Russie: perquisitions chez des opposants, l'ex-dirigeant d'Open Russia incarcéré

Selon l'organisation spécialisée OVD-Info et les médias polonais, Andreï Pivovarov s'apprêtait à rejoindre Varsovie. (Photo, AFP)
Selon l'organisation spécialisée OVD-Info et les médias polonais, Andreï Pivovarov s'apprêtait à rejoindre Varsovie. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 02 juin 2021

Russie: perquisitions chez des opposants, l'ex-dirigeant d'Open Russia incarcéré

  • Guennadi Goudkov estime que «c'est l'heure de la lâcheté et de la paranoïa en Russie»
  • L'UE a jugé que «cette affaire confirme une tendance continue du rétrécissement de l'espace pour la société civile, l'opposition et les voix critiques» en Russie

MOSCOU: La police russe a mené mardi des perquisitions chez plusieurs militants d'opposition et incarcéré l'ex-dirigeant de l'organisation Open Russia après l'avoir fait débarquer la veille au soir d'un vol qui allait décoller pour Varsovie.

"Il y a des perquisitions à ma datcha près de Kolomna, tout comme chez mon ancien collaborateur Alexandre Soloviov et mon directeur de campagne Vitali Venidiktov. Je n'en connais pas la raison formelle", a indiqué sur Telegram l'opposant et ex-député Dmitri Goudkov.

Son père, également ex-député, Guennadi Goudkov, a lui indiqué que la police perquisitionnait son ancien bureau "alors qu'il n'y a plus rien là-bas depuis huit ans".

"Je n'ai aucune idée de ce que l'on peut y chercher", a-t-il déclaré sur Twitter. Il a estimé qu'il s'agissait de "représailles contre toute la famille Goudkov. Une vengeance pour tout!"

Le Bélarus restreint les possibilités de quitter son territoire

Le Bélarus a restreint les possibilités pour ses habitants de quitter le pays par voie terrestre, n'autorisant plus que les titulaires d'un permis de séjour permanent dans un Etat étranger tandis que l'opposition dénonce une "violation absolue" de la loi.

Dans un message publié mardi sur Telegram, le service bélarusse des gardes-frontières a indiqué que seuls "les citoyens en possession d'un document confirmant leur autorisation de séjour permanente dans un Etat étranger" ont le droit de quitter le Bélarus.

Il ajoute qu'un "permis de séjour temporaire (...) ne constitue pas un motif pour voyager à l'étranger".

Le Bélarus avait mis en place en décembre 2020 des restrictions sur les voyages à l'étranger, officiellement dans le cadre de la pandémie de coronavirus. Quitter le pays par la route n'est dans tous les cas possible au maximum qu'une fois tous les six mois.

"Le régime de Loukachenko a sévèrement limité le droit des Bélarusses à voyager, affirmant que certains motifs ne sont pas suffisants pour quitter le Bélarusse", a commenté sur Twitter Valéri Kovalevsky, le conseiller aux affaires étrangères de la principale opposante Svetlana Tikhanovskaïa.

"Pourtant, la Constitution ne prévoit aucune condition", a-t-il ajouté, dénonçant une "violation absolue de la loi".

Les voyages par voie aérienne restent libres, mais les destinations possibles sont limitées depuis que l'Union européenne a interdit son espace aérien aux avions bélarusses, en réaction à l'arrestation d'un opposant à l'aéroport de Minsk après le déroutage de l'avion de ligne dans lequel il se trouvait.

Plusieurs dizaines de Bélarusses ont fui leur pays ces derniers mois, parfois en traversant illégalement la frontière, pour échapper à la vague de répression sanglante depuis la depuis la rééélection contestée du président Alexandre Loukachenko en août 2020.

La Lituanie voisine est notamment venue au secours de ces réfugiés, leur accordant des visas de six mois leur permettant de régulariser leur statut dans ce pays.

Dans la soirée, Guennadi Goudkov a annoncé l'arrestation de son fils pour "une affaire de loyers impayés en 2015", estimant que "c'est l'heure de la lâcheté et de la paranoïa en Russie".

