Verrouillage d'un État indien après un rassemblement à haut risque

Une patiente recevant de l'oxygène médical à son arrivée au service des urgences de l'hôpital Sukraraj Tropical and Infectious Disease à Katmandou. (AFP)
Une patiente recevant de l'oxygène médical à son arrivée au service des urgences de l'hôpital Sukraraj Tropical and Infectious Disease à Katmandou. (AFP)
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Publié le Dimanche 16 mai 2021

Verrouillage d'un État indien après un rassemblement à haut risque

  • Le bilan quotidien des décès dans le pays se maintient à près de 4 000 et le bilan total des infections se chiffre à 24,37 millions
  • Les bureaux, les magasins et les transports publics du Bengale occidental suspendront leurs activités pendant 15 jours, suite au nombre record de décès et d'infections signalés dans la région

CALCUTTA : Un État indien a ordonné samedi un confinement de deux semaines pour tenter de freiner la propagation du coronavirus qui a pris de l'ampleur à la suite de rassemblements massifs organisés en prévision d'une élection importante.

Les bureaux, les magasins et les transports publics du Bengale occidental suspendront leurs activités pendant 15 jours, suite au nombre record de décès et d'infections signalés dans la région.

Le Bengale occidental, ainsi que plusieurs États du sud de l’Inde, sont les plus touchés par la flambée de la Covid-19 dans le pays, qui a fait passer le nombre total d'infections à près de 25 millions et provoqué plus de 265 000 décès.

En effet, l'Organisation mondiale de la santé considère cette souche du virus comme un variant « préoccupant au niveau mondial ».

Le Bengale occidental a enregistré 21 000 sur les 326 000 nouveaux cas signalés samedi en Inde et les hôpitaux de l'État se disent inondés de patients.

Au cours des dernières 24 heures, les cas de Covid-19 en Inde ont atteint 24,37 millions, avec 3 890 décès, ce qui porte le bilan des décès à 266 207, selon les données du ministère de la Santé.  Lors de rassemblements organisés dans cette région le mois dernier, des dizaines de milliers de personnes se sont réunies autour du Premier ministre Narendra Modi, à la veille des élections régionales. En outre, son parti n'a pas réussi à détrôner la ministre en chef Mamata Banerjee. A son tour, Mamata Banerjee a organisé de vastes rassemblements en prévision des élections. Vendredi, son frère a succombé au coronavirus à l'hôpital.

Pour bon nombre d'experts, la campagne électorale a été un « super diffuseur du virus ».

Dans l'État de Goa, région de villégiature, la pénurie d'oxygène médical dans les hôpitaux a fait plus de 70 morts en quatre jours, selon un parti d'opposition de la région.

Un tribunal a ordonné  que soient envoyés des approvisionnements en oxygène en urgence au Goa Medical College Hospital pour prévenir de nouveaux décès.

Selon le parti d'opposition principal de cet État, les patients sont morts en raison d'un manque d'oxygène. Toutefois, la cause du décès n'a pas été déterminée, selon le gouvernement.

Néanmoins, les autorités de Goa affirment avoir demandé au gouvernement central de doubler l'approvisionnement en oxygène de l'État à hauteur de 40 tonnes par jour.

Les restrictions imposées par le coronavirus à Goa étaient relativement souples avant la récente vague d'infections.

Le virus entraîne désormais plus de 60 décès par jour dans la région et Goa enregistre un taux d'infection parmi les plus élevés de l'Inde.

À Genève, le chef de l'Organisation mondiale de la santé a indiqué que l'Inde suscitait de grandes inquiétudes et que la deuxième année de la pandémie risquait d'être plus fatale que la précédente.

Les propos de Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d'une réunion en ligne font suite au cri d'alarme lancé par M. Modi concernant la propagation fulgurante du virus dans les campagnes de l'Inde.

Samedi, le pays a enregistré la plus faible hausse de cas de coronavirus par jour depuis près de trois semaines. Le nombre de décès avoisine toujours la barre des 4 000. Toutefois, les autorités fédérales responsables du secteur de la santé estiment que le nombre de nouveaux cas et de décès tend à se stabiliser rapidement au cours de cette vague de pandémie.

