Coup de frein de Tesla sur les bitcoins, trop polluants selon Musk

Elon Musk, propriétaire de SpaceX et PDG de Tesla / AFP
Elon Musk, propriétaire de SpaceX et PDG de Tesla / AFP
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Publié le Jeudi 13 mai 2021

Coup de frein de Tesla sur les bitcoins, trop polluants selon Musk

  • Fin mars, son tweet « Vous pouvez maintenant acheter une Tesla en bitcoin » avait fait monter le prix de la devise virtuelle
  • Cette annonce surprise constitue un revers pour la cryptomonnaie

SAN FRANCISCO : Elon Musk a annoncé mercredi que Tesla, son entreprise de véhicules électriques, n'acceptait plus le bitcoin comme moyen de paiement, par souci de préservation de l'environnement, les mines de bitcoins consommant beaucoup d'électricité.

"Tesla a suspendu les achats de voitures avec des bitcoins. Nous sommes inquiets du recours de plus en plus important aux combustibles riches en carbone pour miner des bitcoins, surtout le charbon, qui a les pires émissions (de gaz à effet de serre) de tous les combustibles", a tweeté le fantasque milliardaire.

Fin mars, son tweet "Vous pouvez maintenant acheter une Tesla en bitcoin" avait fait monter le prix de la devise virtuelle.

Sa société avait investi en début d'année 1,5 milliard de dollars dans le bitcoin. A la fin du premier trimestre, son portefeuille dans la cryptomonnaie valait 2,48 milliards de dollars, d'après un document boursier publié fin avril.

Mais Elon Musk, qui affiche régulièrement ses ambitions en matière de protection de l'environnement, semble avoir changé d'avis.

La revue scientifique Nature a publié la semaine dernière une étude montrant que les mines de bitcoins chinoises, qui alimentent près de 80% du commerce mondial de cryptomonnaies, risquent de compromettre les objectifs climatiques du pays.

Ces sites plein d'ordinateurs effectuent des calculs mathématiques qui permettent de créer des bitcoins. Ils consomment d'énormes quantité d'électricité, tirée en partie de centrales au charbon.

Selon l'étude de Nature, si rien n'est fait, les mines informatiques chinoises produiront 130,50 millions de tonnes métriques d'émissions de dioxyde de carbone d'ici 2024, soit près du total des émissions annuelles de gaz à effet de serre de l'Italie ou de l'Arabie saoudite.

"La cryptomonnaie est une bonne idée à plein de niveaux et nous pensons qu'elle a un avenir prometteur, mais cela ne doit pas compromettre l'environnement", a expliqué Elon Musk.

"Tesla ne vendra pas de bitcoins et nous l'utiliserons pour des transactions dès que les mines seront alimentées par des énergies plus durables", a-t-il ajouté.

Cette annonce surprise constitue un revers pour la cryptomonnaie.

Depuis le début de l'année, l'adoption du bitcoin par Tesla, Mastercard et d'autres grandes entreprises ont porté la devise à des niveaux sans précédent en 2021.

Le bitcoin s'échangeait autour de 52.500 dollars mercredi soir, mais il a récemment dépassé les 60.000 dollars.


Moody's: Les États du Golfe à faible fiscalité dépendront des hydrocarbures pendant au moins 10 ans

Le pétrole et le gaz représentent à ce jour au moins un cinquième du PIB de la plupart des pays du Golfe. (Shutterstock)
Le pétrole et le gaz représentent à ce jour au moins un cinquième du PIB de la plupart des pays du Golfe. (Shutterstock)
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  • «La diversification économique dans d’autres secteurs que celui des hydrocarbures reste l'objectif politique le plus souvent énoncé dans la région»
  • En dépit des plans ambitieux des différents gouvernements, les initiatives de diversification engagées depuis l'année 2014 ont donné des résultats limités

DUBAÏ: La réticence des pays du Golfe à hausser les taxes fait partie des raisons pour lesquelles la région continuera à dépendre des hydrocarbures pendant une décennie au moins, indique l'agence de notation Moody's.

Cette dernière estime que la dépendance des pays du Golfe aux hydrocarbures restera la principale contrainte en matière de crédit en dépit de la poursuite des efforts de diversification.

«La diversification économique dans d’autres secteurs que celui des hydrocarbures reste l'objectif politique le plus souvent énoncé dans la région. Toutefois, il faudra probablement attendre plusieurs années pour y parvenir», affirme Alexander Perjessy, analyste principal chez Moody's et auteur du rapport. «Les plans annoncés visant à développer le potentiel de production d'hydrocarbures, associés aux engagements des gouvernements en faveur de l'application de taxes nulles ou très basses ne laissent pas présager une diminution significative de la forte dépendance aux hydrocarbures dans les années à venir», explique-t-il.

