L’évaluation positive du FMI considérée comme une déclaration de confiance dans la stratégie de réforme saoudienne

La station King Abdullah Financial District souligne l’accent mis par le Royaume sur le développement de l’économie non pétrolière (Photo, AFP)
La station King Abdullah Financial District souligne l’accent mis par le Royaume sur le développement de l’économie non pétrolière (Photo, AFP)
La station King Abdullah Financial District souligne l’accent mis par le Royaume sur le développement de l’économie non pétrolière (Photo, AFP)
La station King Abdullah Financial District souligne l’accent mis par le Royaume sur le développement de l’économie non pétrolière (Photo, AFP)
Les lignes de métro de Riyad sont également en cours de modernisation dans le cadre de Vision 2030 (Photo, AFP)
Les lignes de métro de Riyad sont également en cours de modernisation dans le cadre de Vision 2030 (Photo, AFP)
Un ouvrier de la ferme Ben Salmane cueille des roses Damascena (rose de Damas) pour produire de l'eau et de l'huile essentielle de rose, dans la ville occidentale de Taïf, le 11 avril 2021 (Photo, AFP)
Un ouvrier de la ferme Ben Salmane cueille des roses Damascena (rose de Damas) pour produire de l'eau et de l'huile essentielle de rose, dans la ville occidentale de Taïf, le 11 avril 2021 (Photo, AFP)
Le rapport du FMI vient comme une reconnaissance des plans du Royaume pour diversifier son économie et investir dans des secteurs non pétroliers tels que le tourisme et le divertissement (Photo, AFP)
Le rapport du FMI vient comme une reconnaissance des plans du Royaume pour diversifier son économie et investir dans des secteurs non pétroliers tels que le tourisme et le divertissement (Photo, AFP)
La corniche balnéaire de Djeddah a été largement réaménagée (Photo, AFP)
La corniche balnéaire de Djeddah a été largement réaménagée (Photo, AFP)
Le secteur pétrolier, extrême gauche, a bénéficié du rôle du Royaume dans le rééquilibrage des marchés mondiaux par l’intermédiaire de l’Opep+ (Photo, AFP)
Le secteur pétrolier, extrême gauche, a bénéficié du rôle du Royaume dans le rééquilibrage des marchés mondiaux par l’intermédiaire de l’Opep+ (Photo, AFP)
Les travaux extérieurs en cours à la station King Abdullah Financial District du métro de Riyad, le 1er avril 2021 (Photo, AFP)
Les travaux extérieurs en cours à la station King Abdullah Financial District du métro de Riyad, le 1er avril 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 10 mai 2021

L’évaluation positive du FMI considérée comme une déclaration de confiance dans la stratégie de réforme saoudienne

  • La dernière évaluation de l’économie du Royaume est une confirmation de la Vision 2030 et de la lutte contre la pandémie
  • Le FMI a le pouvoir de rendre un avis positif ou négatif sur la façon dont l'économie est gérée

DUBAÏ: Les décideurs économiques deviennent parfois un peu nerveux lorsque le Fonds monétaire international (FMI) arrive en ville. 

L'institution financière mondiale, âgée de 77 ans, n'est pas un régulateur au sens strict du terme, mais elle a le pouvoir de rendre un avis positif ou négatif sur la façon dont les décideurs – ministres, banquiers centraux et fonctionnaires – dirigent leur économie. 

Dans des circonstances extrêmes, le FMI peut approuver ou refuser des fonds potentiellement vitaux d'une économie en crise. Dans des conditions plus normales, son avis peut avoir une grande influence sur la cote de crédit internationale que tous les pays utilisent pour accéder aux marchés financiers mondiaux. 

Lorsque la «mission» du FMI a achevé sa visite en Arabie saoudite le mois dernier, une légère appréhension parmi les décideurs économiques du Royaume a dû être ressentie, alors qu'ils attendaient l’avis officiel du FMI sur leur gestion de la pandémie en 2020 et les chocs économiques qui en découlent. 

