SoftBank Vision Fund accélère ses investissements dans les hautes technologies

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Publié le Lundi 07 juin 2021

SoftBank Vision Fund accélère ses investissements dans les hautes technologies

  • Rajeev Misra a tenu ces propos sur Frankly Speaking, une série de conversations vidéo avec des décideurs de premier plan
  • Le Fonds d'investissement public d'Arabie saoudite a été le plus gros bailleur de fonds du premier Fonds Vision, avec une participation de 45 milliards de dollars

DUBAΪ: D'autres fonds de plusieurs milliards de dollars pour Vision doivent être investis dans des startups de haute technologie à travers le monde, y compris en Arabie saoudite, au cours des prochaines années. 

Rajeev Misra, le directeur général de l'entreprise qui supervise actuellement 130 milliards de dollars (106 milliards d’euros) d'investissements mondiaux dans la haute technologie, déclare à Arab News que d'autres fonds seront prévus une fois que l'argent de Vision Fund 2 sera entièrement investi. « Il y aura de nombreux Fonds Vision au cours des prochaines décennies », dit-il. 

 

Interviewé sur Frankly Speaking, la série de conversations vidéo avec des décideurs mondiaux, Misra révèle également les plans du premier investissement du fonds dans une entreprise saoudienne, sa stratégie pour créer des emplois et des entreprises au Royaume, et sa volonté d'attirer de grands investisseurs du Moyen-Orient pour injecter des fonds. 

« Nous existons grâce à eux. Le Vision Fund est un effort conjoint de nos deux principaux partenaires – le Royaume d'Arabie saoudite et Mubadala des Émirats arabes unis – et chaque fois qu'ils décideront de se joindre au prochain, nous serons ravis », précise-t-il. 

Le Fonds d'investissement public d'Arabie saoudite était le plus gros bailleur de fonds du premier Vision Fund, avec une participation de 45 milliards de dollars sur un total d'environ 100 milliards de dollars, mais Mubadala et le PIF ont refusé de participer à Vision Fund 2, qui a été lancé avec un portefeuille d'investissement de 30 milliards de dollars soutenu par SoftBank du Japon. 

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Rajeev Misra

Une fois que Vision Fund 2 sera entièrement investi – environ 20 milliards de dollars ont été dépensés jusqu'à présent – ​​Misra et son équipe se tourneront vers d'autres fonds. "Il y aura Vision Fund 3, il y aura Vision Fund 4. L'important est de créer une infrastructure de 450 employés dans 11 bureaux qui pourront continuer le travail pendant les 10, 12 ou 20 prochaines années", souligne-t-il. 

La confiance de Misra est renforcée par la grande contribution qu'il a apportée récemment aux bénéfices de SoftBank of Japan. L'investisseur légendaire Masayoshi Son, fondateur et directeur général du géant financier, a déclaré le plus gros profit jamais réalisé par une entreprise japonaise, 46 milliards de dollars, la majeure partie provenant des retours du Fonds Vision. 

Misra reconnait que Vision Fund a bénéficié de la vigueur des marchés financiers de la crise pandémique, lorsque les gouvernements sont intervenus avec de gros plans de relance et que les actions technologiques ont explosé en raison de nouveaux modes de travail et de voyage. 

 Le « Covid-19 l'année dernière a validé notre vision et l'a considérablement accélérée. Cela serait arrivé de toute façon ; ça a juste accéléré (les choses) de quelques années. La pandémie a catalysé l'adoption de services numériques. Les marchés ont aidé. Le dynamisme des marchés est important, mais les entreprises doivent faire des bénéfices. Un mauvais investissement, même sur un bon marché, ne vous rapporte pas d'argent », déclare Misra. 

Les fonds Vision ont bénéficié d'une série d'offres publiques initiales (IPO) réussies, notamment plusieurs milliards de dollars réalisés sur l'offre publique du groupe de commerce électronique sud-coréen Coupang à New York. 

« Nous avons eu plusieurs introductions en bourse qui ont généré d'énormes bénéfices au cours des cinq derniers mois. Coupang en est un résultat passionnant et c'est une histoire incroyable parce que nous sommes restés avec Coupang même lorsqu'ils n'allaient pas bien », dit Misra. 

Les investissements du PIF et de Mubadala en 2018 étaient motivés en partie par la volonté de rendements financiers dans le secteur technologique en forte croissance, mais aussi par la nécessité de créer des emplois et d'attirer des start-ups au Moyen-Orient issues des sociétés du portefeuille de Vision Fund. 