En effet, dans la plupart des pays du Golfe, le pétrole et le gaz représentent à ce jour un cinquième du PIB au minimum, plus de 65% du total des exportations et au moins 50% des recettes publiques.

En dépit des plans ambitieux des différents gouvernements, les initiatives de diversification engagées depuis l'année 2014 ont donné des résultats limités et se verront ralenties par la baisse du prix du pétrole, avertit l'agence Moody's.

Si la dynamique de diversification est susceptible de s'accélérer, elle risque toutefois d'être freinée par la baisse des ressources disponibles qui permettent de financer les projets, mais aussi par la concurrence au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG) dans une gamme étroite de secteurs.

Les recettes tirées des hydrocarbures, recueillies sous la forme d'impôts sur les bénéfices, de redevances et de dividendes (versés par les compagnies pétrolières nationales), constituent toujours la majeure partie des recettes publiques de la région.

Moody's attribue notamment cette situation à l'engagement de longue date des gouvernements du CCG en faveur d'un environnement fiscal nul ou très faible, «qui relève du contrat social implicite entre les dirigeants et les citoyens, mais qui traduit également une volonté d'encourager la croissance et le développement du secteur non pétrolier».

L'agence de notation estime que les États souverains du CCG ont encaissé des recettes fiscales non issues des hydrocarbures équivalant à moins de 4% du PIB hors hydrocarbures, en moyenne, pour l'année 2019. Ce chiffre est à comparer au taux des principales économies à revenu élevé, qui dépasse 22%.

Selon Moody's, si les prix du pétrole atteignent une moyenne de 55 dollars le baril (1 dollar = 0,84 euro), soit près de la moitié de ses prévisions pour le moyen terme, les hydrocarbures resteront probablement le principal contributeur du PIB des pays souverains du CCG, ainsi que la principale source de recettes publiques au cours de la prochaine décennie, voire plus longtemps.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


Bitcoin ou dollars: la diaspora salvadorienne face à la volatilité des cryptomonnaies

Un homme paie en bitcoins dans un magasin au sud-est de San Salvador, le 9 juin 2021. Le bitcoin va avoir cours légal au Salvador, a déclaré le président du pays (AFP)
Un homme paie en bitcoins dans un magasin au sud-est de San Salvador, le 9 juin 2021. Le bitcoin va avoir cours légal au Salvador, a déclaré le président du pays (AFP)
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  • Le président salvadorien Nayib Bukele a approuvé le 9 juin le bitcoin comme devise légale dans le petit pays d'Amérique centrale
  • Le Salvador est ainsi le pays d'Amérique latine percevant le plus gros volume d'argent de sa diaspora, qui vit en majorité aux Etats-Unis, proportionnellement à la taille de son économie

MONTEVIDEO : Les Salvadoriens de l'extérieur peuvent désormais transférer des fonds en bitcoin à leurs familles restées dans le pays. Mais se risqueront-ils à utiliser la cryptomonnaie au cours hautement volatile ?

Le président salvadorien Nayib Bukele a approuvé le 9 juin le bitcoin comme devise légale dans le petit pays d'Amérique centrale. Il a affirmé que son adoption évitera de perdre des "millions de dollars" en taux de change interbancaire lors des envois d'argent depuis l'extérieur.

Le Salvador, 6,4 millions d'habitants, est très dépendant de ces "remesas", qui représentent 24,1% de son Produit intérieur brut (PIB). Selon les données de la Banque mondiale (BM), en 2020, il a reçu plus de 5,9 milliards de dollars de ses ressortissants vivant hors du pays.

Le Salvador est ainsi le pays d'Amérique latine percevant le plus gros volume d'argent de sa diaspora, qui vit en majorité aux Etats-Unis, proportionnellement à la taille de son économie.

Avec une contraction de 7,9% du PIB en 2020 en raison de la pandémie, le Salvador parie sur la croissance de ces transferts de fonds (+4,8 % l'an dernier) comme un soutien important pour son économie dollarisée.

"En mai, les expéditions de bitcoins vers le Salvador ont quadruplé et pourraient encore s'accroître si le cours (des cryptomonnaies) continue d'augmenter", constate Edward Moya, analyste de marché chez Oanda.

"Il s'agit d'une expérience en cours qui pourrait être couronnée de succès si la volatilité du bitcoin continue de baisser et que son prix évolue à la hausse", ajoute-t-il.

Mais M. Moya estime que dans un premier temps les "méthodes traditionnelles" d'envoi de dollars perdureront "jusqu'à ce que le bitcoin devienne un actif stable".

Manuel Orozco, directeur du Centre pour la migration et la stabilisation économique à Washington, prévient cependant qu'"il est faux de supposer qu'il n'y aura pas de frais de transaction" pour l'envoi de fonds en bitcoins "car le traitement lui-même et le sceau réglementaire entraînent des coûts".

«Lacunes»

Le bitcoin est régulièrement critiqué par les régulateurs pour ses usages illégaux, notamment le blanchiment d'argent provenant d'activités criminelles, le financement du terrorisme et le manque de protection de ses utilisateurs.

D'autres pointent du doigt son empreinte carbone.

La Banque mondiale a rejeté jeudi la demande d'assistance du Salvador dans sa tentative d'adopter le bitcoin comme devise légale et devenir le premier pays au monde à l'utiliser à partir de septembre pour toutes les transactions.

"Ce n'est pas quelque chose que la Banque mondiale peut soutenir étant donné les lacunes en matière d'environnement et de transparence", a expliqué  un responsable de la BM.

La semaine dernière, le Fonds monétaire international (FMI) avait, lui, avait fait part de ses inquiétudes."L'adoption du bitcoin comme monnaie légale soulève un certain nombre de problèmes macroéconomiques, financiers et juridiques qui nécessitent une analyse très minutieuse", avait déclaré un porte-parole, notant les "risques importants".

Le FMI a cependant accepté de rencontrer cette semaine des représentants du gouvernement salvadorien. La Banque centraméricaine d'intégration économique (BCIE) a annoncé qu'elle fournirait son assistance technique.

Volatilité

L'extrême volatilité du prix du bitcoin, qui peut faire varier la valeur d'un envoi entre son point de départ et son arrivée au Salvador, est l'un des problèmes les plus généralement pointés.

"Pour qu'une monnaie remplisse la fonction de réserve de valeur (...) elle ne devrait pas être aussi volatile", juge Oscar Cabrera, ancien président de la Banque centrale de réserve du Salvador.

Une enquête de la Chambre de commerce et d'industrie du Salvador, publiée la semaine dernière, dévoile que 96,4% des hommes d'affaires du pays préfèrent que l'utilisation du bitcoin soit facultative, que 93,2% des salariés préfèrent conserver le dollar pour percevoir leurs salaires, et 82,5 % choisiraient la monnaie américaine plutôt que le bitcoin pour recevoir des transferts de fonds.

Pour M. Orozco, la circulation du bitcoin aurait cependant un côté positif : la génération d'"une importante liquidité qui générerait un surplus pour le crédit et l'investissement", en plus de la modernisation du système bancaire.

"À court terme, sur le plan stratégique, c'est une opportunité pour le système financier salvadorien", juge-t-il.


Un nouveau fonds saoudien rivalise avec la plus grande caisse au monde

Ceci s’inscrit parmi les nombreuses mesures prises par l'Arabie saoudite dans le cadre d'un plan de diversification de l'économie au-delà du pétrole. (Photo, Shutterstock)
Ceci s’inscrit parmi les nombreuses mesures prises par l'Arabie saoudite dans le cadre d'un plan de diversification de l'économie au-delà du pétrole. (Photo, Shutterstock)
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  • La fusion va entraîner une réduction des coûts et contribuer à l’augmentation des retours sur investissement
  • Le gouvernement a présenté un plan pour porter les actifs de ses fonds souverains à plus de mille milliards de dollars d'ici 2025

RIYAD : L'Arabie saoudite s’apprête à faire concurrence aux plus grands investisseurs mondiaux dans le secteur des assurances, après la fusion de deux de ses plus grands fonds.

Le cabinet saoudien a approuvé la semaine dernière la fusion de l'Agence des pensions publiques avec l'Organisation générale de l'assurance sociale (GOSI) afin de consolider le parapluie de protection des assurances publiques et privées.

La nouvelle entité va disposer d'actifs de plus de 250 milliards de dollars, rapporte Bloomberg d’après Saad Al-Fadly, le PDG de Hassana Investment Co, la branche de gestion des investissements de l'Organisation générale des assurances sociales du Royaume (GOSI).

Ce chiffre la place parmi les dix premiers fonds mondiaux, et qui sont mesurés par rapport aux actifs sous gestion.

La fusion va entraîner une réduction des coûts et contribuer à l’augmentation des retours sur investissement, explique Al-Fadly dans l’interview.

«La fusion va renforcer la position du fonds, améliorer les performances et positionner GOSI parmi les dix meilleurs investisseurs dans les régimes de retraite au monde», affirme-t-il.

«L’ampleur d’un fonds constitue un avantage dans la gestion des relations, des coûts et des négociations. Elle est utile à bien des égards, ce qui améliore les rendements», explique-t-il.

Ceci s’inscrit parmi les nombreuses mesures prises par l'Arabie saoudite dans le cadre d'un plan de diversification de l'économie au-delà du pétrole.

Le gouvernement a présenté un plan pour porter les actifs de ses fonds souverains à plus de mille milliards de dollars d'ici 2025.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com