«La route du pauvre»: les migrants qui tentent leur chance via la Roumanie

Des migrants dorment dans une maison abandonnée du village serbe de Majdan, près des frontières entre la Hongrie et la Roumanie, le 21 mai 2021. (Photo / AFP)
Des migrants dorment dans une maison abandonnée du village serbe de Majdan, près des frontières entre la Hongrie et la Roumanie, le 21 mai 2021. (Photo / AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 28 mai 2021

«La route du pauvre»: les migrants qui tentent leur chance via la Roumanie

  • Dans leur quête d'Europe occidentale, beaucoup de migrants tentent leur chance par la Roumanie alors que la Hongrie a hérissé sa frontière méridionale de barbelés pour leur barrer la route
  • La police roumaine a recensé plus de 45 000 tentatives pour «franchir illégalement la frontière» l'année dernière

MAJDAN : Dans les ruines d'une maison au fin fond de la Serbie, Seror fait revenir les tomates et oignons du déjeuner. Au-delà du repas, cette mère de famille irakienne essaye de donner aux siens l'illusion de la normalité.

La famille Alhayani figure parmi les centaines de migrants qui ont trouvé refuge dans des maisons abandonnées dans le nord de ce pays des Balkans, tout près de la frontière avec la Hongrie et la Roumanie. 

Dans leur quête d'Europe occidentale, beaucoup tentent leur chance par la Roumanie alors que la Hongrie a hérissé sa frontière méridionale de barbelés pour leur barrer la route.

La plupart des habitants de hameaux pauvres comme Majdan sont eux-mêmes partis il y a des décennies, pour la ville ou l'étranger, à la recherche d'une vie meilleure. 

Aujourd'hui, leurs maisons offrent une maigre protection à d'autres voyageurs, venus du Proche-Orient, d'Asie ou encore d'Afrique, dont le nombre a rapidement augmenté ces deux dernières années. 

Les Alhayani, la mère, le père et leurs quatre enfants, dorment à même le sol, dans la crainte que le toit ne s'effondre. 

"Bien sûr, ce n'est pas la maison de nos rêves mais que pouvons-nous faire", dit l'une de leurs filles, qui à 16 ans, est la seule à avoir appris l'anglais durant le périple de la famille.

«Rêves d'avenir»

"On doit rester ici pour réaliser nos rêves à l'avenir". 

La famille a fui l'Irak voici trois ans. Après deux années dans un camp en Grèce, elle a tenté vainement de gagner la Croatie membre de l'Union européenne via la Bosnie. 

Cela fait un mois qu'ils se sont repliés à Majdan, essayant tous les jours de rentrer en Roumanie, sans succès pour l'instant. 

Cela représente un détour – il leur faudra de toute façon rentrer ensuite en Hongrie, porte d'accès à l'espace Schengen. 

Mais la route est considérée comme plus facile à négocier.

C'est aussi "la route du pauvre", explique un groupe de Syriens entassés dans une pièce minuscule, se préparant à un nouveau "game", le nom donné par les migrants à leurs tentatives de passage. 

"Si j'avais 5 000 ou 6 000 euros, je paierais (un passeur) pour aller directement de Serbie en Hongrie", dit à l'AFP un Syrien de 30 ans, qui ne veut pas donner son nom.

Violences

La police roumaine a recensé plus de 45 000 tentatives pour "franchir illégalement la frontière" l'année dernière, quatre fois plus qu'en 2019. Près de 80% des migrants se sont vu refuser l'entrée, selon la même source.

À l'instar des polices hongroise et croate qui sont accusées de brutalités qu'elles démentent, les forces de l'ordre roumaines sont aussi taxées de violences.

"La police roumaine m'a cassé la jambe à deux reprises, et la main une fois", affirme l'un des Syriens qui explique avoir été avocat dans son pays d'origine. "Des gens sont bons, d'autres sont mauvais". 

D'après Ljubimka Mitrovic, de l'agence pour les réfugiés de l'ONU, plus de 25 000 migrants racontent avoir été refoulés de Roumanie en Serbie l'année dernière, soit deux fois plus que l'année précédente. Elle ajoute que 12% de ces personnes ont subi des violences.

La police roumaine n'a pas répondu immédiatement aux sollicitations de l'AFP mais dément généralement tout usage de la violence,  déclarant agir conformément au droit international.

Les habitants de la région, pour la plupart membres de la minorité hongroise de Serbie, voient les réfugiés d'un mauvais oeil. 

Beaucoup sont des paysans plutôt âgés qui s'informent auprès des médias hongrois, connus pour leur ligne anti-migrants.

Comme l'eau

"La vie sera belle quand les migrants partiront, on dirait des rats", lance un habitant qui arbore un tatouage militaire sur l'épaule. 

Les villageois assis devant le seul commerce du hameau huent et insultent les migrants qui viennent se ravitailler. 

Des policiers patrouillent 24 heures sur 24 pour éviter les violences. 

"On a proposé de construire un camp ici mais la communauté locale a dit non", explique à l 'AFP Vladimir Cucic, directeur de l'agence serbe pour les réfugiés. "Ils ne voulaient pas devenir un hub de réfugiés". 

La route des Balkans a été fermé dans le sillage de la crise des migrants de 2015 mais des dizaines de milliers de personnes continuent chaque année de traverser la région.

Vladimir Cucic s'attend à un nouvel afflux "rapidement". 

"C'est comme essayer de retenir l'eau. On ne peut pas arrêter les gens", dit-il à l'AFP.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Short Url
  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.


Israël: l'épouse de Netanyahu s'en prend à un opposant, relayant une théorie du complot

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Short Url
  • Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari
  • M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré

JERUSALEM: Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées.

Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari.

M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré.

Ces propos ont suscité une levée de boucliers dans l'opposition. Le parti de M. Golan a vivement condamné sur son compte X des propos "vils et mensongers".

"La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie", a ajouté le mouvement.

Gadi Eizenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au Premier ministre, a également fustigé sur X "la théorie folle et mensongère du complot de trahison" propagée selon lui par l'entourage de M. Netanyahu pour "attiser la haine et perpétuer" son pouvoir.

Ces accusations font écho à des thèses complotistes récurrentes au sein d'une partie de la classe politique.

Selon un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, 40% des Israéliens et 63% des électeurs de la coalition actuelle estiment qu'une trahison interne a conduit au massacre du 7 octobre 2023.

L'attaque sans précédent du groupe armé palestinien Hamas contre Israël a fait 1.221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP. Le Hamas avait également enlevé 251 personnes, emmenées à Gaza.

L'offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 73.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre 2025.