La Britannique Clare Smyth, cheffe trois étoiles, force tranquille à travers la pandémie

Cette Nord-Irlandaise de 42 ans est seulement le quatrième chef britannique à recevoir cet honneur. (Photo, AFP)
Cette Nord-Irlandaise de 42 ans est seulement le quatrième chef britannique à recevoir cet honneur. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 16 mai 2021

La Britannique Clare Smyth, cheffe trois étoiles, force tranquille à travers la pandémie

  • Cette Nord-Irlandaise de 42 ans est la première et la seule femme britannique à avoir décroché trois étoiles au guide Michelin au Royaume-Uni
  • Le guide Michelin loue «ses plats modernes qui offrent de magnifiques saveurs et textures mais dans un style sobre et discret»

LONDRES: Elle a obtenu une troisième étoile au Michelin pendant le confinement et s'apprête, quatre mois plus tard, à pouvoir enfin rouvrir son jeune restaurant londonien: la Britannique Clare Smyth maintient fermement le cap en pleine tempête pour son secteur.

Cette Nord-Irlandaise de 42 ans est la première et la seule femme britannique à avoir décroché trois étoiles au guide Michelin au Royaume-Uni, et seulement le quatrième chef britannique à recevoir cet honneur. 

Une distinction annoncée en janvier dernier, un «rêve» en plein cauchemar de la pandémie: «C'est fantastique que cela se soit produit pendant une année si difficile», confie la cheffe de 42 ans, cheveux blonds et regard clair d'où se dégage une calme autorité.

En plein confinement, les célébrations ont vite tourné court: «On a fêté ça avec une bouteille de champagne et une pizza» et des appels en vidéoconférence avec l'équipe de Core, son restaurant ouvert en août 2017 dans le quartier de Notting Hill.

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Pendant le confinement, l'équipe de Core a cuisiné des centaines de repas chaque semaine pour des associations et a proposé à ses clients des menus à emporter ou livrés à la maison, une première qui a «très bien fonctionné». (Photo, AFP)

Le secteur de l'hôtellerie-restauration a particulièrement souffert cet hiver, subissant de longs mois de fermeture. Les restaurants n'accueilleront de nouveau des clients en salles qu'à partir de lundi et ils ne pourront pas compter sur les touristes étrangers, peu nombreux à cause des restrictions aux frontières. 

Pendant le confinement, l'équipe de Core a cuisiné des centaines de repas chaque semaine pour des associations et a proposé à ses clients des menus à emporter ou livrés à la maison, une première qui a «très bien fonctionné».

La réouverture s'annonce sous les meilleurs auspices: les réservations sont complètes jusqu'en août. «On a beaucoup de chance, car on a une base de clients réguliers», dont des célébrités comme la famille de l'ex-footballeur star David Beckham. Pour s'adapter au contexte sanitaire, le nombre de couverts a été réduit: 44 au lieu de 54. Quand aux 42 employés, ils subissent des dépistages du Covid-19 toutes les semaines.

Pomme de terre à l'honneur

Avec ses étagères remplies de livres de cuisine anciens et de carafes de liqueurs et ses sièges confortables, Core est à la fois intime et chaleureux.

Le guide Michelin loue «ses plats modernes qui offrent de magnifiques saveurs et textures mais dans un style sobre et discret». 

Pour la cheffe française Hélène Darroze, Clare Smyth est «un monstre de rigueur et de précision». «Elle a cette force de caractère dans le travail qui est assez incroyable et j'en suis assez admirative», a confiée Mme Darroze.

En cuisine, Clare Smyth sublime des produits sans prétention comme la pomme de terre ou la carotte. Le plat phare est le «potato and roe», une pomme de terre surmontée d'oeufs de truite et de harengs, servie avec un beurre blanc.

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Le plat phare est le «potato and roe», une pomme de terre surmontée d'oeufs de truite et de harengs, servie avec un beurre blanc. (AFP)

Une recette en hommage aux racines nord-irlandaises de la triple étoilée: «J'ai grandi en mangeant des pommes de terre tous les jours, près des côtes». Ces saveurs sont donc «très nostalgiques».

Si à Core tout est «made in Britain», des produits frais à la vaisselle en passant par l'argenterie, l'équipe est en revanche internationale, ce que Clare Smyth compte bien conserver, malgré des conditions d'immigration durcies depuis la sortie du Royaume-uni de l'Union européenne.

«On a besoin de continuer de faire venir ces travailleurs», plaide-t-elle, même si elle redoute que «le Brexit aura un énorme impact sur le recrutement».

