La justice libanaise simulera l’opération de soudage qui a précédé l’explosion de Beyrouth

Des pelleteuses retirent de la terre sur le site de l’explosion à côté des silos du port de Beyrouth, le 16 août 2020, au lendemain de l’explosion massive qui a ravagé la capitale libanaise. (Photo, AFP)
Des pelleteuses retirent de la terre sur le site de l’explosion à côté des silos du port de Beyrouth, le 16 août 2020, au lendemain de l’explosion massive qui a ravagé la capitale libanaise. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 06 juin 2021

La justice libanaise simulera l’opération de soudage qui a précédé l’explosion de Beyrouth

  • Plus de 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium, qui étaient entreposées au port de Beyrouth depuis 2014 à proximité de feux d’artifice, ont explosé, détruisant des centaines de maisons et d’appartements et laissant un cratère de 40 mètres de profondeur
  • «Une attaque de missile est l’une des trois théories possibles ; la deuxième est qu’une erreur de soudure a conduit à l’incendie qui a provoqué l’explosion, et la troisième est que l’incendie était intentionnel», explique le magistrat

BEYROUTH : Dix mois se sont écoulés depuis l’explosion du port de Beyrouth, qui a eu lieu le 4 août 2020, et la justice libanaise n’a toujours pas déterminé la cause de l’explosion massive qui a fait plus de 215 morts et 6 000 blessés.

Depuis lors, 19 personnes ont été arrêtées, y compris des officiers des départements de la Sûreté de l’État et de la Sûreté générale, et des dizaines de personnes ont été convoquées pour être interrogées, y compris des hauts responsables, tels que le Premier ministre sortant Hassan Diab, un ancien ministre, deux députés actuels et le directeur général de la sûreté de l’État, le général de division Tony Saliba.

Le juge Tarek Bitar, qui a repris l’affaire il y a trois mois après que son prédécesseur, le juge Fadi Sawan, a été démis de ses fonctions par la Cour de cassation libanaise, a récemment déclaré aux journalistes qu’il avait exclu la possibilité que l’explosion ait été causée par une « attaque à la roquette ».

M. Bitar a fondé son jugement sur un rapport établi par des experts médico-légaux français qui n’ont trouvé aucun vestige de missile dans la zone portuaire.

« Une attaque de missile est l’une des trois théories possibles ; la deuxième est qu’une erreur de soudure a conduit à l’incendie qui a provoqué l’explosion, et la troisième est que l’incendie était intentionnel », explique le magistrat.

Il a indiqué qu’il était à 80% certain de pouvoir exclure la théorie d’une attaque de missile et a ajouté que « le travail se poursuit pour déterminer laquelle des deux possibilités restantes est la cause de l’explosion ».

Dans sa réunion avec les journalistes, le juge Bitar semblait s’apprêter à annoncer la fin prochaine des enquêtes techniques et à passer à la phase de convocation.

Une source judiciaire a affirmé à Arab News que « des responsables sécuritaires et politiques, et même des juges, seront convoqués pour être interrogés dans les semaines à venir ».

Contrairement à son prédécesseur, M. Bitar utilisera des moyens judiciaires et constitutionnels pour poursuivre les responsables qui bénéficient d’une immunité.

Le 10 décembre 2020, le juge Sawan avait convoqué Hassan Diab et trois anciens ministres pour leur négligence, mais aucun d’entre eux ne s’est présenté. M. Sawan avait prévu de les interroger en tant que « défendeurs ».

Le 18 février 2021, ce dernier a été dessaisi de l’affaire.

Le juge Bitar a confié aux journalistes qu’il « pourrait subir des pressions dans les semaines à venir, mais qu’il dira toujours la vérité » et qu’il « soumettra son acte d’accusation au conseil judiciaire avant la fin de l’année, avec des preuves matérielles pour poursuivre les personnes à l’origine de l’explosion ».

Plus de 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium, qui étaient entreposées au port de Beyrouth depuis 2014 à proximité de feux d’artifice, ont explosé, détruisant des centaines de maisons et d’appartements et laissant un cratère de 40 mètres de profondeur.

