Le spécialiste du jihadisme Hicham Al-Hachémi assassiné à Bagdad

Très populaire à Bagdad, la nouvelle de son assassinat a provoqué colère et tristesse. (Photo Ahmad AL RUBAYE/AFP).
Très populaire à Bagdad, la nouvelle de son assassinat a provoqué colère et tristesse. (Photo Ahmad AL RUBAYE/AFP).
Les funérailles de Hachémi ont attiré une foule choquée par la nouvelle de sa mort. (Photo Ahmad AL RUBAYE/AFP).
Les funérailles de Hachémi ont attiré une foule choquée par la nouvelle de sa mort. (Photo Ahmad AL RUBAYE/AFP).
Beaucoup d’émotion et de larmes ont accompagné les funérailles de cette personnalité iraquienne.(Photo Ahmad AL RUBAYE/AFP).
Beaucoup d’émotion et de larmes ont accompagné les funérailles de cette personnalité iraquienne.(Photo Ahmad AL RUBAYE/AFP).
Le secteur autour du domicile de Hachem Al-Hachémi a été bouclé par les forces de l’ordre. (Photo Ahmad AL RUBAYE/AFP).
Le secteur autour du domicile de Hachem Al-Hachémi a été bouclé par les forces de l’ordre. (Photo Ahmad AL RUBAYE/AFP).
Les proches de la victime se sont empressés de se rendre sur les lieux du crime, près du domicile du défunt. (Photo Ahmad AL RUBAYE/AFP).
Les proches de la victime se sont empressés de se rendre sur les lieux du crime, près du domicile du défunt. (Photo Ahmad AL RUBAYE/AFP).
Les proches de la victime se sont empressés de se rendre sur les lieux du crime, près du domicile du défunt. (Photo Ahmad AL RUBAYE/AFP).
Les proches de la victime se sont empressés de se rendre sur les lieux du crime, près du domicile du défunt. (Photo Ahmad AL RUBAYE/AFP).
Les proches de la victime se sont empressés de se rendre sur les lieux du crime, près du domicile du défunt. (Photo Ahmad AL RUBAYE/AFP).
Les proches de la victime se sont empressés de se rendre sur les lieux du crime, près du domicile du défunt. (Photo Ahmad AL RUBAYE/AFP).
Hachem Al-Hachémi donnant un entretien à la télévision à Bagdad. (Photo d'archives AFPTV).
Hachem Al-Hachémi donnant un entretien à la télévision à Bagdad. (Photo d'archives AFPTV).
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Publié le Samedi 11 juillet 2020

Le spécialiste du jihadisme Hicham Al-Hachémi assassiné à Bagdad

  • Très introduit dans les milieux sunnites comme chiites, mais également parmi les Kurdes,il a été à plusieurs reprises l'organisateur de rencontres de réconciliation entre différentes factions.
  • La représentante de l'ONU en Irak Jeanine Hennis-Plasschaert s'est dite "choquée" par cet "assassinat".

BAGDAD: Hicham al-Hachémi, spécialiste des mouvements jihadistes dont le groupe Etat islamique (EI), a été assassiné lundi soir devant son domicile à Bagdad, provoquant une vague d'indignation en Irak et au-delà.

Cet homme de dialogue,  père de famille de 47 ans, apparaissait quotidiennement dans les médias locaux ou internationaux pour commenter l'activité des groupes jihadistes, la politique irakienne et les actions des factions armées chiites pro-Iran. 

Ce natif de Bagdad, visage rond et crâne rasé, était également consulté par de nombreuses chancelleries et personnalités politiques irakiennes. 

Très introduit dans les milieux sunnites comme chiites, mais également parmi les Kurdes --comme le président de l'Irak Barham Saleh dont il était proche--, il a été à plusieurs reprises l'organisateur de rencontres de réconciliation entre différentes factions et personnalités, opposées sur le plan politique ou confessionnel. 

Hicham al-Hachémi "est mort et son corps repose à la morgue de l'hôpital", a indiqué le général Saad Maan, directeur de la communication du ministère de l'Intérieur. 

Son corps portait les traces de plusieurs balles en divers endroits, a précisé à l'AFP une source médicale.

Un des enquêteurs en charge de l'affaire a indiqué à l'AFP que Hachémi avait été assassiné devant son domicile dans le quartier de Zayyouna, dans l'est de Bagdad.