Misra explique à Arab News qu'il était « sur le point » de faire un premier investissement du fonds dans une société saoudienne – une société de messagerie – mais il a refusé de livrer des détails jusqu'à ce que la société elle-même en fasse l'annonce. Un accord pourrait être dévoilé au cours de la semaine prochaine, ajoute-t-il. 

« Je pense que nous avons créé des milliers d'emplois dans les sociétés de notre portefeuille dans la région, que ce soit dans la construction, que ce soit dans l'hôtellerie ou la technologie. Et nous travaillons en étroite collaboration non seulement avec le PIF mais aussi avec le ministère de l'Investissement pour ce faire. Nous sommes un fonds de quatre ans, donc cela va continuer au cours des prochaines années », précise-t-il. 

Misra est administrateur de la King Abdullah University of Science and Technology (KAUST). « C'est l'une des meilleures universités scientifiques au monde. Il y a des talents incroyables en Arabie saoudite », dit-il. 

« Les opportunités d'investissement sont illimitées dans tous les secteurs. C'est une population de 30 millions d'habitants, elle est jeune, elle grandit. Il existe un leadership dynamique. Riyad a des plans ambitieux pour devenir le centre d'affaires de la région. 

« L'annonce récente pour attirer le siège régional implique d'énormes incitations à la réinstallation. Je veux dire que Riyad a récemment été reconnue dans le top 15 des villes les plus entrepreneuriales. À l'échelle mondiale, je pense que cela attire d'énormes investissements étrangers, y compris, comme je l'ai dit, du Vision Fund, avec notre premier investissement dans une entreprise locale. 

Misra est catégorique sur le fait que la stratégie de base du fonds - investir dans des sociétés de haute technologie en phase de démarrage - est la bonne, et rejette toute suggestion d'un crash des valorisations du secteur technologique. 

« La révolution technologique ne fait que s'accélérer. Pas seulement avec les industries habituelles comme le commerce électronique ou la livraison alimentaire, mais cela s'accélère dans les sciences de la vie. Dans les grandes industries, quelles sont les deux plus grandes industries qui ont un impact sur notre PIB ? Santé et éducation », dit-il. 

« Au cours des cinq prochaines années, des centaines de milliards de dollars seront générés avec des soins de santé personnalisés, la réduction des coûts des soins de santé et la médecine personnalisée. 

« Également dans la démocratisation de l'éducation en ligne, où elle sera accessible et alimentera une offre en ligne de qualité. Vous aurez des écoles secondaires et des collèges en ligne offrant une éducation à l'Ivy League dans le monde. Nous pensons que l'IA transformera toutes les industries du monde. » 

« La technologie ne va nulle part. La technologie est comme ce qu'est l'ADN humain dans votre existence quotidienne - elle est étroitement liée à vous. Soit vous l'adoptez, soit l'entreprise fait faillite. 

Le Fonds Vision a connu par le passé des problèmes de gouvernance très médiatisés, notamment la disparition de l'introduction en bourse de WeWork en 2019 et des révélations ultérieures sur des conflits d'intérêts impliquant les fondateurs de la société de bureaux. Certains critiques ont indiqué avoir détecté une «culture du Far West» dans les sociétés du portefeuille de Vision Fund. 

Misra désapprouve. « Dans le Fonds 1, nous avons 85 sociétés en portefeuille. Dans le Fonds 2, nous avons 70 ou 80 sociétés. Nous prenons des participations minoritaires dans ces sociétés. Nous ne dirigeons pas ces entreprises. Nous siégeons au conseil d’administration. Nous gardons un œil sur elles, mais nous ne les gérons pas au quotidien. 

«Mais nous avons fait des erreurs et nous en avons tiré des leçons. Depuis, nous avons subi un revirement majeur et maintenant nous veillons à ce qu'il n'y ait pas de conflits d'intérêts avec le fondateur. 

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Frank Kane

Concernant l'engouement actuel pour les sociétés d'acquisition à vocation spécifique (SPAC), que certains ont qualifiées de sociétés « à chèque en blanc », il déclare qu'il y a des avantages à accélérer la progression vers une cotation en bourse, mais souligne qu'aucune société du portefeuille du Fonds Vision n'a utilisé le fonds propre du SPAC pour entrer en bourse. 

« Ce qu’il faut retenir c’est qu’une fois qu’une entreprise entre en bourse, elle doit y être prête. Vous devez comprendre que vous devez vous lever chaque trimestre et expliquer aux analystes et aux actionnaires votre rendement », explique-t-il. 