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Le secteur pétrolier a bénéficié du rôle du Royaume dans le rééquilibrage des marchés mondiaux à travers l’Opep+ (Photo, AFP) 

Il n'était pas question que l'Arabie saoudite, riche en ressources, sollicite une aide financière du FMI, mais du fait que l'organisation n'a pas effectué sa visite annuelle habituelle en cette année 2020 marquée par le coronavirus, il y avait beaucoup à faire après un an de changements politiques radicaux pour faire face à la forte récession qui a suivi la propagation de la pandémie. 

Il s’avère que les responsables saoudiens n'avaient aucune raison de s'inquiéter. Le «communiqué final», publié la semaine dernière, est une déclaration de confiance retentissante dans la manière dont ils ont géré les énormes défis posés par la pandémie. 

Plus encore, il s’agit d’une ferme adhésion à la stratégie Vision 2030 visant à diversifier l’économie du Royaume pour éviter la dépendance au pétrole. 

Les économistes indépendants ne sont pas surpris par la satisfaction du FMI. Nasser Saïdi, ancien économiste en chef du Centre financier international de Dubaï (DIFC), a déclaré à Arab News que «le pays a été proactif dans le déploiement d'une série de réformes malgré la pandémie et la baisse des prix du pétrole. Le système de santé publique s’avère résilient». 

Les experts du FMI sont catégoriques. «Les autorités ont réagi rapidement et de manière décisive à la crise de la Covid-19. Des mesures strictes de confinement précoce et la mise en place de mesures sanitaires ont limité les cas et les décès, et le programme de vaccination a bien avancé ces derniers mois», déclarent-ils. 

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Le rapport du FMI vient comme une reconnaissance des plans du Royaume pour diversifier son économie et investir dans des secteurs non pétroliers tels que le tourisme et le divertissement (Photo, AFP) 

Les experts ajoutent: «Les programmes de soutien fiscal, financier et de l'emploi mis en place par le gouvernement et la Sama (Autorité monétaire et fonds souverain de l’Arabie saoudite) ont contribué à amortir l'impact de la pandémie sur les entreprises et les travailleurs saoudiens.» 

Une des principales raisons de cette performance, concluent les visiteurs du FMI, réside dans le plan de réforme Vision 2030 mis en place depuis 2016, visant à moderniser l'économie du Royaume et à créer un secteur privé plus dynamique et entrepreneurial, afin de remplacer les dépenses publiques comme moteur économique. 

«Les réformes menées dans le cadre de la Vision 2030 ont joué un rôle essentiel afin d’aider l’économie à surmonter la pandémie. Les efforts déployés pour mettre en place une structure solide de coordination et de gouvernance interinstitutionnelle, la numérisation croissante des services gouvernementaux et financiers, les réformes visant à accroître la mobilité du marché du travail et les solides amortisseurs budgétaires et financiers ont tous donné à l’économie les moyens de gérer la crise», déclare le FMI. 

Tous les indicateurs avancent dans la bonne direction. La croissance du produit intérieur brut (PIB) réel devrait atteindre 2,1 % cette année, ce qui représente un revirement spectaculaire par rapport à la baisse de 4,1 % en 2020. Dans le secteur non pétrolier essentiel – indicateur clé du succès du plan de diversification –, la croissance du PIB réel a rebondi au second semestre de 2020, avec des signes indiquant que cela se poursuivra en 2021. 

Le FMI prévoit une croissance non pétrolière de 3,9 % cette année et de 3,6 % l’année prochaine. L’inflation, souvent une préoccupation majeure pour le FMI, sera de 2,8 % l’année prochaine, soit un taux tout à fait viable, tandis que le chômage – autre indicateur clé de la réussite de la stratégie de diversification – est tombé à 12,6 % pour les ressortissants saoudiens à la fin de l’année dernière. 

De plus, le rôle joué par l’Arabie saoudite dans la stratégie de réduction de la production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole plus dix autres producteurs dont la Russie (Opep+) visant à rééquilibrer les marchés mondiaux sera rentable cette année et l’année prochaine, alors que le PIB pétrolier retrouvera une croissance de 6,8 % l’année prochaine, lorsque l’offre de pétrole reviendra à la normale avec des prix du brut plus élevés. 

