Ibrahim et Marwane, gamins fauchés par la riposte d'Israël sur Gaza

Des Palestiniens enterrent le corps de Hussein Hamad, 11 ans, lors de ses funérailles à Beit Hanoun, le 11 mai 2021 (Photo, AFP)
Des Palestiniens enterrent le corps de Hussein Hamad, 11 ans, lors de ses funérailles à Beit Hanoun, le 11 mai 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 11 mai 2021

Ibrahim et Marwane, gamins fauchés par la riposte d'Israël sur Gaza

  • Le sang des deux frères, âgés de 10 et 14 ans, n'avait pas fini de sécher mardi matin devant leur maison située à Beit Hanoun
  • «J'ai vu mes cousins brûler et être découpés en morceaux», ajoute le garçon de 14 ans

BEIT HANOUN: Ibrahim et Marwane remplissaient des sacs de paille devant leur maison dans le nord de la bande de Gaza, lorsque les affrontements dans la distante Jérusalem ont dégénéré au point d'entraîner des frappes israéliennes. Les deux gamins sont morts, comme trois autres membres de leur famille.  

Le sang des deux frères, âgés de 10 et 14 ans, n'avait pas fini de sécher mardi matin devant leur maison située à Beit Hanoun, tout près de la barrière de sécurité séparant ce territoire palestinien d'Israël.  

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Des proches du Palestinien Hussein Hamad, 11 ans, pleurent lors de ses funérailles à Beit Hanoun, le 11 mai 2021 (Photo, AFP)

Lundi soir, ils se trouvaient devant chez eux avec leur cousin Ibrahim. Ils préparaient des sacs de paille pour aller les vendre sur le marché au bétail local, raconte ce dernier.  

« On avait préparé trois sacs, je suis allé en porter un à la charrette », se souvient-il. «On a rigolé et on s'est amusés, quand soudain ils nous ont bombardés, tout a pris feu autour ».  

« J'ai vu mes cousins brûler et être découpés en morceaux », ajoute le garçon de 14 ans, en sanglotant. « Pourquoi m'ont-ils laissé? J'aurais voulu mourir avec eux en martyr ».   

Non loin d'eux, un bébé de trois mois --Yazan, un cousin-- et Rahaf, une cousine de 10 ans, ont également été tués par la frappe. Ahmad, un autre membre de la famille âgé de 22 ans, a succombé à ses blessures mardi. Il devait se marier samedi.  

Aucun n'a eu le temps de se mettre à l'abri quand l'aviation israélienne a mené sa première frappe lundi soir sur le nord de la bande de Gaza, en riposte à des tirs de roquettes de groupes armés depuis cette enclave palestinienne.  

Le Hamas a lancé une pluie de roquettes sur Israël par « solidarité » avec les centaines de Palestiniens de Jérusalem-Est blessés dans des heurts avec la police israélienne sur l'Esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam et site le plus sacré du judaïsme.  

Peu après le début de ses frappes, l'armée israélienne a indiqué avoir ciblé un commandant du Hamas. Le mouvement islamiste armé a rapidement confirmé le décès de Muhammad Fayyad, l'un de ses commandants, dans ces frappes sur Beit Hanoun.  

Depuis lundi soir, les frappes israéliennes ont fait 28 morts, dont dix enfants, et plus de 125 blessés à Gaza.  

Côté israélien, deux personnes ont été tuées et des dizaines ont été blessées à Ashkelon, ville située tout près de Gaza sur laquelle le Hamas a affirmé avoir lancé pas moins de 137 roquettes en « cinq minutes », une tactique visant à déjouer le bouclier antimissiles israélien « Dôme de fer ».  

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La mère du Palestinien Hussien Hamad, 11 ans, est réconfortée par des personnes en deuil lors de ses funérailles à Beit Hanoun, le 11 mai 2021 (Photo, AFP)

Funérailles  

Des centaines de personnes ont participé mardi matin sous une nuée de drapeaux palestiniens aux funérailles de plusieurs victimes de Beit Hanoun, village à seulement un kilomètre du point de passage d'Erez vers Israël.  

Au moment où la foule gagnait le cimetière, des dizaines de roquettes ont été tirées en direction du territoire israélien. « Allah Akbar », « Dieu est le plus grand », s'est alors écriée la foule.  

Dans le cimetière, Abou Hussein Hamad est assis. Il effleure pour la dernière fois le visage de son fils Hussein, 11 ans, avant que sa dépouille ne soit inhumée.  

« Quelle était la faute de cet enfant innocent? », s'interroge le père, les yeux embués de larmes.  

Il a été tué dans le même bombardement que les cinq membres de la famille Al-Masry, voisine de la sienne.  

« Je lui avais promis de lui offrir de nouvelles chaussures pour l'Aïd el-Fitr », fête marquant la fin du mois de ramadan prévue cette semaine, raconte le père. Mais cette année, « l'Aïd sera bien sombre ».  

Près du père éploré, la grand-mère de Hussein --qui aidait aussi son père à ramasser de la paille-- partage sa peine: « Ils l'ont tué sans qu'il n'ait commis aucun crime ». 


