Le mouvement kabyle MAK dénonce l' «obsession» d'Alger à le qualifier de «terroriste»

Ferhat Mehenni, président du MAK. (Photo, AFP)
Ferhat Mehenni, président du MAK. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 20 mai 2021

Le mouvement kabyle MAK dénonce l' «obsession» d'Alger à le qualifier de «terroriste»

  • « Depuis quelques mois, les autorités algériennes font tout pour nous salir, nous intimider », a lancé M. Mehenni
  • Les autorités algériennes ont classé le MAK comme « organisation terroriste », ainsi qu'un mouvement islamo-conservateur, Rachad, également basé à l'étranger.

PARIS : Le président du mouvement kabyle indépendantiste MAK basé à Paris, Ferhat Mehenni, a dénoncé mercredi « l'obsession » du pouvoir algérien à qualifier l'organisation de terroriste, et s'est interrogé sur les motifs ayant justifié sa brève mise en garde à vue la veille à Paris.

Ferhat Mehenni a été gardé à vue quelques heures dans le cadre d'une enquête pour blanchiment en bande organisée, « une affaire abracadabrantesque à laquelle je ne comprends rien », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Il a été libéré sans poursuites à ce stade, selon le parquet.

« Depuis quelques mois, les autorités algériennes font tout pour nous salir, nous intimider », a lancé M. Mehenni, dénonçant « l'obsession d'Alger à faire du MAK (Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie) une organisation terroriste ».

En avril, le MAK, déjà illégal en Algérie, avait été accusé par le pouvoir algérien de projeter des attentats contre les marches du mouvement pro-démocratie du Hirak. Mardi, les autorités algériennes l'ont classé comme « organisation terroriste », ainsi qu'un mouvement islamo-conservateur, Rachad, également basé à l'étranger.

« Mon arrestation le jour même n'est-elle qu'une coïncidence fâcheuse ? », s'est interrogé M. Mehenni, n'excluant « aucune hypothèse ».

Paris et Alger ont signé récemment une convention d'extradition, a-t-il rappelé, tout en se déclarant « serein ».

« Je ne pense pas que la France, un Etat de droit, puisse accéder aux desiderata d'Alger, puisse aller dans ce délire », a-t-il dit.

« Le MAK n'est pas une organisation terroriste et ne commettra jamais d'actes de violence. Si violence il y a ce ne pourra être que le fait des services algériens », a-t-il mis en garde.

« En plus de 20 ans de carrière, je n'ai jamais rencontré un dossier aussi vide », a déclaré à ses côtés son avocat Me Gérald Pandelon, rappelant qu'aucune demande d'extradition ne pouvait être faite sans que des procédures pénales aient été diligentées en amont ou qu'un jugement ait été prononcé.

Né dans le sillage du « Printemps kabyle » de 2001, le MAK est accusé par les autorités algériennes d'avoir des visées « séparatistes » et de racisme anti-arabe.

La Kabylie est une région berbérophone du nord-est de l'Algérie traditionnellement frondeuse vis-à-vis d'un Etat très centralisé. Elle est l'un des fiefs du Hirak.

 


L'Arabie saoudite et la Suède explorent les opportunités d'investissement lors de l'Expo 2020

Plusieurs tables rondes planchent sur les moyens de renforcer les relations commerciales entre les deux pays les 16 et 17 janvier dans les pavillons des deux pays. (Fourni)
Plusieurs tables rondes planchent sur les moyens de renforcer les relations commerciales entre les deux pays les 16 et 17 janvier dans les pavillons des deux pays. (Fourni)
Les opportunités d'investissement en Arabie saoudite et en Suède ont été mises à l'honneur lors d'un événement de deux jours entre l'Arabie saoudite et la Suède à l'Expo 2020 de Dubaï. (Fourni)
Les opportunités d'investissement en Arabie saoudite et en Suède ont été mises à l'honneur lors d'un événement de deux jours entre l'Arabie saoudite et la Suède à l'Expo 2020 de Dubaï. (Fourni)
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  • L'événement a été organisé en collaboration avec le ministère saoudien de l'investissement (MISA), Invest Saudi, l'ambassade de Suède et Business Sweden
  • Hanbazazah a souligné comment les entreprises suédoises opèrent dans le Royaume depuis plus de 70 ans, notant que l'Arabie saoudite est le plus grand partenaire économique de la Suède au Moyen-Orient

LONDRES : Les opportunités d'investissement en Arabie saoudite et en Suède ont été mises à l'honneur lors d'un événement de deux jours entre l'Arabie saoudite et la Suède à l'Expo 2020 de Dubaï cette semaine.