Traiteur pour Harry et Meghan 

Déterminée à faire carrière en cuisine, Clare Smyth avait quitté à 16 ans la ferme familiale dans le comté d'Antrim, à l'ouest de Belfast, pour entamer une formation en Angleterre et poursuivre son rêve.

Elle a notamment fait ses classes au Louis XV – Alain Ducasse à Monaco puis au restaurant Gordon Ramsay dans le quartier chic de Chelsea, à Londres, où elle a travaillé 13 ans, grimpant les échelons jusqu'à diriger le restaurant trois étoiles du célèbre chef britannique.

En mai 2018, le prince Harry et Meghan Markle l'ont choisie pour réaliser leur repas de mariage: »C'était comme un conte de fée, on s'en souviendra longtemps».

Elle a aussi participé à des émissions culinaires comme «MasterChef» au Royaume-Uni et en Australie, «The Final Table» («Tout le monde à table») de Netflix ou encore la version américaine de «Top Chef».

En juillet, elle prévoit d'ouvrir son premier restaurant en Australie, baptisé Oncore, à l'hôtel Crown Sydney.

Avec The Connaught, d'Hélène Darroze, Core est le seul restaurant au Royaume-Uni entré cette année dans le club fermé des trois étoiles, la plus haute distinction du Michelin.

Deux femmes en haut du podium, un fait «plutôt rare», mais «je pense qu'on verra de plus en plus de femmes au top niveau», prédit Clare Smyth. «J'en ai pas mal dans ma cuisine qui, j'espère, dans les cinq à dix prochaines années, gagneront leurs propres étoiles Michelin.»


« Libye, patrimoine révélé » : l’IMA  célèbre 50 ans de coopération  archéologique  

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
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  • Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen
  • Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé

PARIS: Le musée de l’Institut du monde arabe présente  Libye, patrimoine révélé, une exposition consacrée au  travail scientifique mené depuis près de cinquante ans  par la Mission archéologique française en Libye (MAFL),  en étroite collaboration avec les autorités libyennes. 

À travers une sélection de photographies, films et documents  scientifiques, l’exposition donne à voir la richesse exceptionnelle  du patrimoine libyen, de la préhistoire à l’époque médiévale, tout  en mettant en lumière les enjeux contemporains de recherche, de  préservation et de restauration dans un contexte particulièrement  fragile. 

Un demi-siècle de recherches archéologiques en  Libye 

Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen. Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé. 

L’exposition documente ce travail scientifique de terrain et rend  visibles des missions souvent menées dans des contextes  géographiques et politiques complexes.
Du Sahara à la Méditerranée : des sites majeurs Le parcours présente plusieurs zones emblématiques étudiées par les équipes franco-libyennes : le Sahara du Măsak et  ses milliers de vestiges préhistoriques, les fortifications romaines  de Bu Njem, les grandes cités antiques comme Leptis Magna,  ou encore Apollonia, dont une partie est aujourd’hui engloutie. 

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. 

Préserver un patrimoine menacé 

Depuis 2011, le patrimoine archéologique libyen fait face à une  intensification du pillage et du trafic illicite. L’exposition revient  sur les actions menées par la MAFL aux côtés des autorités et des  forces de l’ordre internationales pour identifier les œuvres dispersées,  documenter les sites menacés et favoriser leur restitution. 

Libye, patrimoine révélé met en lumière l’archéologie comme outil de  connaissance, de coopération internationale et de sauvegarde d’un  patrimoine universel encore largement méconnu.

 


Louvre: le nouveau président du musée confirme le projet de grands travaux

Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
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  • Le nouveau président du Musée du Louvre, Christophe Leribault, confirme le vaste plan de rénovation « Louvre Nouvelle Renaissance », estimé à plus d’un milliard d’euros et jugé indispensable
  • Après le cambriolage d’octobre, le projet inclut un renforcement de la sécurité, la réorganisation des espaces et la création d’une nouvelle présentation pour la Joconde

PARIS: Le nouveau président du Louvre, Christophe Leribault, arrivé dans le sillage du spectaculaire vol survenu en octobre dans ce musée, a confirmé mardi le vaste plan de rénovation de l'établissement annoncé en 2025 par Emmanuel Macron, jugeant par ailleurs son coût "incompressible".

Evalué à plus d'un milliard d'euros, le plan "Louvre Nouvelle Renaissance", qui prévoit notamment la rénovation du bâtiment existant et l'aménagement d'un nouvel espace pour la Joconde, a été mis entre parenthèses depuis le cambriolage du 19 octobre.

