Au Canada, quatre membres d'une famille musulmane tués dans une attaque «préméditée» au pick-up

Des policiers sur la scène de crime à London, en Ontario, le lundi 7 juin 2021. (Photo, AP)
Des policiers sur la scène de crime à London, en Ontario, le lundi 7 juin 2021. (Photo, AP)
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Publié le Mardi 08 juin 2021

Au Canada, quatre membres d'une famille musulmane tués dans une attaque «préméditée» au pick-up

Des policiers sur la scène de crime à London, en Ontario, le lundi 7 juin 2021. (Photo, AP)
  • Quatre membres d'une famille musulmane ont été tués et un enfant blessé dimanche soir dans une attaque «préméditée» par un homme conduisant une camionnette dans une ville du sud de l'Ontario
  • Le suspect, un homme de 20 ans, a été arrêté peu après les faits et inculpé lundi de quatre meurtres avec préméditation et une tentative

LONDON: Quatre membres d'une famille musulmane ont été tués au Canada lors d'une attaque "préméditée" par un homme qui leur a foncé dessus au volant de son pick-up, un "horrible acte d'islamophobie" selon Ottawa.

Ce drame, qui a provoqué une vive émotion, constitue l'attaque anti-musulmans la plus meurtrière au Canada depuis la fusillade de la mosquée de Québec qui avait fait six morts en 2017.

Un garçon de neuf ans de cette même famille a également été hospitalisé dans un état grave à la suite de l'attaque, survenue dimanche soir dans la ville de London, à 200 km au sud-ouest de Toronto.

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Des personnes déposent des gerbes de fleurs là où un homme au volant d'une camionnette a heurté et tué quatre membres d'une famille musulmane à London, Ontario, Canada le 7 juin 2021. (Photo, AFP)

Le suspect, Nathaniel Veltman, 20 ans, a pris la fuite après les faits, mais a été arrêté rapidement à 7 km des lieux du drame et a été inculpé lundi de quatre meurtres avec préméditation et d'une tentative de meurtre. La police n'exclut pas d'ajouter "d'éventuelles accusations de terrorisme" à son encontre.

"Il y a des preuves qu'il s'agissait d'un acte prémédité et planifié, motivé par la haine. Nous croyons que les victimes ont été ciblées parce qu'elles étaient musulmanes", a déclaré Paul Waight, enquêteur de la police de la ville de London. 

"Il n'y a aucun lien antérieur connu entre le suspect et les victimes", a-t-il ajouté. L'homme n'a aucun casier judiciaire et aucune affiliation connue avec un groupe spécifique, selon la police. Il portait une veste ressemblant à un gilet pare-balles lors de son arrestation.

"Il s'agit d'un événement qui doit être décrit comme un horrible acte d'islamophobie", a réagi dans la soirée le ministre de la Sécurité publique Bill Blair.

"Cette tuerie de masse, et d'autres attaques similaires, ont pour effet de terroriser une communauté ciblée et de faire craindre aux gens que leur famille pourrait être la prochaine", a-t-il ajouté. "Personne ne devrait jamais avoir à vivre de cette façon".

Le Premier ministre Justin Trudeau s'est dit "horrifié". "Aux proches des personnes terrorisées par l’acte de haine d’hier, on est là pour vous. L’islamophobie n’a sa place dans aucune de nos communautés. Cette haine est insidieuse et méprisable - et elle doit cesser", a tweeté le chef du gouvernement.

De son côté, le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC) se dit "plus qu'horrifié et demande justice après l'horrible attaque à la voiture motivée par la haine contre une famille musulmane à London, en Ontario, qui se promenait dimanche soir".

"Il s'agit d'une attaque terroriste en sol canadien et doit être traitée comme tel", a déclaré son président, Mustafa Farooq.

L'association musulmane du Canada a également appelé les autorités à considérer "cette horrible attaque comme un acte de haine et de terrorisme".

Vers 20H40 dimanche (00H40 GMT lundi), selon la police, les cinq membres de la famille attendaient pour traverser un carrefour lorsqu'un pick-up noir "est monté sur le trottoir et les a percutés". 

Les noms des victimes n'ont pas été divulgués, mais il s'agit d'une femme de 74 ans, d'un homme de 46 ans, d'une femme de 44 ans et d'une adolescente de 15 ans, représentant trois générations d'une même famille, a déclaré le maire de London, Ed Holder.

Ils seraient originaires du Pakistan, selon des médias locaux.

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Une famille dont les enfants vont à la même école que l'une des victimes du drame, s'est rendue sur place. (Photo, AFP)

«Tuerie de masse»

De nombreux bouquets de fleurs ont été déposés toute la soirée de lundi sur les lieux du drame. Une veillée à la mémoire des victimes est prévue mardi en début de soirée dans une mosquée de la ville.

"Soyons clairs, il s'agit d'une tuerie de masse perpétrée contre des musulmans, contre des Londoniens, enracinée dans une haine indescriptible", a déclaré M. Holder.

L'attaque a ravivé le souvenir douloureux d'une fusillade de masse dans une mosquée de Québec en janvier 2017, considérée comme l'une des pires attaques du genre dans un pays occidental, avant celle de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, en 2019.

Un suprémaciste canadien, Alexandre Bissonnette, âgé alors de 27 ans, avait ouvert le feu sur les fidèles rassemblés à la mosquée de Québec, tuant six personnes et en blessant grièvement cinq autres.

