Hariri demande au gouvernement libanais de payer son dû au tribunal spécial

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Publié le Samedi 05 juin 2021

Hariri demande au gouvernement libanais de payer son dû au tribunal spécial

  • Le tribunal a été mis en place pour poursuivre les auteurs de l’assassinat du Premier ministre Rafic Hariri en 2005
  • Le Liban est de plus en plus menacé d’effondrement total en raison d’une crise financière aiguë

AMMAN : Le Premier ministre désigné Saad Hariri a demandé au gouvernement libanais de payer son dû au tribunal spécial et appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités, a indiqué son service de presse dans un communiqué publié samedi.

Ce tribunal, basé aux Pays-Bas, a annulé l’ouverture du nouveau procès d’un suspect condamné qui avait été fixée au 16 juin pour « manque de fonds ».

« En raison de l’incapacité de l’État libanais à s’acquitter de ses obligations à la lumière de la crise économique et financière étouffante que traverse notre peuple, et de l’incapacité de la communauté internationale à payer son dû, le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) a décidé d’arrêter le procès sur l’assassinat de Georges Hawi, et des deux anciens ministres Marwan Hamadé et Elias Al-Murr, ainsi que d’autres questions liées au procès de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri et de ses compagnons ».

Le TSL, qui a été mis en place pour poursuivre les auteurs de l’assassinat du Premier ministre Hariri en 2005, a annoncé cette semaine qu’il risquait de fermer ses portes d’ici la fin juillet si le gouvernement n’injectait pas de fonds.

« Nous demandons au gouvernement libanais de payer la contribution financière exigée et appelons la communauté internationale à assumer ses responsabilités et à s’acquitter de ses obligations concernant ces questions humanitaires relevant de la justice internationale », ajoute le communiqué.

Pour Hariri, l’abandon du tribunal spécial signifierait l’abandon de la justice et des droits de l’homme et encouragerait les assassinats politiques, l’impunité et « l’établissement de la loi de la jungle dans un pays comme le Liban qui se noie dans une mer de crises ».

Vendredi, le Liban a appelé l’ONU à rechercher d’urgence « d’autres sources » pour financer ce tribunal soutenu par l’ONU, chargé de statuer sur l’assassinat de Rafic Hariri, qui pourrait être fermé en raison d’un manque de liquidités.

Depuis son ouverture en 2009, le TSL aurait coûté entre 600 millions de dollars (493 millions d’euros) et 1 milliard de dollars. Il tire 51% de son budget des pays donateurs et le reste du Liban, qui traverse sa plus grave crise économique depuis la guerre civile de 1975-1990.

La Banque mondiale a indiqué cette semaine que la récession financière du Liban risquait de se classer parmi les pires depuis le milieu du 19e siècle.

« Sur la base de notre foi en la justice et de notre conviction en la liberté et la démocratie, nous appelons l’État libanais à payer la contribution financière qu’il doit et nous lançons un appel aux pays amis pour qu’ils soumettent leurs obligations financières au Tribunal spécial pour le Liban, car son travail permettrait de mettre fin aux meurtres politiques, d’établir le principe de non-impunité, de promouvoir une culture de la justice et de défendre les êtres humains et leur droit de vivre », déclare M. Hariri.

Rafic Hariri, qui avait démissionné de son poste de premier ministre en octobre 2004, a été tué en février 2005 dans un attentat suicide visant son convoi blindé.

L’attentat à Beyrouth a également fait 21 morts et 226 blessés.

Né d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies, le TSL a condamné l’an dernier par contumace Salim Ayyash, suspect du Hezbollah, à la prison à vie pour l’attentat au camion piégé de 2005.

Le tribunal était censé commencer la semaine prochaine un nouveau procès pour Ayyash, qui demeure introuvable, dans une affaire distincte concernant trois attentats contre des hommes politiques libanais entre 2004 et 2005.

(Avec AFP)

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 

 


Netanyahu affirme que la menace du Hezbollah impose la poursuite de l'action militaire au Liban

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé lundi que la menace des roquettes et drones du Hezbollah pro-iranien imposait la poursuite de l'action militaire au Liban, où les deux camps ont revendiqué de nouvelles attaques sur leurs positions respectives. (AFP)
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé lundi que la menace des roquettes et drones du Hezbollah pro-iranien imposait la poursuite de l'action militaire au Liban, où les deux camps ont revendiqué de nouvelles attaques sur leurs positions respectives. (AFP)
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  • Le président libanais Jospeh Aoun, et le mouvement chiite ont pour leur part échangé des accusations, au sujet des négociations directes prévues entre Israël et le Liban
  • Sur le terrain, de nouvelles frappes israéliennes ont visé lundi des localités dans le sud du Liban, selon l'agence nationale d'information (Ani, officielle)

BEYROUTH: Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé lundi que la menace des roquettes et drones du Hezbollah pro-iranien imposait la poursuite de l'action militaire au Liban, où les deux camps ont revendiqué de nouvelles attaques sur leurs positions respectives.

