Commerce: la détente se confirme entre Bruxelles et Washington

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen, Charles MicheL / AFP
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen, Charles MicheL / AFP
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Publié le Lundi 17 mai 2021

Commerce: la détente se confirme entre Bruxelles et Washington

  • Cette annonce commune marque de nouveau la volonté des deux partenaires de mettre un terme à des années de tensions commerciales sous le mandat de Donald Trump
  • L'UE et les Etats-Unis avaient déjà annoncé une trêve début mars sur les tarifs douaniers punitifs qu'ils s'imposaient dans le cadre d'un autre litige

BRUXELLES: Nouveau signe d'apaisement dans les relations commerciales transatlantiques, Bruxelles et Washington ont annoncé lundi des discussions pour "résoudre le problème" des surcapacités mondiales d'acier et d'aluminium, afin de lever à terme les taxes punitives qu'ils s'imposent depuis trois ans.

Cette annonce commune marque de nouveau la volonté des deux partenaires de mettre un terme à des années de tensions commerciales sous le mandat de Donald Trump.

L'UE et les Etats-Unis avaient déjà annoncé une trêve début mars sur les tarifs douaniers punitifs qu'ils s'imposaient dans le cadre d'un autre litige, celui sur Airbus et Boeing --qu'ils espèrent résoudre d'ici juillet.

Le commerce devrait constituer l'un des thèmes de la rencontre prévue mi-juin à Bruxelles entre le nouveau locataire de la Maison Blanche, Joe Biden, et les deux têtes de l'UE, Charles Michel et Ursula von der Leyen.

L'origine du conflit sur l'acier et l'aluminium remonte à mi-2018: l'ex-président Trump avait annoncé des droits de douane de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium de plusieurs régions du monde, dont l'Union européenne, arguant de la nécessité de protéger la sécurité nationale.

Les Européens avaient rapidement répliqué en taxant les motos comme les Harley-Davidson, les jeans (dont les Levi's), ou encore le tabac, le maïs, le riz ou le jus d'orange en provenance des Etats-Unis.

Ces taxes resteront en place le temps des discussions, mais l'UE s'est engagée à ne pas les accroître, contrairement à ce qu'elle envisageait de faire à partir du 1er juin, a expliqué lundi une porte-parole de la Commission européenne.

Dans leur communiqué, l'UE et les Etats-Unis reconnaissent "la nécessité de trouver des solutions efficaces" pour préserver leurs "industries essentielles" face aux surcapacités mondiales d'acier et d'aluminium, "dues en grande partie à des tiers".

Ils visent les "pays comme la Chine, qui soutiennent des politiques ayant des effets de distorsion sur le commerce".

Accord commercial

L'objectif de Bruxelles et Washington est de s'entendre "avant la fin de l'année" sur ce "problème" de surcapacité. Ils conviennent, dans ce cadre, "de tracer une voie pour mettre fin aux différends à l'OMC à la suite de l'application par les États-Unis de droits de douane sur les importations en provenance de l'UE".

Le sujet doit être évoqué jeudi par les ministres européens du Commerce lors d'une réunion physique à Bruxelles, pendant laquelle est prévue une visioconférence avec la représentante américaine au Commerce Katherine Tai.

Le ministre français délégué au Commerce, Franck Riester, a promis sur Twitter de dire "très clairement" à Mme Tai la nécessité de trouver "une solution rapide pour lever ces surtaxes inutiles".

Le président de la commission "Commerce international" au Parlement européen, l'allemand Bernd Lange, a appelé les Etats-Unis à prendre "un engagement tangible" lors de la visite de M. Biden à Bruxelles, sans quoi l'UE devra finalement accroître ses mesures de rétorsion.

Les Etats-Unis sont le deuxième partenaire commercial de l'UE, après la Chine, avec près de 600 milliards d'euros échangés chaque année, et sa première destination à l'exportation.

La chancelière allemande Angela Merkel a récemment relancé l'idée de négocier un accord commercial avec les Etats-Unis, à l'image de celui conclu par l'UE avec le Canada, le Ceta.

Mais la question des accords commerciaux reste délicate dans l'UE, car ils suscitent de plus en plus de craintes en raison de leur impact supposé au niveau environnemental et sanitaire.

Les précédentes discussions sur un accord UE-Etats-Unis, le TTIP, avaient fait l'objet d'une très vive contestation, au point d'être abandonnées.


L’avant-projet de budget du Liban pour 2022 prévoit un déficit de 20,8% dans un contexte de crise financière

Vue du bâtiment du Parlement libanais (Photo, Shutterstock)
Vue du bâtiment du Parlement libanais (Photo, Shutterstock)
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  • L’année dernière, l’avant-projet de budget du Liban présentait un déficit de 31,3 %, et n’a pas été adopté par le Parlement
  • Les dissensions politiques et l’escalade des tensions entre les différentes communautés ont eu un impact négatif sur la croissance économique du pays

Le gouvernement libanais, criblé de dettes, s’attend à un déficit de 20,8 % pour l’année en cours, selon un avant-projet de budget publié le 21 janvier.

