé.

A Haret Hreik, l'un des quartiers de la banlieue sud désertée par une majorité d'habitants, un photographe de l'AFP a vu des immeubles effondrés et des rues jonchées de débris.

Beyrouth accuse les Gardiens de la révolution iraniens de diriger les opérations du Hezbollah contre Israël, et a interdit leurs activités sur son territoire.

Mardi, la décision des autorités d'expulser l'ambassadeur d'Iran a provoqué une vive réaction du Hezbollah, qui leur a demandé de se rétracter.

"Nous demanderons à l’ambassadeur iranien de rester à Beyrouth et de considérer la mesure comme nulle et non avenue", a affirmé une source de l'organisation à l'AFP.


Nouvelles vagues d'attaques au Moyen-Orient, les négociations Washington-Téhéran restent à confirmer

Les frappes aériennes israéliennes menées dans la nuit du 24 mars 2026 ont causé d’importants dégâts dans le quartier de Haret Hreik, une banlieue densément peuplée du sud de Beirut, considérée comme un bastion du Hezbollah. (AFP)
Les frappes aériennes israéliennes menées dans la nuit du 24 mars 2026 ont causé d’importants dégâts dans le quartier de Haret Hreik, une banlieue densément peuplée du sud de Beirut, considérée comme un bastion du Hezbollah. (AFP)
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  • L’Iran a intensifié les frappes (missiles et drones) contre Israël et plusieurs pays du Golfe, tandis qu’Israël poursuit ses bombardements en Iran et au Liban, aggravant le conflit régional
  • Les États-Unis proposent un plan de paix incluant un cessez-le-feu temporaire, des restrictions sur le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions, alors que le détroit d’Ormuz rouvre partiellement, faisant baisser les prix du pétrole

TEHERAN: L'Iran a tiré mercredi des salves de missiles et de drones contre ses voisins du Golfe et Israël, et celui-ci continue de bombarder Téhéran et le Liban, malgré la promesse américaine de négociations de paix qui a calmé les marchés.

Iran et Etats-Unis négocient "en ce moment" pour tenter de mettre un terme au conflit, a affirmé mardi Donald Trump, ajoutant que son émissaire Steve Witkoff, son gendre Jared Kushner, le vice-président JD Vance et le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio participent au processus.

Plusieurs médias, dont le New York Times et la chaîne de télévision israélienne Channel 12, avancent que l'administration Trump a proposé un plan de paix en 15 points à l'Iran par l'entremise du Pakistan, qui entretient de bonnes relations avec les deux parties.

Selon trois sources non identifiées citées par Channel 12, les Etats-Unis proposent un cessez-le-feu d'un mois, le temps que les autorités iraniennes étudient leurs demandes.

Toujours selon la chaîne israélienne, parmi les 15 points, cinq concernent le programme nucléaire iranien, d'autres imposent l'abandon du soutien aux alliés de l'Iran dans la région, comme le Hezbollah ou le Hamas, et un point insiste pour que le détroit d'Ormuz reste ouvert à la navigation maritime. En contrepartie l'Iran obtiendrait une levée des sanctions internationales à son encontre et un soutien pour son programme nucléaire civil.

- L'Iran desserre l'étreinte sur Ormuz -

L'Iran a justement affirmé que les "navires non hostiles" pouvaient désormais "bénéficier d'un passage sûr par le détroit d'Ormuz en coordination avec les autorités compétentes", selon l'Organisation maritime internationale (OMI).

Près de 20% de la production mondiale d'hydrocarbures transite par ce détroit stratégique, dont le blocage de fait par Téhéran ces dernières semaines a fait flamber les prix du pétrole.

Donald Trump a évoqué mardi "un très gros cadeau" lié aux hydrocarbures, sans donner de précisions, qui pourrait justement être lié à cette réouverture partielle du détroit.

En réaction à ces informations les cours du pétrole retombent mercredi, et les Bourses d'Asie sont revenues dans le vert.

Mais l'Iran, pour l'heure, n'a pas confirmé la moindre négociation.

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien - présenté par le site d'informations Axios comme l'interlocuteur des Etats-Unis - a démenti en bloc. La diplomatie iranienne a juste reconnu en début de semaine avoir reçu, via des "pays amis", des "messages transmettant une demande américaine de négociations".

- Incendie à l'aéroport de Koweït -

La presse américaine évoque en outre l'envoi de 3.000 soldats parachutistes en renfort au Moyen-Orient, où la guerre ne donne aucun signe d'accalmie avec de nouvelles vagues d'attaques israéliennes contre l'Iran et le Liban, et de nouveaux tirs de missiles et de drones iraniens vers Israël, la Jordanie et plusieurs pays du Golfe.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir lancé des attaques contre le nord et le centre d'Israël, dont la région de Tel-Aviv, ainsi que sur deux bases militaires américaines au Koweït, une en Jordanie et une au Bahreïn.

Selon les secours israéliens, 12 personnes ont été blessées mardi soir près de Tel-Aviv par un ou plusieurs missiles iraniens.

Au Koweït, une attaque de drones a mis le feu à un réservoir de carburant à l'aéroport international de l'émirat, selon l'Autorité de l'aviation civile du pays, qui n'a pas fait état de victime.