"Il s'apprêtait à monter dans sa voiture quand trois hommes armés à bord de deux mobylettes ont tiré et l'ont blessé", a-t-il ajouté. "Ils se sont ensuite approchés et lui ont tiré quatre balles à bout portant dans la tête".

Un homme apprécié 

"Les lâches ont assassiné mon ami et l'un des chercheurs les plus brillants d'Irak, Hicham al-Hachémi, je suis choqué", a tweeté Harith Hasan, lui-même chercheur et aujourd'hui conseiller du Premier ministre Moustafa al-Kazimi.

Sur les réseaux sociaux, les messages de condoléances à sa famille et les éloges pleuvaient, tant à un expert reconnu ayant écrit pour les centres de recherche Chatham House à Londres et le Center for Global Policy à Washington, entre autres, qu'à un homme apprécié pour son humour et sa modestie.

La représentante de l'ONU en Irak Jeanine Hennis-Plasschaert s'est dite "choquée" par cet "assassinat".

"Nous condamnons fermement cet acte lâche et atroce", a-t-elle écrit sur Twitter. "J'appelle le gouvernement à identifier rapidement les auteurs et à les traduire devant la justice".

M. Kazimi a dit "promettre aux auteurs de les retrouver". "Nous ne permettrons pas le retour des assassinats en Irak", a-t-il ajouté dans un communiqué publié en soirée.

Les assassinats de personnalités irakiennes, s'ils ont été légion durant les années de guerre civile de 2006 à 2009, pratiqués tant par les factions chiites que par les jihadistes, sont désormais très rares.

Cyberharcèlement 

Hachémi avait vigoureusement pris position en faveur de la révolte populaire lancée en octobre dernier qui réclamait une refonte totale du système politique irakien et dénonçait la mainmise iranienne sur Bagdad.

Durant les six mois de contestation, plusieurs dizaines de militants ont été assassinés par des hommes armés, souvent à bord de mobylettes, près de leur domicile. Les autorités continuent d'assurer ne pas pouvoir identifier les auteurs.

En septembre, avant même que n'éclatent les manifestations sans précédent de l'automne, Hachémi avait été menacé de mort avec 13 autres personnalités irakiennes par des groupes en ligne pro-Iran. 

Dans une campagne de cyberharcèlement, ils s'en étaient pris à lui et aux autres, les accusant d'être des "collaborateurs", des "traîtres à la patrie", "pro-Israël" et "pro-Américains".

Lundi soir, le Hachd al-Chaabi, coalition de paramilitaires pro-Iran désormais intégrés à l'Etat, ont dénoncé cet assassinat, pointant du doigt les jihadistes.

"Les forces de sécurité doivent retrouver le groupe terroriste qui a assassiné Hicham al-Hachémi, l'un des meilleurs experts de l'EI qui a joué un grand rôle dans la mise en lumière de ses secrets", réclame un communiqué du Hachd.


Yemen: Turki Al-Malki affirme qu' Aidrous Al-Zubaidi s'est enfuit vers une destination inconnue

La localisation d'Aidarous Al-Zubaidi est inconnue. (FICHIER/AFP)
La localisation d'Aidarous Al-Zubaidi est inconnue. (FICHIER/AFP)
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  • Aidrous Al-Zubaidi ne parvient pas à monter à bord d'un avion à destination de l'Arabie saoudite
  • Le 5 janvier, la présidence du STC a réitéré sa gratitude pour les efforts menés par l'Arabie saoudite dans la préparation d'une conférence globale sur le Sud afin de discuter des moyens de résoudre la question du Sud

RIYAD : Le porte-parole officiel de la Coalition pour le rétablissement de la légitimité au Yémen, le général de division Turki Al-Malki, a déclaré que le chef du Conseil de transition du Sud (CTS), Aidrous Al-Zubaidi, s'était enfui vers une destination inconnue.

Le général de division Al-Malki a annoncé que le 4 janvier 2026, le commandement des forces conjointes de la coalition a informé Al-Zubaidi qu'il devait se rendre en Arabie saoudite dans les 48 heures pour rencontrer le président du Conseil de direction présidentielle (PLC) de la République du Yémen, Rashad Mohammed Al-Alimi, et le commandement des forces de la coalition afin d'aborder les raisons de l'escalade et des attaques menées par les forces affiliées au CST contre les gouvernorats de Hadhramaut et d'Al-Mahra.

Le 5 janvier, la présidence du STC a réitéré sa gratitude pour les efforts menés par l'Arabie saoudite dans la préparation d'une conférence globale sur le Sud afin de discuter des moyens de résoudre la question du Sud, et a affirmé sa participation active pour garantir le succès de la conférence.

