Irak: le rapatriement abhorré des familles de jihadistes à Mossoul

Vue aérienne du camp d'Al-Jadaa à la périphérie d'al-Qayyarah, au sud de Mossoul, le 11 février 2021 / AFP
Vue aérienne du camp d'Al-Jadaa à la périphérie d'al-Qayyarah, au sud de Mossoul, le 11 février 2021 / AFP
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Publié le Vendredi 28 mai 2021

Irak: le rapatriement abhorré des familles de jihadistes à Mossoul

  • Aux termes d'un accord avec la coalition internationale anti-EI, les autorités de Bagdad ont dû accepter le retour mardi de ces familles (quelque 300 personnes) qui s'étaient enfuies vers le camp d'Al-Hol, dans le nord-est de la Syrie voisine
  • Les familles rapatriées ont été dirigées, sous escorte de l'armée irakienne, vers Qayyara, au sud de la ville de Mossoul, où se trouve le camp d'Al-Jadaa qui accueille déjà, dans deux zones séparées, près de 7 500 déplacés et des familles de jihadistes

MOSSOUL: Le rapatriement dans la nuit noire en Irak de quelque 90 familles liées au groupe jihadiste Etat islamique (EI) a ravivé des cauchemars chez beaucoup d'habitants de la région de Mossoul, martyrisée pendant trois ans par cette organisation responsable de terribles exactions.

Aux termes d'un accord avec la coalition internationale anti-EI, les autorités de Bagdad ont dû accepter le retour mardi de ces familles (quelque 300 personnes) qui s'étaient enfuies vers le camp d'Al-Hol, dans le nord-est de la Syrie voisine, pour échapper aux représailles de la population irakienne.

C'est la première fois que des familles irakiennes liées à l'EI sont rapatriées depuis ce camp -- véritable cité de tentes où sont retenus des proches de jihadistes -- vers leur pays depuis l'annonce par l'Irak de sa "victoire" sur le groupe jihadiste fin 2017, après de féroces combats.

"Nous sommes totalement contre leur retour, c'est impossible de coexister avec eux car ils ont gardé leurs idées extrémistes", lance Omar, un militaire de 28 ans qui dit vouloir venger son père, assassiné par l'EI.

"Comment peut-on accepter qu'ils reviennent alors que de nombreux habitants pleurent au moins un membre de leur famille, disparu après avoir été arrêté par l'EI et dont le corps n'a jamais été retrouvé", ajoute-t-il.

Les familles rapatriées ont été dirigées, sous escorte de l'armée irakienne, vers Qayyara, au sud de la ville de Mossoul, où se trouve le camp d'Al-Jadaa qui accueille déjà, dans deux zones séparées, près de 7 500 déplacés et des familles de jihadistes, selon le ministère des Déplacés.

Le directeur administratif du district de Qayyara, Salah Hassan al-Joubouri, se veut rassurant. Ces familles "ne représentent pas un danger sécuritaire, même si je comprends le rejet populaire car ces nouveaux arrivants viennent d'Al-Hol".

Mais selon lui, la plupart des rapatriés sont des femmes et des enfants et la quasi-totalité d'entre eux sont originaires de la province d'Al-Anbar dans l'ouest du pays, qui fut également un place forte de l'EI.

"Il n'y a que quatre à cinq familles qui sont originaires de Ninive", la province dont Mossoul est la capitale, précise-t-il.

«Bombes à retardement»

Cela ne rassure nullement Omar: "Notre avenir est sombre et dangereux car ces jihadistes vont vivre près de nous. Ce sont des bombes à retardement."

Pour Ali Bayati, membre de la Commission des droits de l'Homme en Irak, un organisme lié au gouvernement, les appréhensions de habitants sont dues au "manque de transparence" des autorités.

"Personne ne sait si ces gens ont été interrogés et s'ils ont fait l'objet d'enquêtes", dit-il.

Selon lui, "il aurait fallu, avant de les accepter, s'assurer qu'aucun d'eux ne fait l'objet d'une inculpation ou n'a commis de crimes".

La ministre de l'Immigration, Ivane Faëq, estime toutefois qu'il "est du devoir de l'Etat de recevoir les Irakiens rapatriés et les installer dans les camps existants, avant de les intégrer dans leurs régions d'origine".