Une série de tables rondes a abordé les moyens de renforcer les relations commerciales entre les deux pays les 16 et 17 janvier dans les pavillons des deux pays dans le cadre de l'Expo.

L'événement a été organisé en collaboration avec le ministère saoudien de l'investissement (MISA), Invest Saudi, l'ambassade de Suède et Business Sweden.

Les discours d’inauguration de Niclas Trouvé, ambassadeur de Suède en Arabie saoudite ; Hussain Hanbazazah, commissaire général du pavillon du Royaume d'Arabie saoudite ; et Jan Thesleff, commissaire général du pavillon suédois ont ponctué la première journée, organisée au pavillon de la Suède.

Hanbazazah a souligné comment les entreprises suédoises opèrent dans le Royaume depuis plus de 70 ans, notant que l'Arabie saoudite est le plus grand partenaire économique de la Suède au Moyen-Orient et le premier partenaire commercial parmi les pays scandinaves, avec un volume d’échanges commerciaux au cours des cinq dernières années de plus de 6 milliards de dollars américains (5,28 milliards d’euros).

« Dans le prolongement de notre relation historique, nous sommes inspirés par les efforts déployés par nos dirigeants pour faire progresser les relations bilatérales entre nos deux pays, ce qui a abouti à la création récente du Conseil commercial saoudo-suédois à Stockholm, à l'échange d'expertise et de connaissances et à la mise en place de programmes pour saisir les opportunités d'investissement et les transformer en partenariats tangibles », a-t-il déclaré.

« L'Arabie saoudite accueille et invite les entreprises suédoises à investir dans notre pays et à profiter des opportunités et des initiatives de la Vision 2030 du Royaume, en particulier dans les domaines de la durabilité, des villes intelligentes, des industries manufacturières et des domaines tels que le commerce électronique et les technologies de l'information ».

L'ambassadeur de Suède en Arabie saoudite Trouvé, a déclaré que les discussions au cours de l'événement de deux jours portaient principalement sur la « performance progressive ».

Il a poursuivi : « L'Arabie saoudite et la Suède ont un voyage fantastique à parcourir pour protéger les personnes et la planète grâce à des solutions durables et vertes. Nous devons le faire ensemble en renforçant les partenariats entre les gouvernements et le secteur privé afin d'avancer ensemble.

L'événement de deux jours s'est clôturé par une manifestationculturelle, et les invités ont été conviés à un autre événement clé le 7 février, lorsque le pavillon saoudien s'associera à MISA et Invest Saudi pour organiser un forum d'affaires d'une journée au centre des expositions de Dubaï où seront discutées les opportunités d'investissement sectorielles en Arabie Saoudite.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Les employés des banques au Liban veulent un renforcement de la sécurité après la prise d'otages

La police libanaise monte la garde devant l'entrée d'une succursale de Fransabank au Liban en avril 2020, après que des assaillants ont lancé un engin explosif contre l'entrée de la banque. (AFP/Dossier)
La police libanaise monte la garde devant l'entrée d'une succursale de Fransabank au Liban en avril 2020, après que des assaillants ont lancé un engin explosif contre l'entrée de la banque. (AFP/Dossier)
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  • Les employés tiennent les banques responsables du comportement parfois criminel de clients en colère
  • Une famille effrayée pour la vie de sa fille lui demande de quitter son emploi dans la banque ou de travailler à distance

BEYROUTH: Le personnel des  banques au Liban a appelé à des mesures de sécurité supplémentaires après qu'un homme a pris en otage des personnes et menacé de faire sauter une succursale dans la vallée de la Bekaa cette semaine.

Les forces de sécurité libanaises ont arrêté mardi Abdullah Al-Saii après l'incident survenu à la succursale de la Banque de Beyrouth et des pays arabes à Jeb Jannine alors qu'il tentait de retirer 50 000 dollars (44 070 euros) de son compte.