Le président libanais Jospeh Aoun, et le mouvement chiite ont pour leur part échangé des accusations, au sujet des négociations directes prévues entre Israël et le Liban.

M. Aoun a souligné que leur objectif était de mettre fin au conflit, ajoutant à l'intention du Hezbollah que la véritable "trahison" était d'avoir entraîné le Liban dans la guerre.

Le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, avait auparavant accusé les autorités libanaises d'avoir fait "des concessions gratuites et humiliantes".

"Naïm Qassem joue avec le feu, et ce feu brûlera le Hezbollah et tout le Liban", a averti le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, lors d'une rencontre avec l'envoyée de l'ONU au Liban.

Sur le terrain, de nouvelles frappes israéliennes ont visé lundi des localités dans le sud du Liban, selon l'agence nationale d'information (Ani, officielle).

L'armée israélienne a annoncé avoir commencé à frapper "des sites d'infrastructures du Hezbollah" dans la vallée de la Bekaa (est) et dans d'autres zones du sud.

Elle a affirmé avoir "détruit au cours des derniers jours plus de cinquante infrastructures terroristes dans le sud du Liban, y compris un complexe souterrain utilisé par le Hezbollah" pour des attaques contre Israël.

Le Hezbollah a pour sa part revendiqué de nouvelles attaques contre les troupes israéliennes déployées dans des localités frontalières du sud,  notamment contre un char Merkava à Kantara, et un bulldozer qui "démolissait des maisons dans la ville de Bint Jbeil".

"10% des missiles" 

Les deux parties s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril puis prolongé de trois semaines le 23 avril, après deux sessions de pourparlers à Washington au niveau des ambassadeurs libanais et israélien.

Selon M. Netanyahu, il "reste encore deux menaces principales venant du Hezbollah: les roquettes de type 122 et les drones. Cela exige une combinaison d'actions opérationnelles et technologiques", a-t-il affirmé devant des gradés.

Selon lui, le mouvement dispose encore "d’environ 10% des missiles" qu'il détenait au début de la guerre, déclenchée le 2 mars par des tirs du Hezbollah sur Israël en riposte à l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, rendu public par le département d'Etat américain, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours".

Ses forces ont délimité par une "ligne jaune" une zone le long de la frontière pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens.

"Pas d'accord humiliant" 

"Mon objectif est de parvenir à la fin de l'état de guerre avec Israël", a affirmé M. Aoun, assurant qu'il "n'accepterait pas un accord humiliant".

"Ce que nous faisons n'est pas une trahison, la trahison est plutôt commise par ceux qui entraînent le pays dans une guerre au profit d'intérêts étrangers", a-t-il rétorqué au mouvement chiite.

Ce dernier, qui dénonce une "capitulation" et se pose en défenseur de la souveraineté territoriale du Liban, "refuse catégoriquement de négocier directement avec Israël", a réaffirmé lundi son chef, dans un communiqué lu par la chaîne al-Manar, affiliée au mouvement.

Il a demandé au gouvernement libanais de renoncer à "un grave pêché qui place le Liban dans un cycle d'instabilité", ajoutant que son mouvement, dont Israël exige le désarmement, ne renoncerait pas à ses armes.

Le chef d'état-major de l'armée israélienne, Eyal Zamir, a pour sa part affirmé que 2026 "pourrait encore être une année de combats" sur tous les fronts.

Selon des chiffres de l'AFP fondés sur des sources officielles libanaises, les opérations israéliennes ont fait depuis le début de la trêve au moins 36 morts, dont 14 dimanche.

Depuis le 2 mars, la campagne militaire israélienne a tué 2.521 personnes et en a blessé 7.804 blessées, selon le dernier bilan du ministère de la Santé.

Côté israélien, 16 soldats ont été tués au Liban depuis le 2 mars, dont un dimanche, selon les autorités.


Le chef de la diplomatie iranienne accuse depuis Saint-Pétersbourg les Etats-Unis de l'échec des discussions au Pakistan 

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
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  • "Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives"
  • Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères a accusé lundi les Etats-Unis d'être responsables de l'échec des pourparlers de paix au Pakistan, après son arrivée en Russie où il doit rencontrer le président Vladimir Poutine.

"Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives", a-t-il déclaré, cité par les médias d'Etat iraniens. Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique.

 

 


Liban: le Hezbollah refuse «catégoriquement» les négociations directes avec Israël

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
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  • "Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité"
  • Le président libanais dit au Hezbollah que "la trahison" est d'entraîner le pays dans la guerre

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a réaffirmé lundi son refus des négociations directes entre Beyrouth et Israël, estimant qu'elles risquaient d'entraîner le Liban dans un "cycle d'instabilité".

"Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité", a déclaré le chef du groupe pro-iranien dans un communiqué lu par la chaîne al-Manar, qui lui est affiliée.

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine.