Pétrole: l'Opep+ prête à ouvrir encore plus les vannes

Si elle est attentive à la demande d'or noir, l'Opep surveille aussi de près l'offre de ses concurrents, comme les Etats-Unis, premier producteur mondial, et de ses propres membres, un sujet de discorde récurrent lors des sommets ministériels. (Photo, AFP)
Si elle est attentive à la demande d'or noir, l'Opep surveille aussi de près l'offre de ses concurrents, comme les Etats-Unis, premier producteur mondial, et de ses propres membres, un sujet de discorde récurrent lors des sommets ministériels. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 30 mai 2021

Pétrole: l'Opep+ prête à ouvrir encore plus les vannes

  • Les vingt-trois ont commencé à rouvrir plus largement début mai les robinets d'or noir, face à l'accalmie de la crise sanitaire
  • L'Opep fait également preuve d'optimisme quant à la reprise de la demande, tablant sur un rebond de 6 millions de barils par jour cette année par rapport à 2020

LONDRES: L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) réunit mardi ses membres et leurs dix alliés, avec à la clé une probable nouvelle hausse de sa production de pétrole à la faveur d'une demande qui repart.

Les vingt-trois, qui laissent volontairement sous terre des millions de barils pour ne pas inonder un marché fragilisé par la pandémie de Covid-19, ont commencé à rouvrir plus largement début mai les robinets d'or noir, face à l'accalmie de la crise sanitaire.

Une stratégie progressive, par palier mensuel, qui a jusqu'à présent été définie jusqu'en juillet.

A l'ordre du jour mardi: l'évaluation de cette politique et son éventuel prolongement à compter du mois d'août.

L'Opep+, acronyme donné à cette alliance de producteurs scellée fin 2016, "s'en tiendra au calendrier prudent convenu en avril", estime Helima Croft, analyste de RBC, un avis largement partagé par ses pairs.

La Russie, chef de file des alliés, "cherchera probablement à accélérer le rythme" comme elle l'a fait depuis le début de l'année, poursuit-elle.

Mais elle se heurtera sans doute à l'Arabie saoudite, adepte de la prudence.

Vaccins, voyages et prix pré-Covid 

Le marché a en effet été secoué au mois de mai par une vague très violente en Inde, pays capital puisqu'il occupe la troisième marche du podium des consommateurs de brut, derrière les Etats-Unis et la Chine.

Malgré le retour des restrictions de déplacement dans plusieurs pays asiatiques, frein à la consommation de pétrole, "la demande devrait continuer à augmenter avec l'intensification des voyages d'été en Europe et aux États-Unis", assure Melinda Earsdon, chez Oanda, "grâce au déploiement rapide des vaccins" dans ces régions du monde.

L'Opep fait également preuve d'optimisme quant à la reprise de la demande: le cartel a maintenu au début du mois ses prévisions et table sur un rebond de 6 millions de barils par jour cette année par rapport à 2020, à 96,5 millions consommés quotidiennement sur la planète.

Ceci combiné à un assèchement volontaire de l'offre par le cartel et ses alliés aboutit à une "balance mondiale du brut nettement déficitaire", selon les calculs des analystes de JBC, "d'environ 3 millions de barils par jour en juillet-août".

Cela s'en ressent sur les prix, revenus ces jours-ci aux niveaux pré-Covid: le baril européen de Brent a terminé proche des 70 dollars vendredi quand son homologue d'outre-Atlantique, le WTI, cotait autour de 66 dollars.

L'inconnue iranienne

Si elle est attentive à la demande d'or noir, l'Opep surveille aussi de près l'offre de ses concurrents, comme les Etats-Unis, premier producteur mondial, et de ses propres membres, un sujet de discorde récurrent lors des sommets ministériels.

Après le retour progressif mais bien réel d'un million de barils libyens par jour fin 2020, le groupe se prépare à absorber dans un avenir plus ou moins proche un autre gros morceau: le retour sur le marché de la production iranienne, "un point de discussion clé", précise Mme Croft.

La République islamique est en effet engagée dans des négociations indirectes avec les Etats-Unis à Vienne, par l'entremise des Européens, afin de ressusciter un accord encadrant son programme nucléaire.

Si les pourparlers aboutissent, la levée d'un certain nombre de sanctions économiques, dont l'embargo sur le pétrole en vigueur depuis 2018, ouvrirait la porte à une hausse de la production de près de 1,5 million de barils par jour si l'on compare le niveau actuel de Téhéran à celui d'il y a trois ans.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
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  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.