Le taux global de cas positifs par test a baissé à 19,8 % cette semaine, contre 21,9 % la semaine dernière, comme l'expliquent les responsables fédéraux de la santé dans un briefing, mais ils ont appelé à la prudence.

Ce taux de croissance faible peut également être dû au nombre de tests qui sont à leur plus bas niveau depuis le 9 mai.

Randeep Guleria, directeur de l'hôpital AIIMS de Delhi, a averti que les infections secondaires telles que la mucormycose ou le « champignon noir » alourdissaient le taux de mortalité en Inde, vu que les États ont récemment rapporté plus de 500 cas parmi les patients diabétiques qui ont contracté la Covid-19.

En début de journée, M. Modi a demandé aux responsables de distribuer des ressources, notamment de l'oxygène, dans les régions rurales les plus sinistrées, selon un communiqué du gouvernement. Il a également appelé à effectuer davantage de tests dans les vastes campagnes de l'Inde qui connaissent une propagation rapide du virus, ajoute le communiqué.

Samedi, 4 000 concentrateurs d'oxygène fournis par l'OMS ont été livrés à Delhi et seront distribués dans les États dans les deux ou trois jours à venir pour renforcer la lutte contre la Covid-19, a anoncé M. Tedros sur Twitter.

La semaine dernière, ce pays d'Asie du Sud a recensé près de 1,7 million de nouveaux cas et plus de 20 000 décès dans le contexte d'une deuxième vague qui a engorgé hôpitaux et équipes médicales.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


Washington prévoit d'annoncer un accord sur le nucléaire avec Ryad 

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
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  • Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi
  • L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars

WASHINGTON: Les Etats-Unis prévoient d'annoncer mercredi un accord avec l'Arabie saoudite qui doterait le royaume d'un programme nucléaire civil, selon des médias américains.

L'annonce interviendrait alors que les Etats-Unis ont repris leur guerre contre l'Iran, un rival de Ryad, qui avait notamment été déclenchée en raison de la crainte américaine que le programme nucléaire iranien ne vise à doter le pays de la bombe atomique.

Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi.

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars.

En effet, une clause de l'accord, qui serait valable pendant 30 ans, prévoit que des entreprises américaines construisent un complexe d'enrichissement d'uranium en Arabie saoudite, si une étude conjointe établit qu'il est justifié, a annoncé le Wall Street Journal.

Toutefois, des parlementaires américains républicains et démocrates, ainsi que des responsables israéliens, ont exprimé leur opposition à tout projet nucléaire civil en Arabie saoudite, craignant qu'il ne serve finalement à développer des armes nucléaires.

Interrogé à ce sujet mercredi à Manille, en marge d'une réunion de l'Asean, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'est refusé à confirmer un tel accord, renvoyant toute éventuelle annonce à la Maison Blanche.

Pressé de questions par des journalistes et visiblement un peu dans l'embarras, il a cependant assuré que les Etats-Unis "ne conclueraient jamais d'accord avec un pays dans le monde qui conduirait à un risque de prolifération" nucléaire.

Tensions régionales 

L'accord devrait être soumis au Congrès américain dans les prochains jours, mais son approbation n'est pas nécessaire pour qu'il soit entériné.

L'Arabie saoudite insiste depuis longtemps sur son droit au nucléaire civil.

Ces dernières années, Washington a cherché à intégrer tout accord concernant le nucléaire dans une stratégie plus large, qui inclurait la normalisation des relations avec Israël et la signature d'un pacte de défense.

Washington a signé un accord nucléaire en 2009 avec un voisin de l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, qui n'enrichissent toutefois pas d'uranium.

 


Le ministre américain de la Défense estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran

Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Pentagone estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran et demande 67 milliards supplémentaires
  • Des sénateurs contestent cette demande et réclament plus de transparence sur la stratégie américaine

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense a estimé mardi que la guerre en Iran a coûté jusqu'à présent 37,5 milliards de dollars aux Etats-Unis, une hausse de près de 30% par rapport au dernier chiffre de 29 milliards.

"L'estimation que nous avons à ce jour est de 37,5 milliards de dollars", a déclaré Pete Hegseth devant une commission du Sénat américain, en précisant que ce montant incluait certains coûts anticipés jusqu'à fin septembre.

