Washington annonce des mesures punitives contre le Bélarus, Poutine défend l'ami Loukachenko

Le camarade président russe Vladimir Poutine a longuement reçu son homologue Alexandre Loukachenko à Sotchi, pour lui apporter son soutien inconditionnel au moment même où celui-ci est sous le feu des critiques occidentales. « Je suis très content de vous voir », a déclaré M. Poutine, tout sourire, en accueillant Loukachenko dans sa résidence d'été, lui proposant de faire après la rencontre une baignade en mer Noire. (Photo, AFP)
Le camarade président russe Vladimir Poutine a longuement reçu son homologue Alexandre Loukachenko à Sotchi, pour lui apporter son soutien inconditionnel au moment même où celui-ci est sous le feu des critiques occidentales. « Je suis très content de vous voir », a déclaré M. Poutine, tout sourire, en accueillant Loukachenko dans sa résidence d'été, lui proposant de faire après la rencontre une baignade en mer Noire. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 29 mai 2021

Washington annonce des mesures punitives contre le Bélarus, Poutine défend l'ami Loukachenko

  • Poutine reçoit Loukachenko et vante « l’union des deux pays ». Il rappelle l'atterrissage forcé à Vienne en 2013 de l'avion du président bolivien Evo Morales
  • Le président bélarusse s’en prend à « ces amis occidentaux », qui veulent « déstabiliser la situation » comme en août 2020, quand des manifestations sans précédent avaient secoué le pays

MOSCOU: Les Etats-Unis ont confirmé vendredi une série de sanctions contre le Bélarus, après le détournement d'un vol Ryanair dimanche et l'arrestation d'un opposant politique à Minsk, alors que le président russe Vladimir Poutine a longuement reçu son homologue Alexandre Loukachenko à Sotchi au moment même où celui-ci est sous le feu des critiques occidentales.

En plus de mesures déjà annoncées au cours des dernières semaines, Washington a dit dans un communiqué élaborer avec l'Union européenne « une liste de sanctions ciblées à l'encontre de membres-clés du régime de Loukachenko ».

« Le détournement forcé par le Bélarus, sous de faux prétextes, d'un vol commercial de Ryanair qui circulait entre deux états membres de l'Union européenne » et l'arrestation du journaliste Roman Protassevitch « constituent un affront direct aux normes internationales », a affirmé la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki.

Des sanctions économiques contre neuf entreprises publiques du Bélarus, réimposées en avril à la suite de la répression des manifestations pro-démocratie, seront effectives le 3 juin.

Dans la foulée d'élections contestées en 2006, Washington avait interdit toute transaction avec ces sociétés. Le Trésor américain avait ensuite suspendu ces sanctions en 2015 en saluant certains progrès, mais le gouvernement américain avait averti fin mars que cette suspension pouvait ne pas être renouvelée lors de la prochaine échéance.

Washington déconseille également à nouveau à ses citoyens de se rendre au Bélarus: le pays est classé au niveau 4, « ne pas s'y rendre ».

Rencontre Poutine- Loukachenko à Sotchi

Le président russe Vladimir Poutine a longuement reçu vendredi son homologue Alexandre Loukachenko à Sotchi, une station balnéaire russe des rives de la mer Noire, une rencontre scrutée de près pour jauger le soutien du Kremlin à M. Loukachenko.

« Je suis très content de vous voir », a déclaré M. Poutine, tout sourire, en l'accueillant dans sa résidence d'été, lui proposant de faire après la rencontre une baignade en mer.

Il a acquiescé lorsque M. Loukachenko a décrit la crise comme un « accès d'émotion », et a rappelé devant les journalistes que l'atterrissage forcé à Vienne en 2013 de l'avion du président bolivien Evo Morales, soupçonné d'être reparti de Moscou avec à son bord le lanceur d'alerte américain Edward Snowden, avait soulevé peu de protestations.

« Le président avait été sorti de l'avion, et rien, le silence », a dit M. Poutine.