Armé d'un fusil, d'une grenade et de bouteilles d’essence lorsqu'il a fait irruption dans la banque, Al-Saii a déclaré que le personnel de la banque avait plusieurs fois rejeté ses demandes de retrait, pour cause de crise économique dans le pays.

Al-Saii a retenu en otage plus de 10 employés et clients de la banque pendant plusieurs heures, exigeant qu'il soit autorisé à retirer l'argent. Il a dit qu'il ferait sauter la succursale si ses demandes n'étaient pas satisfaites. Le bâtiment a été bouclé et l'incident résolu à la suite de négociations.

L'incident a suscité la peur parmi le personnel bancaire au Liban, qui a appelé à une sécurité renforcée.

Les parents de l'employée de banque Hana Saleemlui lui ont demandé de quitter son emploi dans la banque ou detravailler à distance à la suite de l'incident.

« Après que le personnel et les clients de la banque ont été pris en otage dans une banque de la vallée de la Bekaa, mes parents ont eu peur pour ma vie et ils m'ont suppliée de démissionner », a-t-elle déclaré à Arab News.

Une autre employée de banque, Dalia Hassan, estime que l'incident BBAC n'est qu'un parmi tant d’autres, qui ont mis la vie des employés de banque en danger.

« Depuis le début de la crise financière il y a plus de deux ans, les banques ont fait l'objet de nombreuses attaques de la part de clients armés, de bulldozers et même de clients en colère munis de cocktails Molotov », a-t-elle déclaré, confirmant qu'elle avait peur lorsqu'un client agité vocifère sur son lieu de travail.

« Chaque fois qu'un client en colère crie, mes collègues et moi nous cachons sous nos bureaux ou à l'intérieur des toilettes, craignant qu’il ne soit armé et ne nous tire dessus », a déclaré Hassan, qui a confirmé que la succursale de Hamra où elle travaille n'a employé que deux agents de sécurité privés.

Des policiers et des agents de sécurité supplémentaires doivent être postés à l'intérieur et à l'extérieur des banques pour « la protection et la sécurité », a-t-elle ajouté.

Wael Imad, un directeur de succursale, a déclaré à Arab News que lorsque les banques ne peuvent pas répondre à une demande de retrait d'un client, c'est le personnel et non la direction qui est en première ligne face aux clients en colère.

Il accuse les banques pour les actions souvent imprudentes menées par des clients en colère et déclare : « Les banques sont responsables lorsque les clients recourent à des méthodes illégales dans, ce que je pense être une tentative légitime d'accéder à leurs dépôts. »

Il indique que les banques sont censées protéger leur personnel qui ne se sent pas en sécurité dans son environnement de travail.

« L'année dernière, j'ai été battu par un groupe de clients en colère. La police est arrivée trop tard à notre succursale pour maîtriser les assaillants », se souvient Imad.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Afghanistan: les talibans revendiquent « le droit d'arrêter les opposants », y compris les féministes

Des hommes afghans tenant des banderoles lors d'une manifestation pour condamner la récente manifestation des militantes afghanes des droits des femmes, à Kaboul le 21 janvier 2022. (AFP)
Des hommes afghans tenant des banderoles lors d'une manifestation pour condamner la récente manifestation des militantes afghanes des droits des femmes, à Kaboul le 21 janvier 2022. (AFP)
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  • Cette semaine, deux femmes ont été enlevées quelques jours après avoir participé à une manifestation à Kaboul, selon plusieurs militantes féministes
  • Depuis leur arrivée au pouvoir mi-août à la faveur du retrait des troupes américaines, les autorités talibanes dispersent les manifestations d'opposition

KABOUL : Le gouvernement taliban a "le droit d'arrêter et d'écrouer les opposants", dont les femmes qui manifestent régulièrement "sans autorisation", a affirmé samedi son principal porte-parole, réagissant à la récente disparition de deux militantes féministes dans laquelle le régime nie être impliqué.

Depuis leur arrivée au pouvoir mi-août à la faveur du retrait des troupes américaines, les autorités talibanes dispersent les manifestations d'opposition. Des journalistes ont été tabassés et certains critiques du régime arrêtés.