Misra a tenu à rendre hommage à Son, le fondateur de SoftBank qui est souvent décrit comme un « visionnaire » dans le monde de l'investissement high-tech. Il a rappelé comment Son a investi des milliards dans un petit opérateur de téléphonie mobile au Japon en 2006, juste avant le lancement du smartphone. 

« Il a dit : ‘Rajeev, tu ne comprends pas. Les gens ne travailleront plus depuis leur bureau. Ils vont utiliser des téléphones pour calculer, je le vois se produire au cours des 10 prochaines années et je suis prêt à faire ce pari. »

« Cela prouve sa capacite visionnaire - il a compris 10 ans à l’avance et était prêt à investir 20 milliards de dollars dans un marché hautement concurrentiel alors que la capitalisation boursière de SoftBank était de 9 milliards de dollars. »

Misra ajoute : « C'était il y a 15 ans, et tout s'est réalisé. »

Twitter : @frankanedubai 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com 


La France mobilise 98 entreprises au World Health Expo Dubai 2026

Le pavillon France au World Health Expo Dubai 2026 réunit 98 entreprises françaises venues présenter leurs innovations en technologies médicales, e-santé et infrastructures hospitalières. (Photo: fournie)
Le pavillon France au World Health Expo Dubai 2026 réunit 98 entreprises françaises venues présenter leurs innovations en technologies médicales, e-santé et infrastructures hospitalières. (Photo: fournie)
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  • 98 entreprises françaises présentent leurs innovations en santé au World Health Expo Dubai 2026, principal salon médical du Moyen-Orient
  • La coopération franco-émirienne s’intensifie autour de l’IA, des biotechnologies et de la modernisation des infrastructures de santé

DUBAÏ: À l’occasion de la 50e édition du World Health Expo Dubai (anciennement Arab Health), qui s’est tenue du 9 au 12 février 2026 au Dubai Exhibition Center – Expo City, la France a déployé une délégation exceptionnelle de 98 entreprises réunies sous la bannière French Healthcare. Une présence stratégique au cœur du principal rendez-vous de la santé au Moyen-Orient.

Réparties dans les halls Medical Devices (S5), Orthopedics & Rehabilitation (N37) et Radiology & Medical Imaging (N21), les entreprises françaises présentent un éventail complet d’innovations couvrant les technologies médicales, l’ingénierie hospitalière, les produits pharmaceutiques et la e-santé. L’objectif : illustrer l’engagement français en faveur d’une médecine de précision, durable et centrée sur le patient.

Cette mobilisation intervient alors que les Émirats arabes unis accélèrent la transformation de leur système de santé dans le cadre de la Vision 2071. En 2025, Dubaï comptait près de 5 000 établissements de santé, confirmant son ambition de devenir un hub mondial de l’excellence médicale et du tourisme de santé. Intelligence artificielle, plateformes numériques unifiées et automatisation réglementaire façonnent désormais l’écosystème sanitaire local.

Dans ce contexte, la France renforce son rôle de partenaire clé. En 2024, elle s’est hissée au quatrième rang des fournisseurs pharmaceutiques des Émirats, avec 298,5 millions de dollars d’exportations, en nette progression. Ses expertises en génomique, biotechnologies, IA et santé prédictive répondent directement aux priorités stratégiques émiriennes.

Les relations institutionnelles se sont intensifiées ces dernières années. Le 16e Dialogue stratégique UAE–France, organisé à Abu Dhabi en mai 2024, a consolidé les coopérations dans la santé, les technologies avancées et la recherche. En avril 2025, les French Healthcare Days, organisés lors de l’Abu Dhabi Global Health Week, ont permis à six innovateurs français de multiplier visites hospitalières et rencontres B2B avec le Department of Health – Abu Dhabi.

En mai 2025, le 17e Dialogue stratégique, à Paris, a confirmé la santé parmi les six priorités communes, ouvrant la voie à de nouveaux programmes académiques conjoints et projets de recherche.

