En colère, le cœur «déchiré», des Algériens de la diaspora désespèrent de rentrer

Les passagers se rendent à bord d'un ferry de la société Algerie Ferries à Marseille, le 16 janvier 2020 (Photo, AFP)
Les passagers se rendent à bord d'un ferry de la société Algerie Ferries à Marseille, le 16 janvier 2020 (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 31 mai 2021

En colère, le cœur «déchiré», des Algériens de la diaspora désespèrent de rentrer

  • Azouaou Abbas attendait la réouverture partielle des frontières algériennes mardi, mais des conditions d'entrée «impossibles» ont douché ses espoirs
  • En France, des centaines d'algériens ont manifesté dans le calme samedi devant l'ambassade et les consulats d'Algérie

MARSEILLE: « Ma mère est décédée en mars 2020 et je n'ai toujours pas pu aller me recueillir sur sa tombe »: installé à Marseille, dans le sud de la France, Azouaou Abbas attendait la réouverture partielle des frontières algériennes mardi, mais des conditions d'entrée « impossibles » ont douché ses espoirs.  

Résigné, il va renoncer au voyage. « Ça me déchire le cœur », confie cet homme de 47 ans.  

Comme lui, des centaines de milliers de Français d'origine algérienne, mais aussi des Algériens bloqués à l'étranger depuis la fermeture des frontières de leur pays en raison de l'épidémie de Covid-19, avouent leur exaspération et leur colère face aux restrictions imposées à ceux qui pourront voyager par avion à compter du 1er juin.  

Ces derniers doivent, pour pouvoir embarquer, effectuer deux tests PCR, l’un de moins de 36 heures, avant d'embarquer et l’autre cinq jours après leur arrivée, mais aussi accepter d'être confinés à l'arrivée sur le sol algérien dans un hôtel payé au moment de l'achat des billets.  

Azouaou Abbas gère une brasserie à Marseille et avec le retour des beaux jours et une reprise de son activité, « pas question d'aller à Alger pour être confiné cinq jours dans un hôtel ».  

S'il comprend les mesures de restrictions prises pour freiner la propagation du Covid en Algérie, il estime que ces conditions d'entrée sont « impossibles ».  

Au marché, devant la poste ou au café, le casse-tête du retour en Algérie revient dans nombre de conversations à Marseille, ville où une importante communauté algérienne s'est établie.  

« Tout pour dissuader »   

« C'est du cinéma », glisse Samir, devant le consulat d’Algérie. Pour cet Algérien de 45 ans vivant à Marseille et qui préfère taire son nom de famille, « toutes les conditions demandées par l’Etat sont faites pour dissuader les Algériens de rentrer chez eux pour les vacances ».  

Il chiffre son voyage avec sa femme et leurs deux enfants à plus de 3 500 euros au vu des conditions actuelles. « Un budget pour deux heures de vol! » s’exclame-t-il.  

«Un vol aller-retour Paris-Alger coûte 518 euros, indique la compagnie aérienne Air Algérie dans un communiqué, précisant que les frais de confinement obligatoire à l'arrivée sont fixés à 41 000 dinars algériens. (soit 250 euros par personne).  

Ces mesures ont soulevé la colère des Algériens établis ou bloqués à l'étranger. En France, des centaines d'entre eux ont manifesté dans le calme samedi devant l'ambassade et les consulats d'Algérie. A Marseille, ils étaient 300, selon la police.  

Devant le tollé, Alger a annoncé dimanche « dispenser les étudiants et les personnes âgées à faible revenu de payer les frais d'hébergement relatifs à l'isolement », et a réduit de 20% le coût du confinement, mais ces allègements ne satisfont pas les Algériens de l'étranger.  

En France, les organisations de la diaspora déplorent aussi le peu de vols disponibles. De Marseille, un seul vol hebdomadaire de 302 sièges est prévu chaque samedi vers Oran,(nord-ouest), avec une escale par la capitale, Alger.  

En 2019, avant la pandémie, 744 146 passagers avaient voyagé vers l’Algérie uniquement depuis l'aéroport de Marseille-Provence.  

Des compagnies comme Volotea ou Air France peuvent encore prévoir des vols, mais pour l'heure le gouvernement algérien n'ouvre son espace qu’à la compagnie nationale Air Algérie, a indiqué l'aéroport de Marseille. Ce qui indispose aussi la diaspora.   

