Des milliers de manifestants pour défendre les langues régionales

Des manifestants brandissent une banderole pour l'unification du département Bretagne et Loire-Atlantique alors qu'ils protestent en faveur de l'apprentissage de la langue bretonne après que le tribunal français a rejeté les programmes d'immersion linguistique régionale dans les écoles publiques, à Guingamp le 29 mai 2021.(AFP)
Des manifestants brandissent une banderole pour l'unification du département Bretagne et Loire-Atlantique alors qu'ils protestent en faveur de l'apprentissage de la langue bretonne après que le tribunal français a rejeté les programmes d'immersion linguistique régionale dans les écoles publiques, à Guingamp le 29 mai 2021.(AFP)
Short Url
Publié le Samedi 29 mai 2021

Des milliers de manifestants pour défendre les langues régionales

  • «Les gens sont là parce qu'ils ont peur que les écoles associatives soient fermées. La décision du Conseil constitutionnel pourrait leur enlever tous leurs financements»
  • A Perpignan, un millier de Catalans ont aussi défilé au son des tambours, en brandissant des drapeaux «sang et or»

BAYONNE : Basques, Bretons, Catalans, Corses ou Alsaciens: des milliers de personnes ont manifesté samedi dans différentes villes de France pour défendre "l'enseignement immersif" en langues régionales, censuré par le Conseil constitutionnel.

"Les gens sont là parce qu'ils ont peur que les écoles associatives soient fermées. La décision du Conseil constitutionnel pourrait leur enlever tous leurs financements" et "remet en cause une méthode pédagogique utilisée depuis plus de 50 ans", a déclaré à l'AFP le député du Morbihan Paul Molac (Libertés et Territoires), présent parmi les 6 000 manifestants bretons à Guingamp (selon la préfecture, 10 000 selon les organisateurs). 

Il est l'auteur de la loi sur les langues régionales, votée le 8 avril à l'Assemblée et retoquée partiellement le 21 mai par le Conseil constitutionnel, qui a censuré la méthode immersive à l'école, c'est-à-dire un enseignement effectué en grande partie dans une langue autre que le français, ainsi que l'utilisation de signes diacritiques comme le tilde (~) dans les actes de l'état civil.

A Bayonne, 10 000 personnes selon les organisateurs, 6 000 selon la police, ont manifesté dans les rues de la ville, dans une ambiance calme et familiale, mais avec une farouche détermination. "On a besoin de solutions pour ne pas qu'un enfant sur cinq en maternelle se retrouve anticonstitutionnel à la rentrée", a réclamé Peio Jorajuria, président de la Fédération des écoles associatives immersives, dites ikastola, où 5 000 enfants sont scolarisés.

En rangs serrés, les enfants ont défilé derrière les panneaux de leurs écoles respectives. Le basque, "c'est la première langue que j'ai apprise, j'aime la parler et je veux continuer à la parler à l'école et en dehors", a expliqué Naroa, 8 ans.

"Du jour au lendemain on nous dit que cet enseignement est tout simplement illégal. Je suis très inquiet pour ma langue. Dire qu'on est contre le français est un faux argument", craint Arkaitz, venu avec sa fille Otxanda, 8 ans.

Modifier la Constitution 

A Perpignan, un millier de Catalans ont aussi défilé au son des tambours, en brandissant des drapeaux "sang et or".

"On dirait qu'ils ne savent pas ce que c'est qu'une école immersive. Ils croient que l'on n'apprend pas le français", a déploré Elena Gual, directrice de l'école Arrels, école publique en immersion à Perpignan. 

"Pourtant l'inspection d'académie vient contrôler régulièrement et sait bien qu'on fait le travail comme il faut. On voudrait continuer à enseigner et faire ce que l'on fait depuis 40 ans", a-t-elle ajouté.

Selon Yann Uguen, président des écoles associatives d'enseignement immersif en breton Diwan, "il faut modifier la Constitution" pour sortir de "l'impasse".

"C'est une régression, car c'est le principe même de l'enseignement immersif d'une langue régionale qui a été déclaré inconstitutionnel", a également critiqué Claude Froehlicher, président de l'association de parents d'élèves Eltern Alsace, à Colmar, où environ 200 personnes se sont réunies samedi sous les drapeaux rouge et blanc alsaciens.

Pas du folklore 

Les deux petites filles de 7 et 5 ans de Cécile Walschaerts, Belge mariée à un Alsacien, ont fait leurs années de maternelle en immersion alsacien/allemand.

"La seule façon de faire en sorte que mes enfants puissent devenir des vrais locuteurs de l'alsacien et transmettent plus tard à leurs enfants une langue qui est dans leur famille depuis des siècles, c'est l'enseignement en immersion", a-t-elle expliqué. 

Apprendre l'alsacien, c'est entrer dans "un univers de comptines, de légendes, de jeux dans cette langue", a-t-elle mis en avant, refusant que cet apprentissage soit réduit à "un folklore".