Le tireur a été condamné à la prison à vie, mais la période de sûreté interdisant sa libération conditionnelle a depuis été ramenée à 25 ans, au lieu de 40 initialement.


Washington abat un drone iranien mais les discussions restent programmées

L’armée américaine a abattu le 3 février 2026 un drone iranien qui s’était approché de manière « agressive » du porte-avions Abraham Lincoln, ci-dessus, dans la mer d’Arabie. (Photo d’archives US Navy/AFP)
L’armée américaine a abattu le 3 février 2026 un drone iranien qui s’était approché de manière « agressive » du porte-avions Abraham Lincoln, ci-dessus, dans la mer d’Arabie. (Photo d’archives US Navy/AFP)
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  • Un avion américain a abattu un drone iranien près d’un porte-avions dans la mer d’Arabie, tandis que des incidents impliquant des navires ont ravivé les tensions entre Washington et Téhéran
  • Malgré ces incidents, les discussions entre les États-Unis et l’Iran restent prévues, avec des efforts diplomatiques intensifs menés par des pays médiateurs de la région

WASHINGTON: Un avion furtif américain a abattu mardi un drone iranien qui s'était approché d'un porte-avions américain dans la mer d'Arabie, mais les discussions prévues en fin de semaine entre les deux pays sont maintenues selon la Maison Blanche.

Depuis janvier et le vaste mouvement de contestation réprimé dans le sang par le pouvoir iranien, Washington et Téhéran alternent menaces et ouvertures au dialogue, alors que des pays médiateurs s'efforcent de réduire les tensions.

Dans ce contexte fébrile, deux incidents se sont produits mardi dans les eaux du Moyen-Orient.

Un avion de combat du porte-avions Abraham Lincoln a abattu le drone "en état de légitime défense et pour protéger le porte-avions et le personnel à bord", a expliqué le porte-parole du commandement américain pour la région (Centcom), le capitaine Tim Hawkins.

Ce navire a récemment été déployé dans le Golfe par le président Donald Trump, décidé à accentuer la pression sur l'ennemi iranien au moment où celui-ci étouffait les manifestations et à qui il veut arracher un accord sur le nucléaire.

Le Centcom a également confirmé que deux bateaux armés iraniens et un drone s'étaient approchés "à grande vitesse" d'un pétrolier sous pavillon américain, le Stena Imperative, et "menaçaient de l'aborder et le saisir".

Un destroyer américain a porté assistance au pétrolier, avec le soutien de l'armée de l'air, et l'a escorté hors de danger, selon la même source.

L'agence de presse iranienne Fars avait auparavant indiqué qu'un navire, entré "illégalement" dans le détroit d'Ormuz et "dans les eaux territoriales iraniennes", avait été "averti" et avait "immédiatement quitté la zone.

Téhéran a récemment menacé de bloquer le détroit, passage clé pour le transport mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié, en cas d'attaque américaine.

- Efforts "très intenses" -

Malgré ces incidents, les pourparlers "restent programmés pour l'instant", a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt, alors que ces derniers jours, les deux pays ont semblé vouloir donner une chance à la diplomatie.

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a annoncé mardi avoir mandaté son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi pour des négociations directes avec les Etats-Unis, rejetant néanmoins toutes "demandes déraisonnables".

Une source arabe proche du dossier a indiqué à l'AFP que ces discussions auraient "probablement" lieu vendredi, en Turquie.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a toutefois souligné que si des pourparlers étaient bien prévus "dans les prochains jours", la date et le lieu précis faisaient toujours l'objet de "consultations".

"Tant la Turquie que Oman et d'autres pays de la région se sont montrés disposés à accueillir les pourparlers", a relevé le ministère, relayé par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Si le dialogue aboutit, "super". Mais dans le cas contraire, "de mauvaises choses se produiraient probablement", a prévenu le président Trump.

Abbas Araghchi a multiplié mardi les consultations avec ses homologues de la région. Il s'est entretenu successivement avec ses homologues du Qatar, de la Turquie, d'Oman et du Koweït.

Les efforts diplomatiques se "poursuivent de manière très intense", a affirmé le Qatar.

Quant à l'émissaire américain Steve Witkoff, il a rencontré à Jérusalem le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui l'a mis en garde, l'Iran ayant selon lui "prouvé de manière répétée que l'on ne pouvait pas faire confiance à ses promesses".

- Nucléaire -

Les tensions entre Washington et Téhéran se sont accentuées après le mouvement de contestation iranien, déclenché par des manifestations contre le coût de la vie.

L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), établie aux Etats-Unis, a recensé plus de 50.000 personnes arrêtées et a pu confirmer 6.872 morts, en grande majorité des manifestants.

Mais le nombre de morts pourrait être bien plus élevé, avec plus de 17.000 décès en cours d'examen.

Mardi, Paris a estimé que les discussions irano-américaines devraient viser à mettre fin à la "répression" de Téhéran, "avant de "traiter des questions du nucléaire, des missiles, du soutien aux organisations terroristes".

Les pays occidentaux accusent l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire, ce que Téhéran dément.

Des négociations avec les Etats-Unis s'étaient tenues au printemps 2025, avant la guerre de 12 jours déclenchée en juin par Israël, mais avaient notamment achoppé sur la question de l'enrichissement d'uranium.

Abbas Araghchi a indiqué dimanche sur CNN qu'un accord était "possible" mais dit attendre une levée des sanctions contre son pays, qui a exclu de discuter de ses capacités de défense et balistiques.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.