Le FMI propose au G20 un plan de $50 milliards pour mettre fin à la pandémie

Le siège du Fonds monétaire international (FMI) à Washington. (Photo, AFP)
Le siège du Fonds monétaire international (FMI) à Washington. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 22 mai 2021

Le FMI propose au G20 un plan de $50 milliards pour mettre fin à la pandémie

  • Ce montant apparaît bien modeste comparé aux plans de relance massifs mis en place par les pays riches dont le dernier, de 1900 milliards de dollars, voté fin mars aux Etats-Unis
  • Le plan vise à faire vacciner au moins 60% de la population mondiale d'ici la fin de 2022 pour permettre une reprise économique mondiale durable

WASHINGTON : Le FMI a proposé vendredi au G20 un plan destiné à mettre fin à la pandémie mondiale dont le financement est estimé à seulement 50 milliards de dollars avec un objectif de vaccination d'au moins 40% de la population mondiale d'ici la fin de l'année.

Ce montant apparaît bien modeste comparé aux plans de relance massifs mis en place par les pays riches dont le dernier de 1.900 milliards de dollars voté fin mars aux Etats-Unis.

C'est aussi "faible" compte tenu des bénéfices potentiels d'une fin plus rapide de la pandémie, estimés à "environ 9.000 milliards de dollars" pour l'économie mondiale d'ici 2025, ont estimé Gita Gopinath et Ruchir Agarwal, respectivement économiste en chef et économiste du Fonds monétaire international lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes.

"L'un des messages clé de notre proposition est que le montant nécessaire n'est pas très élevé", a souligné Gita Gopinath, car les investissements coûteux pour développer des vaccins efficaces ont déjà été faits.

"Notre proposition fixe des objectifs, évalue les besoins de financement et définit des actions pragmatiques", a résumé plus tôt Kristalina Georgieva, la directrice générale du Fonds, à l'occasion du sommet mondial de la santé organisé à Rome dans le cadre du G20. 

Le plan vise à faire vacciner au moins 60% de la population mondiale d'ici la fin de 2022 pour permettre une reprise économique mondiale durable.

Mme Gopinath et M. Agarwal, auteurs du plan, soulignent qu'il est désormais admis qu'il n'y aura pas de "fin durable" à la crise économique sans une fin à la crise sanitaire. Il est donc dans l'intérêt de tous les pays de mettre définitivement un terme à cette crise.

"Depuis un certain temps, nous alertons sur une dangereuse divergence des situations économiques", a commenté Mme Georgieva. 

"Cela ne fera qu'empirer à mesure que l'écart se creuse entre les pays riches qui ont accès aux vaccins et les pays pauvres qui n'en ont pas", a-t-elle déploré.

A la fin du mois d'avril, moins de 2% de la population africaine avait été vaccinée alors que plus de 40% de la population aux États-Unis et plus de 20% en Europe avaient reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid, rappelle le FMI.

La pandémie, qui affecte durement notamment l'Inde, pourrait faire dérailler la reprise mondiale.

Pour remettre la planète sur la voie de la croissance, le FMI fait donc une série de propositions avec pour premier objectif de combler les lacunes en matière de vaccins auxquels de nombreux pays en développement sont confrontés.

Il s'agit d'aider "à maîtriser sensiblement la pandémie partout pour le bénéfice de tous", insiste Mme Georgieva.

Pour remplir les objectifs de vaccination de la population mondiale, le FMI souligne qu'il faut accorder des subventions supplémentaires au dispositif international Covax, par des dons de doses excédentaires et assurer les flux transfrontaliers gratuits de matières premières et de doses de vaccins.

Covax avait été mis en place pour tenter d'éviter que les pays riches ne s'accaparent l'essentiel des précieuses doses. Mais il s'avère inefficace pour le moment. 

La proposition du FMI coûnon erait quelque 50 milliards de dollars dont des subventions (au moins 35 milliards) combinées à des ressources gouvernementales nationales et d'autres financements, a détaillé le FMI.

Le FMI admet que ce sont les pays riches qui sont invités à contribuer le plus à cet effort.

Mais, souligne Kristalina Georgieva, ce sont aussi ceux qui "verraient probablement le meilleur retour sur investissement public de l'histoire moderne, capturant 40% des gains de PIB et environ 1.000 milliards de dollars de recettes fiscales supplémentaires".


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
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  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.