OMC: l'UE et Londres toujours sceptiques sur la levée des brevets sur les vaccins anti-Covid

L'Union européenne, la Grande-Bretagne et le Japon ont maintenu leur réserve sur une levée éventuelle des brevets concernant les vaccins anti-Covid devant l'OMC. (AFP).
L'Union européenne, la Grande-Bretagne et le Japon ont maintenu leur réserve sur une levée éventuelle des brevets concernant les vaccins anti-Covid devant l'OMC. (AFP).
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Publié le Mardi 01 juin 2021

OMC: l'UE et Londres toujours sceptiques sur la levée des brevets sur les vaccins anti-Covid

  • Des propositions visant à débuter des discussions basées sur des textes précis devant permettre un renoncement aux droits de propriété intellectuelle sur les vaccins contre le coronavirus ont été bien accueillies
  • Mais plusieurs Etats membres "ont continué à exprimer leurs doutes sur l'opportunité de démarrer des négociations et ont demandé plus de temps"

GENEVE: L'Union européenne, la Grande-Bretagne et le Japon ont maintenu leur réserve sur une levée éventuelle des brevets concernant les vaccins anti-Covid devant l'OMC, a indiqué lundi un responsable du commerce international basé à Genève.

Des propositions visant à débuter des discussions basées sur des textes précis devant permettre un renoncement aux droits de propriété intellectuelle sur les vaccins contre le coronavirus ont été bien accueillies lors d'une réunion informelle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) consacré au volet commercial des droits sur la propriété intellectuelle.

Mais plusieurs Etats membres "ont continué à exprimer leurs doutes sur l'opportunité de démarrer des négociations et ont demandé plus de temps" pour analyser les propositions allant dans ce sens, a précisé ce responsable.

Ces pays sont ceux de l'UE ainsi que l'Australie, le Japon, la Norvège, Singapour, la Corée du Sud, la Suisse et Taïwan.

Les accords au sein de l'OMC doivent recevoir le soutien par consensus de tous les 164 Etats membres.


Meghan Markle remporte son bras de fer judiciaire contre un tabloïd britannique

La justice britannique a donné gain de cause jeudi à Meghan Markle, l'épouse du prince Harry, en rejetant l'appel formé par un tabloïd britannique, qui avait été condamné pour la publication d'une lettre écrite à son père. (Photo, AFP)
La justice britannique a donné gain de cause jeudi à Meghan Markle, l'épouse du prince Harry, en rejetant l'appel formé par un tabloïd britannique, qui avait été condamné pour la publication d'une lettre écrite à son père. (Photo, AFP)
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  • Meghan Markle a immédiatement salué une «victoire», à même selon elle de «remodeler» l'industrie des tabloïds
  • Afin d'étayer ses dires, le Mail on Sunday avait mis en avant au cours des audiences en appel le témoignage de Jason Knauf

LONDRES: La justice britannique a donné gain de cause jeudi à Meghan Markle, l'épouse du prince Harry, en rejetant l'appel formé par un tabloïd britannique, qui avait été condamné pour la publication d'une lettre écrite à son père. 

Meghan Markle a immédiatement salué dans un communiqué une "victoire", à même selon elle de "remodeler" l'industrie des tabloïds.

"Ce qui importe le plus, c'est que nous sommes maintenant collectivement assez courageux pour remodeler une industrie des tabloïds qui pousse les gens à être cruels et tire profit des mensonges et de la douleur qu'ils créent", a-t-elle ajouté.

L'éditeur du Mail on Sunday, le groupe Associated Newspapers Limited (ANL), avait contesté devant la Cour d'appel de Londres une décision de justice de février, selon laquelle la publication de la lettre de Meghan était "manifestement excessive et donc illégale", et violait donc sa vie privée. Il reprochait notamment au juge de première instance de s'être prononcé sans passer par un procès. 

"Cet appel sera rejeté", a déclaré jeudi le juge d'appel en rendant sa décision. "La Cour d'appel maintient la décision du juge selon laquelle la duchesse pouvait raisonnablement s'attendre au respect de sa vie privée", a-t-il ajouté, soulignant que le contenu de la lettre était "personnel, privé et ne présentait pas un intérêt légitime pour l'intérêt public". 

