Les « agents innervants », une arme chimique redoutable

L’opposant russe Alexeï Navalny, empoisonné selon ses médecins par des agents innervants (Photo, Yuri KABDNOV/AFP).
L’opposant russe Alexeï Navalny, empoisonné selon ses médecins par des agents innervants (Photo, Yuri KABDNOV/AFP).
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Publié le Mardi 25 août 2020

Les « agents innervants », une arme chimique redoutable

  • Les agents innervants, vraisemblablement utilisés pour empoisonner Navalny, agissent sur le système nerveux et le détraquent
  • Ils touchent « tous les muscles » et « l'effet le plus crucial concerne ceux qui sont responsables de la respiration » explique le toxicologue Alastair Hay

PARIS : L'opposant russe Alexeï Navalny a, selon ses médecins, été empoisonné avec une substance du groupe des inhibiteurs de la cholinestérase : c'est à cette famille qu'appartiennent de redoutables armes chimiques appelées « agents innervants ».

« Les résultats cliniques indiquent une intoxication par une substance du groupe des inhibiteurs de la cholinestérase », a indiqué dans un communiqué l'hôpital berlinois de la Charité, où il est traité.

Les inhibiteurs de la cholinestérase sont une famille de substances à laquelle appartiennent des médicaments contre la maladie d'Alzheimer ou certains insecticides (organophosphorés et carbamates). 

Mais cette famille comprend aussi des armes chimiques qui agissent sur le système nerveux, les agents innervants. Parmi eux, le fameux sarin, le VX ou le Novitchok russe, utilisé pour empoisonner l'ex-espion Sergueï Skripal et sa fille Ioulia en 2018 en Angleterre.

Ces substances ciblent une enzyme appelée acétylcholinestérase, dont le rôle est crucial : c'est elle qui détruit l'acétylcholine, une molécule qui agit sur la contraction des muscles.

Lorsque l'agent innervant bloque cette enzyme, l'acétylcholine s'accumule, ce qui détraque le système nerveux.

« Les muscles ne sont plus capables de se contracter et de se relâcher. Ils sont pris de sortes de spasmes. Tous les muscles sont touchés, et l'effet le plus crucial concerne ceux qui sont responsables de la respiration », explique le toxicologue Alastair Hay (université de Leeds), cité par l'organisme britannique Science Media Centre.

Selon la nature de l'inhibiteur de la cholinestérase, l'effet est ou non réversible. Dans les cas les plus graves, l'intoxication peut aboutir à la mort par étouffement ou arrêt cardiaque.

La procédure de soins classique est de stabiliser les fonctions vitales du corps (respiration, battements du cœur).

Parallèlement, il faut administrer au patient de l'atropine. Placé en coma artificiel, M. Navalny est traité avec ce médicament, selon l'hôpital de la Charité.

L'atropine bloque les récepteurs de l'acétylcholine pour empêcher son accumulation dans le système nerveux. Le temps, si le traitement fonctionne, de permettre au corps d'évacuer le toxique et de produire à nouveau l'enzyme qu'il ciblait.

« Cela peut prendre du temps, des jours voire des semaines », selon Alastair Hay. En outre, il peut y avoir des séquelles à long terme.

En 2018, Skripal et sa fille avaient échappé à la mort après un lourd traitement médical.

Le poison qui a intoxiqué M. Navalny « n'a pas encore été identifié et une nouvelle analyse de grande envergure a été lancée », selon l'hôpital.

On ne sait donc pas encore avec certitude s'il s'agit bien d'un agent innervant. 

Dans des conditions normales, ces armes chimiques se présentent sous forme liquide, plus ou moins fluide. La rapidité d'action dépend du mode d'administration. 

Une inhalation à forte dose peut provoquer la mort en quelques minutes. Le processus est plus long si l'agent pénètre dans le corps non pas via le système respiratoire mais via la peau.

Dans ce cas, « les premiers symptômes surviennent 20 à 30 minutes après l'exposition initiale et ensuite, le processus d'empoisonnement peut être rapide si la dose est élevée", note l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) sur son site internet.

Les médecins russes ayant soigné Alexeï Navalny lors de son hospitalisation en Sibérie ont eux indiqué lundi ne pas avoir trouvé lors de leurs tests de cholinestérase dans l'organisme de l'opposant.

