Hassan Rohani critique les nouveaux critères pour se présenter à la prochaine élection présidentielle

Le président iranien Hassan Rohani, à Téhéran, Iran, le 5 avril 2020 (Reuters)
Le président iranien Hassan Rohani, à Téhéran, Iran, le 5 avril 2020 (Reuters)
Short Url
Publié le Mardi 11 mai 2021

Hassan Rohani critique les nouveaux critères pour se présenter à la prochaine élection présidentielle

  • Rohani: «Les conditions d’âge pour se présenter à l’élection présidentielle sont trop restrictives»
  •  Les voix critiques du régime iranien estiment que ses commentaires sont une mascarade destinée à faire croire à un mirage de démocratie

LONDRES: Le président iranien sortant, Hassan Rohani, a qualifié les critères requis pour se présenter à la prochaine élection présidentielle en juin de «trop restrictifs». 

Cependant, les dissidents et les voix critiques estiment que ses commentaires sont une mascarade destinée à donner une légitimité à un régime autocratique, et à faire croire à un mirage de démocratie dans le pays. 

M. Rohani, qui devrait renoncer à son poste avant l’élection, a déclaré que le Conseil des gardiens, composé de 12 membres, ne disposait d’«aucune autorité légale» pour imposer de nouveaux critères, excluant les candidats âgés de moins de 40 ans et de plus de 75 ans. 

Il a appelé le ministre de l’Intérieur, qui supervise les inscriptions électorales, à contourner les nouveaux critères d’âge du Conseil. 

Leur effet le plus notable sera d’empêcher Mohammed Javad Azari Jahromi, ministre des Technologies de l’information et de la communication, de se présenter à l’élection. 

Les critiques affirment depuis longtemps que le Conseil des gardiens a le pouvoir de bloquer des candidats sur la base d’autres critères, y compris la simple désapprobation des autorités religieuses du pays. 

Siamak Raphik, membre du Conseil, défend le critère d’âge, estimant que l’organe est «le seul responsable de l’éligibilité des candidats». 

La liste des candidats à l’élection approuvés en Iran sera révélée le 26 mai, après une période d’appel. 

Avant la dernière élection présidentielle en 2017, 1636 personnes s’étaient portées candidates, une augmentation massive par rapport aux 686 personnes de 2013. Mais après inspection par le Conseil des gardiens, seules six d’entre elles avaient finalement été autorisées à concourir. 

Bien que de nombreuses femmes se présentent à chaque nouveau scrutin présidentiel, aucune n’a jusqu’ici été autorisée à se porter candidate dans l’histoire de l’Iran. 

L’élection de 2021 se déroulera dans un contexte de désillusion publique généralisée, de quatrième vague de coronavirus, et d’animosité de la classe moyenne. On peut donc s’attendre à un faible taux de participation. L’année dernière, il avait chuté à un niveau record de 42% aux élections parlementaires. 

Actuellement, plus de 30 personnalités politiques ont déclaré leur intention de se présenter à l’élection présidentielle, y compris des membres clés du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). 

Plusieurs politiciens importants n’ont pas encore annoncé leurs intentions, car ils sondent le soutien dont ils bénéficient, et cherchent à savoir s’ils pourraient recueillir assez de suffrages. Le Guide suprême, Ali Khamenei, a indiqué qu’il souhaitait que le futur président soit «jeune et pieux». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com 


Syrie: deux civils tués dans une région druze 

Deux civils ont été tués dimanche dans une région à majorité druze du sud de la Syrie, ont indiqué à l'AFP deux sources locales de sécurité, sur fond d'affrontements entre groupes armés druzes et forces gouvernementales. (AFP)
Deux civils ont été tués dimanche dans une région à majorité druze du sud de la Syrie, ont indiqué à l'AFP deux sources locales de sécurité, sur fond d'affrontements entre groupes armés druzes et forces gouvernementales. (AFP)
Short Url
  • Une des sources de sécurité druze a déclaré qu'un obus tiré depuis un secteur contrôlé par le gouvernement avait "visé la périphérie de la ville de Soueïda"
  • L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a également fait état de deux morts et de combats

SOUEIDA: Deux civils ont été tués dimanche dans une région à majorité druze du sud de la Syrie, ont indiqué à l'AFP deux sources locales de sécurité, sur fond d'affrontements entre groupes armés druzes et forces gouvernementales.

La situation est tendue dans la province de Soueïda, où vivent de nombreux membres de cette minorité issue du chiisme, depuis des affrontements meurtriers il y a un an, les pires depuis la chute du président Bachar al-Assad fin 2024.

Une des sources de sécurité druze a déclaré qu'un obus tiré depuis un secteur contrôlé par le gouvernement avait "visé la périphérie de la ville de Soueïda, touchant un tracteur et tuant les deux personnes qui se trouvaient à bord: le conducteur et une femme".