Des innovations intégrées au service de la pratique clinique

Au pavillon France, plusieurs entreprises illustrent cette approche intégrée :

  • DMS Imaging et Delmont Imaging présentent des plateformes avancées en radiologie et hystéroscopie, intégrant des analyses pilotées par IA pour favoriser la détection précoce et les interventions mini-invasives.
  • Nutrisens propose des solutions de nutrition médicale fondées sur des preuves scientifiques, essentielles en périopératoire et dans la gestion des maladies chroniques.
  • DessinTey développe des systèmes de rééducation destinés à restaurer la mobilité fonctionnelle et accélérer la récupération post-traumatique.
  • Nateosanté intègre la qualité de l’air dans les parcours cliniques grâce à des dispositifs connectés, contribuant à réduire les risques infectieux nosocomiaux.
  • Praticima optimise la logistique hospitalière et la gestion des médicaments, renforçant sécurité et efficience.

« La France est reconnue pour ses normes de qualité exigeantes, ses cadres réglementaires robustes et sa culture d’innovation fondée sur la recherche. Ces atouts en font un partenaire fiable pour les Émirats arabes unis et l’ensemble du Moyen-Orient », souligne Axel Baroux, directeur Business France Proche et Moyen-Orient.

Portée par l’innovation opérationnelle, la participation française au World Health Expo Dubai 2026 reflète une ambition commune : bâtir des systèmes de santé performants, durables et centrés sur le patient pour les décennies à venir.


ArcelorMittal confirme la construction à Dunkerque de son plus gros four électrique en Europe

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) observe les nouvelles lignes de production lors de sa visite de la nouvelle installation de production d’acier électrique d’ArcelorMittal à Mardyck, dans le nord de la France, le 10 février 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à gauche) observe les nouvelles lignes de production lors de sa visite de la nouvelle installation de production d’acier électrique d’ArcelorMittal à Mardyck, dans le nord de la France, le 10 février 2026. (AFP)
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  • ArcelorMittal investit 1,3 milliard d’euros dans un four électrique de 2 Mt/an à Dunkerque, le plus grand d’Europe, avec un démarrage prévu en 2029 et un financement public couvrant 50 % via les CEE
  • Le projet marque un tournant vers la décarbonation de l’acier (60 % recyclé), tout en maintenant une production stable du site, soutenu par des mesures européennes de protection du marché et un contrat énergétique de long terme avec EDF

DUNKERQUE: Le sidérurgiste ArcelorMittal a confirmé mardi la construction d'un four électrique d'une capacité de deux millions de tonnes d'acier par an sur son site de Dunkerque, ce qui en fait son plus gros en Europe, destiné à remplacer un des deux hauts-fourneaux du site.

Le projet annoncé en janvier 2024 par le géant de l'acier, comprenant initialement deux fours et chiffré jusqu'à 1,8 milliard d'euros, concerne finalement un four électrique, pour un montant de 1,3 milliard d'euros, a précisé ArcelorMittal.

Le début des travaux est prévu "dans les semaines qui viennent" et le démarrage du four "courant 2029" a précisé le président d'ArcelorMittal Fance, Alain Grix de la Salle peu avant l'annonce officielle en présence du président Emmanuel Macron.

L'investissement sera financé à hauteur de 50% via le mécanisme de certificats d'économie d'énergie (CEE), un dispositif encadré par l'Etat qui oblige les fournisseurs d'énergie à financer des projets visant à réduire la consommation d'énergie.

L'un des deux haut-fourneaux de Dunkerque sera arrêté lorsque le four électrique sera "en rythme de production normale", c'est-à-dire dans les "années à peu près 2030", a-t-il précisé, ajoutant que le site doit garder "un niveau total de production stable" à 5,5 millions de tonnes.

Les hauts-fourneaux fabriquent de l'acier à partir de matières premières brutes, tandis que le four annoncé fonctionnera à 60% avec de l'acier recyclé.

ArcelorMital a salué dans un communiqué "les progrès accomplis par la Commission européenne", citant les restrictions sur les importations d'acier en Europe, dont le groupe espère qu'elles seront mises en oeuvre avant le 1er juillet, et le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières.

Le PDG d'ArcelorMittal, Aditya Mittal, a remercié dans un communiqué M. Macron et le gouvernement français pour "leur soutien, et en particulier leur mobilisation pour faire évoluer les mécanismes de défense du marché de l'acier" qui "vont bénéficier à l'ensemble de l'industrie de l'acier en Europe, à commencer par Dunkerque".

Avec deux fours électriques en cours d'agrandissement à Sestao en Espagne, ArcelorMittal prévoit d'avoir "une capacité proche de 5 millions de tonnes d'acier en acier décarboné".

En France, ArcelorMittal et EDF ont signé en décembre 2025 "un contrat sur 18 ans pour les sites français du groupe" lui garantissant un accès à l'énergie "à un coût compétitif", a souligné l'Elysée.


