Surpeuplées, les prisons thaïlandaises submergées par la Covid-19

Selon la Fédération internationale des droits de l'homme, la population carcérale s'élève à environ 311 000 personnes en Thaïlande, plus de deux fois et demi la capacité officielle du système. (Photo, AFP)
Selon la Fédération internationale des droits de l'homme, la population carcérale s'élève à environ 311 000 personnes en Thaïlande, plus de deux fois et demi la capacité officielle du système. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 29 mai 2021

Surpeuplées, les prisons thaïlandaises submergées par la Covid-19

  • En quelques semaines, plus de 22 000 prisonniers ont été testés positifs
  • Les autorités accordent des libérations anticipées aux prisonniers souffrant de problèmes de santé

BANGKOK: De très nombreux cas de Covid-19 touchent actuellement les prisons thaïlandaises, jetant une lumière crue sur la surpopulation carcérale dans le royaume, où certains détenus doivent dormir collés les uns aux autres.

En quelques semaines, plus de 22 000 prisonniers ont été testés positifs et consigne a été passée de garder son masque à tout moment, même la nuit.

Selon la Fédération internationale des droits de l'homme, la population carcérale s'élève à environ 311 000 personnes en Thaïlande, plus de deux fois et demi la capacité officielle du système.

Pour tenter de freiner la propagation du virus, les autorités accordent des libérations anticipées aux prisonniers souffrant de problèmes de santé et ont annoncé davantage de tests.

Mais ces mesures arrivent tard, ceux qui sont derrière les barreaux affirmant n'avoir pas été informés à temps.

"Les prisonniers n'ont pas les connaissances nécessaires pour se protéger", a déclaré Somyot Prueksakasemsuk, un militant poursuivi pour crime de lèse-majesté. 

Libéré sous caution le mois dernier, Somyot n'a pas été testé une seule fois pour la Covid-19 au cours de ses 10 semaines de détention.

En prison, il ne se savait pas particulièrement en danger.

"Mais après cela, j'ai tellement peur" pour tout le monde encore à l'intérieur, "si vous êtes à l'intérieur de la prison, vous êtes en danger, c'est inévitable", dit-il.

De dix cas il y a un mois, l'épidémie dans les prisons thaïlandaises est montée en flèche et a été portée à l'attention du public par une autre militante à sa sortie de prison.

La dirigeante étudiante Rung, une des principales animatrices des rassemblements de l'an dernier qui réclamaient des réformes politiques dans le royaume, a annoncé avoir été testée positive après sa libération sous caution début mai.

«Moins de place que dans un cercueil»

Les prisons thaïlandaises sont surpeuplées en raison d'une loi très sévère contre le trafic de drogue.

Près de quatre détenus sur cinq sont emprisonnés pour ce motif, et on peut se retrouver condamné à une peine de dix ans de prison pour quelques comprimés de méthamphétamines.

Dans de nombreuses cellules, les prisonniers sont obligés de vivre entassés, dormant les uns sur les autres.

"C'est moins de place pour un corps que dans un cercueil", a reconnu le ministre de la Justice Somsak Thepsutin dans une déclaration aux médias locaux en février.

Ces dernières semaines, les tests ont concerné 36.000 prisonniers, et une campagne de vaccination est en cours pour les détenus et le personnel pénitentiaire. 

Selon le ministre, une grâce royale serait à l'étude pour les prisonniers les plus fragiles.

Après une quarantaine, ils seraient autorisés à rentrer chez eux.

"Pour que nous puissions libérer quelqu'un ou faire quoi que ce soit, cela doit être fait correctement", a déclaré Somsak aux journalistes cette semaine.

"Nous ne pouvons pas leur permettre de propager des infections".

Pour les ONG de défense des droits de l'homme, il faut aller plus loin et libérer aussi les délinquants non-violents.

"Les autorités devraient réduire la population... en libérant ceux qui sont détenus pour des motifs politiques ou pour des délits mineurs", a déclaré Brad Adams de Human Rights Watch.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.


Les Etats-Unis réinstaurent leurs sanctions sur le pétrole iranien, dénoncent les actes de Téhéran dans le détroit d'Ormuz

Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
  • Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même
  • Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit.

"Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis", a commenté un responsable gouvernemental américain auprès de l'AFP, sous le couvert de l'anonymat.

Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même.

Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.

La guerre a été déclenchée fin février par des bombardements israélo-américains sur l'Iran. La République islamique avait riposté en frappant Israël et des intérêts américains dans les pays du Golfe, mais aussi en bloquant la navigation dans le très stratégique détroit d'Ormuz, ce qui a fait flamber les prix du pétrole, depuis retombés.

Le protocole d'accord prévoyait la reprise du trafic maritime dans le détroit, où plusieurs navires ont récemment subi des attaques.

Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé à Téhéran la responsabilité de deux d'entre elles.

Le document publié mardi par les autorités américaines permet aux transactions conclues après le 21 juin d'être finalisées. La date limite est le 17 juillet.