« Lors de son admission à l'hôpital, Alexeï Navalny a fait l'objet de tests sur un large éventail de stupéfiants, substances synthétiques, psychodésiques et médicinales, y compris les inhibiteurs de la cholinestérase. Les résultats ont été négatifs », a déclaré aux agences russes Alexandre Sabaïev, toxicologue en chef de l'hôpital des urgences n°1 d'Omsk, où était hospitalisé M. Navalny avant son transfert en Allemagne.


Le porte-avions français passe le canal de Suez, en route vers la région du Golfe

Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
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  • Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français
  • Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées

PARIS: Le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte franchissent, mercredi, le canal de Suez pour se prépositionner dans la région du Golfe en cas de déclenchement d'une mission, promue par Londres et Paris, pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé le ministère des Armées.

"Le porte-avions Charles-De-Gaulle et ses escorteurs franchissent le canal de Suez mercredi 6 mai 2026, en route vers le sud de la mer Rouge", affirme le ministère dans un communiqué.

Cette décision vise "à réduire les délais de mise en œuvre de cette initiative dès que les circonstances le permettront", ajoute-il.

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer sont à l'origine d'une initiative pour sécuriser la navigation dans le détroit, bloqué depuis le début du conflit opposant l'Iran aux Etats-Unis et à Israël le 28 février.

Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français.

Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées.

"Le mouvement du groupe aéronaval est distinct des opérations militaires initiées dans la région et complète le dispositif sécuritaire", a réaffirmé mercredi le ministère.

Sa présence à proximité du Golfe va permettre "d'évaluer l'environnement opérationnel régional par anticipation du déclenchement de l’initiative" et "d'offrir des options supplémentaires de sortie de crise pour renforcer la sécurité de la région", selon lui.

Le groupe aéronaval français doit également permettre d'"intégrer les moyens des pays qui veulent inscrire leur action dans un dispositif défensif et adapté, respectueux de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer", ajoute-t-il.

Le porte-avions, qui embarque une vingtaine d'avions de combat Rafale et est escorté de plusieurs frégates, a appareillé fin janvier de Toulon pour un déploiement dans l'Atlantique Nord.

Il a été redirigé le 3 mars vers la Méditerranée orientale, où il se trouvait depuis, pour défendre les intérêts français et les pays alliés frappés par la riposte iranienne aux attaques israélo-américaines.

Le blocage du détroit d'Ormuz a continué malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril. Washington a en retour imposé un blocus des ports iraniens puis lancé lundi l'opération Project Freedom ("Projet Liberté") pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit. Cette opération a été suspendue mercredi.


CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz

 Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
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  • L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier
  • L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage

PARIS: Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM.

L'attaque a fait des "blessés parmi les membres d'équipage" qui ont été "évacués et soignés", et a occasionné des "dommages" au navire, a ajouté CMA CGM dans un bref communiqué à l'AFP.

L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier.

L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage.

L'attaque a eu lieu au lendemain du "projet Liberté" lancé par Donald Trump pour escorter les navires bloqués dans le Golfe afin de les aider à quitter le détroit d'Ormuz.

Mais l'opération d'escorte a été arrêtée dès mardi au bout d'un jour seulement par le même Donald Trump, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que "de grands progrès" avaient été réalisés dans les négociations, et que le "Projet liberté" serait suspendu "pendant une courte période" pour voir si un accord pouvait "être finalisé et signé".


Pour Glucksmann, «il est bien trop tôt pour se déclarer candidat»

Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
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  • Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé
  • Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure

PARIS: Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat".

"Il est bien trop tôt pour se déclarer candidat. Ce qui m'obsède, c'est que la ligne politique que je porte soit capable de gagner l'élection présidentielle", a déclaré mercredi sur France 2 l'eurodéputé Place publique, le mieux placé selon les sondages pour porter une candidature de centre-gauche.

Il a défendu la démarche de "rassemblement" initiée par une quarantaine d'élus de la gauche et des écologistes, dont le patron des députés PS Boris Vallaud et l'écologiste Yannick Jadot.

Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé.

Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure.

"La malédiction de la gauche, c'est de ne parler qu'à la gauche", a-t-il expliqué. Pendant que la gauche fait une primaire, "Jean-Luc Mélenchon parlera aux Français, Jordan Bardella parlera aux Français".

Il a jugé "parfaitement normale" la candidature du leader insoumis "parce qu'en fait, nous incarnons des lignes totalement différentes".

"Donc il n'y aura pas de cris d'orfraie de ma part. C'est tout à fait logique qu'il y ait deux offres politiques qui s'affrontent quand il y a deux visions du monde qui s'affrontent", a-t-il estimé.