Cette semaine, deux femmes ont été enlevées quelques jours après avoir participé à une manifestation à Kaboul, selon plusieurs militantes féministes. 

La Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) a appelé samedi les talibans à "fournir des informations" concernant le sort de ces deux militantes, Tamana Zaryabi Paryani et Parwana Ibrahimkhel.

Lors d'un entretien avec l'AFP, le porte-parole du gouvernement, Zabihullah Mujahid, a nié toute interpellation.

Le gouvernement a toutefois "le droit d'arrêter et d'écrouer les opposants ou ceux qui violent la loi", a-t-il précisé, en ajoutant que "personne ne devrait créer de perturbations, car cela trouble l'ordre public et la paix". 

Les militantes féministes organisent régulièrement des petits rassemblements dans la capitale pour réclamer le respect des droits des femmes.

Elles manifestent "sans autorisation", a fait valoir M. Mujahid. "Si cela arrivait dans un autre pays, des personnes comme elles seraient arrêtées".

"Dans notre pays également, elles seront emprisonnées et confrontées à leurs responsabilités. Nous n'autorisons pas les activités illégales", a ajouté le porte-parole, également vice-ministre de l'Information et de la Culture.

Discussions en Norvège

Depuis l'arrêt de l'aide internationale, qui représentait environ 80% de son budget, et le gel par les Etats-Unis de 9,5 milliards de dollars d'avoirs de la Banque centrale afghane, l'Afghanistan s'enlise dans une profonde crise humanitaire.

La famine menace aujourd'hui 23 millions d'Afghans, soit 55% de la population, selon l'ONU, qui réclame aux pays donateurs 4,4 milliards de dollars pour faire face.

C'est dans ce contexte que doivent s'ouvrir dimanche en Norvège des discussions entre les nouveaux maîtres de l'Afghanistan et les diplomaties occidentales, qui érigent le respect des droits des femmes comme condition préalable à toute reconnaissance officielle du gouvernement.

Une délégation talibane doit rencontrer les autorités norvégiennes et des représentants d'autres pays, dont les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie et l'Union européenne.

"L'Emirat islamique (nom donné par les talibans à leur régime, ndlr) a pris des mesures pour satisfaire les exigences du monde occidental et nous espérons renforcer nos relations diplomatiques avec tous les pays, y compris les pays européens et l'Occident en général", a déclaré M. Mujahid.

Depuis leur retour au pouvoir, les talibans assurent s'être modernisés par rapport à leur dernier règne (1996-2001), lors duquel ils ont largement piétiné les droits humains.

Les femmes restent toutefois largement exclues des emplois publics et les écoles publiques restent fermées pour les filles de plus de 12 ans. 

Les femmes désirant voyager doivent également être accompagnées par un homme de leur famille proche et des affiches leur rappelant qu'elles "doivent" porter un voile, accompagnées de photos de burqa, ont été placardées dans Kaboul.

Combattants « novices »

Vendredi, la police religieuse des talibans a menacé de tirer sur des femmes travaillant pour des ONG internationales dans une province du nord-ouest de l'Afghanistan si elles ne portaient pas la burqa, selon deux employés de ces organisations.

M. Mujahid a mis ces tentatives d'intimidation sur le compte de l'inexpérience des combattants talibans, désormais chargés de l'ordre public après 20 ans de guérilla. 

Les forces gouvernementales sont "très novices (...) et pas professionnelles", a-t-il argué. "Ils n'ont pas été formés".

Selon M. Mujahid, le nouveau régime est en faveur des droits des femmes, qu'il concilie avec son interprétation stricte de la charia, la loi islamique.

"Même sans les demandes (de la communauté internationale), nous estimons nécessaire que les femmes travaillent et soient éduquées", a-t-il insisté.

Aucune date n'est en revanche arrêtée pour un éventuel retour en classe des jeunes filles dans les provinces où elles sont exclues des écoles publiques. 

Il aura lieu "au cours de l'année à venir", mais "nous ne pouvons pas fixer une date butoir", a expliqué le porte-parole, en invoquant la crise économique et l'inexpérience des nouvelles autorités.