Dans son enquête, M. Bitar cherche à découvrir « les causes de l’explosion, les responsables de la cargaison d’ammonium et ses sources, et les raisons pour lesquelles elle a été conservée à Beyrouth pendant sept ans ».

Tout comme son prédécesseur, le juge Bitar a souligné que la « négligence » était l’une des causes.

Une simulation du processus de soudage qui a précédé l’explosion devrait avoir lieu dans les prochaines semaines, au même endroit et avec les mêmes appareils que ceux utilisés pour souder la porte du hangar 12.

Les trois soudeurs qui ont effectué cette mission ont été arrêtés, ainsi que les propriétaires de l’entreprise chargée des travaux de soudure dans le port.

La source judiciaire a également mentionné à Arab News que M. Bitar pourrait convoquer les juges qui étaient conscients des dangers de la cargaison de nitrate d’ammonium dans le port et qui n’ont rien fait à ce sujet ».

Depuis l’explosion, les familles des victimes organisent des manifestations dans la zone portuaire le quatrième jour de chaque mois. Ce mois-ci, elles ont menacé de prendre d’assaut le parlement si l’immunité des accusés n’était pas levée.

« Plus de 300 jours se sont écoulés depuis le massacre et les responsables n’ont toujours pas pris la peine de présenter ne serait-ce que des excuses, craignant d’assumer une quelconque responsabilité », déplore Ibrahim Hteit, porte-parole des familles des victimes.

Il a assuré que les familles « ne permettront à aucune entreprise ou investisseur de poser une pierre ou de reconstruire le port tant que la vérité n’aura pas été révélée ».

M. Hteit et les familles ont rejeté la faute sur la justice qui, selon eux, « obéit aux ordres politiques ».

Il estime qu’il est « crucial de lever l’immunité des députés pour découvrir la vérité, et les blocs parlementaires sont invités à nous aider, s’ils le souhaitent. Cependant, tout bloc qui s’abstient ou qui ne vote pas en faveur de cette mesure sera considéré comme complice et deviendra notre ennemi ».

« Les familles se préparent à organiser plusieurs sit-in devant le Parlement », ajoute-t-il.

Les photos des victimes de l’explosion sont affichées sur les murs du cœur de Beyrouth et de la route menant au port. Vendredi, un livre intitulé Cendres vivantes a été publié, contenant les témoignages de 203 familles ayant perdu des proches dans l’explosion.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Deux militaires des Émirats arabes unis tués, l'Iran poursuit ses frappes dans le Golfe

Le 8 mars 2026, des immeubles de grande hauteur se dressent sous un ciel couvert le long de la corniche de Doha. (File/AFP)
Le 8 mars 2026, des immeubles de grande hauteur se dressent sous un ciel couvert le long de la corniche de Doha. (File/AFP)
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  • De fortes explosions ont été entendues à Doha
  • Les défenses aériennes des Émirats arabes unis ont déclaré avoir détecté 15 missiles balistiques.

DUBAI : Les défenses aériennes du Qatar et des Émirats arabes unis ont intercepté des missiles et des drones lundi, alors que le conflit avec l'Iran continue de se propager dans le Golfe, les autorités des deux pays faisant état d'explosions et d'interceptions aériennes.

Les Émirats arabes unis ont déclaré que deux membres des forces armées ont été tués à la suite du crash d'un hélicoptère dû à une défaillance technique alors qu'ils exerçaient leurs fonctions dans le pays lundi.

Le ministère de la défense a présenté "ses plus sincères condoléances et sa sympathie aux familles".

Le ministère de la défense du Qatar a indiqué que les forces armées avaient intercepté une attaque au missile.

Des témoins de l'agence Reuters et des journalistes de l'AFP ont également rapporté avoir entendu de fortes explosions à Doha.

Les défenses aériennes des Émirats arabes unis ont déclaré avoir détecté 15 missiles balistiques, dont 12 ont été détruits, tandis que 3 missiles sont tombés en mer.