De son côté, comme au cours des nuits précédentes, l'armée israélienne a annoncé avoir "lancé une série de frappes visant les infrastructures du régime terroriste iranien à Téhéran".

"Les bruits, les explosions et les missiles font désormais partie de notre vie quotidienne", a confié à l'AFP par téléphone une femme de 35 ans, originaire du Kurdistan iranien et résidant à Téhéran.

- Au moins 9 morts au Liban -

Israël poursuit également son offensive au Liban, où au moins neuf personnes ont été tuées dans la nuit de mardi à mercredi dans trois raids dans le sud du pays, région considérée par Israël comme un bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah, selon l'agence de presse officielle libanaise ANI.

L'armée israélienne a en outre ordonné aux habitants de sept quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, autre fief du Hezbollah, d'évacuer en prévision d'actions militaires.

Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, les frappes israéliennes y ont tué plus de mille personnes et fait plus d'un million de déplacés, selon les autorités.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé mardi que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière.


Liban: Israël veut s'emparer d'une zone du sud, trois morts près de Beyrouth

Des poupées gisent sur un lit jonché de petits débris sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un appartement à Bshamoun, au sud-est de Beyrouth, le 24 mars 2026. (AFP)
Des poupées gisent sur un lit jonché de petits débris sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un appartement à Bshamoun, au sud-est de Beyrouth, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • "Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d'Israël) ne sera pas assurée"
  • Mardi, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani

BEYROUTH: Israël a annoncé mardi qu'il allait s'emparer d'une large zone du sud du Liban pour assurer sa sécurité, alors qu'il poursuit ses frappes sur le reste du territoire libanais, faisant trois morts près de Beyrouth et cinq autres dans le sud.

Après avoir envahi le Liban en 1982, Israël avait maintenu une zone tampon de 10 à 20 kilomètres de profondeur, jusqu'à son retrait total en 2000, sous les coups de boutoir du Hezbollah pro-iranien.

Mardi, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani, à une trentaine de km de la frontière.

"Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d'Israël) ne sera pas assurée", a-t-il prévenu.

Depuis que le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale, Israël mène des frappes massives à travers le pays, qui ont fait plus d'un millier de morts et plus d'un million de déplacés.

"La bataille contre le Hezbollah (...) ne fait que commencer", a averti lundi la porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Ella Waweya.

Mardi à l'aube, des frappes israéliennes ont tué cinq personnes dans le sud du pays et trois autres dans une zone résidentielle proche de Beyrouth, après des raids sur la banlieue sud de la capitale, bastion du Hezbollah.

"Qu'est-ce que j'ai fait?" 

"Ma maison a été entièrement détruite. Il ne reste plus rien, tout a brûlé", dit à l'AFP Abbas Qassem, 55 ans, dont l'appartement voisin du sien a été visé par la frappe à Bchamoun, au sud-est de Beyrouth.

"Qu'est-ce que j'ai fait pour que ma maison soit détruite? Je suis une personne normale", ajoute-t-il en pleurant, comme sa femme, découvrant l'appartement dévasté.

La frappe a notamment tué une fillette de quatre ans et fait quatre blessés, selon le ministère de la Santé.

Bchamoun n'est pas un bastion du Hezbollah, dont l'armée israélienne dit viser les combattants.

Un journaliste de l'AFP a vu des traces de sang et des restes d'un projectile dans l'appartement visé.

Lundi après-midi, une frappe ciblée avait visé un immeuble de la ville d'Hazmieh, dans une zone résidentielle surplombant Beyrouth, proche du palais présidentiel et abritant de nombreuses ambassades, faisant un mort.

Un porte-parole de l'armée israélienne a affirmé qu'un "terroriste de la force al-Qods", la branche des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution iraniens, était visé.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a déclaré que des membres des Gardiens de la Révolution iraniens, se trouvant au Liban, dirigeaient les opérations du Hezbollah.

L'accréditation de l'ambassadeur d'Iran a été retirée, Beyrouth lui donnant jusqu'à dimanche pour quitter le pays.

Incursion 

Dans la nuit, une série de frappes a visé des quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

A Haret Hreik, l'un des quartiers de la banlieue sud désertée par une majorité d'habitants, un photographe de l'AFP a vu des immeubles effondrés et des rues jonchées de débris.

L'Ani a aussi rapporté des frappes sur plusieurs régions de l'est et du sud, où des stations essence de la société al-Amana, qui selon Israël finance le Hezbollah, ont été visées.

Dans le sud, l'armée israélienne a visé la région de la ville côtière de Tyr, faisant cinq morts selon le ministère de la Santé.

Dans le même temps, elle a à nouveau frappé un pont sur le Litani, visé la veille, dans le cadre de son opération de destruction de plusieurs ponts sur ce fleuve reliant une partie du sud au reste du pays.

Le Hezbollah a pour sa part annoncé s'opposer à la progression des forces israéliennes dans des localités frontalières, revendiquant notamment des attaques contre des soldats dans le village de al-Qaouzah ainsi que sur le nord d'Israël.

Selon l'Ani, une unité israélienne a effectué une incursion dans le village frontalier de Halta, où les soldats "ont effectué des perquisitions dans plusieurs maisons et ouvert le feu sur les habitants", tuant l'un d'entre eux et en blessant un autre.