Les responsables de la politique budgétaire du Royaume n’ont toutefois pas été épargnés par les critiques du FMI: «Le déficit s’est creusé en 2020 pour atteindre 11,3 % du PIB (4,5 % du PIB en 2019), en raison de la baisse des recettes pétrolières et de l’augmentation des besoins de dépenses, et il a été facilement financé par de nouveaux emprunts et la réduction des dépôts du gouvernement.» Le déficit baissera à 4,2 % cette année, indique le FMI, ce qui est inférieur aux prévisions officielles. 

Certaines des mesures controversées introduites pendant la pandémie, comme le triplement du taux de TVA, les subventions pour lutter contre la vie chère ou les aides à l’achat d’énergie locale, «contribuent toutes de manière importante à l’ajustement budgétaire prévu et ne devraient pas être annulées ou retardées». 

QUELQUES CHIFFRES

3,9 % croissance non pétrolière prévue pour cette année.  

2,8 % taux d’inflation prévu pour l’année prochaine. 

Le travail du ministère des Finances a été reconnu par le FMI. «Il est nécessaire de prendre des mesures pour continuer à renforcer la transparence budgétaire, notamment en publiant des informations plus détaillées dans les documents budgétaires et en élargissant la couverture des données budgétaires au-delà du gouvernement central», déclarent ses représentants. 

Mohammed al-Jadaan, le ministre des Finances de l’Arabie saoudite, a apprécié les éloges du FMI. «De tels résultats ont été obtenus malgré l’impact de la pandémie de la Covid-19, les fluctuations des prix du pétrole, les fortes variations économiques, la baisse de la demande mondiale, le recul de la croissance et d’autres défis auxquels le gouvernement saoudien a été confronté», commente-t-il. 

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Ministre saoudien des Finances, Mohammed al-Jadaan (Photo, AFP) 

Le FMI a fait l’éloge des secteurs financier et du marché des capitaux du Royaume. «Le secteur financier continue d’être bien réglementé et supervisé par la Sama», déclare-t-il. 

«Les banques sont bien capitalisées et ont de fortes liquidités, malgré une baisse de rentabilité et une légère augmentation des prêts non performants (qui restent faibles) au cours de l’année écoulée.» 

Il ajoute: «Le rythme impressionnant des réformes des marchés des capitaux propres et de la dette s’est poursuivi sous la direction de l’Autorité des marchés financiers et du Centre national de gestion de la dette. Ces réformes multiplient les options de levée de capitaux pour les entreprises et les opportunités d’investissement pour les épargnants.» 

Nasser Saïdi déclare: «Il faut féliciter l’Arabie saoudite pour sa prudence budgétaire, en plus de l’exploitation efficace des marchés de la dette et de la structuration des principales infrastructures énergétiques afin de financer les déficits.» 

Sur un sujet crucial – l’érosion progressive des réserves de change de l’Arabie saoudite sous l’impact des pressions pandémiques et la nécessité de continuer d’investir dans les initiatives de Vision 2030 –, le FMI se montre optimiste. «L’ancrage du taux de change continue de bien servir l’Arabie saoudite, compte tenu de la structure économique actuelle. Les réserves de change de la Sama demeurent à des niveaux très confortables», déclare le FMI. 

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«Les programmes de soutien budgétaire, financier et de l’emploi ont contribué à atténuer l’impact de la pandémie sur les entreprises et les travailleurs saoudiens» (Photo, AFP) 

Les experts du FMI ont émis quelques mises en garde. «Afin de garantir la reprise et stimuler une croissance plus forte, les décideurs politiques doivent soigneusement gérer la fin des mesures de soutien à l’économie liées à la Covid-19 et poursuivre le programme de réformes à plus long terme dans le cadre de la Vision 2030», préviennent-ils. 

Ils ont également souligné la nécessité de continuer à maintenir le «filet de protection sociale» afin de soutenir les ménages à faible revenu qui peuvent être affectés par l’effet de la récession économique aggravée par des taux d’imposition plus élevés et le retrait des aides financières aux ménages. 