Dans cette missive à son père publiée en 2018, peu après son mariage avec le prince Harry, l'ex-actrice américaine de 40 ans demandait à son père Thomas Markle, 77 ans, de cesser de s'épancher et de mentir dans les médias sur leur relation brisée.

Le Mail on Sunday avait été condamné à faire état en Une de sa défaite judiciaire, et son éditeur à verser 450 000 livres (530 000 euros) à la duchesse de Sussex pour ses frais judiciaire. 

Mais le tabloïd à grand tirage a argué dans son appel examiné en novembre qu'elle avait écrit la lettre en sachant qu'elle pourrait être divulguée.

Possibilité de fuite

Afin d'étayer ses dires, le Mail on Sunday avait mis en avant au cours des audiences en appel le témoignage de Jason Knauf, ancien secrétaire à la communication du couple, désormais installé en Californie.

Cet ancien assistant a affirmé que le projet de lettre avait été rédigé en ayant en tête "qu'elle pourrait fuiter". 

Dans un témoignage écrit, Meghan a réfuté cette affirmation, disant ne pas penser que son père ferait fuiter la lettre le présentant selon elle sous un jour peu favorable. Il s'agissait seulement d'une "possibilité", a-t-elle estimé. 

Apportant de l'eau au moulin du tabloïd qui veut démontrer que Meghan Markle cherchait régulièrement à influer l'opinion publique, M. Knauf a aussi dit avoir fourni au nom de Meghan et Harry des informations privées aux auteurs de la biographie non-officielle du couple royal, "Finding Freedom" ("Harry et Meghan, libres").

Selon lui, le projet de livre était "discuté de façon routinière" et "directement avec la duchesse, en personne et par e-mail". 

Mme Markle a reconnu cette dernière information et s'est excusée d'avoir induit la cour en erreur en ne l'ayant pas précisé en première instance.

Elle a cependant fait valoir que les informations partagées avec les auteurs étaient "bien loin des informations personnelles très détaillées" que le Mail on Sunday avait publié.

Mais ce rétropédalage lui a valu les moqueries des tabloïds, le Sun la surnommant "Madame Étourdie", en référence à la série de livres pour enfants "Monsieur, Madame". 

Le prince Harry, 37 ans, sixième dans l'ordre de succession à la couronne britannique, a dénoncé à de multiples reprises la pression des médias sur son couple et en a fait la raison principale de sa mise en retrait de la famille royale, effective depuis avril 2020. Lui et sa femme ont intenté plusieurs procès aux tabloïds britanniques.


Manche: pour les familles des migrants naufragés, un deuil en suspens

Photographie de réfugiés afghans dans le camp de Saray Shamali à Kaboul le 2 novembre 2021. (AFP)
Photographie de réfugiés afghans dans le camp de Saray Shamali à Kaboul le 2 novembre 2021. (AFP)
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  • Le jeune homme de 22 ou 23 ans s'était persuadé que l'herbe était plus verte côté britannique, où la législation lui permettrait de travailler plus facilement.
  • La dernière fois que les frères se sont parlé, c'était le 23 au soir, moment où les témoins s'accordent à situer le départ du bateau qui a fait naufrage dans des circonstances encore inexpliquées. 

LILLE: Ils avaient la vingtaine et chérissaient un rêve commun : celui d'une "vie meilleure" au Royaume Uni. Les témoignages de leurs proches esquissent les derniers jours et les aspirations de migrants afghans, probablement au nombre des vingt-sept victimes du naufrage dans la Manche.

Quelques jours avant le drame du 24 novembre qui a suscité une onde de choc européenne, Hussein, un Afghan de 24 ans, venait d'arriver à Dunkerque, dans le nord de la France, chez son cousin Amanullah Omakhil, 18 ans. 

Les jeunes hommes sont très proches depuis qu'ils ont pris la route de l'exil ensemble en 2016, après une enfance dans leur village de Nangarhar, à la frontière pakistanaise. 

Par la suite, Hussein vit quelques temps en Grande-Bretagne, avant de rentrer au pays, puis de revenir très récemment en France en aspirant à repasser clandestinement côté anglais.

"Il est venu directement chez moi, il a dormi, puis je lui ai montré le bus et il est parti dans la jungle" sur le littoral, explique Amanullah Omakhil, yeux humides à la sortie de l'institut médico-légal de Lille, où il est venu ce mercredi dans l'espoir d'identifier le corps de son cousin.