Cet avant-projet, consulté par Reuters, prévoit que les ministres allouent 5 250 milliards de livres libanaises (soit environ 3,1 milliards d’euros) aux avances du Trésor à long terme à Électricité du Liban, la compagnie d’électricité du Liban.

Ces avances serviront à payer les achats de carburant, les intérêts et les remboursements des prêts, dans un pays victime de pénuries d’énergie. L’année dernière, l’avant-projet de budget du Liban présentait un déficit de 31,3 %, et n’a pas été adopté par le Parlement.

Les dissensions politiques et l’escalade des tensions entre les différentes communautés ont eu un impact négatif sur la croissance économique, aggravant les malheurs du Liban depuis son défaut de paiement de 2019 sur une dette de 90 milliards de dollars (1 dollar = 0,86 euro).

Nassib Ghobril, directeur du département de recherche de Byblos Bank, avertit que les prévisions du gouvernement concernant la réduction du déficit dépendent de sa capacité à «améliorer le climat d’investissement pour les entreprises». Dans un entretien accordé à Arab News, il soutient qu’une augmentation de 10 % de la taxe sur les produits importés «ne sera pas efficace si le gouvernement continue à éviter de lutter contre l’évasion douanière et la contrebande».

Selon M. Ghobril, le coût de la contrebande vers d’autres pays, et plus particulièrement vers la Syrie, se chiffre en centaines de millions de dollars. L’expert a ajouté que la croissance du Liban en 2022, qui, d’après ses estimations, s’est contractée de 12 % en 2021 et de 25 % en 2020, dépendra des prochaines politiques du gouvernement libanais. «Deux scénarios sont possibles: soit le gouvernement parvient à un accord sur les réformes économiques, grâce à un accord avec le FMI (Fonds monétaire international), ce qui permettra une croissance positive après quatre ans de contraction, soit il n’y parviendra pas et nous devrons faire face à une nouvelle année de contraction économique», explique-t-il.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
 


Escalade entre Qatar Airways et Airbus, qui annule une grosse commande

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  • Généralement, les annulations de commandes sont le fait des compagnies clientes, quand elles n'ont plus les moyens de financer l'achat ou n'ont plus besoin des avions
  • Dans cette guerre des nerfs que se livrent l'avionneur et la compagnie qatarie, Airbus a répliqué en frappant fort et en résiliant le contrat

PARIS: Décision spectaculaire dans l'industrie aéronautique: Airbus a annulé une commande de plusieurs milliards de dollars de Qatar Airways , une escalade entre l'avionneur européen et l'un de ses plus gros clients qui lui reproche des défauts sur ses A350.


Dans cette guerre des nerfs que se livrent l'avionneur et la compagnie qatarie, qui a cloué au sol une partie de sa flotte de gros porteurs A350 en raison d'une dégradation de la surface des fuselages et poursuit Airbus en justice pour obtenir réparation, ce dernier a répliqué en frappant fort.


"Nous confirmons avoir résilié le contrat portant sur 50 A321 avec Qatar Airways, conformément à notre droit", a affirmé à l'AFP un porte-parole d'Airbus, confirmant une information de Bloomberg.


Généralement, les annulations de commandes sont le fait des compagnies clientes, quand elles n'ont plus les moyens de financer l'achat ou n'ont plus besoin des avions.


Au prix catalogue, pour la dernière fois publié par Airbus en 2018 et quasiment jamais appliqué en raison de rabais, la valeur de cette commande s'élevait à plus de 6 milliards de dollars.


Cette acrimonie entre l'avionneur et la compagnie remonte à l'été dernier. Début août, Qatar Airways annonce avoir reçu l'ordre du régulateur de son pays de maintenir au sol 13 de ses Airbus A350 en raison de la dégradation rapide des surfaces des fuselages.


Actuellement, ce sont 21 de ces long-courriers qui sont immobilisés, selon la compagnie dont la flotte compte 53 A350. Elle doit encore en recevoir 23 exemplaires et a refusé plusieurs livraisons depuis l'été dernier. 


Pour Airbus, qui reconnaît une dégradation de la peinture pouvant exposer un filet métallique intégré -destiné à protéger l'avion en cas de frappe d'éclair sur son fuselage en matériaux composites-, cette situation n'a pas de conséquences sur la sécurité en vol. L'agence européenne de la sécurité aérienne, l'AESA, a confirmé que ces dégradations n'entraînaient pas de risques de navigabilité.