Le ministre a également défendu la demande du gouvernement Trump d'une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone.

M. Hegseth, ainsi que le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Dan Caine, ont affirmé que cette rallonge était "urgente" et "nécessaire".

Mais la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a contesté cette évaluation, affirmant que le ministre disposait encore de 75 milliards de dollars non dépensés.

"Pourquoi demandez-vous au peuple américain d'assumer le coût d'une guerre qu'il ne soutient pas, au lieu de solliciter une autorisation de transfert de fonds déjà votés mais non dépensés?", a-t-elle demandé.

Selon le ministre, cet argent a été "affecté" à d'autres projets du président Donald Trump comme le "Dôme d'or américain" ou encore d'autres investissements dans l'armement.

Les fonds demandés ne prennent par ailleurs pas en compte le coût de la reconstruction des bases militaires américaines au Moyen-Orient.

D'autres sénateurs ont exprimé leur frustration, réclamant plus de détails sur la stratégie de Donald Trump afin de remporter la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons besoin de réponses claires et d'un discours franc", a estimé le sénateur John Kennedy, un républicain, tout en interrogeant les responsables sur ce qui se passerait si les Etats-Unis quittaient le détroit d'Ormuz.

Pete Hegseth et Dan Caine n'ont pas précisé si l'Iran imposerait des droits de passage aux navires souhaitant emprunter le détroit.


Après deux semaines d'hostilités, Trump n'en a «pas fini du tout» avec l'Iran

Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
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  • Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump
  • Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires

TEHERAN: Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale.

Alors que la République islamique resserre son étau sur le stratégique détroit d'Ormuz, ses alliés yéménites, les rebelles houthis, menacent d'entraver le trafic de l'autre côté de la péninsule arabique.

Si elle était maintenue, la menace houthie couperait l'accès aux ports d'Arabie saoudite situés sur la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.

Conséquence: le prix du baril de Brent, référence internationale, a terminé la séance au-dessus de 90 dollars pour la première fois depuis début juin.

Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump.

Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires. Les Houthis tirent parti du détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.

Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié pour la première fois mardi deux navires ayant fait demi-tour en mer Rouge après avoir chargé du brut saoudien dans le port de Yanbu, à la suite de l'annonce houthie.

L'Iran, de son côté, verrouille toujours Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires. Téhéran riposte aussi aux frappes américaines en visant les alliés régionaux des Etats-Unis.

"Si nous partions maintenant, cela prendrait à l'Iran 20, 25 ans pour reconstruire. Mais nous n'en avons pas fini du tout", a affirmé Donald Trump depuis la Maison Blanche.

"Inquiétudes" 

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a exprimé des "inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement" en pétrole, notant toutefois que des "facteurs d'amortissement" existent.

Les tensions autour d'Ormuz avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d'accord signé mi-juin en vue d'un règlement durable du conflit.

Celui-ci a commencé avec l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.

L'Iran, qui estime faire face à une "guerre totale" de la part de Washington, a été frappé à nouveau dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Chiraz, à près de 200 km du Golfe, et dans la province du Fars (centre), selon l'agence locale Mehr.

Donald Trump a promis de lui faire "payer le prix plusieurs fois" pour la mort de chaque soldat américain, après la mort de trois militaires en Jordanie et en Irak ces derniers jours.

Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi recense au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis de premières escarmouches fin juin.

Economiser l'énergie 

Ces dernières 24 heures, la Jordanie, Bahreïn, ainsi que le Koweït ont annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens.

"L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, une des plus puissantes armées du Moyen-Orient.

Le Koweït accuse l'Iran d'avoir attaqué des centrales électriques et sites de dessalement d'eau, des installations cruciales pour rafraîchir et alimenter en eau potable ses millions d'habitants, dans une région parmi les plus arides du monde.

Pour réduire la pression sur le réseau, un habitant, Khaled al-Badri, a expliqué à l'AFP éteindre l'air conditionné avant de quitter son domicile et couper son éclairage extérieur. "Chacun peut contribuer à nous sortir de cette période", pense-t-il.