« Ce qu'ils veulent de nous est bien clair, ces amis occidentaux », a dit de son côté M. Loukachenko, estimant qu'il s'agissait de « déstabiliser la situation pour que ce soit comme en août » 2020, quand un mouvement de contestation sans précédent avait secoué le Bélarus.

Mallette de documents

M. Loukachenko était arrivé avec une mallette à la main, affirmant vouloir montrer à M. Poutine « des documents » relatifs à l'incident du vol Ryanair et le remerciant pour son soutien.

Les entretiens à Sotchi ont duré plus de 5 heures, mais rien n'a été annoncé.

Les deux hommes avaient vanté au début de la rencontre le rapprochement entre les deux pays.

« Nous sommes en train de construire une Union » entre les deux pays, a souligné le président russe, « ce travail apporte déjà des résultats concrets pour nos citoyens ».

Pour l'UE, qui a demandé dans la foulée aux compagnies aériennes de contourner le Bélarus, l'alerte terroriste invoquée pour justifier le détournement par les autorités de Minsk n'était qu'une mise en scène.

La Russie a assuré cette semaine ne voir « aucune raison » de ne pas croire les explications bélarusses.

Les 27 membres de l'UE ont été de leur côté accusés vendredi de comportement « irresponsable » par la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.

La décision de l'UE a été suivie de l'annulation de plusieurs vols d'Air France et d'un trajet d'Austrian Airlines vers Moscou, la Russie n'ayant pas validé les nouveaux plans de vol évitant l'espace aérien bélarusse.

Le Kremlin a assuré vendredi que le motif était purement « technique ».

L'autorité aérienne russe Rossaviatsia a expliqué le retard dans la validation des plans de vol par « l'augmentation du nombre des demandes ». Austrian Airlines a d'ailleurs dit disposer désormais de la documentation nécessaire.

M. Loukachenko estime que l'Europe veut « étrangler » son pays, dont de nombreux hauts responsables sont déjà visés par des sanctions en raison de la répression des opposants depuis le mouvement contestation de l'année dernière.

La cheffe de file de l'opposition bélarusse en exil, Svetlana Tikhanovskaïa, a de son côté appelé vendredi l'UE à se montrer « plus courageuse et plus forte » et à imposer des sanctions supplémentaires au Bélarus.

Pour sa part, Bruxelles a présenté un projet de soutien de 3 milliards d'euros à un « futur Bélarus démocratique » dont l'avènement, selon la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, « n'est qu'une question de temps ».

Mise en scène?

Selon Minsk, l'avion a été dérouté à cause d'une alerte à la bombe et l'arrestation de Roman Protassevitch et de sa compagne, Sofia Sapega, relèvent du hasard.

Les soupçons d'une mise en scène ont cependant été renforcés par deux éléments.

La société Proton Technologies, qui héberge l'adresse email d'où la menace a été envoyée, a révélé que « le message en question a été envoyé après que l'avion a été détourné ».

Le site dossier.center a publié la photo d'un courriel daté de 09H57 GMT, alors que le pilote de l'avion a officiellement été informé de la menace à 09h30 GMT.

Le Comité d'enquête bélarusse a assuré que c'étaient en fait plusieurs messages d'alerte qui avaient été reçus dimanche, dont un à 09H25 GMT.


L'Iran annonce avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz malgré la prolongation de la trêve

Cette photo fournie par la Marine américaine et publiée le 21 avril 2026 par le service des relations publiques du Commandement central américain montre des forces américaines en patrouille dans la mer d'Oman, près du Touska, un cargo battant pavillon iranien, le 20 avril 2026. (AFP)
Cette photo fournie par la Marine américaine et publiée le 21 avril 2026 par le service des relations publiques du Commandement central américain montre des forces américaines en patrouille dans la mer d'Oman, près du Touska, un cargo battant pavillon iranien, le 20 avril 2026. (AFP)
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  • Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le stratégique détroit, soumis à un double blocus américain et iranien
  • "Les deux navires en infraction ont été saisis par les forces navales des Gardiens de la Révolution et dirigés vers la côte iranienne", ont-ils indiqué dans un communiqué

TEHERAN: L'Iran a annoncé mercredi avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz, au coeur du bras de fer avec Washington, quelques heures après la prolongation de la trêve décidée unilatéralement par Donald Trump.