Clause de défaut

Si ce défaut a été constaté sur certains appareils d'autres compagnies, Qatar Airways est la seule à les interdire de vol, occasionnant un important manque à gagner pour cette spécialiste des vols long-courrier.


Dénonçant une "menace sur les protocoles internationaux de sécurité" aérienne, l'avionneur européen s'est dit prêt en décembre à recourir à un arbitrage indépendant.


Il s'agissait selon Airbus, qui entend "défendre sa position et sa réputation", de "résoudre le contentieux, ce que les deux parties ont été incapables de faire lors des discussions directes et ouvertes", affirmait-il dans un communiqué au ton inhabituellement ferme visant un de ses gros clients, deuxième compagnie du Moyen-Orient après Emirates.


Qatar Airways a préféré porter l'affaire devant la justice britannique. Lors d'une audience jeudi devant la Haute cour de justice de Londres, chaque partie a présenté ses élements.


Qatar Airways a réclamé une indemnisation de 618 millions de dollars, assortie d'une pénalité de 4 millions par jour supplémentaire d'immobilisation de ses A350, selon une source proche du dossier.


Airbus a de son côté fait valoir une clause de défaut à propos du refus de prendre livraison d'A350 supplémentaires pour justifier de l'annulation de la commande d'A321neo.


Ce monocouloir, dont la capacité d'emport de passagers et de rayon d'action n'a pas d'équivalent chez le concurrent américain Boeing, est au cœur de la stratégie d'Airbus et de son succès commercial: l'A321neo a représenté à lui seul en 2021 trois quarts des commandes passées à l'avionneur européen.


Et avec près de 3.400 A321 à livrer, Airbus dispose de plusieurs années de production devant lui.


Une nouvelle audience est prévue dans la semaine du 26 avril.


Netflix proche des 222 millions d'abonnés mais le rythme ralentit

Le logo Netflix est visible au sommet de leur immeuble de bureaux à Hollywood, en Californie, le 20 janvier 2022. (Photo, AFP)
Le logo Netflix est visible au sommet de leur immeuble de bureaux à Hollywood, en Californie, le 20 janvier 2022. (Photo, AFP)
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  • D'octobre à décembre, le groupe a réalisé 7,7 milliards de dollars de recettes et accumulé 8,28 millions de nouveaux abonnés
  • La plateforme a bénéficié du succès planétaire de la série sud-coréenne Squid Game, qui avait été vue par plus de 142 millions d'abonnés à la mi-octobre

SAN FRANCISCO : Netflix compte désormais 221,8 millions d'abonnés, soit un peu moins que les 222 millions escomptés par la populaire plateforme de streaming après les succès de séries comme Squid Game ou Casa de Papel.

Mais le service pionnier du secteur, qui a largement profité des restrictions sanitaires liées à la  pandémie de Covid-19, ne prévoit que 2,5 millions de nouveaux abonnés pour le trimestre en cours, contre les 4 millions gagnés au premier trimestre 2021, a-t-elle annonce dans son communiqué de résultats pour le 4e trimestre, publié jeudi.

La sanction a été immédiate à Wall Street: l'action du groupe californien perdait près de 12% lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse.

"La rétention (des abonnés) et les audiences restent solides mais la croissance des nouveaux abonnés n'a pas retrouvé les niveaux d'avant la pandémie", admet Netflix.

"Nous pensons que c'est dû à divers facteurs y compris le Covid qui continue à peser sur l'économie et des difficultés macro-économiques dans différentes parties du monde notamment l'Amérique latine".

D'octobre à décembre, le groupe a réalisé 7,7 milliards de dollars de recettes et accumulé 8,28 millions de nouveaux abonnés, une performance conforme aux attentes du marché.

La plateforme a bénéficié du succès planétaire de la série sud-coréenne Squid Game, qui avait été vue par plus de 142 millions d'abonnés à la mi-octobre, un mois après sa sortie, soit quelque deux-tiers des utilisateurs. Un record.

Elle a aussi pu compter sur la nouvelle et dernière saison de la série espagnole Casa de Papel.

Pour 2022, en revanche, il faudra attendre mars pour des sorties de grande envergure comme la saison 2 de Bridgerton, la deuxième la plus populaire du service.

Et depuis 2019, Netflix a de nombreux concurrents de taille, de Disney+ à HBO Max. En 2018, elle récoltait près de 50% des recettes perçues par les plateformes de streaming vidéo. D'ici 2023, le cabinet eMarketer prédit que sa part sera tombée à 28%.

Le groupe rappelle aussi régulièrement qu'il considère YouTube et les jeux vidéo comme des menaces tout aussi importantes.

Il a d'ailleurs lancé en fin d'année dernière ses propres jeux mobiles.

"Les récentes percées de l'entreprise dans le commerce en ligne et les jeux vidéo montrent qu'elle cherche à diversifier ses revenus", a commenté Paul Verna de eMarketer.