L'Iran dément avoir visé l'ambassade américaine à Ryad 

L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad. (AFP)
L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad. (AFP)
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  • L'Arabie saoudite a accusé à plusieurs reprises Téhéran d'avoir lancé des salves de missiles et des attaques de drones sur son territoire et a averti que le royaume se réservait le droit de se défendre, y compris par des représailles
  • Ryad a notamment accusé l'Iran d'avoir attaqué à deux reprises avec des drones la vaste raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que Téhéran a démenti

RYAD: L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad.

"Aucun drone n'a été lancé depuis l'Iran vers l'ambassade des Etats-Unis à Ryad", a-t-il déclaré dans un entretien exclusif à l'AFP.

"Si le commandement des opérations à Téhéran attaque quelque part, il en assume la responsabilité", a-t-il assuré.

L'Iran mène depuis samedi des frappes sur les pays du Golfe, disant y viser les installations américaines, après l'attaque lancée par les Etats-Unis et Israël, prélude à une guerre qui déborde en dehors de la région.

L'Arabie saoudite a accusé à plusieurs reprises Téhéran d'avoir lancé des salves de missiles et des attaques de drones sur son territoire et a averti que le royaume se réservait le droit de se défendre, y compris par des représailles.

Ryad a notamment accusé l'Iran d'avoir attaqué à deux reprises avec des drones la vaste raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que Téhéran a démenti.

De la même manière, l'Iran n'a "aucun rôle dans l'attaque (de drone, NDLR) qui a ciblé l'ambassade américaine" et provoqué un incendie, a affirmé Alireza Enayati.

Guerre "imposée" 

Le diplomate a exprimé sa reconnaissance envers l'Arabie saoudite pour son engagement à ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien, ni de son territoire, pendant la guerre.

"Nous apprécions ce que nous avons entendu à plusieurs reprises de la part de l'Arabie saoudite: qu'elle n'autorise pas l'utilisation de son espace aérien, de ses eaux ou de son territoire contre la République islamique d'Iran", a-t-il dit.

Avant le déclenchement de la guerre, Ryad avait apporté son soutien aux efforts diplomatiques visant à apaiser les tensions entre Téhéran et Washington et avait promis de ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien pour des attaques contre l'Iran.

Après des années d'hostilité, l'Iran, à majorité chiite, et l'Arabie saoudite, à majorité sunnite, avaient renoué leurs relations en 2023, à la suite d'un accord surprise négocié par l'intermédiaire de la Chine.

Ryad avait rompu en 2016 ses relations diplomatiques avec la République islamique après que son ambassade à Téhéran et son consulat à Mashhad, dans le nord-ouest du pays, avaient été attaqués lors de manifestations. Celles-ci avaient suivi l'exécution par l'Arabie saoudite du religieux chiite saoudien Nimr al-Nimr.

Depuis que la guerre lancée par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran embrase le Moyen-Orient, au moins 13 personnes ont été tuées dans le Golfe, dont sept civils.

"Ceci n'est pas une guerre régionale et ça n'est pas notre guerre. Elle a été imposée à la région", a regretté Alireza Enayati.

 

 


Le ministre saoudien de la Défense s'entretient avec son homologue des Émirats arabes unis et condamne les attaques iraniennes

 Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, s'est entretenu avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum, jeudi. (@DXBMediaOffice)
Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, s'est entretenu avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum, jeudi. (@DXBMediaOffice)
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  • Les ministres ont condamné l'agression iranienne contre le Royaume, les Émirats arabes unis et d'autres pays
  • Ils ont déclaré que leurs pays se réservaient le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder leurs capacités

RIYAD: Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, s'est entretenu jeudi avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum.

Au cours de cet entretien, les ministres ont condamné l'agression iranienne contre le Royaume, les Émirats arabes unis et d'autres nations, a écrit le prince Khalid sur X.

Les attaques iraniennes ont été décrites comme une "violation claire des conventions internationales, ainsi que de la souveraineté, de la sécurité et de la sûreté des nations", a déclaré le Dubai Media Office.

"Les deux parties ont souligné que de tels actes ont de graves implications pour la sécurité et la stabilité régionales et internationales", a ajouté le bureau.

Les deux ministres ont également affirmé leur entière solidarité et leur engagement à soutenir toutes les mesures prises en réponse à ces actes, a déclaré le prince Khalid.

Ils ont ajouté que leurs pays se réservaient le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder leurs capacités et assurer la sécurité de tous ceux qui vivent dans les deux pays.


Liban: frappe sur la banlieue sud de Beyrouth après un avis d'évacuation 

La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
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  • La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information
  • La panique s'est emparée de Beyrouth dans l'après-midi, après un appel inédit d'Israël à évacuer toute la banlieue sud qu'il pilonne depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale, lundi

BEYROUTH: La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Un panache de fumée se dégage du lieu du site, selon des images de l'AFPTV.

La panique s'est emparée de Beyrouth dans l'après-midi, après un appel inédit d'Israël à évacuer toute la banlieue sud qu'il pilonne depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale, lundi.