Cette source, qui a requis l'anonymat, a également indiqué que "des affrontements intermittents ont lieu entre la Garde nationale et les forces gouvernementales depuis samedi soir", faisant référence au groupe armé de l'influent chef druze Hikmat al-Hijri.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a également fait état de deux morts et de combats.

La deuxième source de sécurité, qui s'est rendue sur le site de la frappe, a dit avoir vu le tracteur "entièrement brûlé", ajoutant que les deux victimes étaient des agriculteurs.

Le gouvernement syrien n'a pas immédiatement réagi à ces informations.

Des factions druzes contrôlent la ville de Soueïda et d'autres secteurs de la province du même nom malgré des tentatives de Damas d'y rétablir son autorité.

Il s'agit de l'une des dernières zones échappant au gouvernement islamiste qui cherche, depuis fin 2024, à unifier le pays, morcelé par plus de 13 ans de guerre.

Samedi, des groupes armés druzes avaient empêché des élèves de se rendre à leurs examens dans un secteur de la province contrôlé par le gouvernement.

La province de Soueïda avait été le théâtre en juillet 2025 d'affrontements entre combattants druzes et bédouins, qui avaient dégénéré après l'intervention de forces gouvernementales, puis de combattants tribaux en appui aux Bédouins.

Ces violences, les pires depuis fin 2024, avaient fait plus de 2.000 morts, selon l'OSDH. D'après des survivants et des ONG, elles avaient été marquées par de nombreuses exactions visant les druzes.

Damas a récemment annoncé avoir renvoyé plusieurs personnes devant la justice dans le cadre de l'enquête sur ces affrontements.

En 2025, l'armée israélienne avait bombardé des positions gouvernementales, affirmant vouloir protéger la communauté druze, présente aussi en Israël.

Hikmat al-Hijri a déclaré cette semaine que "les druzes étaient partie intégrante de l'Etat d'Israël".


A Tripoli, la Syrie et la Libye officialisent leur rapprochement diplomatique

 Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne.  (AFP)
Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne. (AFP)
Short Url
  • "Aujourd'hui, cette ambassade revient pour affirmer l'importance et la valeur de la relation syro-libyenne"
  • Les relations entre les deux pays avaient été bouleversées par la guerre en Syrie et les violences qui ont déchiré la Libye après la chute de Mouammar Kadhafi

TRIPOLI: Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne.

"Aujourd'hui, cette ambassade revient pour affirmer l'importance et la valeur de la relation syro-libyenne", a déclaré le ministre syrien, qui a tenu des discussions avec son homologue libyen par intérim Taher El-Baour et a été reçu par le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah, chef du gouvernement libyen reconnu par l'ONU.

Les relations entre les deux pays avaient été bouleversées par la guerre en Syrie et les violences qui ont déchiré la Libye après la chute de Mouammar Kadhafi.

"Cette ambassade assurera le suivi administratif des Syriens qui se sont réfugiés en Libye pendant les années de guerre, à une époque où il n'y avait plus de représentation diplomatique, Tripoli ayant rompu ses relations avec l'ancien régime", a ajouté M. Chaibani.

Selon l'agence officielle syrienne Sana, la communauté syrienne en Libye est estimée à environ 200.000 personnes.

"Nous avons également convenu de renforcer la coordination sécuritaire pour lutter contre l'immigration clandestine, ainsi que contre les stupéfiants et les organisations terroristes", a-t-il poursuivi.

Durant les dernières années du conflit en Syrie (2011-2024), la Libye est devenue un terrain d'affrontement entre des forces loyales à Bachar al-Assad et des factions de l'opposition et islamistes syriennes.

Des mercenaires issus des deux camps y ont combattu pour le compte de leurs parrains russes et turcs respectifs, qui soutenaient des camps opposés dans le conflit libyen.

A la mi-août 2025, une délégation dépêchée par Damas avait rouvert l'ambassade de Syrie à Tripoli, fermée depuis 2012, sans toutefois reprendre immédiatement la fourniture de services consulaires.


Les Emirats arabes unis disent avoir fait face à un drone venant d'Iran

Une vue de Dubaï. (AFP)
Une vue de Dubaï. (AFP)
Short Url
  • Les Emirats arabes unis ont affirmé lundi avoir "réagi" à un drone provenant d'Iran détecté au-dessus de leurs eaux territoriales
  • Les forces aériennes émiraties "ont réagi à un drone détecté au-dessus des eaux territoriales du pays, venant d'Iran", a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué sur X

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont affirmé lundi avoir "réagi" à un drone provenant d'Iran détecté au-dessus de leurs eaux territoriales, après que Téhéran a dit avoir attaqué une base américaine dans le pays du Golfe.

Les forces aériennes émiraties "ont réagi à un drone détecté au-dessus des eaux territoriales du pays, venant d'Iran", a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué sur X.