Il n'a pas essayé de le retenir. "C'était son choix. Il était mon aîné, je ne pouvais pas lui dire fais pas ci, fais pas ça", raconte-t-il en français.

 Téléphones éteints 

Après trois jours à essayer de se faufiler dans un camion, Hussein finit par lui dire qu'il tentera sa chance le 23 novembre par bateau. Le 24 à la mi-journée, les cadavres de 27 migrants sont repêchés. 

Les familles afghanes, accueillies à l'institut médico-légal, n'ont pas encore pu voir les frères ou cousins dont ils redoutent le décès. 

Si le parquet de Paris a appelé le jour-même à transmettre aux enquêteurs "toute information susceptible d'aider à l'identification" des victimes, les proches vont d'abord devoir déposer leurs empreintes génétiques auprès de la gendarmerie spécialisée pour avoir accès aux corps, explique Jan Kakar, un responsable associatif afghan qui fait le lien, sur place.

Mais pour Amanullah, pas de doute: "J'étais en contact avec lui jusqu'au départ. Il m'avait dit qu'il m'appellerait quand il arriverait de l'autre côté". 

En Grande-Bretagne, Hussein aspirait à une "belle vie". Lui qui "aime les balades et voir des paysages", comme sur cette photo qu'Amanullah a envoyée aux gendarmes et sur laquelle on voit son cousin poser en Italie avec, dans son dos, une plaine verdoyante.

Hassan Isakhil aussi est sans nouvelles de son "cousin et meilleur ami", dont il tait le nom.

Lui aussi venait pour en avoir le cœur net, alors qu'il n'a plus de nouvelles depuis le 24 novembre, quand le téléphone de son cousin s'est éteint après lui avoir dit qu'il tentait la traversée.

Mode avion 

Cela ne faisait qu'un mois qu'il était en France, après un périple d'un an depuis son départ de leur village natal. 

Le jeune homme de 22 ou 23 ans s'était persuadé que l'herbe était plus verte côté britannique, où la législation lui permettrait de travailler plus facilement.

Un autre Afghan de 27 ans, lui, avait d'autres motivations: "Sa famille est en Angleterre, sa tante, son oncle, son frère", raconte Safiyullah Azizi, venu de Londres pour l'identifier. 

Il fait office de porte-parole pour la famille, depuis que le frère de la victime présumée, tête enfoncée sous un bonnet noir, s'est réfugié dans le mutisme. 

"On ne sait toujours pas s'il est mort ou s'il est vivant. On est venu pour avoir des réponses et on stresse encore plus", déplore-t-il. 

La dernière fois que les frères se sont parlé, c'était le 23 au soir, moment où les témoins s'accordent à situer le départ du bateau qui a fait naufrage dans des circonstances encore inexpliquées. 

"Il disait ce soir je vais franchir la frontière, je vous tiens au courant", poursuit Safiyullah Azizi.

Sous le poids du stress, croulant sous les appels des amis et de la famille venant aux nouvelles, le frère avait alors "mis son téléphone en mode avion pendant la traversée".

Lorsqu'il le réactive, il se rend compte que son frère "a tenté de le joindre plusieurs fois". Depuis, plus rien.


ONU: des violences communautaires «fractureraient» la société en Ethiopie

Le conflit en Ethiopie, s'il dégénérait en violences communautaires, pourrait fracturer la société, voire déclencher un exode rappelant les scènes d'évacuations chaotiques à l'aéroport de Kaboul en août, a déclaré à l'AFP le responsable de l'aide humanitaire des Nations unies. (Photo, AFP)
Le conflit en Ethiopie, s'il dégénérait en violences communautaires, pourrait fracturer la société, voire déclencher un exode rappelant les scènes d'évacuations chaotiques à l'aéroport de Kaboul en août, a déclaré à l'AFP le responsable de l'aide humanitaire des Nations unies. (Photo, AFP)
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  • Des combats dans la capitale Addis Abeba et une augmentation de la violence communautaire pourraient conduire à une aggravation « exponentielle » de la situation
  • Selon les estimations de l'ONU, la guerre a fait plusieurs milliers de morts, plus de deux millions de déplacés et plongé des centaines de milliers d'autres personnes dans des conditions proches de la famine

GENEVE : Le conflit en Ethiopie, s'il dégénérait en violences communautaires, pourrait fracturer la société, voire déclencher un exode rappelant les scènes d'évacuations chaotiques à l'aéroport de Kaboul en août, a déclaré à l'AFP le responsable de l'aide humanitaire des Nations unies.

