La réussite du modèle de développement marocain repose sur la mobilisation de tous

La nouvelle feuille de route du développement du pays compte capitaliser sur ces réalisations, tout en accélérant les réformes structurelles du pays en changeant ainsi de paradigme notamment en termes de gouvernance (Photo, AFP).
La nouvelle feuille de route du développement du pays compte capitaliser sur ces réalisations, tout en accélérant les réformes structurelles du pays en changeant ainsi de paradigme notamment en termes de gouvernance (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 03 juin 2021

La réussite du modèle de développement marocain repose sur la mobilisation de tous

  • Le nerf de la guerre se situe dans l’application de ces mesures
  • Certains redoutent que ce nouveau modèle de développement ne soit pas appliqué

CASABLANCA: Le tant attendu rapport de la Commission spéciale sur le modèle de développement (CSMD) a été présenté par le président de la Commission Chakib Benmoussa, le mardi 25 mai 2021, au roi Mohammed VI. La CSMD, composé de 35 membres de divers horizons, avait pour mission de déceler les dysfonctionnements du modèle de développement actuel et de dénicher de nouvelles pistes à même de stimuler et assurer un véritable développement inclusif et durable au profit de tous les Marocains.

Or, deux ans après le début des travaux de la Task-force spéciale, et les milliers de rencontres, d’auditions, de contributions et de visites terrain dans tout le Maroc, même dans les territoires les plus reculés, le rapport du nouveau modèle de développement ne semble pas faire l’unanimité. Dans une publication sur le réseau social Facebook, Omar El Hyani, un élu de la Fédération de la Gauche Démocratique (FGD) estime que le diagnostic fait par la CSMD «n'a rien de nouveau et qu’il est terrifiant en même temps». Le rapport reprend ce qui a été dit pendant ces 10 ou 15 dernières années sur les problèmes du Maroc. «La Fondation Abderrahim Bouabid avait, par exemple, publié un rapport en 2010 sur les contraintes entravant le développement du Maroc. Les rédacteurs étaient traités de nihilistes rétrogrades et incapables de voir tous les progrès entrepris par le Maroc», rappelle M. El Hyani.

Des objectifs trop ambitieux ?

Si le rapport sur le nouveau modèle de développement diagnostique, en effet, les dysfonctionnements et les maux structurels du Maroc, il propose, par ailleurs, une armada de solutions concrètes. Le nerf de la guerre se situe ainsi dans l’application de ces mesures. Pour ce faire, la Commission spéciale sur le développement du Maroc a proposé la mise en place de mécanismes de gouvernance autonomes. A commencer par le Pacte national pour le développement qui «scellerait l’engagement des forces vives du pays autour d’un cap et d’un référentiel partagés par tous», précise les rédacteurs du rapport. Ce pacte pourrait être adopté de manière solennelle par les acteurs concernés et constituerait un engagement moral et politique fort devant le roi et la nation tout entière. Et pour assurer le suivi de ce chantier majeur pour le pays, un second mécanisme, sous l’autorité du roi Mohammed VI, sera mis en place. Il aura comme missions de faire connaître le nouveau modèle de développement et en assurer la diffusion la plus large, et de veiller à la cohérence des stratégies et des réformes proposées pour la mise en œuvre du nouveau modèle de développement.

Rappelons que le nouveau modèle de développement se fixe des objectifs ambitieux, comme le doublement du Produit intérieur brut par habitant à 16 000 dollars en 2035. Certaines voix ont, cependant, exprimé leur doute quant à l’opérationnalisation des mesures proposées par la CSMD en si peu de temps, comme pour la réforme du secteur de l’éducation. Sur ce point, Youssef Saadani, économiste et membre de la CSMD, a indiqué que pour la mise en œuvre du projet de renaissance éducative, il faudra assurer la continuité des réformes dans le temps ainsi que la mobilisation de ressources financières complémentaires conditionnées par de la performance. Dans une intervention sur la chaîne de télévision marocaine 2M, Youssef Saadani a rappelé que cette réforme se fixe comme objectif de passer de 30% d’élèves qui aujourd’hui acquièrent les compétences fondamentales à la fin du primaire et du secondaire à 90% à l’horizon 2035. Pour y arriver, M.Saadani estime qu’il faut agir sur les quatre principaux axes du système éducatif, à savoir les enseignants, les élèves, les établissements scolaires et les méthodes pédagogiques.