En conséquence, Al-Zubaidi a informé le Royaume de son intention d'être présent le 6 janvier, et la délégation s'est rendue à l'aéroport.

Cependant, le départ du vol IYE 532 de Yemenia Airways, prévu à 22 h 10 et transportant la délégation, a été retardé de plus de trois heures. Le gouvernement légitime et la coalition ont reçu des informations indiquant qu'Al-Zubaidi avait déplacé une importante force armée, comprenant des véhicules blindés, des véhicules de combat, des armes lourdes et légères et des munitions, des camps de Jabal Hadid et Al-Solban vers Al-Dhale' vers minuit.

Par la suite, le vol susmentionné a été autorisé à décoller, transportant un grand nombre de dirigeants du STC, à l'exception du chef du conseil, Aidrous Al-Zubaidi, qui s'était enfui vers une destination inconnue.

Il a quitté les membres et les dirigeants du STC sans donner aucune information sur l'endroit où il se trouvait. Cela s'est produit après qu'il ait distribué des armes et des munitions à des dizaines d'éléments à Aden, dirigés par Mu'min Al-Saqqaf et Mukhtar Al-Nubi, dans le but de créer des troubles à Aden dans les heures à venir.

Cela a incité les Forces du Bouclier national et la coalition à demander au vice-président du Conseil de direction présidentiel, Abdul Rahman Al-Mahrami (Abu Zara'a), d'imposer la sécurité, d'empêcher tout affrontement à Aden, d'épargner aux habitants toute perturbation, de protéger les vies et les biens, et de coopérer avec les Forces du Bouclier national.

Les forces de la coalition ont surveillé les mouvements des unités militaires susmentionnées lorsqu'elles ont quitté les camps et pris position dans un bâtiment situé près du camp d'Al-Zand, dans le gouvernorat d'Al-Dhale'. À 4 heures du matin, les forces de la coalition, en coordination avec les forces gouvernementales légitimes et les Forces du bouclier national, ont lancé des frappes préventives limitées afin de perturber ces forces et de contrecarrer les tentatives d'Al-Zubaidi d'intensifier le conflit et de l'étendre à Al-Dhale'.

Le commandement des forces conjointes de la coalition pour le rétablissement de la légitimité au Yémen affirme qu'il travaille avec le gouvernement yéménite et les autorités locales à Aden pour soutenir et maintenir les efforts de sécurité et faire face à toute force militaire qui prendrait pour cible des villes et des civils. Le commandement exhorte tous les habitants à rester à l'écart des camps d'Aden et d'Al-Dhale', à éviter tout rassemblement de véhicules militaires pour leur propre sécurité et à fournir des informations aux agences de sécurité concernant tout mouvement militaire suspect.


Le ministre israélien des Affaires étrangères au Somaliland, colère de la Somalie

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, est en visite au Somaliland, en Afrique de l'Est. (Fichier/AFP)
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, est en visite au Somaliland, en Afrique de l'Est. (Fichier/AFP)
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  • M. Saar a déclaré avoir eu des discussions « sur l'ensemble des relations » avec le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, dans la capitale Hargeisa
  • Le ministère somalien des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué que la visite de Saar constituait une « ingérence inacceptable » dans ses affaires intérieures

MOGADISCIO : Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, s'est rendu mardi au Somaliland dans le cadre d'un voyage dénoncé par la Somalie, dix jours après qu'Israël ait officiellement reconnu la république autoproclamée comme un État indépendant et souverain.

Israël est le seul pays à avoir officiellement reconnu la sécession du Somaliland, que la Somalie a qualifiée de « mesure illégale » et a déclaré que la visite de Saar constituait une « grave violation » de sa souveraineté.

Dans une déclaration publiée sur X, M. Saar a déclaré avoir eu des discussions « sur l'ensemble des relations » avec le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, dans la capitale Hargeisa.

« Nous sommes déterminés à faire progresser vigoureusement les relations entre Israël et le Somaliland », a écrit Saar sur X, accompagnant son message de photos de sa rencontre avec le dirigeant du Somaliland au palais présidentiel.

Le 26 décembre, Israël est devenu le premier pays à reconnaître le Somaliland comme "Etat indépendant et souverain" depuis sa sécession en 1991 de la Somalie qui sombrait alors dans le chaos après la chute du régime militaire de l'autocrate Siad Barre.

