Avion vert, avion moins cher? «Il ne faut pas rêver», prévient le patron de Total

« Croire que l'on fera cette transition énergétique et écologique sans impact, que cette énergie sera au même coût, c'est un Graal, on en est loin » (Photo, AFP).
« Croire que l'on fera cette transition énergétique et écologique sans impact, que cette énergie sera au même coût, c'est un Graal, on en est loin » (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 19 mai 2021

Avion vert, avion moins cher? «Il ne faut pas rêver», prévient le patron de Total

  • Réduire l'empreinte carbone du transport aérien renchérira le prix des billets, a prévenu le patron du groupe pétrolier
  • La France va rendre obligatoire l'incorporation de 1% de SAF dans tous les vols au départ du pays en 2022, un taux qui montera à 2% en 2025 et 5% en 2030

ROISSY: Réduire l'empreinte carbone du transport aérien renchérira le prix des billets, a prévenu le patron du groupe pétrolier Total, qui marquait mardi avec Air France une étape symbolique de leur collaboration dans les carburants renouvelables.

« Il ne faut pas rêver : croire que l'on fera cette transition énergétique et écologique sans impact, que cette énergie sera au même coût, c'est un Graal, on en est loin », a lancé Patrick Pouyanné lors d'une conférence de presse à l'aéroport de Roissy, aux côtés des dirigeants d'Air France, du gestionnaire ADP et du ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari.

Cet aréopage était réuni physiquement, une première depuis le début de la crise sanitaire, pour l'avitaillement d'un Airbus A350 flambant neuf avec 16% de carburant d'aviation durable (sustainable aviation fuel, SAF) produit par Total dans ses usines françaises. 

Ce plein a permis au vol vers Montréal (Canada) d'éviter de rejeter 20 tonnes de CO2 dans l'atmosphère, soit 15% des émissions de ce vol, selon les entreprises, qui disent avoir ainsi réalisé une première sur un long-courrier dans le cadre de leur partenariat. 

Le SAF de Total, élaboré à partir d'huiles de cuisson usagées notamment dans la raffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône) récemment reconvertie, coûte quatre fois plus cher à produire que le kérosène d'origine fossile. Il subit un traitement spécifique pour supporter les températures très basses en altitude.

La France va rendre obligatoire l'incorporation de 1% de SAF dans tous les vols au départ du pays en 2022, un taux qui montera à 2% en 2025 et 5% en 2030, encore bien en deçà des 50% que peuvent accepter les moteurs d'avions de dernière génération, tandis qu'Airbus travaille sur un taux de 100%.

Or, 1% de SAF « représente en gros 100 millions d'euros de charges en plus pour les compagnies aériennes opérant sur le territoire français », selon Pouyanné. Répercuté sur un Paris-Montréal, cela signifierait « cinq dollars de plus par prix de billet d'avion ».

« Il faudra bien que la transition énergétique et écologique soit financée pas seulement par les compagnies aériennes ou les énergéticiens, mais aussi par l'ensemble de la chaîne, y compris les clients », a insisté le patron de Total. 

L'entreprise, qui lors de la démonstration de lundi avait aussi mobilisé un camion citerne fonctionnant à l'électricité, vise une production de 200 000 tonnes de SAF par an à horizon 2025, contre 20 000 tonnes actuellement.

« A tous les réticents, à tous les sceptiques, à tous ceux qui pensent que le seul moyen pour l'aviation de ne plus polluer serait de ne plus exister, nous sommes en train de montrer qu'il existe une autre voie », a plaidé Djebbari, promettant l'aide du gouvernement pour « massifier la production » de SAF, et développer des carburants durables de deuxième génération, élaborés à partir de CO2 et d'hydrogène dit « vert ».

« Ce vol est le symbole de nos efforts communs pour faire émerger une filière de biocarburants en France, qui doit devenir viable pour tous les acteurs sur le plan économique », a affirmé pour sa part le directeur général d'Air France Benjamin Smith, en insistant sur la nécessité d'un cadre réglementaire s'appliquant à toutes les compagnies pour éviter les distorsions de concurrence.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.