Militant des droits de l'Homme et originaire de Mossoul, Omar al-Husseini, en doute: "le gouvernement doit faire preuve de prudence car ces familles ont passé cinq ans dans le camp d'Al-Hol", sous influence de jihadistes.

"L'Etat est-il capable de les intégrer et surtout de protéger la société? Je me le demande."

Trois ans après la proclamation de la "victoire" de l'Irak sur l'EI, quelque 1,3 million d'Irakiens sont toujours déplacés dans leur pays, dont 20% vivent dans des camps, selon l'ONU. 

Les autorités irakiennes ont considérablement accéléré depuis octobre la fermeture de ces camps, mais nombre de déplacés n'ont pas pu retourner chez eux, selon l'Organisation internationale pour les migrations, étant souvent accusés d'avoir été liés à l'EI.


Liban: frappes israéliennes sur plusieurs localités du sud malgré la trêve

L'aviation israélienne vise jeudi plusieurs localités du sud du Liban, selon un média d'Etat et des correspondants de l'AFP, au lendemain d'une frappe sur la banlieue sud qui a tué un responsable militaire du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
L'aviation israélienne vise jeudi plusieurs localités du sud du Liban, selon un média d'Etat et des correspondants de l'AFP, au lendemain d'une frappe sur la banlieue sud qui a tué un responsable militaire du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
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  • La ville de Nabatiyé a été particulièrement touchée, avec des frappes sur le centre commercial et des immeubles résidentiels, selon un correspondant de l'AFP
  • Les frappes israéliennes, qui se poursuivent malgré une trêve entrée en vigueur le 17 avril, ont également visé plusieurs autres régions du sud, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle)

NABATIYE: L'aviation israélienne vise jeudi plusieurs localités du sud du Liban, selon un média d'Etat et des correspondants de l'AFP, au lendemain d'une frappe sur la banlieue sud qui a tué un responsable militaire du Hezbollah pro-iranien.

La ville de Nabatiyé a été particulièrement touchée, avec des frappes sur le centre commercial et des immeubles résidentiels, selon un correspondant de l'AFP.

Les frappes israéliennes, qui se poursuivent malgré une trêve entrée en vigueur le 17 avril, ont également visé plusieurs autres régions du sud, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

L'armée israélienne a ordonné jeudi aux habitants de trois villages du sud, situés loin de la frontière, d'évacuer.

Sur la route menant du village de Toul à Nabatiyé, une ambulance de Comité islamique de la santé, affilié au Hezbollah, a été visée, et deux secouristes blessés, a indiqué à l'AFP le porte-parole de l'organisation, Mahmoud Karaki.

Mercredi, 11 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le sud et l'est du Liban, selon le ministère de la Santé.

D'autre part, quatre soldats israéliens ont été blessés dans le sud, dont un grièvement, mercredi, par un drone explosif, selon un communiqué militaire israélien publié jeudi.

Le Hezbollah revendique des attaques contre les forces israéliennes qui occupent des zones du sud du pays, malgré la trêve.

Mercredi soir, une frappe avait visé pour la première fois depuis près d'un mois la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah.

Le porte-parole de l'armée israélienne en arabe a affirmé jeudi que le chef de l'unité d'élite du Hezbollah, la force al-Radwan, "Ahmad Ghaleb Ballout", avait été tué dans cette frappe.

Une source proche du Hezbollah avait indiqué à l'AFP que Ballout, chef des opérations de la force al-Radwan selon elle, avait été tué. La formation pro-iranienne n'a pas confirmé.

Jeudi matin, les secouristes continuaient de rechercher des victimes dans les décombres de l'immeuble visé dans la banlieue sud, selon un photographe de l'AFP.

Les étages supérieurs de l'immeuble ont été soufflés.

Les frappes israéliennes au Liban ont fait plus de 2.700 morts, plus de 8.200 blessés et un million de déplacés depuis début mars.