Le pouvoir iranien ne s'est toujours pas exprimé sur cette prolongation. Mais Téhéran en "étudie différents aspects", selon la télévision d'Etat iranienne.

Côté américain, le président a jugé "possible" une reprise des discussions entre les belligérants dans les prochains jours. "C'est possible! Président DJT", a-t-il écrit en réponse à un texto d'une journaliste du New York Post, qui l'interrogeait sur la probabilité que des discussions se tiennent dans les prochaines "36 à 72 heures", soit d'ici vendredi.

En attendant, la tension reste forte dans le détroit d'Ormuz, passage crucial pour le transport mondial d'hydrocarbures et enjeu majeur du conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le stratégique détroit, soumis à un double blocus américain et iranien.

"Les deux navires en infraction ont été saisis par les forces navales des Gardiens de la Révolution et dirigés vers la côte iranienne", ont-ils indiqué dans un communiqué.

Selon Téhéran, les navires doivent obtenir une autorisation pour quitter ou entrer dans le Golfe via le détroit d'Ormuz.

Un troisième bateau a essuyé des tirs alors qu'il se trouvait à 8 milles nautiques à l'ouest de l'Iran, selon l'agence de sécurité maritime britannique UKTMO, mais il a pu quitter le détroit en direction du port saoudien de Jeddah, selon le site Marinetraffic.

Ces incidents illustrent la précarité de la trêve entrée en vigueur le 8 avril, d'autant que les discussions entre Washington et Téhéran n'ont toujours pas repris.

Islamabad en attente 

Les pourparlers, qui étaient censés se tenir en début de semaine après une première session le 11 avril, visent à trouver une fin durable à une guerre régionale qui a fait des milliers de morts -essentiellement en Iran et au Liban- et ébranlé l'économie mondiale.

Donald Trump a prolongé sine die le cessez-le-feu avec l'Iran mardi soir, à quelques heures de l'expiration annoncée, afin, a-t-il dit, de laisser davantage de temps aux Iraniens pour joindre les négociations de paix sous l'égide des médiateurs pakistanais.

Il a parlé d'une extension jusqu'à ce que "l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

En attendant, aucune délégation ne s'est encore envolée pour Islamabad, bouclée et sous haute surveillance depuis le début de la semaine, provoquant la lassitude d'habitants privés d'écoles et limités dans leur déplacements.

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a dit espérer que les deux parties parviendraient "à conclure un +accord de paix+ lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad". Il a reçu mercredi matin l'ambassadeur iranien à Islamabad.

Trois morts au Liban 

Sur l'autre front principal de la guerre, trois personnes ont été tuées mercredi dans des frappes israéliennes au Liban malgré la trêve, qui expire dimanche, et dont Beyrouth va demander l'extension lors de pourparlers prévus jeudi entre les deux pays à Washington.

"Le Liban demandera l'extension pour un mois de la trêve, le strict respect du cessez-le-feu et l'arrêt par Israël des opérations de dynamitage et de destruction dans les zones où il est présent", a indiqué une source libanaise officielle à l'AFP.

Israël a affirmé avant ces discussions ne pas avoir de "désaccords sérieux" avec le Liban, l'appelant à "travailler ensemble" contre le Hezbollah pro-iranien.

Selon le dernier bilan officiel, au moins 2.454 personnes ont été tuées au Liban en six semaines de guerre.

Par ailleurs, le président français Emmanuel Macron a annoncé mercredi la mort d'un 2e militaire français de la force de paix de l'ONU au Liban, Finul, blessé dans une embuscade samedi au cours de laquelle un premier Casque Bleu français avait été tué. Paris a attribué l'attaque au Hezbollah, ce que le groupe islamiste chiite a nié.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.