Si Israël a invoqué le 30 décembre son droit à "entretenir des relations diplomatiques" avec les pays de son choix, sa décision a été critiquée par de nombreux pays d'Afrique et du monde musulman et vue comme une attaque contre la souveraineté somalienne.

Le président de la Somalie, Hassan Sheikh Mohamud a lui affirmé mercredi que le Somaliland avait accepté trois conditions d'Israël: la réinstallation de Palestiniens sur son sol, l'établissement d'une base militaire dans le golfe d'Aden et l'adhésion aux accords d'Abraham, pour normaliser ses relations avec Israël.

Les deux premières allégations ont été qualifiées de "mensongères" jeudi par le ministère des Affaires étrangères du Somaliland, pour qui l'accord entre les deux pays est "purement diplomatique".

La reconnaissance du pays "et l'arrivée d'Israël ne causeront pas de violences, n’apporteront pas de conflits et ne nuiront jamais à quiconque", avait affirmé fin décembre le ministre de la Présidence du Somaliland, Khadar Hussein Abdi.

"Cela ne nuira ni à la Somalie, ni aux Arabes, ni à qui que ce soit", avait-il avancé, ajoutant que la collaboration avec Israël se ferait "dans les domaines de l'amélioration de notre économie, de la production agricole, dans lesquels Israël excelle, et de l’eau".

Des analystes estiment aussi qu'une alliance avec le Somaliland est particulièrement avantageuse pour Israël en raison de sa position stratégique sur le détroit de Bab-el-Mandeb, face aux rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran et qui ont mené de nombreuses attaques contre Israël depuis le début de la guerre à Gaza.


Soudan: une attaque de drone fait 10 morts, dont 7 enfants, à el-Obeid 

Une frappe de drone sur la ville soudanaise d'El-Obeid, capitale de l'Etat du Kordofan-Nord, a tué lundi 10 personnes, dont 7 enfants, a indiqué une source médicale à l'AFP. (AFP)
Une frappe de drone sur la ville soudanaise d'El-Obeid, capitale de l'Etat du Kordofan-Nord, a tué lundi 10 personnes, dont 7 enfants, a indiqué une source médicale à l'AFP. (AFP)
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  • Les FSR ont ensuite concentré leur offensive sur la région voisine du Kordofan, au centre du Soudan, mais des combats continuent sporadiquement au Darfour
  • Le courant y a été coupé dimanche après une frappe de drone qui a visé sa centrale électrique, selon la compagnie d'électricité nationale

PORT-SOUDAN: Une frappe de drone sur la ville soudanaise d'El-Obeid, capitale de l'Etat du Kordofan-Nord, a tué lundi 10 personnes, dont 7 enfants, a indiqué une source médicale à l'AFP.

Un témoin oculaire a affirmé que la frappe avait touché une maison dans le centre de cette ville, contrôlée par l'armée mais assiégée par la milice des Forces de soutien rapide (FSR).

Ces deux sources se sont exprimées auprès de l'AFP sous couvert d'anonymat, craignant pour leur sécurité.

Un conflit oppose depuis avril 2023 l'armée aux paramilitaires des FSR qui contrôlent notamment les cinq capitales de la vaste région du Darfour.

Les FSR ont ensuite concentré leur offensive sur la région voisine du Kordofan, au centre du Soudan, mais des combats continuent sporadiquement au Darfour.

Ils y encerclent notamment El-Obeid, la principale ville de la région, qui se trouve à un carrefour stratégique reliant la capitale Khartoum au Darfour, où l'armée a perdu sa dernière position importante en octobre.

Le courant y a été coupé dimanche après une frappe de drone qui a visé sa centrale électrique, selon la compagnie d'électricité nationale.

Le 31 décembre, des forces alliées à l'armée avaient annoncé la reprise aux FSR de plusieurs villes situées au sud d'El-Obeid.

Selon une source militaire, cette progression pourrait ouvrir la route entre El-Obeid et Dilling, une ville assiégée par les FSR du Kordofan-Sud, tout comme la capitale Kadougli.

Depuis la mi-décembre, plus de 11.000 personnes ont fui les régions du Kordofan-Sud et Kordofan-Nord "en raison d'une recrudescence des violences", selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Le conflit au Soudan a fait plusieurs dizaines de milliers de morts, déraciné des millions de personnes et provoqué ce que l'ONU qualifie de "pire crise humanitaire au monde".

Les différentes tentatives de médiation pour mettre fin aux combats ont échoué.