La guerre, qui fait rage depuis plus d'un an dans le nord de l'Ethiopie, a peut-être provoqué la crise humanitaire la plus inquiétante, a déclaré dans un entretien à l'AFP le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires, Martin Griffiths.

Des combats dans la capitale Addis Abeba et une augmentation de la violence communautaire pourraient conduire à une aggravation "exponentielle" de la situation, a-t-il prévenu.

"Le pire d'un point de vue humanitaire (serait) qu'il y ait une bataille pour (le contrôle d') Addis ou des troubles autour de cette ville, entraînant une augmentation des violences communautaires dans tout le pays", a averti M. Griffiths.

"Si cela devait se produire, nous serions confrontés à quelque chose que nous n'avons pas connu depuis de très nombreuses années: nous serons confrontés à une fracture" du tissu social éthiopien, a-t-il ajouté.

« Inimaginable »

Un scénario qui verrait s'effondrer, dans ce pays de quelque 115 millions d'habitants, un système soigneusement élaboré pour assurer la cohésion nationale entre plus de 80 groupes ethniques et qui pourrait entraîner un chaos dépassant ce que l'Ethiopie a connu au cours des 13 derniers mois.

Selon les estimations de l'ONU, la guerre a fait plusieurs milliers de morts, plus de deux millions de déplacés et plongé des centaines de milliers d'autres personnes dans des conditions proches de la famine depuis que le conflit a éclaté en novembre 2020.

Le Premier ministre Abiy Ahmed avait alors envoyé des troupes dans la région du Tigré, la plus septentrionale, pour renverser le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) en réponse, selon lui, aux attaques des rebelles contre les camps de l'armée.

Les rebelles ont effectué un retour en force en reprenant la majeure partie du Tigré en juin, avant de rejoindre les régions voisines d'Amhara et d'Afar. Le conflit a pris un nouveau tournant il y a un mois, lorsque le TPLF a affirmé avoir capturé des villes stratégiques sur une autoroute clé menant à la capitale.

Mercredi, l'Ethiopie a toutefois annoncé la reprise par les forces progouvernementales du site de Lalibela, classé par l'Unesco au patrimoine mondial, qui était passé en août sous le contrôle des rebelles du Tigré.

« Malheur »

Martin Griffiths a appelé à la fin des violences. Il a cependant averti que si les combats atteignaient la capitale éthiopienne, "les principales cibles devaient être évitées", notamment l'aéroport et la ville elle-même, qui compte plus de cinq millions d'habitants et "où il est inimaginable d'envisager une telle bataille."

Selon lui, les diplomates et autres expatriés à Addis Abeba craignent que le pays ne soit le théâtre de scènes rappelant l'évacuation chaotique de l'aéroport de Kaboul après la prise de contrôle de l'Afghanistan par les talibans en août.

A la question de savoir s'il pensait qu'un tel scénario pourrait se produire, il a répondu: "Je pense que cela pourrait, mais j'espère que ce ne sera pas le cas."

S'adressant à l'AFP en amont de l'appel global annuel pour l'aide humanitaire d'urgence, M. Griffiths a souligné que le montant de près de 3 milliards de dollars demandé pour l'Ethiopie l'année prochaine était considérablement plus élevé qu'auparavant "en raison de la probabilité que les besoins (d'aide) augmentent."  

Le Programme alimentaire mondial des Nations unies a annoncé la semaine dernière que le nombre de personnes ayant besoin d'une aide alimentaire dans le nord de l'Ethiopie avait grimpé à plus de neuf millions, tandis que la sécheresse a aggravé l'insécurité alimentaire dans d'autres régions.

Quelque 400 000 personnes dans le nord du pays sont menacées de famine, un chiffre sans doute sous-estimé selon M. Griffiths en raison des difficultés pour se rendre sur le terrain.

Toutefois, les conditions s'étant améliorées, les agences de l'ONU sont désormais en mesure d'évaluer la situation dans les semaines qui viennent.

Interrogé sur le risque d'un retour de la famine qui a tué plus d'un million de personnes en Ethiopie au milieu des années 1980, M. Griffiths a répondu : "J'espère simplement devant Dieu que nous ne verrons pas ce genre de malheur".