Les Emirats arabes unis activent leur défense aérienne contre des missiles et drones venus d'Iran

La défense aérienne des Emirats arabes unis est en action vendredi matin face à des drones et missiles tirés depuis l'Iran, a annoncé son ministère de la Défense, alors qu'une trêve est officiellement en vigueur depuis le 8 avril entre Etats-Unis et Iran. (AP)
La défense aérienne des Emirats arabes unis est en action vendredi matin face à des drones et missiles tirés depuis l'Iran, a annoncé son ministère de la Défense, alors qu'une trêve est officiellement en vigueur depuis le 8 avril entre Etats-Unis et Iran. (AP)
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  • "Les défenses aériennes des Emirats arabes unis sont en train d'engager le combat contre des attaques de missiles et de drones en provenance d'Iran", a écrit le ministère émirati dans un communiqué sur X
  • "Le ministère de la Défense confirme que les bruits entendus dans diverses parties du pays sont dus à l'interception par les systèmes de défense aérienne des Emirats arabes unis de missiles balistiques, de missiles de croisière et de drones"

DUBAI: La défense aérienne des Emirats arabes unis est en action vendredi matin face à des drones et missiles tirés depuis l'Iran, a annoncé son ministère de la Défense, alors qu'une trêve est officiellement en vigueur depuis le 8 avril entre Etats-Unis et Iran.

"Les défenses aériennes des Emirats arabes unis sont en train d'engager le combat contre des attaques de missiles et de drones en provenance d'Iran", a écrit le ministère émirati dans un communiqué sur X.

"Le ministère de la Défense confirme que les bruits entendus dans diverses parties du pays sont dus à l'interception par les systèmes de défense aérienne des Emirats arabes unis de missiles balistiques, de missiles de croisière et de drones", a ajouté la même source.

 

 


Liban: Israël vise un commandant de haut rang du Hezbollah dans la banlieue de Beyrouth

Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
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  • Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense
  • Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle)

BEYROUTH: Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne.

Par ailleurs, au moins 11 personnes ont été tuées mercredi dans des frappes sur le sud et l'est du Liban, selon le ministère de la Santé, alors que Israël poursuit ses opérations malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril.

Une frappe à Saksakiyeh, entre Saïda et Tyr, a notamment fait quatre morts et 33 blessés, dont six enfants, selon le ministère.

D'autre part, quatre soldats israéliens en opération dans le sud du Liban ont été blessés, dont un grièvement, mercredi, par un drone explosif, selon un communiqué militaire israélien publié jeudi.

A Beyrouth, "Malek Ballout, commandant des opérations de la force al-Radwan", l'unité d'élite du groupe, a été tué, a déclaré à l'AFP la source proche du Hezbollah.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense.

Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

De la fumée s'est élevée du quartier visé, ont constaté des journalistes de l'AFP qui ont vu des habitants quitter les lieux avec leurs effets personnels.

De nombreux Libanais ont déjà fui cette banlieue au début des hostilités le 2 mars, quand le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en visant Israël, en représailles à l'offensive israélo-américaine sur l'Iran.

D'après une source de sécurité libanaise s'exprimant sous couvert d'anonymat, la frappe a ciblé un appartement où se tenait une réunion de responsables de la force al-Radwan.

Depuis le 8 avril, date à laquelle l'aviation israélienne avait mené des frappes massives sur le Liban, faisant plus de 350 morts, Beyrouth et sa banlieue n'avaient plus été visées.

"Chaque occasion" 

Le Hezbollah a pour sa part annoncé avoir ciblé des forces et véhicules israéliens dans plusieurs localités frontalières du sud du Liban, affirmant riposter à "la violation du cessez-le-feu par l'ennemi israélien".

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, rendu public par le département d'Etat américain, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours" du Hezbollah.

"Nous saisirons chaque occasion pour approfondir le démantèlement du Hezbollah et continuer à l'affaiblir", a averti le chef de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, venu rendre visite aux soldats israéliens déployés dans le sud.

Les frappes israéliennes au Liban ont fait près de 2.700 morts, plus de 8.200 blessés et un million de déplacés depuis début mars.

Sur cette période, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) "a vérifié 152 attaques contre des structures de santé, qui ont fait 103 morts et 241 blessés", selon son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"Ces attaques ont entraîné la fermeture de trois hôpitaux et de 41 centres de soins (...) et endommagé 16 autres hôpitaux", a-t-il précisé sur X.