« Je veux rentrer chez moi! »   

De Paris, deux vols sont prévus chaque semaine, un le mardi et un le jeudi.  

A Alger, l'agence principale d'Air Algérie, dans le centre, a été prise d'assaut lundi par des dizaines de personnes qui ont exprimé leur colère quant aux conditions draconiennes infligées par les autorités.  

Un collectif des Algériens de la diaspora s'est étonné dans un communiqué « de l'entêtement des décideurs qui ont ignoré les revendications de la communauté à l'étranger ».  

Les organisations de la diaspora demandent en outre la  « réouverture des frontières maritimes ». Toutes les liaisons par ferry depuis Marseille sont à l'arrêt, même si la compagnie Corsica Linea se dit « prête à toute évolution de la situation ».  

Parmi les autres demandes de la diaspora, figure « un programme de vols clair et détaillé jusqu'à la fin de l'année » de la part d'Air Algérie.  

Au bord des larmes et à bout de nerfs, Kaouther, une Algérienne de 83 ans venue à Marseille pour se faire soigner en février 2020 tente désespérément d'obtenir un billet ou au moins des informations sur les vols.  

« Plus d'un an que je suis coincée ici! Heureusement que j'ai ma fille à Marseille, mais je veux retrouver ma maison et mon chien à Oran. Je veux rentrer chez moi! ». 


Liban: huit personnes, dont trois secouristes, tués dans des frappes israéliennes

Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
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  • Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités
  • La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés

BEYROUTH: Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire.

Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités.

La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés.

"Israël continue de violer les lois et conventions internationales qui protègent les civils" a dénoncé le président libanais, Joseph Aoun.

Les secouristes tués "participaient à une mission de secours et d'intervention d'urgence auprès des blessés d'une frappe aérienne israélienne visant un bâtiment (...) qui a également causé la mort de résidents civils", a-t-il détaillé.

Ailleurs, le ministère de la Santé a fait état d'une personne tuée et de 15 blessées, dont cinq enfants, dans une frappe israélienne sur Jwaya (sud).

Deux autres personnes ont été tuées et 13 blessées dans un bombardement israélien à Jibchit, toujours dans le sud, selon un premier bilan du ministère.

"Pas encore terminé" 

L'armée israélienne a de son côté annoncé avoir découvert et détruit deux tunnels du Hezbollah, d'une longueur totale de deux kilomètres, à la frontière des deux pays, utilisés selon elles par des unités d'élite du mouvement pro-iranien.

Celui-ci a rouvert un front contre Israël le 2 mars pour venger la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué dans l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Israël a riposté par des frappes meurtrières et déployé des troupes dans le sud du pays voisin.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril mais les deux belligérants ont poursuivi les combats en s'accusant mutuellement de violer la trêve.

Selon une source militaire israélienne, l'installation souterraine détruite près de la frontière avait été "conçue, soutenue et financée par l'Iran" pour "lancer des raids contre les communautés israéliennes".

"Nous détruisons leur infrastructure terroriste, nous tuons plusieurs dizaines de leurs terroristes — et n'avons pas encore terminé", a commenté le Premier ministre, Benjamin Netanyahu.

L'explosion liée à la destruction du tunnel a creusé un "grand cratère" dans la ville de Qantara, selon les médias d'Etat libanais.

Au-delà de la "ligne jaune" 

L'armée israélienne avait ordonné plus tôt dans la journée l'évacuation "immédiate" de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Peu après, l'agence de presse libanaise Ani a fait état de frappes aériennes sur ces zones.

Les villages concernés se trouvent au-delà de la zone de dix kilomètres de profondeur, délimitée par une "ligne jaune", que l'armée israélienne a établie il y a dix jours.

"Israël n'a aucune visée territoriale sur le Liban. Notre présence dans les zones situées le long de notre frontière nord n'a qu'un seul objectif: protéger nos citoyens", a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar.

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques".

A trois reprises mardi, l'armée a déclaré avoir tenté d'intercepter "une cible aérienne suspecte" dans la zone où opéraient ses troupes, sans donner de précisions.