«Si la reprise s’enlise, la réduction prévue des dépenses d’investissement du gouvernement pourrait également être ralentie tout en maintenant inchangée l’enveloppe des dépenses d’investissement à moyen terme», indique le FMI. 

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Le rapport du FMI est venu comme une approbation des plans du Royaume pour diversifier son économie et investir dans des secteurs non pétroliers tels que le tourisme et le divertissement (Photo, AFP) 

Il est essentiel de maintenir la dynamique des réformes économiques. «Accroître la compétitivité des travailleurs saoudiens du secteur privé est important pour le succès du programme de réforme. Développer un secteur privé compétitif et diversifié sera difficile, à moins que les attentes salariales des travailleurs saoudiens ne correspondent à leur productivité», concluent les experts du FMI. 

Selon Nasser Saïdi, le rythme de la croissance continue dépend des marchés mondiaux du pétrole et de l’évolution future du virus, mais les signes sont aussi positifs que les conclusions du FMI. 

«Les perspectives de croissance de l’Arabie saoudite, avec une stabilité macroéconomique continue et une politique budgétaire prudente, encourageront une augmentation des investissements nationaux et étrangers, en plus des investissements dans le logement et de la consommation des ménages», déclare-t-il. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


TotalEnergies double son bénéfice, porté par les prix élevés liés à la guerre au Moyen-Orient

Le logo de TotalEnergies dans une station-service à Genech, dans le nord de la France, le 5 octobre 2022. (AFP)
Le logo de TotalEnergies dans une station-service à Genech, dans le nord de la France, le 5 octobre 2022. (AFP)
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  • TotalEnergies double son bénéfice net trimestriel à 5,4 milliards de dollars grâce aux prix élevés des hydrocarbures
  • Ces profits relancent le débat sur une taxe des superprofits pétroliers en France

PARIS: Après un début d'année euphorique, le géant français pétro-gazier TotalEnergies est de nouveau dans le viseur des partisans d'une surtaxe des superprofits pétroliers après avoir annoncé jeudi un doublement en un an de son bénéfice net du 2e trimestre, à 5,4 milliards de dollars, dopé par les prix élevés des hydrocarbures liés au conflit au Moyen-Orient.

"Dans un environnement de prix élevé en lien avec le conflit au Moyen-Orient, TotalEnergies tire parti de son modèle intégré et de sa diversification pour afficher au deuxième trimestre un résultat net ajusté (indicateur suivi par les analystes) de 6 milliards de dollars", s'est félicité le PDG du groupe, Patrick Pouyanné, dans un communiqué.

Avec un bénéfice net de 11,2 milliards de dollars sur l'ensemble du premier semestre, en progression de 73% sur un an, TotalEnergies fait mieux que les 10,6 milliards de dollars enregistrés au premier semestre 2022, année du déclenchement de la guerre en Ukraine.

Son bénéfice net du 2e trimestre, en hausse de 100% (contre 2,7 milliards un an plus tôt), reste cependant en deçà des attentes des investisseurs. Le groupe a connu "une baisse significative" dans son secteur stratégique du gaz naturel liquéfié (GNL), "du fait d’une contreperformance" dans le négoce (achat-vente) dans un marché faible en Europe, a expliqué l'entreprise.

TotalEnergies avait déjà annoncé en avril un bond de 51% son bénéfice net pour les trois premiers mois de l'année, portés par l'envolée et la volatilité des prix du pétrole et du gaz, au début de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran.

Cette performance exceptionnelle avait relancé les appels à la taxation des "super-profits" pétroliers, alors que le groupe est souvent critiqué pour la faiblesse, voire l'absence, de son impôt sur les sociétés en France au regard de ses énormes bénéfices mondiaux.

"TotalEnergies n’aura jamais aussi bien +capturé+ les bénéfices de guerre sur le dos des consommateurs", a ironisé jeudi sur X le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, le député de gauche Eric Coquerel (LFI), tandis que la porte-parole du gouvernement français et ministre déléguée à l'Energie Maud Bregeon a répété qu'elle refuserait "toujours de rentrer dans le +Total bashing+".