A Bastia, des chants polyphoniques corses ont clôturé à la mi-journée la manifestation d'un peu moins de 200 personnes, dont le leader du mouvement indépendantiste "Corsica Libera" et président de l'Assemblée de Corse,  Jean-Guy Talamoni, devant l'inspection académique pour la défense de langue corse. Deux banderoles ont été déployées avec le message "Pour que vivent nos langues". 

"C'est une mobilisation fondamentale. Le Conseil constitutionnel a nié un fait démocratique. Ce qui se passe est gravissime. Il remet en cause tous les dispositifs d'enseignement de la langue corse", a lancé au micro Ghjiseppu Turchini, professeur de langue corse.

A Lille, une quarantaine de personnes ont réclamé au rectorat l'enseignement en primaire du picard et le recrutement d'enseignants de flamand.


Ormuz: la France va prendre «une initiative» à l'ONU sur sa proposition de mission «neutre», dit Macron

La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
Short Url
  • La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique"
  • "On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran"

NAIROBI: La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale.

"On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran", a dit le président français depuis Nairobi, à la fin d'un sommet franco-africain. Il a déploré "une escalade dans les déclarations" côtés américain et iranien.

 


Après un premier cas positif à l'hantavirus, les règles d'isolement durcies en France

La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
Short Url
  • La France a renforcé les mesures d’isolement après qu’une passagère rapatriée d’une croisière a été testée positive à l’hantavirus Ande
  • Tous les cas contacts identifiés seront désormais placés en quarantaine hospitalière renforcée pendant 42 jours, tandis que l’OMS estime que le risque épidémique reste faible

PARIS: Les règles d'isolement ont été durcies en France avec l'annonce d'une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier" pour tous les cas contacts, après le test positif à l'hantavirus d'une passagère d'un bateau de croisière, hospitalisée "dans un état stable" à Paris selon le gouvernement.

Sur les cinq passagers français rapatriés dimanche et placés à l'isolement à l'hôpital Bichat, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé" dans la nuit de dimanche à lundi et les "tests sont revenus positifs", a annoncé la ministre de la Santé Stéphanie Rist lundi matin sur France Inter.

Le Premier ministre a précisé lundi soir sur le réseau social X qu'elle se trouvait "toujours en réanimation dans un état stable". Son état de santé est "très critique", a indiqué de son côté le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse lundi.

Les quatre autres passagers sont "toujours testés négatifs" et font l'objet "d'un processus d'isolement renforcé en milieu hospitalier", a ajouté Sébastien Lecornu.

Par ailleurs, aucun des huit "cas contacts à haut risque", des Français qui ont partagé le vol d’une personne malade il y a 15 jours, "ne présente de symptômes", selon le chef du gouvernement.

Toutefois, il annonce "pour tous les cas contacts, sans exception", une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier", dans son message posté à l'issue d'une réunion interministérielle à Matignon.

- 22 cas contacts -

La ministre de la Santé faisait état lundi matin d'un total de 22 cas contacts identifiés: les huit passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg et 14 autres à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam du même jour. Une croisiériste néerlandaise, infectée et depuis décédée, avait voyagé à bord du premier vol et était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé.

Cette annonce du Premier ministre durcit pour ces cas contacts les règles fixées dans un décret publié dans la nuit de dimanche à lundi au Journal officiel: il leur était jusqu'ici d'abord demandé de se signaler "sans délai" et d'observer une "mesure de quarantaine à domicile dans l'attente d'une évaluation de leur risque d'infection".

Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et deux autres probables ont été signalés, selon un comptage de l'AFP à partir de données officielles.

La variante du virus détectée à bord du MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu et son taux de létalité peut dépasser les 40% selon les spécialistes.

- "Agir tout au début" -

L'OMS se veut rassurante devant le "faible" niveau de risque épidémique, le virus étant moins contagieux que le Covid-19.

"Ce qui est important, c'est d'agir tout au début", a insisté la ministre de la Santé, "c'est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus".

Deux réunions interministérielles sur l'hantavirus auront d'ailleurs lieu chaque jour à Matignon, a indiqué le Premier ministre qui a aussi reçu lundi soir des spécialistes de l'épidémiologie.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFMTV, appelant à "ne pas créer de panique".

La ministre de la Santé a une nouvelle fois assuré que la France disposait des stocks nécessaires de masques et de tests.

"J'ai évidemment demandé un état des lieux qui permet de confirmer que nous en avons assez" mais "l'organisation depuis le Covid a permis de faire en sorte que nous avons assez de stocks de masques, de stocks de tests", a-t-elle dit.

Selon l'OMS, tous les occupants du MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des "contacts à haut risque" et devront faire l'objet d'une surveillance pendant 42 jours.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Short Url
  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.