L'alliance pétrolière maintient sa production alors que le prix dépasse les 70 $

Le ministre saoudien de l'Énergie, le prince Abdelaziz ben Salmane, estime que les «nuages à l'horizon» ne se sont toujours pas dissipés concernant la reprise et la demande d'énergie (Capture d'écran)
Le ministre saoudien de l'Énergie, le prince Abdelaziz ben Salmane, estime que les «nuages à l'horizon» ne se sont toujours pas dissipés concernant la reprise et la demande d'énergie (Capture d'écran)
Short Url
Publié le Mercredi 02 juin 2021

L'alliance pétrolière maintient sa production alors que le prix dépasse les 70 $

  • Le ministre saoudien de l'Énergie affirme que la récente évolution du marché a confirmé que la décision d'augmenter progressivement la production était «la bonne»
  • La vision de l'Agence de l'énergie sur les investissements dans les hydrocarbures relève d’une «suite du film La La Land», déclare le ministre saoudien

DUBAÏ: L'alliance Opep+ des producteurs de pétrole dirigée par l'Arabie saoudite et la Russie a maintenu son offre à la hausse mardi alors que le prix du pétrole brut Brent, la référence mondiale, a augmenté et a dépassé le palier des 70 dollars (1 dollar = 0,82 euro) pour la première fois en plus de deux ans. 

Une réunion des ministres de l'Opep+ – d’une durée de trente minutes, l'une des plus courtes jamais enregistrées – a avalisé la décision de se tenir au projet d’augmenter l'offre de pétrole de plus de 2 millions de barils par jour d'ici à fin juillet, notant «l'amélioration continue de la demande de pétrole alors que le redressement économique se poursuit dans la plupart des régions du monde, favorisé par l’accélération des campagnes de vaccination contre la Covid-19». 

Le ministre saoudien de l'Énergie, le prince Abdelaziz ben Salmane, a déclaré que la demande montre d’«évidents signes d'amélioration» et que les grandes économies telles que les États-Unis et la Chine consomment plus de pétrole. 

Il estime toutefois que «les nuages à l'horizon» ne se sont toujours pas dissipés et exhorte donc l'Opep+ à surveiller la situation, ne serait-ce qu’une fois par mois. 

Le prince Abdelaziz n’a pas mâché ses mots dans son évaluation de l'opinion récente de l'Agence internationale de l'énergie selon laquelle il n'est pas nécessaire d'investir davantage dans les hydrocarbures, ce qui, selon lui, relève d’une «suite du film La La Land». 

Le ministre laisse entendre que le Royaume pourrait envisager une augmentation de sa production de pétrole par rapport au niveau actuel d'environ 8,5 millions de barils, mais précise qu'il n'y a aucun signe concret présageant l’augmentation de la demande plus tard cette année. «Je le croirai quand je le verrai de mes propres yeux», déclare-t-il. 

«L'Arabie saoudite n'est plus seulement un pays producteur de pétrole, mais un pays producteur d'énergie, et un pays très compétitif», soulignant les faibles coûts de production du pétrole et du gaz, ainsi que la baisse des coûts des énergies renouvelables telles que l’énergie solaire et l'hydrogène. «Nous allons être les gagnants dans tous ces domaines», affirme-t-il. 

Il souligne que la perspective d'un retour du pétrole iranien sur le marché à la suite d'un accord sur la politique nucléaire n’a pas été envisagée au cours de la réunion, une perspective pourtant annoncée comme imminente par certains analystes. «Le jury ne s’est pas encore prononcé», déclare-t-il. 

Lorsqu'il a été interrogé sur son éventuelle crainte que des prix plus élevés n'entraînent une augmentation de la production de schiste aux États-Unis, il a répondu: «Je ne m’en soucie pas plus que ça.» 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


France: la production industrielle recule de 0,1% en mai

Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
  • "Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note
  • En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%)

PARIS: Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi.

En avril, la production industrielle avait augmenté de 0,3% et la production manufacturière de 0,6%, après révision à la hausse.

Dans l'industrie manufacturière, la production est en repli dans tous les principaux secteurs, a précisé l'Institut national de la statistique et des études économiques: les matériels de transport (-2,8%) dont l'automobile (-4,7%), les biens d'équipement électriques, électroniques et informatiques (-2,3%), la cokéfaction et le raffinage (-9,0%), les "autres produits industriels comme la métallurgie, chimie et pharmacie (-0,4%) ainsi que les industries agro-alimentaires (-0,3%).

"Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note.

En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%). "La hausse qui concerne à la fois l'électricité et le gaz est due à une augmentation de la consommation liée aux températures fraîches en milieu de mois, puis à l'épisode caniculaire en fin de mois", a expliqué l'Insee.

Sur les trois derniers mois (mars à mai), par rapport à la même période en 2025, la production a augmenté de 2,4% dans l'industrie et de 2,2% dans l'industrie manufacturière.

Dans la construction, la production a progressé de 1,2% en mai sur un mois, mais elle s'inscrit en baisse de 2,3% sur les trois mois allant de mars à mai par rapport aux mêmes trois mois de l'an dernier.

Dans les prochains mois, "certains facteurs temporaires qui avaient bénéficié à l'industrie française, notamment la mise à l'arrêt de la production chez certains concurrents asiatiques, vont progressivement s'estomper avec l'apaisement de la situation au Moyen-Orient", a analysé Charlotte de Montpellier.

"D'autres facteurs continueront toutefois de soutenir l'activité, notamment la forte demande dans l'aéronautique et la hausse des dépenses de défense, qui bénéficie largement aux 5% de l'industrie française orientés vers l'armement", a-t-elle ajouté.

Selon elle, "l'industrie française devrait continuer à surperformer le secteur des services", affecté notamment par la faible confiance des ménages, "mais avec un peu moins d’élan qu’en début d’année", avec des répercussions sur la croissance.