"C'est un projet capital et nécessaire pour le Louvre. On ne peut pas continuer d'accueillir 9 millions de visiteurs par la Pyramide. Et il faut impérativement revoir les infrastructures, refaire les couvertures et les installations techniques dans le périmètre de la Cour carrée", a déclaré Christophe Leribault au journal Le Monde.

"Le coût est incompressible", a ajouté celui qui a succédé le 25 février à Laurence Des Cars, mise en difficulté par une série de rapports ayant pointé l'obsolescence des dispositifs de sûreté dans le plus grand musée du monde.

Il a toutefois concédé "envisager de réduire certains aménagements (...), mais cela restera marginal en matière d'économie".

Il a aussi indiqué chercher "330 millions d'euros" supplémentaires auprès des mécènes pour financer les travaux de rénovation.

Alors que le cambriolage a mis au jour des failles au sein de la sûreté du bâtiment, M. Leribault a souligné que "les grilles d'accès au domaine ont été restaurées" et qu'"un poste mobile de police est désormais actif près de la Pyramide".

Il a par ailleurs annoncé que la galerie Apollon, où s'est déroulé le vol des joyaux de la couronne de France, "rouvrira dans le courant du mois de juillet, sans vitrine au centre, telle qu'elle avait été conçue au XVIIe siècle, c'est-à-dire comme une galerie d'apparat".

"Les objets précieux qui s'y trouvaient seront exposés dans l'aile Richelieu" et les joyaux non dérobés, dont la couronne de l'impératrice Eugénie, retrouvée endommagée, "vont rester en lieu sûr, en attendant de disposer d'un espace sécurisé ailleurs dans le musée", a-t-il poursuivi.

La part des recettes de billetterie affectée à la politique d'acquisition d'oeuvres doit pour sa part passer de 20% à 12%, a-t-il indiqué, suivant une préconisation de la Cour des comptes.


Art Jameel présente une double exposition aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite

“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
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  • Une exposition majeure reliant Djeddah et Dubaï, explorant l’impact des systèmes de navigation sur la vie contemporaine
  • Plus de 40 artistes internationaux interrogent cartographie, mobilité et infrastructures à travers des œuvres variées

DUBAÏ : Art Jameel s’apprête à présenter une exposition transrégionale s’étendant sur l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Intitulée « Global Positioning System », cette exposition collective en deux volets ouvrira en mai à Hayy Jameel à Djeddah, parallèlement à une présentation au Jameel Arts Centre à Dubaï.

L’exposition, qui se tiendra à Djeddah du 20 mai au 17 octobre et à Dubaï du 9 mai au 4 octobre, réunit plus de 40 artistes issus de plus de 20 pays, explorant la manière dont les systèmes de navigation façonnent la vie contemporaine.

À travers une large diversité d’œuvres, l’exposition examine la cartographie, la mobilité et les infrastructures qui régissent les déplacements, tout en questionnant leurs limites et leurs défaillances.

Commissariée par Indranjan Banerjee et Lucas Morin, « Global Positioning System » rassemble des installations de grande envergure, des œuvres conceptuelles et des projets axés sur la recherche.

Nora Razian, directrice adjointe d’Art Jameel et responsable des expositions et des programmes, a déclaré :
« Pour la première fois, nous présentons une exposition qui se déploie sur nos deux sites à Dubaï et Djeddah.

« “Global Positioning System” interroge les outils et les systèmes que nous utilisons pour nous orienter, mettant en lumière les tensions entre représentation cartographique et réalités vécues.

« Cette exposition s’inscrit dans l’engagement d’Art Jameel à favoriser un dialogue transrégional, où mobilité et échanges sont essentiels pour soutenir l’interconnexion dans notre monde partagé. »

Le volet de Djeddah réunit une sélection variée d’artistes internationaux et régionaux, dont Bani Abidi, Mahmoud Alhaj, Mona Hatoum et Nalini Malani. Abidi, Ana Amorim et Cinthia Marcelle présenteront des œuvres dans les deux éditions, à Dubaï et à Djeddah.

À Dubaï, la présentation au Jameel Arts Centre comprend de nouvelles commandes d’artistes tels que Vishwa Shroff, Seher Naveed et Fatma Al-Ali, ainsi que des prêts internationaux, dont l’installation vidéo monumentale « Parallel I-IV (2012-2014) » du cinéaste Harun Farocki. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com