Comme pour l’éducation, d’autres secteurs comme la santé, le tourisme, l’industrie, la justice, l’administration publique, ou encore la transition énergétique, disposent d’acquis fondamentales et de stratégies qui, malgré quelques retards, enregistrent des avancées. La nouvelle feuille de route du développement du pays compte capitaliser sur ces réalisations, tout en accélérant les réformes structurelles du pays en changeant ainsi de paradigme notamment en termes de gouvernance.

Pour sa réussite, le nouveau modèle de développement nécessite la mobilisation de toutes les parties prenantes et les forces vives du pays. Et c’est ce qu’essaie de faire Chakib Benmoussa, président du CSMD. Des rencontres sont organisées actuellement avec les acteurs politiques, les syndicats, la société civile… Le président de la CSMD a présenté le nouveau rapport aux parlementaires le mardi 1er juin 2021. Il se réunira avec les opérateurs économiques ce jeudi 3 juin 2021 au siège de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), avant de rencontrer plus tard les syndicats. 

La nécessité de passer à l'action

 Si de nombreux analystes mettent en exergue les idées novatrices du rapport permettant de relancer la machine économique mais surtout de changer de logiciel dans le but de réduire les disparités et les inégalités, il n'en reste pas moins que des doutes subsistent. Certains comparent le rapport à celui du Cinquantenaire de l'indépendance du Maroc. Intitulé «Cinquante ans de développement humain au Maroc et perspectives pour 2025», le fameux rapport, censé dégager les nouvelles orientations de développement du pays, a brillé par sa non-application. Et c’est ce que redoutent plusieurs observateurs. Le rapport du modèle de développement sera-t-il encore un énième rapport qui finira dans les tiroirs? Wait and see.


Liban: neuf blessés dans une frappes israélienne sur un hôpital

Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh.  Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban. (AFP)
Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh. Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban. (AFP)
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  • Le ministère a précisé que les différentes sections de l'hôpital, dont les urgences et l'unité de soins intensifs, ont été endommagées ainsi que des ambulances stationnées dans la cour de l'établissement
  • Il a mis en ligne une vidéo qui montre des éclats de verre dispersés dans l’un des couloirs de l’hôpital, des fenêtres et des portes soufflées, ainsi qu’un plafond effondré dans l’un des bureaux, tandis qu’un membre du personnel se trouve sur les lieux

BEYROUTH: Neuf personnes ont été blessées jeudi dans une frappe israélienne qui a endommagé un hôpital du sud du Liban, selon le ministère de la Santé, l'armée israélienne poursuivant ses raids malgré une trêve fragile avec le Hezbollah pro-iranien.

Dans un communiqué, le ministère a "vivement dénoncé" la frappe qui a "infligé de graves dégâts à l'hôpital gouvernemental de Tebnine".

Il a précisé que la frappe a fait "neuf blessés, parmi lesquels sept membres du personnel de l'hôpital dont cinq femmes".

Le ministère a précisé que les différentes sections de l'hôpital, dont les urgences et l'unité de soins intensifs, ont été endommagées ainsi que des ambulances stationnées dans la cour de l'établissement.

Il a mis en ligne une vidéo qui montre des éclats de verre dispersés dans l’un des couloirs de l’hôpital, des fenêtres et des portes soufflées, ainsi qu’un plafond effondré dans l’un des bureaux, tandis qu’un membre du personnel se trouve sur les lieux.

Le ministère avait indiqué mercredi que trois hôpitaux dans le sud avaient été fermés et 16 autres endommagés depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.

Les frappes israéliennes ont coûté la vie à 3.089 personnes au Liban, dont 116 secouristes et personnels de la santé, depuis le début des hostilités, selon le ministère de la Santé libanais.

Par ailleurs, ce même ministère a révisé jeudi à la hausse un bilan concernant une frappe sur la localité de Deir Qanun al-Nahr mardi qui a fait 14 morts, dont trois femmes et quatre enfants, contre 10 indiqué précédemment.

Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh.

Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban.

Il a dit avoir mené "une vaste attaque contre différentes positions" israéliennes dans trois localités au moyen de "drones d'attaques et de roquettes en salves répétées", selon un communiqué.

Un cessez-le-feu qui devait expirer le 17 mai a été prolongé de 45 jours à l'issue de négociations entre le Liban et Israël, inédites depuis des décennies, sous médiation américaine.

Le Liban a été plongé dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.

 


Washington annonce des sanctions visant des personnes considérées proches du Hezbollah

Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien. (AFP)
Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien. (AFP)
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  • Le gouvernement libanais a refusé mi-mars les lettres de créance de l'ambassadeur iranien et ordonné son départ du pays, mais M. Sheibani a refusé de quitter Beyrouth
  • La décision du gouvernement avait été vivement critiquée par le Hezbollah

WASHINGTON: Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien.

Parmi les cibles des sanctions du département américain du Trésor se trouvent l'ambassadeur désigné de l'Iran au Liban, Mohammad Reza Raouf Sheibani, des responsables des services de renseignement libanais, des alliés politiques du Hezbollah et quatre responsables du groupe.

L'un d'entre eux, Hassan Fadlallah, est un député du Hezbollah qui a également dirigé la radio (Al-Nour) et la télévision (Al-Manar) du mouvement.

Le gouvernement libanais a refusé mi-mars les lettres de créance de l'ambassadeur iranien et ordonné son départ du pays, mais M. Sheibani a refusé de quitter Beyrouth.

La décision du gouvernement avait été vivement critiquée par le Hezbollah.

"Le Hezbollah est une organisation terroriste qui doit être totalement désarmée. Le département du Trésor continuera de s'en prendre aux responsables ayant infiltré le gouvernement libanais et permettant au Hezbollah de mener sa campagne de violence sans but contre le peuple libanais et d'entraver la paix", a déclaré le secrétaire du Trésor, Scott Bessent, cité dans le communiqué.

En réaction, le Hezbollah a dénoncé dans un communiqué "une tentative d'intimidation américaine contre le peuple libanais (...) en soutien à l'agression" israélienne contre le Liban.

"Ces sanctions (...) nous confortent dans nos choix (...) et n'auront aucun impact concret sur nos choix (...) ni sur l'action entreprise pour défendre la souveraineté" du peuple libanais, a ajouté le mouvement.

Les sanctions impliquent le gel de l'ensemble des avoirs détenus directement et indirectement par les personnes ciblées ainsi que l'interdiction pour les citoyens et entreprises américains de mener des échanges avec elles.

Cette interdiction s'applique également aux entreprises étrangères si elles disposent d'une filière aux Etats-Unis ou réalisent une partie de leurs échanges en dollars.

Les sanctions visent aussi deux responsables du mouvement chiite Amal, allié du Hezbollah, qui a dénoncé une mesure "inacceptable et injustifiée", visant "en premier lieu le mouvement Amal et son rôle politique, attaché aux causes nationales ainsi qu'à la protection de l'Etat et de ses institutions".

Le Hezbollah estime par ailleurs que "le fait de cibler les officiers libanais à la veille des rencontres au Pentagone est une tentative évidente d'intimider nos institutions sécuritaires officielles et de soumettre l'Etat aux conditions de la tutelle américaine".

Des négociations, inédites depuis des décennies, sont en cours entre le Liban et Israël sous médiation américaine. Le Hezbollah s'y oppose. Le Pentagone doit accueillir une session de discussions le 29 mai en présence d'une délégation de l'armée libanaise.

Le Liban a été plongé début mars dans la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei. Des troupes israéliennes sont ensuite entrées dans le sud du Liban.

Bien qu'une trêve soit actuellement en cours, Israël et le Hezbollah poursuivent leurs affrontements.


Maroc: au moins quatre morts dans l'effondrement d'un immeuble à Fès

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  • Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur
  • Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales

RABAT: Au moins quatre personnes sont décédées jeudi dans l'effondrement d'un immeuble à Fès, dans le nord du Maroc, selon un bilan provisoire des autorités locales qui poursuivent leurs opérations à la recherche d'éventuelles autres victimes coincées sous les décombres.

Six autres personnes ont été blessées à des degrés divers dans l'effondrement de cet immeuble résidentiel de quatre étages, situé dans un quartier périphérique de cette ville, selon les mêmes sources, citées par l'agence officielle MAP.

Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur.

Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales.

Le périmètre de l'accident a été sécurisé et les habitants des immeubles mitoyens ont été évacués à titre préventif.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances et les causes du sinistre.

Début décembre, 22 personnes avaient été tuées dans l'effondrement de deux immeubles mitoyens déjà à Fès, le pire accident de ce type ces dernières années dans le pays.

Toujours à Fès, neuf personnes avaient péri en mai 2025 dans l'effondrement d'un immeuble d'habitation. En février 2024, cinq personnes étaient aussi mortes dans l'effondrement d'une maison dans la vieille ville.