Les chemins de fer saoudiens battent des records en 2025 : 14 millions de passagers et 30 millions de tonnes de fret

En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025, SAR a réussi à supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume. (Photo SPA)
En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025, SAR a réussi à supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume. (Photo SPA)
Le train "Dream of the Desert" se compose de 14 wagons abritant 34 suites de luxe, offrant une expérience exclusive et intimiste aux voyageurs. (Photo SPA)
Le train "Dream of the Desert" se compose de 14 wagons abritant 34 suites de luxe, offrant une expérience exclusive et intimiste aux voyageurs. (Photo SPA)
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  • Le transport de 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025 a permis de supprimer 2 millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume et d’économiser 139 millions de litres de carburant
  • Cela a également entraîné une réduction des émissions de carbone de 364 000 tonnes, contribuant directement à l’Initiative Verte Saoudienne

​​​​​​RIYAD : Les chemins de fer saoudiens (Saudi Arabia Railways, SAR) ont annoncé des résultats opérationnels record pour l’année 2025, consolidant leur position comme un pilier des secteurs logistique et touristique du Royaume.

SAR a transporté plus de 14 millions de passagers, soit une augmentation significative par rapport aux 11,2 millions de passagers enregistrés en 2023, soulignant l’adoption croissante du rail tant pour les déplacements quotidiens que pour les pèlerinages, rapporte l’Agence de presse saoudienne.

De même, le transport de fret a fortement progressé, passant d’environ 24 millions de tonnes en 2023 à 30 millions de tonnes en 2025, stimulé par la demande industrielle accrue et la logistique minière.

En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail, le réseau a permis de supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume, entraînant une économie de 139 millions de litres de carburant.

Cela s’est également traduit par une réduction de 364 000 tonnes d’émissions de carbone, contribuant directement à l’Initiative Verte Saoudienne.

Ces chiffres soulignent le rôle central de SAR dans la réalisation de la Stratégie nationale des transports et de la logistique (NTLS) et de la Vision 2030 de l’Arabie Saoudite, en offrant un réseau à la fois efficace et durable sur le plan environnemental.

“Dream of the Desert”

Une réalisation marquante de 2025 a été le lancement officiel du Dream of the Desert, le premier train de luxe au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

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Le ministre des Transports et des Services Logistiques et président de SAR, Saleh Al-Jasser, a dévoilé le premier wagon du “Dream of the Desert” en octobre dernier lors du FII9. (Photo SPA)

Développé en partenariat avec le groupe italien de luxe Arsenale, ce service a redéfini le tourisme ferroviaire. Le train comprend 40 cabines de luxe sur mesure, offrant une expérience de « croisière ferroviaire » inspirée de l’Orient Express classique, mais avec une identité saoudienne unique. L’itinéraire traverse le Royaume de Riyadh à Al Qurayyat, en s’arrêtant sur des sites culturels clés tels que Ha’il et Al-Jouf, transformant ainsi le voyage lui-même en destination.

Dans un mouvement majeur pour tirer parti du Transit-Oriented Development (TOD), SAR a annoncé la création d’un fonds immobilier de 6 milliards SAR axé sur La Mecque.

Ce fonds est dédié au développement de terrains premium adjacents à la gare du Haramain High Speed Railway à La Mecque. L’initiative vise à améliorer l’expérience des pèlerins en construisant des hôtels à grande capacité, des centres commerciaux et des unités résidentielles directement connectés à la gare. Ce développement permet non seulement de diversifier les sources de revenus de SAR, mais soutient également l’objectif du gouvernement d’accueillir 30 millions de pèlerins pour la Omra chaque année en intégrant parfaitement transport et hébergement.

Reconnaissance internationale

À l’international, l’engagement de SAR pour l’excellence a été reconnu. SAR est devenue la première entreprise à recevoir le prestigieux prix de l’Union internationale des chemins de fer (UIC) pour les trains touristiques longue distance.

La cérémonie s’est tenue au siège de l’Union à Paris, en France, avec la participation de grandes compagnies ferroviaires mondiales.

L’UIC, organisation ferroviaire mondiale, a décerné le prix en reconnaissance de l’innovation de SAR dans l’intégration du tourisme de luxe à l’infrastructure ferroviaire lourde.

Cette distinction consolide la réputation de SAR pour la qualité de ses services et place le Royaume comme destination de premier plan pour les passionnés de chemins de fer et les voyageurs de luxe.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com