Sri Lanka: le navire incendié a partiellement coulé, inquiétudes pour l'environnement

Du pétrole provenant de la poupe du navire près de la plage de Sarakkuwa, juste au nord de la capitale Colombo, le 2 juin 2021 (Photo, AFP)
Du pétrole provenant de la poupe du navire près de la plage de Sarakkuwa, juste au nord de la capitale Colombo, le 2 juin 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 02 juin 2021

Sri Lanka: le navire incendié a partiellement coulé, inquiétudes pour l'environnement

  • Le navire, qui transportait 25 tonnes d'acide nitrique et d'autres produits chimiques, ainsi que des conteneurs de matières plastiques, a brûlé pendant 13 jours au large de Colombo
  • Un photographe qui a atteint la zone en bateau a vu une étroite nappe de pétrole provenant de la poupe du navire

COLOMBO: Le porte-conteneurs MV X-Press Pearl, qui a déjà provoqué la pire catastrophe écologique maritime du Sri Lanka, a partiellement coulé, mercredi, avec près de 350 tonnes de pétrole dans ses réservoirs de carburant, suscitant de vives inquiétudes.  

Le navire, qui transportait 25 tonnes d'acide nitrique et d'autres produits chimiques, ainsi que des conteneurs de matières plastiques, a brûlé pendant 13 jours au large de Colombo avant que les secouristes ne parviennent finalement à éteindre l'incendie mardi.  

Mais les experts de la société de sauvetage néerlandaise Smit ont mis fin mercredi aux efforts déployés pour tenter d'éloigner le navire de 31.600 tonnes des côtes sri-lankaises, a déclaré le porte-parole de la Marine, Indika de Silva.  

La poupe a coulé à une profondeur de 22 mètres (72 pieds), près de Pamunugama, juste au nord de Colombo.  

« La proue est toujours à flot, mais la poupe est immergée et repose sur le fond de la mer », a précisé M. de Silva: « en conséquence, le remorquage a été arrêté ».  

Le navire de 186 mètres est toujours attaché à un puissant remorqueur, tandis que les experts réfléchissent à l'opportunité de tenter de le renflouer, a déclaré une source officielle impliquée dans l'opération.  

Une énorme quantité de plastique a déjà inondé les plages, et les autorités craignent désormais une catastrophe encore plus grande si les 297 tonnes de fioul lourd et les 51 tonnes de fioul marin du navire se déversent dans l'océan Indien.  

Nappe de pétrole  

Un photographe qui a atteint la zone en bateau a vu une étroite nappe de pétrole provenant de la poupe du navire.  

Du pétrole était déjà visible près des plages de Negombo, haut lieu du tourisme de l'île, à environ 40 kilomètres de la capitale, sans qu'il soit possible d'affirmer qu'il émane du porte-conteneurs.  

Selon Dan Gunasekera, avocat, spécialiste du transport maritime international, il faudra sans doute recourir à des plongeurs pour pomper le carburant des soutes pour plus de sûreté.  

« Nous pouvons supposer que, puisque le navire n'a que trois mois, il disposait de bons systèmes pour s'assurer qu'il n'y aurait pas de fuite des réservoirs de carburant dans une telle éventualité », a déclaré M. Gunasekera.  

Selon la Marine, un navire des garde-côtes indiens, se trouvant sur zone, est doté des équipements nécessaires pour faire face à toute fuite de pétrole.   

Le feu s'est déclaré à bord du navire alors qu'il était sur le point d'entrer dans le port de Colombo le 20 mai. Il n'a été éteint qu'après 13 jours d'efforts internationaux, avec l'aide de garde-côtes indiens et des experts de la société Smit.  

Pêcheurs privés de travail   

Des tonnes de granulés de plastique destinées à l'industrie de l'emballage ont déjà recouvert 80 kilomètres du littoral de l'ouest de l'île, qui subit ainsi la plus grave catastrophe écologique de son histoire.   

Le président sri-lankais Gotabaya Rajapaksa a demandé lundi à l'Australie d'aider son pays à évaluer les dommages écologiques, alors que l'île abrite l'une des plus riches biodiversités d'Asie du Sud.  

Le chef de l'Église catholique du Sri Lanka, le cardinal Malcolm Ranjith, a déploré que des milliers de pêcheurs se retrouvent privés de leur moyen de subsistance en raison de la pollution plastique.  

Le prélat a également appelé à poursuivre les autorités devant la justice pour avoir autorisé le navire à naviguer dans les eaux du Sri Lanka.  

Selon le clergé, la majorité des victimes de cette pollution appartiennent à la communauté catholique, minoritaire dans l'île.  

Le Sri Lanka a ouvert une enquête criminelle sur l'incendie et la pollution.  

Les autorités pensent que l'incendie a été provoqué par une fuite d'acide nitrique, remarquée par l'équipage dès le 11 mai, bien avant que le navire n'entre dans les eaux sri-lankaises.  

Les trois principaux membres de l'équipage, dont le capitaine et le chef mécanicien, tous deux de nationalité russe, devront rester sur l'île pendant toute la durée de l'enquête, a indiqué la police. Leurs passeports ont été confisqués mardi sur ordre d'un tribunal.  

Après le Sri Lanka, le navire devait faire route vers la Malaisie et Singapour, où il est immatriculé. 


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.

 

 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
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  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
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  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.