Au total, 18 drones ont également été détectés, dont 17 ont été interceptés, tandis qu'un autre est tombé à l'intérieur du territoire national.

Depuis le début de la guerre, les Émirats arabes unis ont déclaré avoir intercepté 233 des 253 missiles balistiques, 1 359 des 1 440 drones et détruit 8 missiles de croisière.

Ces attaques ont fait 4 morts parmi les ressortissants pakistanais, népalais et bangladais, et 117 personnes ont été légèrement blessées.


Un mort après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël

 Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave. (AFP)
Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave. (AFP)
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  • Des images tournées par l'AFP ont montré des équipes de secouristes et forces de sécurité déployées dans une rue de la localité de Yehud, dans le centre d'Israël, allant ensuite inspecter un bâtiment voisin
  • Sur place, un journaliste de l'AFP a vu un monte-charge explosé sous l'effet d'un impact, qui a touché selon les secouristes une structure bétonnée encore en construction

YEHUD: Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave.

Des images tournées par l'AFP ont montré des équipes de secouristes et forces de sécurité déployées dans une rue de la localité de Yehud, dans le centre d'Israël, allant ensuite inspecter un bâtiment voisin.

Sur place, un journaliste de l'AFP a vu un monte-charge explosé sous l'effet d'un impact, qui a touché selon les secouristes une structure bétonnée encore en construction.

"Immédiatement après l'activation des sirènes", des équipes de secours ont été dépêchées "sur plusieurs sites du centre d'Israël", parmi lesquels le chantier de Yehud, a déclaré le Magen David Adom (MDA), l'équivalent israélien de la Croix-Rouge.

Deux hommes "souffrant de blessures graves provoquées par des débris" ont été dégagés des décombres, et l'un est décédé peu après, a ajouté le MDA.

"La situation était difficile. Les deux victimes gisaient inconscientes et souffraient de graves blessures dues à des débris", a témoigné Liz Goral, une ambulancière paramédicale du MDA, citée dans un communiqué.

Le chef de l'opposition israélienne, Yaïr Lapid, qui s'est rendu sur les lieux, a affirmé aux journalistes que "l'Iran visait des civils de manière délibérée".

"Voyez-vous des installations militaires autour de vous?", a-t-il dit, "ce qu'ils essaient de faire, c'est de transformer cette guerre, d'une guerre entre armées en une guerre contre les civils".

Dans une rue de Bat Yam, une autre localité frappée au sud de Tel-Aviv, un photographe de l'AFP a vu une voiture écrasée alors que les forces de sécurité inspectaient les lieux.

L'armée a indiqué que des soldats menaient des recherches sur plusieurs sites touchés dans le centre d'Israël.

Selon les services de secours, 11 personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées, dont trois grièvement, après des tirs de missiles en Israël depuis le début de la guerre avec l'Iran, le 28 février, déclenchée par une offensive israélo-américaine massive contre la République islamique.

 

 


L'émir du Koweït condamne l'attaque «brutale» de l'Iran contre son pays

L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes. (AFP)
L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes. (AFP)
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  • "Notre pays a été la cible d'une attaque brutale de la part d'un pays musulman voisin, que nous considérons comme ami, alors même que nous n'avons autorisé l'utilisation ni de notre territoire, ni de notre espace aérien"
  • Il a également réaffirmé le "droit plein et inhérent du Koweït à la légitime défense", s'exprimant pour la première fois depuis le début des attaques iraniennes le 28 février

KOWEIT: L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes.

"Notre pays a été la cible d'une attaque brutale de la part d'un pays musulman voisin, que nous considérons comme ami, alors même que nous n'avons autorisé l'utilisation ni de notre territoire, ni de notre espace aérien, ni de nos côtes pour aucune action militaire contre lui, et que nous le leur avons répété à maintes reprises par nos canaux diplomatiques", a déclaré l'émir, Mechaal al-Ahmad Al-Sabah, dans un discours télévisé.

Il a également réaffirmé le "droit plein et inhérent du Koweït à la légitime défense", s'exprimant pour la première fois depuis le début des attaques iraniennes le 28 février.