Lundi soir, la police russe a en outre extirpé d'un avion prêt à décoller de l'aéroport de Saint-Pétersbourg Andreï Pivovarov, ancien directeur de l'organisation Open Russia fondée par l'oligarque en exil et détracteur du Kremlin Mikhaïl Khodorkovski.

"J'allais prendre l'avion pour aller me reposer, j'ai passé la douane, ils n'avaient pas de questions. L'avion avait déjà commencé à bouger, quand soudain il s'est arrêté. Les flics sont arrivés et m'ont fait sortir", a raconté l'opposant sur Twitter.

Le Comité d'enquête a laissé entendre dans un communiqué que M. Pivovarov est visé par une affaire criminelle pour "participation aux activités d'une ONG étrangère reconnue comme indésirable", passible de six ans de prison. Selon les enquêteurs, il a été arrêté alors qu'il "tentait de fuir" le pays.

Son avocat, Alexandre Valiavski, a indiqué à l'agence TASS que les enquêteurs ont demandé son placement en détention, l'audience pour décider des mesures prises contre lui étant prévue mercredi.

Des images diffusées sur le compte Twitter de l'opposant l'ont montré menotté et accompagné d'un groupe de policiers. Il a été transféré à Krasnodar (Sud), où l'enquête le visant a été diligentée.

Selon l'organisation spécialisée OVD-Info et les médias polonais, Andreï Pivovarov s'apprêtait à rejoindre Varsovie.

Dans un communiqué, l'Union européenne a appelé à sa libération "immédiate et sans condition" et jugé que "cette affaire confirme une tendance continue du rétrécissement de l'espace pour la société civile, l'opposition et les voix critiques" en Russie.

L'arrestation a aussi été critiquée par le ministre polonais des Affaires étrangères, Piotr Wawrzyk, qui a estimé à la télévision que "de telles actions ne peuvent pas être menées dans des pays démocratiques".

L'organisation Open Russia (Russie Ouverte) s'était auto-dissoute fin mai par crainte de poursuites contre ses membres, après avoir été classée "indésirable" en Russie selon les termes d'une loi promulguée en 2015.

La pression n'a cessé de s'accentuer sur l'opposition russe ces derniers mois, à l'approche des élections législatives de septembre.

Le principal détracteur du Kremlin, Alexeï Navalny, se trouve en prison et est visé par plusieurs autres affaires criminelles. Ses organisations ont été classées "extrémistes" et ont suspendu leurs activités par peur des poursuites.


Israël: les militants d'une nouvelle flottille en détention après leur interception en mer

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  • Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël
  • Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus

ASHDOD: Les autorités israéliennes ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention à Ashdod, dans le sud d'Israël, de centaines de militants propalestiniens arrêtés à bord d'une flottille à destination de Gaza, selon une ONG.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre des bateaux participant à une nouvelle "flottille pour Gaza".

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté" a déclaré Adalah.

Une cinquante de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que les 430 militants pourraient rencontrer leurs représentants consulaires.

"Cette flottille s'est une fois de plus révélée n'être rien de plus qu'un coup de communication au service du Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé plus tôt "un plan malveillant destiné à briser le blocus (...) imposé aux terroristes du Hamas".

Neuf ressortissants indonésiens, membres de la flottille, "ont été signalés comme ayant été arrêtés par Israël", a déclaré une porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, citant des informations datées de mercredi.

L'Indonésie a appelé Israël à libérer immédiatement tous les navires et membres d'équipage. Le journal indonésien Republika avait indiqué plus tôt que deux de ses journalistes figuraient parmi les personnes interpellées.

La Turquie et l'Espagne ont condamné l'interception. Les organisateurs ont indiqué que la flottille comptait également 15 citoyens irlandais, dont Margaret Connolly, la sœur de la présidente Catherine Connolly.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe. Deux d'entre eux ont été amenés en Israël, détenus pendant plusieurs jours puis expulsés.

 


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

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  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
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  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.