"C'est une chance d'avoir en France un grand énergéticien mondial capable d'assurer l'approvisionnement des Français" et de "nous aider à tirer les prix vers le bas", a-t-elle dit sur RMC/BFMTV en référence au plafonnement des prix des carburants relancé mercredi par le groupe.

- "Faire payer les pollueurs" -

Au moment où "la France suffoque sous des canicules successives, causées par le changement climatique dont l’industrie du pétrole et du gaz est largement responsable, ces profits apparaissent particulièrement indécents", ont critiqué une coalition d'ONG (Greenpeace France, 350.org, CCFD-Terre Solidaire, Notre Affaire à Tous, Réseau Action Climat, Oxfam France), soulignant "l’urgence de taxer les profits des multinationales du pétrole et du gaz".

"Alors que les gouvernements se réuniront à New York en août pour négocier une Convention fiscale de l’ONU, ils ont une occasion historique de faire payer les pollueurs et de financer la protection dont les populations ont désespérément besoin", a commenté aussi Fanny Petitbon, directrice pays France de 350.org.

Entre avril et juin, la production de pétrole et de gaz de TotalEnergies a progressé de plus de 4% sur un an, grâce à la montée en puissance de projets au Brésil, aux Etats-Unis et en Libye, qui ont "compensé pour partie l’impact des pertes de production au Moyen-Orient" de l’ordre de 210.000 barils équivalent pétrole par jour, "en moyenne sur le trimestre".

Bien qu'une partie de cette production n'ait pas pu être expédiée, "compte tenu des difficultés d’accès au détroit d’Ormuz", la branche reine de l'exploration-production est restée en croissance, selon le groupe.

Son pôle de raffinage, pétrochimie et négoce a lui aussi profité de la hausse des prix des produits raffinés et des activités très rentables de négoce de brut, dans un contexte de forte instabilité des cours. Ce segment "aval" a ainsi dégagé un résultat opérationnel net ajusté à 2,3 milliards de dollars au 2e trimestre (+24%).

Le groupe a confirmé ses "priorités données au dividende et au désendettement de l’entreprise". Il distribuera à ses actionnaires un deuxième acompte sur le dividende de l'année 2026, d’un montant de 0,90 euro par action, en hausse de 5,9% par rapport à 2025.


Le pétrole remonte au-dessus de 95 dollars à cause des hostilités au Moyen-Orient

Après être monté jusqu'à 95,47 dollars, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, gagnait 4,18% vers 10H10 GMT, à 94,81 dollars. (AFP)
Après être monté jusqu'à 95,47 dollars, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, gagnait 4,18% vers 10H10 GMT, à 94,81 dollars. (AFP)
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  • Le Brent dépasse 95 $/baril, porté par les tensions au Moyen-Orient et les craintes sur les exportations de pétrole
  • Le gaz européen atteint un plus haut depuis mars, sur fond de tensions d'approvisionnement et de hausse des risques d'inflation

LONDRES: Les cours du pétrole montent fortement mercredi, le baril de Brent repassant au-dessus des 95 dollars pour la première fois depuis près de six semaines, car les hostilités au Moyen-Orient font craindre un blocage durable des exportations d'hydrocarbures de la région.

Après être monté jusqu'à 95,47 dollars, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, gagnait 4,18% vers 10H10 GMT (12H10 à Paris), à 94,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, dont c'est le premier jour d'utilisation comme contrat de référence, prenait 4,30% à 87,97 dollars.

"La hausse du prix du pétrole intervient après que le président Trump a minimisé la perspective de nouvelles discussions avec l'Iran" lundi, explique Kathleen Brooks, analyste chez XTB.

Le président américain a notamment déclaré que les Etats-Unis n'en avaient "pas fini du tout" avec l'Iran.

Les Etats-Unis ont lancé une nouvelle salve de frappes en Iran pour la "onzième nuit consécutive", affirmant que leur but est d'affaiblir la capacité de l'Iran à menacer le trafic maritime commercial dans le détroit d'Ormuz.

Le contrôle de la navigation dans ce passage stratégique est un point de contentieux majeur entre les deux pays, et selon le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio autoriser l'Iran à le contrôler créerait un "dangereux précédent".

Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont de plus annoncé lundi un blocus maritime de l'Arabie saoudite.

Depuis, "trois pétroliers saoudiens à destination de la Chine et de l'Inde auraient fait demi-tour" pour éviter le détroit de Bab el-Mandeb (au large du Yémen), préférant se diriger vers le canal de Suez, souligne M. Varga.

L'escalade du conflit "continuera d'exercer une pression à la hausse sur les chaînes d'approvisionnement mondiales, et les risques d'inflation augmentent chaque jour", alerte Mme Brooks.

Le prix du gaz européen grimpe aussi, et il est au plus haut depuis mars.

Le remplissage des réserves européennes avant l'hiver "coïncide avec la hausse des besoins en électricité en Asie pour la climatisation pendant les mois d'été caractérisés par de fortes chaleurs", explique Jonathan Schroer, analyste chez UniCredit.

La compétition pour l'acquisition de gaz fait donc grimper les cours, alors que les exportations en provenance du Qatar sont bloquées.

Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne du gaz, prenait 4,39%, à 62,32 euros le mégawattheure.


La crise avec l’Iran pousse les économies du Golfe à accélérer leur transformation

La confrontation entre l’Iran et Israël n’aura peut-être pas bouleversé durablement les économies du Golfe, mais elle agit déjà comme un révélateur de leurs forces, de leurs vulnérabilités et de leurs priorités. (AFP)
La confrontation entre l’Iran et Israël n’aura peut-être pas bouleversé durablement les économies du Golfe, mais elle agit déjà comme un révélateur de leurs forces, de leurs vulnérabilités et de leurs priorités. (AFP)
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  • C’est l’analyse développée par Jean-Baptiste Chauvel, responsable des services du Trésor français dans la région du Golfe, lors d’une visioconférence organisée par la Chambre de commerce franco-arabe
  • Selon lui, cette crise constitue moins une rupture qu’un puissant accélérateur des transformations engagées depuis plusieurs années

PARIS: La confrontation entre l’Iran et Israël n’aura peut-être pas bouleversé durablement les économies du Golfe, mais elle agit déjà comme un révélateur de leurs forces, de leurs vulnérabilités et de leurs priorités.

C’est l’analyse développée par Jean-Baptiste Chauvel, responsable des services du Trésor français dans la région du Golfe, lors d’une visioconférence organisée par la Chambre de commerce franco-arabe. Selon lui, cette crise constitue moins une rupture qu’un puissant accélérateur des transformations engagées depuis plusieurs années.

À ses yeux, il n’existe pas de modèle économique unique dans le Golfe. Les six pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont certes engagé des politiques de diversification, mais ils avancent à des rythmes différents et disposent de marges de manœuvre très inégales pour absorber un choc géopolitique majeur.

Les Émirats arabes unis apparaissent, selon lui, comme l’économie la plus solide de la région. Une croissance soutenue, des finances publiques excédentaires et un faible niveau d’endettement leur offrent une capacité d’adaptation que peu de leurs voisins possèdent. Cette discipline budgétaire permet au pays de continuer à investir dans la diversification de son économie tout en faisant face aux conséquences d’une crise régionale.

La situation est plus contrastée ailleurs, estime-t-il. Certains États continuent de financer leur croissance par d’importants déficits publics, ce qui réduit leur capacité à amortir les chocs.

L’Arabie saoudite, indique Chauvel, demeure, malgré les progrès réalisés dans le cadre de Vision 2030, plus dépendante des recettes pétrolières pour équilibrer son budget, même si les réformes engagées doivent progressivement réduire cette dépendance.

Des économies résilientes, mais des vulnérabilités persistantes

L’autre enseignement majeur concerne précisément le pétrole. Si les statistiques montrent une baisse progressive de la part des hydrocarbures dans le produit intérieur brut, Chauvel souligne qu’il ne faut pas se laisser tromper par les chiffres. Une grande partie de l’activité économique reste indirectement liée au secteur pétrolier, qu’il s’agisse de l’industrie, de la pétrochimie, de la logistique, des infrastructures ou encore des services. La diversification est réelle, affirme-t-il, mais elle demeure inachevée.

