Le Sahara occidental, terrain d'un exercice militaire américain? Washington dément

La localisation du plus grand exercice annuel du commandement militaire américain pour l'Afrique (Africom), «marque la consécration de la reconnaissance américaine du Sahara marocain», s'est félicité le chef du gouvernement marocain, Saad-Eddine El Othmani. Photo prise le 9 avril 2018, à Laâyoune
La localisation du plus grand exercice annuel du commandement militaire américain pour l'Afrique (Africom), «marque la consécration de la reconnaissance américaine du Sahara marocain», s'est félicité le chef du gouvernement marocain, Saad-Eddine El Othmani. Photo prise le 9 avril 2018, à Laâyoune
Short Url
Publié le Mercredi 02 juin 2021

Le Sahara occidental, terrain d'un exercice militaire américain? Washington dément

  • Le Front Polisario a rapidement démenti l'annonce de Rabat, la qualifiant de «rumeur totalement fausse»
  • La localisation du plus grand exercice annuel du commandement militaire américain pour l'Afrique (Africom), «marque la consécration de la reconnaissance américaine du Sahara marocain», s'est félicité Saad-Eddine El Othmani

RABAT :  L'exercice américano-marocain "African Lion 2021" aura-t-il lieu en partie dans le désert du Sahara occidental, un territoire disputé? C'est ce qu'a affirmé ce week-end le Premier ministre marocain, avant d'être démenti mardi par l'armée américaine.

La localisation du plus grand exercice annuel du commandement militaire américain pour l'Afrique (Africom), piloté par les Etats-Unis et co-organisé par le Maroc, "marque la consécration de la reconnaissance américaine du Sahara marocain", s'est félicité Saad-Eddine El Othmani dans un  message publié ce week-end sur Twitter.

Le Front Polisario a rapidement démenti l'annonce de Rabat, la qualifiant de "rumeur totalement fausse". 

"Il n'y aura pas de manœuvres conjointes au Sahara occidental dans le cadre des manoeuvres +African Lion 2021+ auxquelles des forces américaines participeront", a déclaré  le chef de la diplomatie sahraouie, Mohamed Salem Ould Salek. 

"Elles vont se dérouler au sud du territoire marocain et à l’intérieur des frontières internationalement reconnues du Maroc", a-t-il assuré.

L'Africom a confirmé que les exercices se dérouleraient "à travers le Maroc, de la base aérienne de Kenitra, au nord, à Tan-Tan et au complexe d'entrainement de Guerir Labouhi au sud", soit dans les frontières internationalement reconnues du royaume.

"Les lieux ont été choisis pour renforcer les partenariats de sécurité et nos relations avec d'autres pays participant (à l'exercice), alors que nous oeuvrons ensemble à  renforcer la stabilité régionale", a précisé un porte-parole de l'Africom, le colonel Christopher Karns.

Les Etats-Unis et le Maroc "ont envisage un vaste éventail de lieux pour assurer le succès d'African Lion 2021, se décidant en fin de compte pour les lieux proposé au tout début des travaux préparatoires, à l'été 2020", a-t-il souligné.

Dans le cadre d'un accord négocié à la fin du mandat de l'ex-président américain Donald Trump, les Etats-Unis ont reconnu en décembre 2020 la souveraineté du Maroc sur ce territoire revendiqué par les indépendantistes du Front Polisario, en contrepartie d'une réconciliation diplomatique entre le Maroc et Israël. 

L'édition 2021 des manoeuvres conjointes de l'Africom -annulées en 2020 pour cause de pandémie- va réunir 7 000 soldats de neuf pays du 7 au 18 juin prochain, indique le site du commandement américain. La Tunisie et le Sénégal y participeront, a précisé le colonel Karns.

Mardi en de journée, le tweet de M. Othmani avait été supprimé. Il affirmait que les lieux choisis comprenaient deux sites au Sahara occidental: la région de Mahbès (est), où les militants indépendantistes du Polisario annoncent régulièrement des bombardements ces derniers mois- et celle de Dakhla (sud) où le Maroc compte développer un grand port atlantique.

Un graphique posté sur Twitter par M. Othmani mentionnait un budget de 24 millions de dollars (19,6 millions d'euros), avec la participation d'une centaine de blindés, 46 avions de soutien et 21 avions de combat.

L'Espagne n'est pas mentionnée comme pays participant. Cet "allié solide" contribue pourtant depuis des années aux opérations multilatérales, selon le site de l'Africom. Rabat et Madrid traversent actuellement une crise majeure, générée par l'hospitalisation en Espagne jusqu'à ce mardi soir du chef du Polisario, Brahim Ghali.

En représailles à l'accueil de celui que Rabat considère comme un "criminel de guerre", les forces marocaines ont relâché les contrôles frontaliers mi-mai, provoquant une vague migratoire sans précédent dans l'enclave espagnole de Ceuta.

Territoire désertique de 266 000 km2 situé au nord de la Mauritanie, le Sahara occidental est considéré comme un "territoire non autonome" par l'ONU.

Soutenu par l'Algérie, le Front Polisario réclame un référendum d'autodétermination tandis que le Maroc propose une autonomie sous sa souveraineté. Les négociations politiques pilotées par l'ONU n'ont pas progressé en trois décennies.


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Short Url
  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Short Url
  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Short Url
  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.