Elle a aussi affirmé que le Hezbollah avait lancé des drones "qui ont explosé à proximité de soldats", sans faire de blessés.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre a été grièvement blessé lundi par des drones, selon l'armée.

Depuis le début de la guerre le 2 mars, plus de 2.500 personnes ont été tuées et quelque 7.800 blessées au Liban dans la campagne militaire israélienne, selon le ministère libanais de la Santé.

Côté israélien, 16 soldats ont été tués sur la période, d'après les autorités.


Reprise de la vie nocturne au Caire avec la fin des économies d'électricité

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans
  • "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

LE CAIRE: La célèbre vie nocturne du Caire a repris des couleurs mardi soir, avec la fin des mesures d'économie d'énergie qui avaient mis en pause l'habituelle frénésie de la mégalopole et forcé magasins, cafés et restaurants à fermer bien plus tôt, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

La guerre, accompagnée d'une flambée des prix de l'énergie, avait contraint la capitale égyptienne à réduire durant un mois sa consommation d'électricité.

Les fermetures fixées à 21h00 locales, puis repoussées à 23h00, avaient vidé les rues et créé un immense sentiment de frustration chez les commerçants et leurs clients.

Mais le gouvernement a levé les restrictions et les établissements peuvent de nouveau fermer leurs portes à 01h00 du matin. Quant aux magasins et centres commerciaux, ils sont désormais autorisés à rester ouverts jusqu'à 23h00 et minuit le week-end.

A Heliopolis, quartier chic de l'est, les familles ont envahi les rues avec leurs enfants, tandis que des groupes d'amis fumaient le narguilé.

"Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans. "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

Pour s'assurer du respect des mesures d'économie d'énergie, des patrouilles de police menaçaient les noctambules récalcitrants d'amendes de 50.000 livres égyptiennes (environ 800 euros), voire de peines d'emprisonnement en cas de récidive.

Pour Wafaa Ahmed, 58 ans, propriétaire d'une boutique qui a vu son chiffre d'affaires chuter de 80%, l'assouplissement arrive à point nommé, "surtout à l'approche de la saison estivale".

"Personne ne fait ses courses le matin en été. Maintenant, les clients ont le temps", explique-t-elle, contente de la fin d'un "véritable désastre" pour les commerçants.

La ville de plus de 20 millions d'habitants est réputée pour son niveau sonore nocturne, alimenté par la circulation automobile, des marchés bondés ou encore des bateaux de fêtards illuminant le Nil.

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient.

Selon le Premier ministre Moustafa Madbouly, la facture mensuelle d'importation d'énergie a plus que doublé entre janvier et mars, pour atteindre 2,5 milliards de dollars (2,1 millions d'euros). La livre égyptienne a perdu autour de 15% de sa valeur et l'inflation a atteint 13,6% en mars.

M. Madbouly a appelé à la mise en place de mesures incitatives pour accélérer la transition vers l'énergie solaire, tandis que le gouvernement a diffusé des campagnes télévisées appelant les consommateurs à réduire leur consommation d'électricité.

 


L'armée israélienne ordonne l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban

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  • Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté
  • Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens

JERUSALEM: L'armée israélienne a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban, une annonce précédant généralement des frappes dans ce secteur.

Ce nouvel ordre d'évacuation survient alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril entre le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah et Israël, après un mois et demi de guerre. Les deux belligérants s'accusent de le violer.

"Avertissement urgent aux résidents du Liban se trouvant dans les villages et localités suivants", a indiqué sur X le porte-parole en arabe de l'armée israélienne, Avichay Adraee, énumérant une liste de 17 villages.

Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté.

Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens.

Dans la bande de territoire située entre la frontière et cette ligne jaune, Israël affirme s'autoriser à effectuer des frappes contre le Hezbollah.

Depuis une semaine, l'armée israélienne affirme que le Hezbollah effectue régulièrement des tirs de drones explosifs vers ses positions.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre grièvement blessé mardi par ces engins volants meurtriers, selon des communiqués publiés par l'armée.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré lundi que les roquettes et les drones du Hezbollah demeuraient un défi majeur, ajoutant qu'Israël poursuivrait ses frappes.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars en tirant des roquettes en direction d'Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué dans l'attaque israélo-américaine contre l'Iran.