La crise actuelle rappelle également que la géographie continue de peser lourdement sur les économies du Golfe et que tous les pays ne sont pas exposés de la même manière. Leur vulnérabilité dépend notamment de leur proximité avec l’Iran et de leur dépendance au détroit d’Ormuz, par lequel transite une part essentielle des exportations d’hydrocarbures.

Au sein même des Émirats, les conséquences varient, affirme Chauvel. Il souligne que Dubaï, dont le modèle économique repose largement sur le commerce international, le tourisme, les transports et les services financiers, est naturellement plus sensible à une dégradation de la situation régionale qu’Abou Dhabi, dont les ressources pétrolières et les importants fonds souverains offrent un amortisseur plus efficace.

Les premières conséquences sont déjà visibles. Les grandes institutions internationales, comme le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, ont commencé à réviser leurs prévisions de croissance pour plusieurs économies du Golfe. L’Arabie saoudite, indique Chauvel, figure parmi les pays les plus concernés, tandis que les Émirats devraient connaître un ralentissement plus limité grâce à la solidité de leurs finances publiques.

Par ailleurs, Chauvel ne croit pas à un retour rapide à la normale. Même si un accord diplomatique devait intervenir entre Washington et Téhéran, il estime que le risque géopolitique restera durablement présent. Cette nouvelle réalité devrait, selon lui, modifier les stratégies économiques des États de la région.

La priorité ira désormais aux investissements dans les secteurs considérés comme stratégiques : la défense, la cybersécurité, l’intelligence artificielle, l’industrie manufacturière, les infrastructures critiques et la sécurité énergétique. Les gouvernements chercheront à renforcer leur autonomie technologique afin de réduire leur dépendance aux fournisseurs occidentaux, notamment dans les industries de défense.

La géopolitique accélère la diversification 

Cette réorientation ne remet toutefois pas en cause leur volonté d’attirer les capitaux étrangers, bien au contraire. Les États du Golfe entendent poursuivre leur ouverture économique. L’Arabie saoudite maintient, par exemple, son objectif ambitieux d’attirer près de 100 milliards de dollars d’investissements directs étrangers par an, tandis que les fonds souverains de la région continueront d’investir massivement à l’international afin de diversifier leurs actifs.

L’un des principaux défis demeure toutefois celui de l’innovation. Malgré des investissements considérables, les économies du Golfe restent en retrait dans les classements internationaux mesurant leur capacité à produire des technologies de pointe. De son point de vue, cette faiblesse constitue probablement le principal chantier de la prochaine décennie, car construire un véritable écosystème d’innovation suppose de former des talents, de développer la recherche et de produire localement des technologies, plutôt que de se contenter de les importer. Ce processus est long et coûteux, mais il est désormais rendu encore plus indispensable par les tensions géopolitiques.

Cette nouvelle donne pourrait également rebattre les cartes de la coopération régionale. Chauvel voit se dessiner deux trajectoires. La première prolongerait la concurrence actuelle entre les grandes places économiques du Golfe, chaque pays cherchant à renforcer son statut de hub régional pour le tourisme, la finance, la logistique ou le transport aérien. Une telle compétition favoriserait, selon lui, les réformes, mais risquerait aussi d’entraîner des investissements redondants, voire excessifs.

La seconde voie privilégierait une intégration plus poussée entre les membres du CCG, à travers une meilleure coordination des infrastructures, une interconnexion logistique renforcée, une harmonisation des politiques de mobilité, une coopération industrielle et financière, voire le développement de capacités communes dans les secteurs de la sécurité et de la défense. Cependant, si cette option apparaît économiquement plus rationnelle, Jean-Baptiste Chauvel reconnaît que la logique concurrentielle reste aujourd’hui la plus probable.

Au fond, conclut-il, la crise avec l’Iran ne remet pas en cause la trajectoire économique du Golfe, mais elle en accélère le rythme. Les États de la région disposent d’importants atouts : des réserves financières considérables, des fonds souverains parmi les plus puissants au monde et une volonté politique affirmée de transformer leurs économies.